septembre 2007
L Ma Me J V S D
« août   oct »
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
Liens

TANGO SEDUCCION au Bataclan ……Epoustouflant !

Tango Seduccion

Spectacle de Tango créé, chorégraphié et dirigé par Gustavo RUSSO.

Magnifique, étonnant, formidable, terrible, violent, tendre, sensuel, innovant, humoristique, cruel, puissant, esthétique, superbe, tous ces qualificatifs peuvent s’appliquer au spectacle : « Tango Seduccion » créé par Gustavo Russo. C’est dire mon enthousiasme !

Certes, ne nous y trompons pas, il s’agit bien de Tango de scène, et non de bal. Mais c’est un Tango de scène fantastique. De par sa perfection chorégraphique et technique, de par sa perfection acrobatique. Tout est impeccable, maîtrisé - on sent le travail derrière - et la dynamique d’ensemble des danseurs ne fait pas défaut. Les femmes sont belles à croquer, des canons, comme on dit familièrement (hé, messieurs, allez vérifier….) et d’une infinie souplesse comme chez les danseuses classiques. Ce qui n’empêche pas qu’elles dansent véritablement Tango. Les femmes sont considérablement mises en valeur par leurs partenaires respectifs, et leur sensualité est là, présente mais sans excès. A tel point que les partenaires masculins quelquefois passent au second plan, et c’est dommage.

Gustavo RUSSO, un très grand chorégraphe

Gustavo RUSSO fait ainsi la preuve (mais nous le savions déjà depuis son précédent spectacle à l’Olympia en 2005), qu’il est un très grand chorégraphe de Tango, et qu’il est tout à fait digne de suivre la trace et même de dépasser son maître Juan Carlos Copes, tant le niveau de ce qu’il propose est élevé et au goût du jour. Outre les Tangos traditionnels qu’il fait représenter sur scène, Gustavo apporte en outre des nouveautés dans les mouvements qui rappellent le Tango Nuevo, mais avec encore plus d’ampleur dans l’énergie et la dynamique des mouvements (montadas et piernazos avec pied de la danseuse atteignant la hauteur du cou du danseur, …). Gymnastique, direz-vous ? Oui, gymnastique. Mais gymnastique artistique comme peut l’être la danse contemporaine de Béjart, superbe, esthétique et techniquement parfaite, le tout étant orchestré avec des chorégraphiques incontestablement Tango. Gustavo RUSSO lui-même fait quelques apparitions dansées très remarquées dans son spectacle, et personnellement je regrette un peu qu’il ne soit pas plus en avant. A chaque fois qu’il apparait sur scène, il s’en dégage une élégance et une présence considérables, le charisme naturel de la star que ses autres partenaires masculins n’ont pas. Le passage en flamenco en est un exemple, parmi d’autres.

N’oublions pas l’orchestre. Excellents musiciens, ce fut un régal. Tout à fait à la hauteur du spectacle offert par les danseurs.

Que raconte le spectacle ?

D’abord, la première partie, amusante, qui représente de façon traditionnelle, un bar (bordel ?) où les clients côtoient les tenancières dudit bar. Client âgé bossu et vouté, jouant de sa canne pour « embêter » les demoiselles, client complètement ivre et titubant qui veut danser malgré son état, et clients « normaux » feignant la bagarre pour s’accaparer les bonnes dispositions des dames, ou bien jouant au billard. Toutes ces scènes successives de la vie d’un « bar » sont chorégraphiées à la perfection, sans temps morts, et le tout étant interprété de façon réjouissante par les danseurs. Ensuite vient le temps du Show de Tango pur qui représente les différents aspects stylistiques de la danse depuis les origines jusqu’à nos jours.

Après l’entracte, la deuxième partie, consacrée à la séduction elle-même, raconte , à travers la danse, ce qu’est la vie entre hommes et femmes. Tous les sentiments humains sont représentés : passion, trahison, cruauté, solitude, désir, jalousie, et meurtre. La musique dans cette deuxième partie est en grande partie portée par les œuvres de Piazzolla.

Quelques bémols négligeables, sinon certains vont croire que j’ai été payée pour faire une bonne critique :

L’organisation de la salle peut surprendre : pas de fauteuils comme au théâtre, mais des tables et des chaises comme au cabaret. Ceci rappelle les cabarets de Buenos-Aires, « La Esquina Carlos Gardel » ou « Michelangelo » ou bien pour ceux qui l’ont connu : « les Trottoirs de Buenos-Aires » à Paris, le Bataclan étant bien sûr plus grand. Cette disposition permet aux spectateurs de se lever et d’aller chercher un verre au bar sans déranger tout le monde, et globalement ce n’est pas une mauvaise idée. Sauf que les chaises ne sont pas des fauteuils et qu’il est possible que certains spectateurs  aient, au bout de 2h30 de spectacle assez mal au dos. Néanmoins le désagrément de l’installation est compensé par le spectacle qui nous est proposé.

Le programme annonciateur du spectacle (en vente dans la salle) est bien fait mais je regrette que, hormis Gustavo Russo et Samantha Garcia sa partenaire, il y ait très peu de photos des autres danseurs et que leurs noms ne soient pas cités au bas des photos.

En conclusion, allez-y !!!

En définitive, les amateurs de Tango de scène pur ne seront pas déçus. Personnellement c’est ce que j’ai vu de plus convaincant et de plus riche dans le genre, jusqu’à présent, avec en plus, la modernité.

Laisser une réponse