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27.5.2008 par mephisto-tango.
« Le jour où l’on commence à croire que l’on danse bien, on arrête d’apprendre. »
(Virulazo)
On le voit partout, dans tous les cours de Tango argentin et ceci à travers toute la France, les élèves généralement ont tendance à ne pas avoir conscience de leur propre niveau de Tango. Ce manque de réalisme amène à voir des danseurs et danseuses de niveaux différents dans un même cours (débutant, moyen, avancé). Secondairement, au vu de ces élèves, les enseignants peuvent avoir tendance à niveler le niveau annoncé initialement, par le bas, et ainsi à ne pas respecter leur engagement de départ. Ceci est évidemment préjudiciable pour tout le monde car la frustration engendrée, aussi bien pour les élèves qui ont bien respecté le niveau (et qui ne progresseront donc pas autant) que pour les enseignants, peut être importante. Inversement, si les enseignants respectent le niveau annoncé, ils peuvent s’attendre à voir les élèves ne pas suivre, car n’étant pas prêts. Et si ceux-ci sont en majorité dans les cours, les enseignants peuvent se sentir très seuls et frustrés, avec des pensées négatives et en conséquence, néfastes. Anxiété et impatience peuvent être ressenties, aussi bien du côté des élèves que des enseignants et en définitive, chacun peut ne pas y trouver son compte à la fin.
Comment faire pour résoudre ce problème de disparité de niveau dans un même cours ?
Le bon sens, évidemment, est de dire qu’il est nécessaire pour un élève de connaître son niveau personnel, et de s’y conformer pour choisir, en conscience, les cours bénéfiques pour soi.
Quand on est débutant, il est en effet dommage de griller les étapes et de chercher à entrer dans des cours où on apprend les mouvements où les jambes se mêlent par exemple. Bien sûr que ces mouvements attirent, bien sûr que c’est superbe, étonnant, passionnant. Mais chaque chose en son temps. Il est plus judicieux, d’abord, d’apprendre la marche à deux, l’équilibre, la posture, l’enlacement, les changements de poids, les pivots, le guidage et la réception du guidage pour la partenaire…. Commencer doucement, faire des choses simples sans impatience et sans brutalité, acquérir des bases solides sont les secrets d’un apprentissage réussi ! Ensuite on construit par-dessus, plus ou moins vite selon ses propres possibilités physiques et son propre ressenti.
En outre, lors des changements de partenaire, (changements de partenaires indispensables et nécessaires pendant le cours) il peut arriver qu’une partenaire du niveau correct « tombe » sur un partenaire d’un niveau insuffisant. Cela génère dans ce nouveau couple une incompréhension, un énervement et même une dispute qui peuvent nuire à l’ambiance générale, et cet homme sera laissé de côté par les femmes qui ne désireront plus passer entre ses bras ! La situation inverse est, du reste, tout aussi vraie.
Quand on est avancé, il est loin d’être inutile de revoir les bases et de les travailler pour soigner la qualité du pas ou la qualité du déplacement. Chaque professionnel, homme ou femme, n’hésite pas à prendre des cours avec d’autres professionnels pour enrichir leurs connaissances et aussi revoir les bases.
Les enseignants peuvent-ils résoudre ce problème de disparité dans leurs cours ?
Il est très difficile de dire à un élève : « non, tu ne peux entrer dans ce cours, c’est trop difficile pour toi » sans créer chez cet élève un sentiment de rejet qui pourra par la suite le dégouter de continuer. Il n’existe pas non plus d’examen, ni de sélection, avant les cours, pour voir le niveau de chaque élève présent. Comment faire alors ? L’expérience nous a montré qu’il est encore plus préjudiciable de ne pas respecter les niveaux annoncés. Les élèves qui ne peuvent pas suivre, d’eux-mêmes arrêtent de prendre des cours de niveau trop élevé pour eux. La sélection s’opère ainsi naturellement. Certains élèves n’acceptent pas de ne pas suivre et font des reproches divers et variés aux enseignants, mais, globalement, ce n’est qu’un moindre mal !
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