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Conférence d’Alejandro Schwarz sur la musique

Hier soir, la conférence organisée par Le Temps du Tango portait sur la musique Tango des origines à nos jours, et était animée par Alejandro Schwarz.

Ce n’est pas n’importe qui Alejandro Schwarz : musicien classique puis musicien de Tango, guitariste, compositeur et arrangeur de Tango, âgé d’une trentaine d’années, il a co-fondé l’orchestre « El Arranque » qui est considéré dans le monde entier comme un des meilleurs orchestres de Tango actuel. Vivant à Paris depuis 6 ans, il a fondé avec le bandonéoniste Victor Villena l’excellent quintette « El Despues » pour lequel il compose, et dans lequel il joue.

Après nous avoir fait écouter des Tangos depuis les origines (1908), tout en expliquant au fur et à mesure que les années défilaient toutes les caractéristiques évolutives des Tangos, en fonction des compositeurs, des orchestres et de leurs arrangeurs (Guardia Vieja, Guardia Nueva), on est arrivé en toute logique à la période Piazzolla (à partir des années 1950).

Je cite Alejandro Schwarz : « Piazzolla a fait exploser la forme, il ouvre le jeu, il libère la forme et l’élargit, l’évolution est très importante. Piazzolla pense le Tango plus largement. Les morceaux sont plus longs, il y a des apports de modulations, d’harmonie et de contrepoint ».

Après Piazzolla ? Après Piazzolla le potentiel Tango est encore plus riche.

Alors Alejandro nous fait écouter deux de ses propres compositions :

1°) d’abord une composition très moderne, en directe ligne de la voie donnée par Piazzolla, Salgan. Assurément une très belle composition (qu’Alejandro me pardonne, je n’ai pas retenu le nom) avec une introduction improvisée en bandonéon solo, puis une partie A façon Pugliese, puis une partie B composée en contrepoint, puis une reprise des parties A et B en une autre tonalité, puis une partie C très alerte en 3.3.2 avec un solo de violon, puis 3 fois la partie A avec pour terminer, une improvisation de bandonéon.

Après l’écoute, il nous dit : « personne ne m’a dit que ce n’est pas du Tango ». Phrase révélatrice.

2°) Ensuite une composition et un arrangement, façon années 1940, qu’il avait écrite pour l’orchestre El Arranque.

Dernière composition qu’il nous fait écouter, de la période post Piazzolla : Ramiro Gallo violoniste. Composition innovatrice incontestablement.

Je cite encore A. Schwarz en tout début de la conférence : « le Tango est une musique vivante, ancienne mais vivante. Elle est en développement, ouverte. Le spectre de styles y est très large. Les musiciens cherchent leur style, on n’imite pas, il y a une façon très personnelle de composer ».

Après nous avoir fait écouter ces compositions ci-dessus citées, il s’arrête de parler et demande à l’auditoire s’il y a des questions. Je sens très nettement qu’il peut y avoir une question qui fâche, mais il s’attend à ce qu’on lui pose cette question :

-« Quid du Tango-électro ? » demande une dame derrière moi.

Ouf, je suis devancée, et je n’ai pas besoin de lui poser cette question qui fâche. Il n’est pas surpris et répond, un peu gêné, de la manière la plus diplomatique qui soit.

Je le cite :

« C’est une option commerciale. C’est une mode qui fait partie de l’univers du tango mais qui pour moi est ennuyeuse, et qui ne m’apporte rien. C’est plus un phénomène pop que Tango. Nous en avons, nous, musiciens de Tango, une perception externe, périphérique, marginale, destinée au grand public. Ce n’est pas le centre de l’évolution du Tango, mais ça marche. Ce n’est ni bien ni mal, ça existe, mais pour moi c’est du techno, c’est pauvre musicalement et ce n’est pas composé par des vrais musiciens de Tango. Piazzolla a essayé en utilisant les sons des synthétiseurs, mais ça n’a pas marché. Pour moi c’est davantage une expérience de fusion entre les divers éléments de la musique : on prend là, on prend ici, et on assemble.

Et encore :

« Le Tango-électro c’est une basse électronique associée au son du bandonéon. Si on enlève le bandonéon, on ne retrouve pas le Tango. Si on enlève le bandonéon et que l’on met à la place un saxophone, on dira que c’est du jazz-électro.

Et enfin :

« Le seul avantage, peut-être, c’est que ça amène des jeunes à s’intéresser au Tango ».

Sur ce, il nous fait écouter une œuvre de Gotan Project bien connue, sans rien ajouter de plus…..

A ce moment-là, plus personne dans l’assistance, n’ose insister pour un rapprochement, entre les compositions d’Alejandro Schwarz et les compositions de Gotan Project, sous la dénomination de Tango.

1 réponse pour “Conférence d’Alejandro Schwarz sur la musique”

  1. clémentine vidal-naquet indique :

    le blog d’Alejandro Schwarz (sans T):
    http://www.alejandroschwarzmusic.blogspot.com

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