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Buenos – Aires Tango 4 au théâtre National de Chaillot : Programme 3

Tango clasicos II

L’orchestre :
Toujours l’excellente Escuela de Tango Emilio Balcarce dirigée par Nestor Marconi. Jusque là tout va bien, car cet orchestre est suffisamment brillant pour nous apporter le plaisir et la joie de le revoir à nouveau. Malheureusement, par rapport au Programme 2, nous avons pu constater de nombreux doublons assez regrettables. Pour commencer « La Bordona », œuvre d’Emilio Balcarce. La répétition de ce morceau peut, à la rigueur, se concevoir, l’orchestre a peut-être pris cette œuvre comme emblème, en hommage à son précédent directeur-fondateur. Mais ensuite, pourquoi avoir repris « Tema Otonal » et « De Contrapunto » déjà joués dans le programme 2 ? Le final, la sélection Astor Piazzolla selon les arrangements de Nestor Marconi, a été jouée dans les 2 programmes ! Nestor Marconi n’a-t-il pas un répertoire suffisant avec son orchestre pour présenter d’autres morceaux ? Sérieusement je ne le pense pas. Le point positif est que ces arrangements sont magnifiques, et qu’on peut les entendre et ré-entendre avec autant de plaisir, mais pour les gens qui ont vu les 2 programmes, c’est peut-être dommage.

Les danseurs :

Comme dans le programme 2 nous avons vu Esteban Moreno et Claudia Codega, Sebastian Arce et Mariana Montes, Damian Rosenthal et Céline Ruiz. Comme dans le programme 2 nous avons vu les 2 mêmes chorégraphies de groupe : « La Yumba » et « La Cumparsita », interprétées par ces 3 couples. Ce fut évidemment un grand moment où l’on a apprécié, à nouveau, la valeur des danseurs et leur fantastique talent d’innovation et d’originalité. Les danseurs, dont je fais partie, adorent voir et revoir, de façon rapprochée, ces spectaculaires beautés chorégraphiques, mais je me pose de réelles questions pour les autres spectateurs qui auraient aimé peut-être voir d’autres danseurs professionnels. Cependant soyons justes en disant que Damian et Céline, Esteban et Claudia, et Sebastian et Mariana ont apporté un plus par rapport à leur programme 2 : « Organito de la Tarde » (chorégraphie de Céline et Damian) ; « Villeguita » (chorégraphie d’Esteban et Claudia) ; « Si Sos Brujo » (chorégraphie de Sebastian et Mariana). C’est la chorégraphie de Sebastian et Mariana qui m’a le plus fascinée, par l’émotion exprimée, par l’originalité des mouvements, par la perfection technique et esthétique.

Il n’en fut pas de même pour un couple de vieux danseurs traditionnalistes : Carlos et Rosa Perez que je ne connaissais pas et qui étaient programmés seulement pour le programme 3. J’ai beau savoir que les Argentins ont un grand respect pour les vieux milongueros qui portent en eux toute la culture du Tango, je ne vois réellement pas l’intérêt de faire voir, en France, à des spectateurs en général qui ne sont pas en grande majorité des danseurs, ces couples qui ont beaucoup de mal à danser parce que trop âgés. De plus ils sont passés à la suite directe de Sebastian et Mariana, la différence entre les deux couples se fait alors encore plus sévère, encore plus redoutable….. Sur scène, je ne crois pas qu’il soit nécessaire de voir de tels couples qui ne peuvent plus se mouvoir avec autant d’aisance que pendant leur jeunesse. Par contre les voir en bal, je serais plutôt pour, car ils y ont parfaitement leur place. Sur la scène de Chaillot, Carlos et Rosa Perez ont passé leurs deux danses à faire attention l’un à l’autre pour ne pas se mettre en difficulté technique, et l’émotion à mon sens n’était pas au rendez-vous à cause de cela. Ils étaient trop dans la crainte. Ceci n’empêche pas qu’ils ont été très applaudis, et à mon sens, c’est anormal et incompréhensible. La scène est-elle un lieu de spectacle ou un lieu de bal ? Sur scène : Tango de scène ou Tango de bal ? Les Parisiens ont-ils bien compris la différence ?

Les musiciens invités :

Anibal Arias (guitare) et Osvaldo Montes (bandonéon) en duo.
Bandonéon tout en douceur et en subtilité sonore, guitare très rythmée…..duo très traditionnel dans l’interprétation des Tangos, et quelle richesse dans l’improvisation ! Un régal.

Le chanteur :

Juan Carlos Godoy
Un loupé de taille pour ce programme 3. Le chanteur Alberto Podesta avait été programmé et nous avons vu de nouveau Juan Carlos Godoy. Aucune explication donnée par la direction du Théâtre. C’est un peu court et, à la limite, irrespectueux pour le public. Il y a de quoi ne pas être content du peu de considération que porte la direction du théâtre vis-à-vis du public venu pour voir et entendre Alberto Podesta. Que s’est-il passé pour que ce grand chanteur ne vienne pas sur la scène de Chaillot comme c’était prévu ? Non pas que je regrette d’avoir vu de nouveau Juan Carlos Godoy. Ce chanteur n’a pas hésité à revenir sur scène pour remplacer son illustre coreligionnaire, et c’est tout à son honneur. Et sa voix a tenu. De plus il a fait l’effort de chanter une chanson qu’il n’avait pas interprété dans le programme 2.

Si les programmes 1 et 2 se sont révélés être très intéressants et excellents à tous les points de vue, il y eut malheureusement pour le programme 3 à mon sens des anomalies qui n’auraient pas dû être, au regard de la réputation du Théâtre National de Chaillot à Paris, et en considérant les prix pratiqués pour l’achat des places par les spectateurs.

La milonga :

Le bal qui a fait suite au spectacle, au foyer du théâtre, a été réussi. L’orchestre « La Bordona » s’est montré à la hauteur des attentes, et s’est présenté deux fois au public venu danser, avec des œuvres différentes. La démonstration en improvisé de Sebastian et Mariana a été époustouflante, et très applaudie. Ce fut un réel plaisir de les retrouver car leur danse a encore évolué. Comme dirait Esteban Moreno en les présentant : « ils sont inégalables ».

3 réponses pour “Buenos – Aires Tango 4 au théâtre National de Chaillot : Programme 3”

  1. nicolas indique :

    je lis l’article et j’ai du mal a adhéré à la critique, j’ai adoré les 3 couples de danseurs, mais rosa et carlos perez, n’avaient pas peur de se mettre en danger, ils sont bien au delà de ces considérations tant leur tango est fait d’émotion et d’intériorité, de précision et de beauté ; hélas vous êtes passé à coté de quelque chose de magique, ils n’ont plus l’age du tango nuevo, mais la précision, l’émotion, cette entente, cette unité en font des danseurs exceptionnels, qui ont apporté et apportent encore un souffle très fort au tango. Ils sont le tango. Je regrette, pour vous, encore une fois que vous soyez passé à coté de cette poésie

  2. nicolas indique :

    je ne change rien et ma réponse n’est surtout pas agressive mais très amicale puisque l’auteur est danseur aussi lui même.

  3. Bernadette GUILLOT indique :

    Je ne doute pas un instant que votre réponse est amicale et non agressive. Je respecte votre opinion même si je ne la partage pas ! Pour moi ce ne sont pas des danseurs exceptionnels loin de là, par contre je suis d’accord avec vous pour dire qu’ils apportent un souffle au Tango car ils portent cette culture que nous aimons. Ne serait-ce que pour ça, ils sont estimables. Mais ne confondons pas danse de scène et danse de bal, non ?

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