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26.11.2007 par mephisto-tango.
« La musique, c’est de l’eau, et le danseur nage »
Maurice Béjart fait danser les étoiles depuis jeudi.
Il est allé ainsi rejoindre au ciel, certainement avec joie, un de ses danseurs préférés : Jorge Donn, argentin de San Juan ayant appris la danse classique, puis danseur au théâtre Colon de Buenos-Aires. A l’âge de 16 ans, il ne pensait alors qu’à une chose : rejoindre la troupe de Maurice Béjart. Ce qui fut fait en 1963, Béjart donnera sa chance au jeune garçon et Jorge Donn deviendra par la suite le danseur vedette du ballet du XXème siècle. Qui ne se souvient du fameux « Bolero » de Maurice Ravel, dans le film de Claude Lelouch « Les Uns et les Autres » où l’on voit un Jorge Donn transfiguré par la musique et qui donne une interprétation inoubliable de force, de puissance, d’émotion et de joie tout à la fois ! Ce danseur magnifique est mort trop tôt, à 45 ans, d’une sale maladie dont les danseurs masculins ont payé un trop lourd tribut.
Autre danseuse inspirée de la troupe de Maurice Béjart : Maguy Marin avec qui elle travailla trois ans, de 1974 à 1977. Puis, encouragée par son Maître, Maguy Marin a volé de ses propres ailes et a fondé sa propre troupe de danse contemporaine. Elle a misé sur une danseuse que nous connaissons bien car elle a été la remarquable partenaire de Pablo Veron par la suite : Teresa Cunha.
Maurice Béjart était un danseur issu de la danse classique, mais très tôt il a voulu s’en démarquer et chercher des mouvements qui seraient plus dans la mouvance de la danse contemporaine. Très vite, grâce à son audace et à sa créativité hors norme, il est devenu un chef de file comme chorégraphe, mais pas en France hélas, lui qui était né à Marseille. Il a dû se faire reconnaître à Bruxelles, puis ensuite à Lausanne où il a fondé une école de danse.
L’œuvre qu’il laisse comme chorégraphe est énorme : près de 140 chorégraphies. Très ouvert d’esprit et curieux, ne se fixant aucune limite dans l’expression artistique de sa danse, et terriblement exigeant sur la qualité de tous ces danseurs et danseuses (qui étaient en outre des gymnastes accomplis) il prenait appui non seulement sur des musiques modernes (Stravinski, Debussy, Ravel, Richard Strauss, Webern, Mahler…) mais sur des musiques classiques (Bach, Beethoven, Mozart, Berlioz, Wagner….) et des musiques électro acoustiques contemporaines (Pierre Henry, Pierre Schaeffer, Pierre Boulez). Il s’est également ouvert aux musiques du monde : l’Inde et sa musique classique, où Jorge Donn était un Krishna flamboyant dans « Bhakti » en 1968 ; le Japon, l’Iran, le Brésil, la Grèce, et bien sûr l’Argentine et ses Tango.
Ce fut « Notre Faust » en 1975, toujours avec Jorge Donn, où Béjart mêle la musique de Bach aux tangos argentins, où Faust et Méphisto (et oui !) s’associent sur les pulsations des Tangos.
Ce fut « Mozart – Tango » en 1990 avec le Béjart Ballet Lausanne.
Ce fut en 1997 « Racine cubique », avec Sylvie Guillem qui dansait sur la musique de l’Argentin Raul Garello.
Ce fut en 1999 « Che Quichotte y Bandoneon » sur les musiques d’Astor Piazzolla, de Raul Garello, de Daniel Binelli et la voix d’Eladia Blasquez.
Ce fut en 2001 « Tangos » avec la voix de Milva.
Maurice Béjart, avec son regard perçant bleu acier, tel un aigle qui regarde et survole son territoire en attendant de fondre sur sa proie, a été toute sa vie un homme direct et franc. Toutes ses chorégraphies sont résolument plus que modernes, elles sont contemporaines et universelles, parfois encensées, parfois rejetées, mais toujours esthétiquement parfaites. Les danseurs et danseuses qui appartenaient à sa troupe étaient tous et toutes issus de la danse classique, mais à un très haut niveau. Il a su, avec leur aide, être un chorégraphe génial, géant d’entre les géants.
En somme, un diable d’homme !
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21.11.2007 par mephisto-tango.
Le croiriez-vous ? Faire des boleos pour les femmes : inutile d’apprendre ! Ca vient tout seul !
