juillet 2007
L Ma Me J V S D
    août »
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  
Liens

Je n’invite pratiquement jamais les hommes à danser dans une milonga. Pourquoi ?

C’est une question qui m’a déjà été posée par certains hommes de ma connaissance qui, ainsi, cherchaient à me faire comprendre que, en ne leur demandant jamais rien, je manquais d’intérêt pour leur danse. Bon.

En y réfléchissant, leur raisonnement est assez compréhensible

Je sais aussi qu’à Paris (en Europe, aux USA), il est courant que les femmes invitent les hommes sans que ce soit, généralement, trop mal vu. C’est même très bien vu de certains hommes qui y voient un hommage.  Inversement je sais aussi que beaucoup de femmes à Paris n’invitent pas non plus (et pas seulement à Buenos-Aires ce qui est très, très mal vu) et se laissent inviter.

Pourquoi alors ne demanderais-je pas aux hommes, à Paris, de danser avec moi ? Est-ce une question d’égo, aurais-je personnellement la tête et les chevilles terriblement enflées ? Considèrerais-je que mon niveau est infiniment grand, trop grand ? Serais-je méprisante et prétentieuse, en fait……

Et ben non, je ne suis ni méprisante, ni prétentieuse.

Alors ?

1°) Timidité ? Désir de ne pas m’imposer à eux ? Peur du refus ? Probablement les trois.

2°) Imprégnation trop forte des Argentins et Argentines que j’ai côtoyés de façon intense depuis quelques années et qui m’ont « éduquée » à ne pas inviter dans les milongas ? Certainement.

En fait, à mon sens il y a deux raisons plus profondes :

3°) Respect et admiration pour tous les hommes qui en ont bavé dans leur apprentissage du Tango (figures, technique, guidage, écoute de la musique, gestion des énergies, gestion de l’espace du bal….ils ont tout à faire) et nous, les femmes, nous sommes les reines ! Alors, en retour, et pour les remercier d’avoir appris et d’avoir souffert pendant leur apprentissage, je leur laisse le privilège de faire leur choix parmi toutes ces femmes qui sont venues danser, femmes dont je fais partie bien entendu. En retour, je danse avec qui m’invite, sans refuser, même avec les débutants (les seuls cas où je refuse sont quand je suis brutalisée).

4°) Egalement par respect pour la personnalité intrinsèque des hommes : je peux ne pas leur convenir par ma façon de danser, par mon physique, par ma taille trop petite, par ma propre personnalité, par mon âge, etc., etc.…. En agissant ainsi, je leur dis : « si vous m’invitez, c’est que vous m’avez choisie et que nous sommes susceptibles de nous entendre dans la danse, peut-être parce que je suis venue pour danser avec vous. Par contre si c’est moi qui vous invite et que vous êtes réticent,  je prends des risques plus importants de vous déplaire et nous ne communiquerons pas bien en dansant ! »

Je serais curieuse d’avoir vos commentaires sur ce point de vue, mesdames….Et vous aussi messieurs !

4 réponses pour “Je n’invite pratiquement jamais les hommes à danser dans une milonga. Pourquoi ?”

  1. Mephisto Fredo indique :

    En ce qui me concerne, à part s’il s’agit d’une excellente copine avec laquelle j’ai l’habitude de danser, je n’aime pas trop que les femmes prennent l’initiative de l’invitation.

    Suis-je un vilain macho ? Suis-je un gros fainéant ? Ou bien suis-je, une fois n’est pas coutume, traditionnaliste sur ce point ?

  2. Pascal indique :

    Je suis cavalier, et je n’invite pas non plus en milonga. Inviter, c’est poser d’emblée qu’on a un certain niveau. C’est aussi faire perdre à la demoiselle l’opportunité de danser un avec un autre cavalier (meilleur, forcément meilleur). Si c’est elle qui vient me solliciter, au moins cela me garantit qu’aucun bon danseur n’était disponible à ce moment-là.

  3. Sharquak indique :

    Savoir si les femmes peuvent inviter les hommes, c’est un sujet récurrent dans les forums de tango. Voici tout d’abord mes réactions à l’article, puis mon avis (je suis un homme).

    “Timidité ?”
    J’ai moi-même longtemps été un grand timide, donc maintenant je fais l’effort d’inviter les inconnues, car il faut bien que quelqu’un fasse le premier pas.

