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août 2008
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Archive pour août 2008

Les ateliers de Méphisto Tango !

Le concept des Ateliers Mephisto Tango ! a été introduit en 2005. Les ateliers (d’une durée de 3 heures) sont d’abord apparus comme des compléments de cours consacrés à l’improvisation. Le succès rencontré nous a conduits à étendre le concept en créant des ateliers de rythmique.

Aujourd’hui, à l’abord de la 4ème saison du concept des ateliers, nous avons décidé de regrouper dans chaque atelier :
- l’étude des bases techniques (un thème différent lors de chaque atelier),
- l’étude de la rythmique et de la musicalité à travers les orchestres des différentes époques du Tango Argentin (Vieille Garde, Age d’or, Epoque moderne et Electro Tango),
- des exercices d’improvisation sur le thème du jour,
- la mise en situation de bal.

Le concept des ateliers dépasse la structure classique des cours dans lesquels des professeurs proposent des exercices ou des séquences que les élèves s’efforcent de reproduire de leur mieux.

Dans les ateliers, nous retrouvons ce concept dans l’étude des bases techniques et des principes rythmiques, mais tout le reste des ateliers (rythmique et musicalité, improvisation, mise en situation de bal) propose une approche beaucoup plus interactive, dans lesquelles les élèves ont un rôle pro-actif dont le but suprême est de varier les improvisations. Ils essaient d’inclure les concepts étudiés dans ce qu’ils connaissent déjà, ils recherchent seuls ou en groupe de nouvelles façons de débuter ou finir des figures et enfin, ils expérimentent ce qu’ils viennent d’apprendre directement en situation de bal.

Le côté interactif des ateliers a largement contribué à instaurer une ambiance sympathique, conviviale et studieuse qui pousse les élèves à échanger leurs impressions entre eux et s’entraider sous le regard bienveillant des animateurs.

Rendez-vous sur le site www.mephisto-tango.com pour tous les détails sur le programme des ateliers

Prayssac cuvée juillet 2008 : une bonne année ?

Comme ce fut la première fois cette année où j’allais à Prayssac pour le 13ème festival de Tango argentin organisé par le Temps du Tango, je ne me permettrais pas de porter un jugement sur ce Festival afin de savoir si ce fut une bonne, moins bonne ou excellente cuvée, par rapport aux autres années. Ceux qui sont allés plusieurs années de suite peuvent dire ce qu’ils en pensent !

Néanmoins je peux donner mon opinion sur ce que j’ai vu, entendu, et vécu de façon générale lors des milongas du soir, sur les deux semaines où ce Festival se passait.

Ricardo Calvo et Sandra Messina
L’association Le Temps du Tango a voulu mettre l’accent sur ce couple et le mettre à l’honneur, non seulement en raison de leur réputation, mais également en raison de leur aptitude à travailler, années après années avec le Temps du Tango aussi bien à Paris qu’à Prayssac. Effectivement qui ne connait pas Ricardo Calvo ? D’abord avec sa partenaire précédente Marisa Talamoni, ensuite avec Sandra Messina depuis quelques années. En démonstration, leur Tango est devenu très humoristique, à la limite frôlant - je dis bien frôlant - le ridicule avec le jeu de jambes et de pieds de Ricardo, beaucoup trop prononcé à mon goût. Privilégiant la virtuosité à outrance pour faire du spectaculaire dans le but unique de faire du spectaculaire, Ricardo (heureusement que c’est un excellent danseur) se met en danger constamment par des pseudo-déséquilibres involontaires qu’il rectifie immédiatement. Le problème est que cela donne un résultat mitigé entre une maîtrise technique sûre et le désir de faire de l’épate par une vitesse excessive des jambes et des pieds. Si l’épate est contrôlée dans une mesure raisonnable et si l’esthétique va avec, tout va bien, mais à mon sens ce ne fut pas le cas. Et pourtant, dans la sobriété et l’improvisation simple, Ricardo est un merveilleux danseur plein d’élégance, très créatif et généreux. Ricardo n’a pas besoin de faire de l’épate, il n’a pas besoin de ça.
Sandra a toujours le sourire en dansant et c’est un ravissement. Elle est infiniment gracieuse et ne cherche pas à en faire des tonnes. Vous l’aurez deviné : je la préfère, d’autant plus que sa technique est parfaite. Elle est heureuse de danser, et cela se voit. Elle se donne au Tango, à la musique et à son partenaire, et ça c’est un régal.
En dehors de leurs démonstrations et de leurs cours, Ricardo et Sandra ont animé une conférence sur l’Histoire du Tango des origines à nos jours, et cela mérite d’être signalé car cette conférence a été construite par eux de main de Maîtres, avec démonstrations des divers styles de tango (en se moquant parfois des travers des élèves, et en se moquant aussi d’eux-mêmes, du reste, ce qui fut fort sympathique !), avec projection de vieilles photos des orchestres, des danseurs, des chanteurs, et de Buenos-Aires du début du XXème siècle. On a beau connaître l’histoire pour l’avoir lue et relue, tout cela a été d’un grand intérêt. On ne peut qu’adhérer à instruire l’Histoire du Tango.