C’est pourtant bien une affirmation qui vient de sortir dans un forum Tango, et qui montre bien que quelquefois, certaines personnes n’hésitent pas à déclarer n’importe quoi. Provocation, ignorance, ou … ?
Rendez-vous sur notre site web pour voter et consulter notre avis sur le sujet : « BOLEOS : ça s’apprend ou c’est inné ? »
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12.11.2007 par mephisto-tango.
Quand j’ai entendu pour la première fois peu après sa sortie (je crois que c’est Pablo Tegli qui avait donné un cours à la salle Bourseul avec cette musique) cette reprise du thème du film de Wim Wenders : “Paris, Texas”, par Gotan Project, je me suis tout de suite dit, compte-tenu de la richesse exceptionnelle et de l’originalité rythmique de ce morceau, qu’il serait intéressant de voir les 1ères interprétations chorégraphiées ou improvisées de ce thème.
Pourquoi cet intérêt particulier ? A cause de la rythmique associée : les percussions à base de tambours des gauchos rappelant le rythme du folklore argentin de la pampa, la guitare, le piano, le claquement des doigts peut-être sur le bois de la guitare, et la mélodie nostalgique portée par le bandonéon.
Je me suis dit : cette musique est tellement douce et suave, et en même temps tellement rythmée qu’elle demande des danseurs assez sensibles pour l’interpréter dans sa mélancolie et dans sa pulsation rythmique. Rien à voir avec le rythme de la milonga traditionnelle, rien à voir avec la pulsation rythmique de Piazzolla en 3-3-2, mais elle est digne de l’atmosphère nostalgique de Milonga del Angel, Oblivion, Soledad, du même Piazzolla. C’est autre chose, encore, d’entièrement original sur une mesure à trois temps. Cette musique, de qualité, est-elle Tango ? Non, parce que c’est une mesure à 3 temps et que le tango est à 2 temps ou à 4 temps, mais oui, parce qu’elle porte la nostalgie et l’émotion au même titre que Milonga del Angel qui est une milonga très lente………..et qu’on ne danse pas comme une milonga traditionnelle !
En toute logique il fallait aller voir du côté des danseurs de la tendance “nouvelle”.
Mais je voulais en être certaine.
Sur youtube j’ai beaucoup cherché, aussi bien chez les danseurs plus traditionnels (au cas où), que chez les danseurs de Tango Nuevo, n’en déplaise à ceux qui prétendent que cette tendance n’existe pas (voir autres sujets sur ce blog).
Je n’ai trouvé que 3 interprétations, et évidemment il fallait s’y attendre : Sebastian Arce et Mariana Montes; Mariano Chicho Frumboli et Mariana Dragone. Et puis un couple très brillant que je ne connaissais pas: Alejandro Larenas et Marisol Morales.
Je suis incapable de dire quelle interprétation me plait le mieux. Les 3 interprétations sont différentes bien sûr, mais ces trois couples remplissent à mon sens les critères portés par la musique: c’est à dire rythme et mélodie dans une atmosphère infiniment mélancolique, avec un tempo très lent.
Quelques mots cependant sur l’interprétation de Sebastian Arce et Mariana Montes, puisque, sur youtube, un commentaire n’est pas très favorable. Leur style de danse peut ne pas plaire, je peux le comprendre, mais il est injuste de dire que Sebastian ne tient pas compte du rythme dans cette musique. C’est tout à fait l’inverse. Il a un sens du rythme exacerbé, il l’a toujours eu, il porte le rythme en lui, il “est” le rythme. Et sur “Paris, Texas”, son sens du rythme ne faillit pas, il épouse parfaitement le rythme de la pulsation sans se tromper. Il n’est jamais à côté, même quand il effectue un jeu de jambes original et compliqué, mélange entre la tradition et “sa” modernité. De plus son interprétation consiste en une alternance de pas rythmés, et de pas qui se reposent sur la mélodie. Le sens, inné, du rythme de Sebastian est d’autant plus remarquable qu’il n’a jamais appris la musique (j’ignore si, depuis 3 ans, cela reste vrai), il la “sent” instinctivement, alors que Chicho, lui, l’a appris en tant que batteur. Ce qui ne retire en rien son génie bien sûr.
Rectification mis à part je vous laisse juge de ces trois versions, avec les yeux, les oreilles, et l’esprit grand ouverts ! Rendez vous sur notre site (cliquer ici)
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