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22.7.2007 par mephisto-tango.
Souvent catalogués de lieux snob où les danseurs sont arrogants et sans savoir-vivre, ces deux milongas parisiennes méritent cependant qu’on les défende.
Je fréquente ces deux endroits (plus le Chantier le samedi que les 9 billards le lundi d’ailleurs) et j’y suis toujours bien accueillie même si on ne me connait pas. Le côté enfumé de ces endroits ne me va guère, mais au Chantier c’est encore raisonnable, à condition de ne pas stationner à côté du bar.
Ces deux milongas ont un point commun : on retrouve pratiquement les mêmes danseurs / danseuses. Moyenne d’âge : 20, 30, 40. Et la grande majorité sont de bons danseurs / danseuses, dans tous les styles. Non seulement la technique de danse est excellente mais en plus, la communication entre les partenaires est en général réelle. Pour moi, c’est un critère de qualité. Il est donc toujours intéressant de regarder leur façon de danser, et de s’imprégner de l’atmosphère du bal. Un débutant qui y viendrait par hasard, pourrait certainement être étonné et quelque peu complexé, mais au moins il verrait danser de très bons amateurs (et quelquefois des professionnels) et il y gagnerait à simplement regarder, même si lui-même n’ose pas danser.
Je ne connais pas dans ces deux endroits de danseurs ou de danseuses arrogantes. Au contraire. Simplement comme dans tous les endroits où l’on danse bien, il faut s’y faire accepter avec gentillesse et devenir habitué(e), à plus forte raison quand on vient seul(e). C’est plus difficile, surtout pour une femme, car en général les danseurs y viennent en couple, mais avec le temps cela devient de plus en plus facile. Il est faux de dire que les danseurs débutants ou moyens ne sont pas acceptés, et je connais certaines très bonnes danseuses qui acceptent de danser avec des danseurs de niveau moindre.
Alors le côté élitiste ? Parce qu’ils viennent en général en couple et qu’ils dansent presque toujours ensemble ? Parce que les hommes invitent généralement des femmes de leur niveau ? Parce qu’il y a un regroupement, comme un rituel hebdomadaire, de danseurs d’excellent niveau ?
Si la réponse est oui à toutes ses questions, peut-on reprocher cela ?
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22.7.2007 par mephisto-tango.
A propos des cours : filmer ou prendre des notes ?
Parmi toutes les choses passionnantes qu’il dit, nous trouvons un passage important où il établit une comparaison entre : soit prendre une vidéo des profs quand ils dansent dans un cours, soit prendre des notes écrites pendant le cours.
Son opinion est qu’il est beaucoup plus judicieux de prendre des notes, plutôt que de filmer. Pourquoi ?
Gustavo considère que prendre une vidéo peut être bénéfique en termes d’images, mais en fait n’a aucun rapport avec l’apprentissage du Tango. Pour lui, filmer est passif.Prendre des notes au contraire est agir véritablement, puisque le fait de noter, en utilisant un langage symbolique, oblige celui qui écrit à analyser, comprendre et expliquer ce qu’il a vu, pour le reproduire sur papier.
Prendre des notes est actif. Et donc plus productif, en termes de rapidité d’apprentissage, et pour être un meilleur danseur en bal.
A propos de Victoria Vieyra :
Gustavo rend hommage à Victoria : « grande artiste … danseuse contemporaine … comédienne … » Victoria a été la partenaire de Chicho dans les années 1990, non pas comme danseur, mais comme comédien. C’est Victoria qui a incité Chicho à prendre des cours avec Gustavo.
Elle a eu du nez Victoria ! En plus de son talent de grande artiste….
Cliquer ici pour consulter le programme des stages avec Pablo et Victoria organisés par Mephisto Tango !
A propos de Chicho :
Gustavo n’hésite pas à proclamer : « Chicho était absolument le meilleur danseur que j’ai jamais vu. » Gustavo parlait de son apprentissage puis de sa collaboration avec lui plus tard dans les années 1990.Bigre ! Cela doit faire plaisir à Chicho, ainsi qu’à ceux (dont j’étais) qui l’ont toujours soutenu depuis le départ quand il est arrivé à Paris, contre ceux qui disaient que Chicho n’était pas un danseur et qu’il faisait n’importe quoi !