Gustavo Rosas et Gisela Natoli
Waouh ! A tomber par terre. A se mettre à genoux. Merveilleusement parfait, maîtrisé, merveilleusement beau, chorégraphies et improvisations. Brillantissimes dans l’exécution des acrobaties, dans la musique et dans l’esthétique, dans la création et dans l’interprétation artistique, et en même temps dans le ressenti, la connexion entre eux. Que de travail, que de répétitions ! Ce fut très virtuose, mais tellement travaillé, tellement propre, tellement pétrit de naturel à force de travail que le résultat fut phénoménal, et je fus phénoménalement transportée d’enthousiasme !

Fernando Nahmijas et Valeria Cuenca
Autre couple à tomber par terre, alors qu’ils sont très jeunes et pas aussi expérimentés que Gustavo Rosas et Gisela Natoli. Ces deux jeunes d’une vingtaine d’années promettent énormément car en dehors d’une incontestable perfection technique, ils ont trouvé leur style dans un Tango très sentimental, sensuel et romantique. Là aussi que de travail et de répétitions pour que leurs chorégraphies soient parfaites, profondes dans l’esprit du Tango qu’ils veulent interpréter….Ils ont su se servir de leur grande taille pour faire des mouvements amples de grande beauté, avec un sens artistique hors norme. Un couple à suivre incontestablement et qui plus est délicieusement charmant, s’étant liés d’amitié avec un couple de danseurs amateurs de notre connaissance…

L’orchestre Sexteto Andorinha et le chanteur Sergio Gobi
Le Sexteto Andorinha n’est plus à présenter car il est l’habitué des milongas des festivals organisés par Le Temps du Tango. Bon orchestre, bons musiciens possédant parfaitement bien leur répertoire. Tous les soirs ce même répertoire, pendant 15 jours. Y compris pour le concert. Malgré mon amour pour cette musique, malgré mon intérêt pour cet orchestre, je n’ai pu m’empêcher d’avoir quelquefois quelques instants de lassitude. Je n’ai pas eu de frissons caractéristiques de la musique qui prend aux tripes, et qui fait que l’on se sent sur une autre planète. Surtout la deuxième semaine. Cet orchestre est bon, mais il manque souvent de vie, il manque la joie de jouer : les musiciens s’ennuient-ils soir après soir ? Le chanteur Sergio Gobi, par contre, vit sa musique : en plus d’avoir une belle voix pleine d’émotion, il est expressif dans sa gestuelle et il cherche à faire partager au public son émotion. Qu’il soit remercié, il a bien souvent sauvé des œuvres interprétées de façon un peu trop fade par l’orchestre.

Les DJs : Pierre et Philippe en alternance
Bonne musique, variées, bonnes programmations. J’ai noté quelques Piazzolla, quelques électro-Tangos…..Cela m’a étonnée mais j’étais toute émue de voir que, eux aussi, ils évoluent vers plus de modernité ! De façon timide certes, mais cela mérite d’être signalé !