    “Désir de ne pas m’imposer à eux ?”
    Inviter quelqu’un à danser, c’est s’imposer ? Curieuse vision de la danse de couple.

    “Peur du refus ?”
    Un refus n’est pas agréable. Si vous n’invitez pas, vous laissez à d’autres le soin d’inviter, donc de risquer les refus. Ce n’est pas très sympathique.

    “Imprégnation trop forte des Argentins et Argentines que j’ai côtoyés de façon intense depuis quelques années et qui m’ont « éduquée » à ne pas inviter dans les milongas ?”
    Je ne connais pas beaucoup d’Argentines, mais je les ai vues inviter des hommes à danser.

    “Respect et admiration pour tous les hommes qui en ont bavé dans leur apprentissage du Tango (figures, technique, guidage, écoute de la musique, gestion des énergies, gestion de l’espace du bal….ils ont tout à faire) et nous, les femmes, nous sommes les reines ! ”
    Vous pouvez renvoyer la balle et faire des hommes des rois.

    “Alors, en retour, et pour les remercier d’avoir appris et d’avoir souffert pendant leur apprentissage, je leur laisse le privilège de faire leur choix parmi toutes ces femmes qui sont venues danser, femmes dont je fais partie bien entendu.”
    Est-ce vraiment un privilège que de risquer d’essuyer des refus ?

    “En retour, je danse avec qui m’invite, sans refuser, même avec les débutants.”
    C’est appréciable, et c’est tout à votre honneur. Sachez cependant que de nombreuses femmes n’hésitent pas à refuser les invitations. Personnellement j’invite beaucoup de femmes, y compris les inconnues. Et plus on invite des inconnues, plus on a de chances d’obtenir des refus. Après plusieurs refus, on est moins motivé, croyez-moi mon expérience personnelle. Alors, surtout dans ces moments-là, je suis bien heureux de voir qu’une femme fait l’effort de venir me voir et de m’inviter.

    “Également par respect pour la personnalité intrinsèque des hommes : je peux ne pas leur convenir par ma façon de danser, par mon physique, par ma taille trop petite, par ma propre personnalité, par mon âge, etc., etc.…. En agissant ainsi, je leur dis : « si vous m’invitez, c’est que vous m’avez choisie et que nous sommes susceptibles de nous entendre dans la danse, peut-être parce que je suis venue pour danser avec vous. Par contre si c’est moi qui vous invite et que vous êtes réticent, je prends des risques plus importants de vous déplaire et nous ne communiquerons pas bien en dansant ! »”
    Je ne comprends pas bien … Un homme qui invite une femme peut aussi ne pas lui convenir, Il peut lui déplaire fortement. Dans tous les cas, c’est la personne qui invite qui prend tous les risques.

    Mon avis :
    Le milonga est un événement social, où l’on vient pour rencontrer des gens et pas seulement pour danser. Pour qu’il y ait une bonne ambiance, il faut que chacun fasse l’effort de rendre la soirée agréable aux autres. S’assoir et attendre que tout vienne à point est égoïste. Aborder les inconnu(e)s et leur faire passer une bonne soirée est beaucoup altruiste.

  4. Bernadette GUILLOT indique :

    Risquer les refus lorsque l’on invite à danser ne devrait pas être, normalement, ressenti comme un problème désagréable, mais plutôt comme un droit de la personne invitée, et de l’accepter naturellement comme tel. Personnellement je n’en suis pas encore là puisque je n’invite pas mais il me semble que dans ce cas, je comprendrais… Vous avez parfaitement raison de dire qu’il faut passer et faire passer une bonne soirée aux gens dans les milongas. C’est ce que je m’efforce de faire, en fonction de ma personnalité propre. Je ne refuse jamais les invitations (sauf très rares exceptions)et, peut-être, mes partenaires masculins de ces soirées ont aprécié de danser avec moi. Et puis je rencontre aussi des gens et je discute de la manière la plus sympathique et cordiale qui soit (tout au moins j’espère) avec eux !
    Vous avez raison également de dire qu’un homme qui invite une femme peut aussi ne pas convenir à cette femme et lui déplaire, cela peut arriver. Dans mon cas le côté déplaisant de l’homme serait plutôt dans son comportement vis à vis de moi, soit en dansant, soit en parlant. Mais dans tous les cas dans les milongas je suis toujours respectueuse de celui qui m’invite. Fort heureusement je n’ai rencontré qu’extrèmement rarement de comportement franchement déplaisant.

Laisser une réponse