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avril 2008
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Archive pour avril 2008

Daniel MELINGO au Café de la Danse à Paris

Succès énorme et mérité pour Mélingo, mardi soir au Café de la Danse à Paris !

Salle bourrée à craquer, beaucoup de gens assis par terre, ou sur les escaliers le long des rangées de gradins, ou même debout…….

C’est dire que cet artiste, qui n’est pas vraiment connu en France en dehors des Argentins eux-mêmes et des aficionados du Tango, a su capter l’attention des Français par un talent indéniable. Non seulement la voix de Melingo est grave à souhait, éraillée comme s’il avait fumé 2 paquets de cigarettes par jour dès l’âge de 5 ans, mais en plus il tient merveilleusement la scène et les spectateurs sont sous le charme de cet homme habillé tout en noir, en chapeau, avec lequel il joue tout le long de son spectacle. Tour à tour tendre, macho, provocateur et canaille, cet ex-rocker n’en finit pas de tenir en haleine son auditoire qui, jamais ne s’ennuie. Séducteur par son joli sourire, sa voix sublime toute en finesse et en délicatesse, ne doutons pas que Melingo a su conquérir son public à juste titre.

Accompagné par 4 musiciens de grande qualité, dont les frères Rudi et Nini Flores (bandonéon, guitare acoustique, contrebasse, et un musicien jouant scie musicale, trombone et mandoline) Melingo joue aussi de la guitare et de la clarinette.

Toutes les chansons sont magnifiques, et la musique, variée, riche et originale, alliant bien sûr Tango, folklore, chamamé, et milongas, a transporté d’allégresse tous les spectateurs présents dans la salle. Les sonorités, parfois étonnantes, (voir la fantastique chanson : « Cha Digo ! » de son dernier album : « Maldito Tango ») sont néanmoins enthousiasmantes.

En conclusion : Melingo : « un vrai personnage et un immense talent. Un vrai homme de spectacle ». Ne pas hésiter une seule seconde à retourner le voir si l’occasion se présente à nouveau, et bien sûr acheter son dernier album « Maldito Tango » ! Vous ne le regretterez pas !

Citons aussi en première partie une chanteuse brésilienne, avec répertoire samba et bossa nova, tout à fait digne d’intérêt.

Le cœur n’est pas moderne – comedie-tango de Martine DRAI

Théâtre de l’Atalante Paris – Avril 2008

Si le titre de cette pièce de théâtre : « Le cœur n’est pas moderne » n’est vraiment pas fait pour attirer les foules, en revanche le sous-titre « Comédie-tango », l’est. Car c’est un véritable petit bijou, et les comédiens sont excellents.

Effectivement, c’est du théâtre, du vrai, avec un thème central qui est le Tango, mais ce thème du Tango est traité avec humour, grâce à des comédiens et des danseurs très convaincants, portés par un texte montrant toutes les ambiguïtés et les contradictions de l’âme humaine, avec douceur, tendresse, drôlerie, sans méchanceté, ni arrière-pensées malsaines.

Cette pièce de théâtre est constituée d’une trentaine de scénettes où les comédiens font exister une vingtaine de personnages, tous pris dans la tourmente du Tango, tous avec leurs dialogues ou monologues intérieurs, leurs rêves, leurs fantasmes, leurs histoires à raconter, leurs comportements quelquefois étranges, quelquefois prétentieux, ou au contraire soumis à une profonde remise en question d’eux-mêmes.

Est-ce une caricature comme par exemple dans le film « Le bal » d’Ettore Scola ? Pas du tout. On touche simplement du doigt, de la manière la plus subtile et drôle, avec une connotation très fortement psychologique, toutes les difficultés et les bonheurs aussi, rencontrés par les êtres humains dans les milongas.

Que pourrait-on donner comme exemples de scénettes, parmi toute la palette qui nous est donnée à voir et entendre ?

L’homme et la femme qui dansent et qui rouspètent énergiquement à cause des bousculades des autres danseurs de la piste,
L’homme qui est donneur de leçons…
L’homme très timide qui n’ose pas inviter une femme qu’il désire ardemment, parce que le piercing qu’il nomme « un clou », au menton de cette femme l’impressionne trop, le perturbe, et il fait son cinéma intérieur sur les piercings et cette femme…
Le macho qui n’accepte pas d’être invité par une femme, et qui dit « une poule ne chante pas comme un coq »,
La femme qui n’est jamais invitée, alors qu’elle danse bien, qu’elle est agréable, mais qui est sujette, uniquement quand elle danse, à des bruits stomacaux qui gênent les partenaires masculins….
L’homme qui fond de plaisir et de trouble quand, pour la première fois, il est enlacé par une femme, ce qui lui fait se souvenir que quand il avait 15 ans, son père lui avait donné un rasoir et un couteau à cran d’arrêt (symboles de la virilité), épisode qu’il avait totalement oublié et qui est subitement revenu lors de l’enlacement…
La femme qui raconte sa vie à sa copine de milonga, ses 19 paires de chaussures, etc, et sa copine qui n’en peut plus de l’écouter…
La femme enceinte jusqu’aux yeux, que son mari oblige à danser alors qu’elle ne veut plus parce que son bébé bouge trop, ce qui provoque une engueulade qui nous fait bien rire….
Les débutants qui essayent de danser, les gens mal à l’aise lors de l’enlacement, les mauvaises tenues du corps….

Mention spéciale pour Jean-Sebastien Rampazzi qui a fait une chorégraphie géniale très Tango avec boleos, ganchos et tout et tout avec……un aspirateur ! Le voir les yeux fermés et très inspiré avant de danser avec l’aspirateur : un régal de drôlerie !
Je ne donne là que quelques exemples mais jamais aucun ennui, tout est profondément exploré et rendu infiniment sympathique par l’humour que Martine Drai incorpore dans son texte.

Martine Drai est une vraie Milonguera et elle connait vraiment son sujet !

Le cœur n’est pas moderne – Comédie- Tango de Martine Drai avec :
Catherine Davenier
Hervé Falloux
Dominique Léandri
Jean-Sébastien Rampazzi

Théâtre de l’Atalante jusqu’au 7 avril 2008

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