Depuis des années et des années que je fréquente les milongas, je me suis toujours posée la question de savoir pourquoi, (moi qui ne refuse jamais de danser, même avec des inconnus) certaines très bonnes danseuses de haut niveau en Tango argentin, refusent très souvent de danser avec des hommes inconnus (ou presque) qui les invitent.
Vous allez me répondre, si vous êtes dans ce cas de figure mesdames : « c’est notre droit de refuser l’invitation ». Certes, c’est votre droit. Mais pourquoi refusez-vous, si vous n’êtes pas malade, ou si vous n’avez pas mal aux pieds, ou si vous n’êtes pas fatiguée, de danser avec un homme qui vous invite ? N’êtes-vous pas là pour danser ? Avez-vous peur de vous ennuyer dans ses bras, si cet homme n’est pas un suffisamment bon danseur à votre goût ? Avez-vous peur d’être brutalisée ? N’avez-vous pas confiance en vous ? Ou à l’inverse, êtes-vous définitivement snob et prétentieuse, au point de juger que votre niveau est tellement élevé que seuls les tout meilleurs danseurs de Paris trouvent grâce à vos yeux ? Recherchez-vous le Prince Charmant, et tant que celui-ci ne vous a pas invitée, vous refusez toutes les invitations, de peur de louper celle qui vous ferait chavirer de plaisir ? Attendez-vous votre tour patiemment, pour qu’un super danseur vous invite ? Pensez-vous que de danser avec un homme de niveau inférieur au vôtre, abimerait votre style ? Ou bien voulez-vous uniquement vous, inviter vous-mêmes les hommes de votre choix ?
J’ai vu très récemment un jeune homme se faire « jeter » très cavalièrement par une jeune femme, alors que ce jeune homme, au demeurant très bon danseur, au physique agréable, bien élevé, gentil et attentionné, possédant un abrazo excellent, invitait poliment une jeune danseuse de très haut niveau. Quelle mouche a piqué cette femme pour refuser ? J’étais très gênée pour elle et à la limite j’avais honte pour elle. Elle était seule et il n’y avait pas, apparemment, de possibilité de jalousie de la part d’un conjoint éventuel. Si cette femme était de mauvaise humeur, c’était le bon moyen de prendre la vie du bon côté en dansant, sûrement très bien avec lui.
Une milonga est un lieu d’échange, de partage, c’est un lieu social où tous les milieux se rencontrent grâce à la danse. C’est un milieu où hommes et femmes se rencontrent. L’apprentissage dans le Tango argentin ne s’arrête jamais car tout le monde, sans exception, a appris à danser, apprend encore et apprendra toujours car les possibilités dans le Tango sont infinies. Danser dans les milongas apporte beaucoup, danseurs doués comme danseurs peu doués. Danseuses douées comme danseuse peu douées. Alors pourquoi ne pas jouer le jeu mesdames, alors qu’en France maintenant nous voyons de plus en plus les dames inviter elles-mêmes les danseurs, et que ceux-ci acceptent les invitations de plus en plus facilement ?
Si maintenant nous pouvons remercier les hommes d’accepter les invitations, nous les femmes, ne nous laissons pas entrainer dans cette mauvaise voie qui est de refuser de danser pour des raisons obscures. Les hommes ne méritent certainement pas cela.
| Imprimer
15.10.2008 à 23:52
Je connais une fille qui a l’habitude de danser au Colectivo et au Chantier, endroits assez connu en ce qui concerne les râteaux. Mais du reste, cette fille en question est très sympa, et plutôt cool avec ces questions d’invitations. Elle me parlait l’autre jour des filles du Colectivo et du Chantier, à quels points elles pouvaient avoir des comportements stupides. Elle m’a donné deux exemples :
- déjà une danseuse, même moyenne voir débutante, refuse purement et simplement de danser avec des danseurs de leur niveau. Elles ne veulent que les très bons danseurs de Paris qui ont des années d’expérience derrière eux. Elles préférent s’asseoir plutôt que de danser avec quelqu’un de leur niveau… Pourquoi ? Je vous laisse répondre… Je n’ai pas la réponse.
