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Est-il profitable de changer de partenaire dans les cours et les ateliers ?

Pour ceux et celles qui nous connaissent dans le cadre des activités de l’association Méphisto Tango, nous encourageons vivement l’échange de partenaire dans les cours et les ateliers. Nous pensons en effet que ces échanges apportent non seulement une réelle convivialité, (avouons-le, malheureusement cette convivialité fait souvent défaut dans le monde du Tango) mais également ils apportent une bonne intégration des nouveaux venus qui se sentent moins perdus. D’un point de vue technique et communication entre partenaires, ces échanges permettent aux élèves de vérifier grandeur nature si leur guidage est exact et précis pour les hommes, et pour les femmes si elles ressentent réellement le guidage plutôt que d’effectuer les mouvements par réflexe de « par cœur » ou d’habitude.

Si nous encourageons les élèves à changer de partenaires le plus possible (c’est l’apprentissage le meilleur et le plus rapide : pratiquer, pratiquer, pratiquer), néanmoins il n’est pas dans notre esprit d’obliger les élèves à changer s’ils ne le désirent pas. Certaines personnes ne le veulent pas, car ils ne cherchent qu’à travailler qu’entre eux, et pas avec d’autres. Cette façon de faire est également à respecter, même si nous ne partageons pas ce point de vue. Ce comportement engendre naturellement quelque frustration parmi les personnes qui sont arrivées sans partenaire, et qui se retrouvent seul(s), en cas de surnombre soit de femmes, soit d’hommes. Les partenaires des couples qui ne changent pas se voient alors reléguées, par les personnes qui changent volontiers, au rang d’égoïstes, d’individualistes et d’égocentriques. Comme dans toute association de Tango, nous voyons de temps en temps des personnes qui viennent se plaindre que « tel ou tel » refuse de tourner.

Essayons de savoir pourquoi, malgré les demandes des profs pendant les cours et les ateliers, certains élèves ne veulent pas changer de partenaire.

1°) Ils sont en couple dans la vie et sont venus pour ne travailler qu’entre eux, sur un problème technique déterminé, sur un thème bien défini.
2°) Ils sont en couples dans la vie et ils ne veulent pas provoquer de problème psychologique tel que : faire de la peine, jalousie, envie ou autre….
3°) Ils ne sont pas en couple dans la vie mais s’accordent tellement bien dans les cours et les ateliers qu’ils ne veulent pas prendre le risque de mal faire avec quelqu’un d’autre.
4°) Ils n’éprouvent aucun plaisir à être, pour les femmes, dans les bras d’autres hommes ; et pour les hommes, à prendre dans les bras d’autres femmes.
5°) Ils ne veulent pas se séparer de peur de tomber sur quelqu’un qui n’est pas de leur niveau (cela arrive souvent), auquel cas il n’y a aucun plaisir à apprendre : l’homme souffre d’être éventuellement avec une femme qui ne suit pas comme il le veut ; la femme souffre d’être éventuellement avec un homme qui ne comprend pas ou qui ne la guide pas correctement. Ceci est vu en particulier pour des couples de niveau avancé, mais ce n’est pas général.
6°) Ils ne veulent pas changer par inadéquation physique envers d’autres partenaires éventuels : homme trop grand, femme trop petite….
7°) Ils sont venus ensemble pour prendre un cour ou participer à un atelier, ils considèrent que le prix payé pour leur cours ou leur atelier ne les oblige pas à changer pour « moins bons » qu’eux.

Que pourrait-on dire aux élèves pour les inciter à changer de partenaire ?
Que personne n’est parfait…..Qu’on a tous le droit d’apprendre même si l’on a pas de partenaire attitré…..Qu’on apprend jusqu’à la fin de sa vie….. Qu’on a de bonne surprise à changer de partenaire, même en cours…… Qu’on se doit d’être humble, même si on a un bon niveau…..

5 réponses pour “Est-il profitable de changer de partenaire dans les cours et les ateliers ?”

  1. Jean-Luc indique :

    Personnellement je ne changeais jamais de partenaire dans les cours. Je me disais que j’avais déjà bien assez de mal avec ma partenaire régulière pour ne pas augmenter la difficulté avec une autre partenaire. Ce n’est que quelques années plus tard que j’ai compris que changer de partenaire etait indispensable pour apprendre à reellement guider mais aussi profitable pour faire descendre la pression avec ma partenaire.

  2. Bernadette GUILLOT indique :

    C’est juste. Je me rappelle même de ma propre expérience lors de mon apprentissage, heureusement qu’il y avait un couple d’amis avec nous lors des cours……nous devions échanger nos partenaires souvent ! Après, tout allait mieux.