Signalons enfin l’excellent buffet de fin de stage, et l’excellente organisation des milongas grâce à toute l’équipe du Temps du Tango !

Est-il profitable de changer de partenaire dans les cours et les ateliers ?

Pour ceux et celles qui nous connaissent dans le cadre des activités de l’association Méphisto Tango, nous encourageons vivement l’échange de partenaire dans les cours et les ateliers. Nous pensons en effet que ces échanges apportent non seulement une réelle convivialité, (avouons-le, malheureusement cette convivialité fait souvent défaut dans le monde du Tango) mais également ils apportent une bonne intégration des nouveaux venus qui se sentent moins perdus. D’un point de vue technique et communication entre partenaires, ces échanges permettent aux élèves de vérifier grandeur nature si leur guidage est exact et précis pour les hommes, et pour les femmes si elles ressentent réellement le guidage plutôt que d’effectuer les mouvements par réflexe de « par cœur » ou d’habitude.

Si nous encourageons les élèves à changer de partenaires le plus possible (c’est l’apprentissage le meilleur et le plus rapide : pratiquer, pratiquer, pratiquer), néanmoins il n’est pas dans notre esprit d’obliger les élèves à changer s’ils ne le désirent pas. Certaines personnes ne le veulent pas, car ils ne cherchent qu’à travailler qu’entre eux, et pas avec d’autres. Cette façon de faire est également à respecter, même si nous ne partageons pas ce point de vue. Ce comportement engendre naturellement quelque frustration parmi les personnes qui sont arrivées sans partenaire, et qui se retrouvent seul(s), en cas de surnombre soit de femmes, soit d’hommes. Les partenaires des couples qui ne changent pas se voient alors reléguées, par les personnes qui changent volontiers, au rang d’égoïstes, d’individualistes et d’égocentriques. Comme dans toute association de Tango, nous voyons de temps en temps des personnes qui viennent se plaindre que « tel ou tel » refuse de tourner.

Essayons de savoir pourquoi, malgré les demandes des profs pendant les cours et les ateliers, certains élèves ne veulent pas changer de partenaire.

1°) Ils sont en couple dans la vie et sont venus pour ne travailler qu’entre eux, sur un problème technique déterminé, sur un thème bien défini.
2°) Ils sont en couples dans la vie et ils ne veulent pas provoquer de problème psychologique tel que : faire de la peine, jalousie, envie ou autre….
3°) Ils ne sont pas en couple dans la vie mais s’accordent tellement bien dans les cours et les ateliers qu’ils ne veulent pas prendre le risque de mal faire avec quelqu’un d’autre.
4°) Ils n’éprouvent aucun plaisir à être, pour les femmes, dans les bras d’autres hommes ; et pour les hommes, à prendre dans les bras d’autres femmes.
5°) Ils ne veulent pas se séparer de peur de tomber sur quelqu’un qui n’est pas de leur niveau (cela arrive souvent), auquel cas il n’y a aucun plaisir à apprendre : l’homme souffre d’être éventuellement avec une femme qui ne suit pas comme il le veut ; la femme souffre d’être éventuellement avec un homme qui ne comprend pas ou qui ne la guide pas correctement. Ceci est vu en particulier pour des couples de niveau avancé, mais ce n’est pas général.
6°) Ils ne veulent pas changer par inadéquation physique envers d’autres partenaires éventuels : homme trop grand, femme trop petite….
7°) Ils sont venus ensemble pour prendre un cour ou participer à un atelier, ils considèrent que le prix payé pour leur cours ou leur atelier ne les oblige pas à changer pour « moins bons » qu’eux.

Que pourrait-on dire aux élèves pour les inciter à changer de partenaire ?
Que personne n’est parfait…..Qu’on a tous le droit d’apprendre même si l’on a pas de partenaire attitré…..Qu’on apprend jusqu’à la fin de sa vie….. Qu’on a de bonne surprise à changer de partenaire, même en cours…… Qu’on se doit d’être humble, même si on a un bon niveau…..

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