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12.11.2007 par mephisto-tango.
Quand j’ai entendu pour la première fois peu après sa sortie (je crois que c’est Pablo Tegli qui avait donné un cours à la salle Bourseul avec cette musique) cette reprise du thème du film de Wim Wenders : “Paris, Texas”, par Gotan Project, je me suis tout de suite dit, compte-tenu de la richesse exceptionnelle et de l’originalité rythmique de ce morceau, qu’il serait intéressant de voir les 1ères interprétations chorégraphiées ou improvisées de ce thème.
Pourquoi cet intérêt particulier ? A cause de la rythmique associée : les percussions à base de tambours des gauchos rappelant le rythme du folklore argentin de la pampa, la guitare, le piano, le claquement des doigts peut-être sur le bois de la guitare, et la mélodie nostalgique portée par le bandonéon.
Je me suis dit : cette musique est tellement douce et suave, et en même temps tellement rythmée qu’elle demande des danseurs assez sensibles pour l’interpréter dans sa mélancolie et dans sa pulsation rythmique. Rien à voir avec le rythme de la milonga traditionnelle, rien à voir avec la pulsation rythmique de Piazzolla en 3-3-2, mais elle est digne de l’atmosphère nostalgique de Milonga del Angel, Oblivion, Soledad, du même Piazzolla. C’est autre chose, encore, d’entièrement original sur une mesure à trois temps. Cette musique, de qualité, est-elle Tango ? Non, parce que c’est une mesure à 3 temps et que le tango est à 2 temps ou à 4 temps, mais oui, parce qu’elle porte la nostalgie et l’émotion au même titre que Milonga del Angel qui est une milonga très lente………..et qu’on ne danse pas comme une milonga traditionnelle !
En toute logique il fallait aller voir du côté des danseurs de la tendance “nouvelle”.
Mais je voulais en être certaine.
Sur youtube j’ai beaucoup cherché, aussi bien chez les danseurs plus traditionnels (au cas où), que chez les danseurs de Tango Nuevo, n’en déplaise à ceux qui prétendent que cette tendance n’existe pas (voir autres sujets sur ce blog).
Je n’ai trouvé que 3 interprétations, et évidemment il fallait s’y attendre : Sebastian Arce et Mariana Montes; Mariano Chicho Frumboli et Mariana Dragone. Et puis un couple très brillant que je ne connaissais pas: Alejandro Larenas et Marisol Morales.
Je suis incapable de dire quelle interprétation me plait le mieux. Les 3 interprétations sont différentes bien sûr, mais ces trois couples remplissent à mon sens les critères portés par la musique: c’est à dire rythme et mélodie dans une atmosphère infiniment mélancolique, avec un tempo très lent.
Quelques mots cependant sur l’interprétation de Sebastian Arce et Mariana Montes, puisque, sur youtube, un commentaire n’est pas très favorable. Leur style de danse peut ne pas plaire, je peux le comprendre, mais il est injuste de dire que Sebastian ne tient pas compte du rythme dans cette musique. C’est tout à fait l’inverse. Il a un sens du rythme exacerbé, il l’a toujours eu, il porte le rythme en lui, il “est” le rythme. Et sur “Paris, Texas”, son sens du rythme ne faillit pas, il épouse parfaitement le rythme de la pulsation sans se tromper. Il n’est jamais à côté, même quand il effectue un jeu de jambes original et compliqué, mélange entre la tradition et “sa” modernité. De plus son interprétation consiste en une alternance de pas rythmés, et de pas qui se reposent sur la mélodie. Le sens, inné, du rythme de Sebastian est d’autant plus remarquable qu’il n’a jamais appris la musique (j’ignore si, depuis 3 ans, cela reste vrai), il la “sent” instinctivement, alors que Chicho, lui, l’a appris en tant que batteur. Ce qui ne retire en rien son génie bien sûr.
Rectification mis à part je vous laisse juge de ces trois versions, avec les yeux, les oreilles, et l’esprit grand ouverts ! Rendez vous sur notre site (cliquer ici)
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