Je l’ai vu la première fois danser dans une pratique à Paris en juin 2000, au Studio Peter Goss, où les deux musiciens d’Artango se produisaient (répertoire de ces deux excellents musiciens bandonéoniste et pianiste : Astor Piazzolla ainsi que leurs propres compositions) : Chicho et Lucia (je crois) dansaient sur leur musique dans cette pratique, et j’étais complètement fascinée par ce qu’il faisait et par son sens du rythme. Il était le seul à danser ainsi et je n’arrivais pas à détacher mes yeux de lui. Je ne savais pas à l’époque qui il était …et je me suis renseignée, évidemment !
Plus tard, bien plus tard, Fabian Salas nous a dit qu’il considérait Chicho comme un génie…. Certes, mais n’en jetez plus….cela va créer des jalousies chez d’autres danseurs professionnels…..
Cliquer ici pour en savoir plus sur Gustavo Naveira
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22.7.2007 par mephisto-tango.
C’est une question qui m’a déjà été posée par certains hommes de ma connaissance qui, ainsi, cherchaient à me faire comprendre que, en ne leur demandant jamais rien, je manquais d’intérêt pour leur danse. Bon.
En y réfléchissant, leur raisonnement est assez compréhensible
Je sais aussi qu’à Paris (en Europe, aux USA), il est courant que les femmes invitent les hommes sans que ce soit, généralement, trop mal vu. C’est même très bien vu de certains hommes qui y voient un hommage. Inversement je sais aussi que beaucoup de femmes à Paris n’invitent pas non plus (et pas seulement à Buenos-Aires ce qui est très, très mal vu) et se laissent inviter.
Pourquoi alors ne demanderais-je pas aux hommes, à Paris, de danser avec moi ? Est-ce une question d’égo, aurais-je personnellement la tête et les chevilles terriblement enflées ? Considèrerais-je que mon niveau est infiniment grand, trop grand ? Serais-je méprisante et prétentieuse, en fait……
Et ben non, je ne suis ni méprisante, ni prétentieuse.
Alors ?
1°) Timidité ? Désir de ne pas m’imposer à eux ? Peur du refus ? Probablement les trois.
2°) Imprégnation trop forte des Argentins et Argentines que j’ai côtoyés de façon intense depuis quelques années et qui m’ont « éduquée » à ne pas inviter dans les milongas ? Certainement.
En fait, à mon sens il y a deux raisons plus profondes :
3°) Respect et admiration pour tous les hommes qui en ont bavé dans leur apprentissage du Tango (figures, technique, guidage, écoute de la musique, gestion des énergies, gestion de l’espace du bal….ils ont tout à faire) et nous, les femmes, nous sommes les reines ! Alors, en retour, et pour les remercier d’avoir appris et d’avoir souffert pendant leur apprentissage, je leur laisse le privilège de faire leur choix parmi toutes ces femmes qui sont venues danser, femmes dont je fais partie bien entendu. En retour, je danse avec qui m’invite, sans refuser, même avec les débutants (les seuls cas où je refuse sont quand je suis brutalisée).
4°) Egalement par respect pour la personnalité intrinsèque des hommes : je peux ne pas leur convenir par ma façon de danser, par mon physique, par ma taille trop petite, par ma propre personnalité, par mon âge, etc., etc.…. En agissant ainsi, je leur dis : « si vous m’invitez, c’est que vous m’avez choisie et que nous sommes susceptibles de nous entendre dans la danse, peut-être parce que je suis venue pour danser avec vous. Par contre si c’est moi qui vous invite et que vous êtes réticent, je prends des risques plus importants de vous déplaire et nous ne communiquerons pas bien en dansant ! »
Je serais curieuse d’avoir vos commentaires sur ce point de vue, mesdames….Et vous aussi messieurs !
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11.7.2007 par mephisto-tango.
En dehors de l’incontestable renommée de ce tango, tous ces danseurs ont peut-être recherché, à travers ce Tango d’un tempo lent, une interprétation particulière basée sur la communication et l’intense connexion entre les partenaires, associée bien évidemment à l’écoute de la musique.
Sur les 13 versions que nous pouvons voir, nous constatons que :
- 6 couples dansent en style milonguero,
- 3 couples dansent en alternance ouvert / fermé,
- 3 couples dansent en position fermée en “ V ” (c’est-à-dire avec ouverture côté gauche de l’homme et droit de la femme)
- 1 couple danse en position ouverte style “ Nuevo ”
Toutes ces versions sont intéressantes, et comme d’habitude, le goût de chacun se dessinera en les regardant.