  3. Sharquak indique :

    Personnellement je me suis souvent inscrit comme homme seul et j’ai toujours essayé de danser avec toutes les danseuses présentes. Je peux confirmer qu’il est indispensable de pratiquer avec le plus de partenaires possibles (pas seulement dans le tango, mais aussi pour d’autres danses et pour des arts martiaux).
    Pour inciter les gens à changer de partenaire, j’explique que le tango est un langage corporel, et que les cours servent à apprendre à communiquer. Imaginez que vous preniez des cours de langue étrangère, mais que vous ne discutiez (pratiquiez) seulement qu’avec un autre élève : vous développez alors une langue qui ressemble à celle étudiée, mais que seul vous et votre partenaire comprennent. Le tango c’est pareil. Lorsque deux personnes ne dansent qu’ensemble, elles compensent mutuellement leurs défauts, et se retrouvent incapables de danser le tango avec d’autres personnes. En revanche, changer fréquemment de partenaire permet de détecter les erreurs rapidement. Quand une figure pose problème, est-ce la faute de l’homme ou bien de la femme ? C’est simple, si l’homme a le même problème avec les autres femmes, c’est sans doute de sa faute à lui, et c’est si la femme qui a le même problème avec les autres hommes, c’est sans doute sa faute à elle.

    Enfin, la milonga est pour moi un événement social, qui permet de rencontrer des gens. Un couple qui ne souhaite pas s’ouvrir aux autres personnes est, à mon avis, dans l’erreur lorsqu’il s’inscrit à un cours de tango. Peut-être faudrait-il préciser lors de l’inscription (au moins pour les débutants) qu’il est obligatoire de danser avec toutes les personnes présentes ? D’ailleurs les gens qui restent accrochés l’un à l’autre sont souvent ceux qui ne viennent pas dans les pratiques et milongas, et qui font peu de progrès. Peut-être qu’il faudrait leur demander s’ils sont réellement motivés pour apprendre le tango, ou bien s’ils viennent simplement au cours pour passer une heure trente ensemble (”bah oui ça change du cinéma”).

    Je pense que, trop souvent, les professeurs de tango enseignent surtout “des pas” et n’insistent pas assez sur le guidage (”répétez après moi cette suite de pas et ensuite on rajoutera un gancho, et ensuite on mettra une autre figure à la place …”). Pour corriger les problèmes de guidage, il faudrait que le professeur arrête de proposer des pas, et dise explicitement “maintenant, vous allez faire la même chose qu’avant, mais avec un autre partenaire, afin de déceler et corriger les problèmes de guidage”. Les personnes en couple seraient alors plus enclines à changer de partenaire, puisque répéter le même exercice avec le même partenaire ne leur servirait à rien.

    Je reconnais les bienfaits du changement de partenaire fréquent, mais depuis quelques temps je ne m’inscris aux cours qu’avec une partenaire attitrée. La raison ? Dans les cours avancés, on voit beaucoup trop de gens qui n’ont pas un niveau suffisant. Alors maintenant, cela ne me dérange pas de ne pas changer de partenaire pendant le cours. J’accepte toujours de changer de partenaire lorsque le professeur le demande, mais j’essaie de trouver une partenaire de niveau suffisant, et j’évite certaines personnes. On tombe dans le débat “comment faire pour avoir participants de niveau homogène ?”.

  4. Adorno indique :

    Puisque Sharquak parle de “couple qui ne souhaite pas s’ouvrir aux autres personnes …” à une milonga :

    Même si nous partageons presque toutes les raisons, pour ne pas changer le partenaire, nous n’avons jamais refusé une demande des profs pendant un stage ou atelier. Parce qu’on était là pour travailler, pour apprendre, pour s’entrainer…

    les choses changent complètement pendant les soirées-milongas.
    Avec le stress (ou dynamisme, si vous voulez) au travail pendant la semaine, les déplacement etc., même un couple avec une relation intense, peut avoir un minimum de vie commune pendant la semaine. Et comme le tango est la Grande Passion Partagée, les milongas pendant le week-end sont une possibilité précieuse d’être ensemble dans l’intimité du couple … donc le changement du partenaire est plutôt rare (sauf les rencontres avec des bons amis, par exemple).

    Le Tango Argentin commence avec le Cabeceo … Malheureusement le cabeceo est peu connu chez beaucoup des “experts” et pas appliqué, même aux grandes centres du Tango à Paris ou ailleurs. Le connesseurs du tango sait très bien, que dans les milongas à Buenos Aires il y a une “séparation” entre les femmes seules, les hommes seuls et … les couples. Une des regles des milongas à Buenos Aires est qu’on n’ivite jamais une femme accompagnée (et inconnue), surtout quand il y a beaucoup de femmes venues seules et qui attendent parfois des heurs pour dancer (ça pourrait être aussi une réponse pour “Sur la façon « juste », pour les femmes sans partenaire…. ).

    C’est là, à une milonga à Buenos Aires, où un couple (quand la femme “n’ose pa dire non” par politesse - très typique pour l’Europe) peut rester “protegé” contre les “tangueros”, qui prennent la milonga pour une discoteque et contre les couples, qui s’ennuient ensemble et n’ont presque rien à se dire - oui, ça existe … la grisaille après 20-30 ans de marriage, et qui voient la milonga, comme une version “light” d’une boite d’échangiste.

  5. irlat catherine indique :

    bonjour,
    bien sur qu’il est preférable de changer de partenaire…
    pour moi le tango c’est raconter une histoire en quelques minutes,et quel plaisir de la raconter de differentes facons en fonction de la personne en miroir devant soi….
    adapter ses pas et son attitude corporelle en fonction de la musique bien sur mais aussi du ressenti du partenaire,c’est une belle aventure a chaque fois et c’est a l’infini…

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