Pour mon goût, deux versions m’ont attirée plus particulièrement :
Celle que je mettrais en tout premier est celle de Javier Rodriguez et Geraldine Rojas qui sont prodigieusement élégants, et délicieusement ensemble. Le jeu de jambes (et de pieds) de Geraldine est tout bonnement génial pour l’esthétique et la précision.
La deuxième version serait celle de Kamran et Collen, danseurs de ce que nous appelons maintenant “ Nuevo Tango ”. C’est étrange, pour un Tango vraiment classique, que des danseurs puissent l’interpréter de façon résolument très moderne. Néanmoins on peut dire que cela “ colle ” quand même.
Chicho et Eugenia eux, ont interprété ce tango en utilisant le style fermé mais en y intégrant, toujours en fermé, des techniques de style “ Nuevo ” et bien entendu le fameux sens du rythme de Chicho.
Il serait intéressant d’avoir vos commentaires ! Cliquez ici pour voir voir les videos
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6.7.2007 par mephisto-tango.
On en trouve évidemment à Paris, aux USA, à Buenos-Aires, bref partout très certainement, mais à Buenos-Aires plus encore qu’ailleurs et encore plus virulents. Là, les traditionnalistes intégristes nient en bloc toute conception d’originalité cataloguée de “ Nuevo ”, et prétendent même - horreur suprême - que cela n’existe pas !
Ce refus pur et simple de ce qui peut être l’avenir en matière de Tango est quand même curieux, d’un point de vue psychologique. Comme ce sont les jeunes qui portent l’évolution et l’avenir du Tango, ce reniement et ce dénigrement du travail de recherche que fait la jeunesse est pour moi étonnant, voire même incompréhensible.
Comme si le passé devait rester dans le présent et dans l’avenir sans bouger.
Comme si la liberté d’expression et de création dans l’improvisation était interdite.
Pour un peuple qui a vécu et souffert sous la dictature militaire…..
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6.7.2007 par mephisto-tango.
L’autre jour, une femme prenant des cours régulièrement chez nous, niveau moyen 1, sans partenaire attitré, grande et, – c’est la cause de tout - plutôt «enveloppée » comme dirait Obélix, me demande :
- « C’est quand les cours sur les volcadas ? »
Gloups … j’ai un peu peur de la suite. Je réponds :
- « C’est le 3 juin. »
- « Super, c’est ce que je préfère, les volcadas et le Tango Nuevo en général ».
Là, je commence carrément à flipper, et la suite me donne raison :
- « Je viendrai le 3 juin pour les volcadas »
- « Euh….oui, tu viendras avec un partenaire ? »
- « Non, je n’en ai pas ».
Aïe. Je suis dans de beaux draps. J’avale ma salive, et comme me recommandait ma mère quand j’étais petite, je tourne 7 fois ma langue dans ma bouche avant de dire une ânerie. Je pense à toute allure. Je suis super embarrassée, comment répondre qu’elle prend des risques pour elle-même et pour les partenaires du cours ? Que dois-je dire, dois-je accéder à toutes les demandes de nos élèves et les satisfaire en tant que responsable d’association ? Dois-je être compatissante pour tous les hommes du cours qui seront là ce jour là ? Je pense à Gilles, danseur adorable, petit et mince qui, malgré une partenaire attitrée, n’hésite pas à changer de partenaire quand les profs le demandent …
Comment expliquer à cette femme charmante qu’il ne faut pas brûler les étapes, que les volcadas sont des figures techniquement très complexes et que quelquefois il y a des choses que physiquement on ne peut pas faire, au risque de se mettre en danger ?
Je tente une sortie acrobatique, une pirouette :
- « Tu sais que dans les volcadas, la femme est en net déséquilibre avant, et repose sur le buste du partenaire ? »
- « Bien sûr je le sais, j’en ai déjà vues »
- « Si tu veux faire le cours nous ne pouvons t’en empêcher, mais je fais une petite prière pour que pendant ce cours, aucun homme ne te fasse tomber en avant par terre, et ne tombe lui-même ».
Elle me regarde, sidérée, ne sachant quoi dire et s’en va.
Conclusion :
Elle n’est pas venue au cours sur les volcadas, et nous ne l’avons plus revue depuis. Dommage. Pourtant il n’y a pas que les volcadas dans le Tango. Et heureusement !!! Nous avons peut-être perdu une élève, mais nous n’avons pas vendu notre âme au diable

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6.7.2007 par mephisto-tango.
Toujours à El labo le même jour, on a vu en démonstration Tete, tout au moins son double. Même tenue, même façon de danser, mêmes pas et figures, à la limite même taille et même silhouette (le petit bedon en moins toutefois) ! Je me demande toujours pourquoi on copie ses profs à ce point. Copier ses profs pendant l’apprentissage, cela peut se comprendre (voir à ce sujet, le sondage et l’article sur le site Mephisto Tango!), mais après l’apprentissage, pendant une démonstration… ?
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5.7.2007 par mephisto-tango.
Courant juin, nous avons eu le privilège de voir danser à la milonga « El labo », Thierry Le Cocq et sa nouvelle partenaire Delphine Blanco, et je dois dire que j’ai été bluffée par leur prestation. Je ne parlerai pas de Thierry - tout le monde le connait et l’apprécie - mais plutôt de Delphine.
C’était, si je ne m’abuse, sa première démonstration à Paris et c’était très réussi. Dynamisme incontestable, qualité des mouvements, très beaux déplacements au sol que l’on pourrait qualifier de « veloutés », pose de pied précise, délicate et raffinée, propreté des pas, jambes très souples et rapides dans l’énergie donnée par le danseur, harmonie dans la danse et excellente communication.
Bref, on a vu là la naissance d’une danseuse de Tango très présente, avec de la personnalité. Si elle continue sur sa lancée, peut-être même qu’en travaillant en plus d’autres styles, elle prendra le chemin de Céline Ruiz, autre danseuse française reconnue ! C’est tout ce que je lui souhaite. Bonne continuation Delphine !
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5.7.2007 par mephisto-tango.
C’est une question qui revient fréquemment car, semble-t’il, faire référence au diable pour dénommer une association n’est pas banal et suscite autant d’enthousiasme que de circonspection chez les Tangueros. Le nom de notre association trouve une explication dans les raisons suivantes :
1°) D’abord, Astor Piazzolla - pour qui j’ai une admiration sans borne - qui composa « El Diablo », une suite composée 3 œuvres : romance del Diablo, Vayamos al Diablo et Tango Diablo. Ce sont des œuvres malheureusement mal connues des tangueros et pourtant Vayamos del Diablo est d’un dynamisme et d’une virtuosité déconcertante, diabolique !
2°) Ensuite, Franz Liszt, pianiste de génie et virtuose qui composa une œuvre pour piano : « Méphisto Valse », elle aussi diabolique de difficulté technique !
3°) Et enfin, les tangueros et tangueras ne brûlent-ils pas déjà dans les flammes de l’enfer quand ils sortent et vont danser dans les milongas ? Le rapprochement des corps, l’enlacement souvent très fermé, les jambes qui s’entremêlent, les mains qui s’étreignent, les visages qui se frôlent, l’émotion qui gagne quand la communication est fabuleuse, et la sensualité qui en découle quelquefois…. Tous ces danseurs et danseuses amoureux de cette danse, passionnés et même fascinés par elle, ne se laissent-ils pas prendre dans ses filets, quitte à y perdre leur âme dans le danger permanent du plaisir fugace, dans la recherche de l’amour exclusif du / de la partenaire pendant le temps limité d’une tanda ?
Tout cela ne relève t’il pas de quelque chose de sulfureux, et en même temps de terriblement attirant ?
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5.7.2007 par mephisto-tango.
L’idée de faire un blog nous est venue suite aux différents articles sur le Tango écrits pour le site « Méphisto Tango ! », car écrire et publier un article, aussi long et (in)intéressant soit-il, ne permet pas aux lecteurs de répondre en ligne. Les seuls commentaires reçus l’étaient verbalement et, si certains étaient positifs, d’autres n’allaient pas forcément dans le sens de l’article. Quelquefois oui, mais quelquefois non. Rien de plus normal en fait, chacun ses goûts, chacun sa liberté de penser.
Nous avons donc créé le Mephisto Blog pour que les lecteurs puissent répondre en ligne et adresser leurs propres commentaires. Nous souhaitons établir un échange aussi constructif que possible, car la critique dès lors qu’elle est judicieuse, pertinente et constructive, nourrit le débat d’idées. Nous émettrons des opinions sur divers sujets en comptant bien qu’elles seront commentées par les lecteurs, et que d’autres commenteront à leur tour les commentaires, qu’importe que ce soit dans le sens du poil ou non, pourvu que cela soit avec respect et courtoisie !
Ce blog portera non seulement sur les articles publiés sur le site Méphisto Tango!, mais aussi ponctuellement sur des événements vus, entendus, vécus, lus…, et laissera à chacun la liberté de s’exprimer.
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