- Si jamais, elles voient un danseur, même moyen qui invite une très bonne danseuse de leur connaissance, parce qu’elles l’ont vu danser avec elle, elles voudront toutes danser avec lui… Comme quoi, elles ne savent même pas faire la différence entre un avancé et un danseur moyen.
Ceci dit, il y a quand même plusieurs bonnes raisons de refuser une danse :
- on a déjà testé et on ne veut pas y regoûter (mais ca marche pas pour les inconnus).
- on l’a vu danser et on a pas aimé (mais ceci dit, je conçois que cette raison reste assez discutable. Parfois, il y a des gens qui n’en jettent pas, et avec qui ca se passe bien finalement. Et parfois, c’est le contraire…)
- on aime pas la musique qui passe (sans doute la meilleure excuse).
- on est fatigué (compréhensible pour une fille, car les talons ça fatigue).
- on est pas d’humeur (par exemple, c’est une débutante, et qu’on vient de s’en enchainer 2 ou 3).
Dans les 3 derniers cas, je pense que la moindre des choses, c’est d’aller réinviter la personne à qui on a refusé plus tard dans la soirée, ou si on a pas le temps, une fois prochaine (mais pas 1 an après !!!). Et ce, qu’on soit un homme ou une femme.
Si on ne réinvite pas plus tard, le refus sera assimilé à un vrai râteau, même si c’était une sincère bonne excuse.
16.10.2008 à 13:09
Je voulais juste rajouter une chose. Quand une fille me refuse une danse, ce n’est pas trop grave, quelles que soient les raisons. Je ne lui en veux pas, car c’est son droit après tout. Moi aussi il y a des gens avec qui je n’aime pas danser, ou avec qui je ne veux pas danser.
Ce qui est vraiment inacceptable, c’est quand la fille accompagne du refus un ton, une expression ou des gestes méprisants et hautains. Là c’est un vrai problème d’éducation. Et c’est surtout ce que je reproche au gens “select” de Paris.
19.10.2008 à 23:10
“Une jeune danseuse de très haut niveau”
Très haut nivau, sur Paris je ne vois pas. Carolina est annoncée à Paris mais seulement vers fin Octobre. Ok, mettons qu’elle soit arrivée en avance. Ou qu’il s’agisse d’Eugenia de passage à Paris. Elle est vraisemblablement dans une milonga pour prendre contact avec des organisateurs de milongas pour arranger une démo ou bien des workshops, elle n’est pas là pour danser.
20.10.2008 à 22:43
Par exemple, il y a Mamie Sancy. Elle n’est peut être pas aussi connue que les danseuses que tu cites, mais parait il qu’il y a plein de gens à Buenos Aires qui sont très connus là bas et pas du tout internationalement…
Il n’est pas nécessaire d’être médiatisé pour être une danseuse de très haut niveau.
Sur son niveau, je te laisse en juger :
http://www.youtube.com/watch?v=YCY26fem9d8
Des danseuses avec une qualité de marche comme celle là, ca court pas les rues, même chez les professionels…
En tout cas, elle est à Paris jusqu’au mois de Décembre environ. Ensuite, elle repart au Chili. Elle reviendra de temps en temps à Paris par la suite. (mais elle ne donne pas de cours ici, car son partenaire est resté au Chili).
J’ai dansé plusieurs fois avec elle, et je la considère en tout cas comme la meilleure danseuse avec qui j’ai jamais dansé. Sa légèreté, son abrazo, sa connection à la fois avec son partenaire et aussi au sol sont stupéfiants !
Les danseuses de Nuevo du Chantier peuvent toutes aller se rhabiller…
Mais c’est aussi un très bon exemple à suivre. Car en dépit de son niveau, c’est une fille qui a su resté incroyablement amicale, simple et humble. Elle ne m’a jamais refusé une danse, et je l’ai vu dansé avec plusieurs hommes que d’autres femmes du Colectivo ou du Chantier n’auraient même pas regardé…
Merci de m’avoir donné l’occasion de parler d’elle et de dire tout le bien que je pense d’elle :-).
21.10.2008 à 10:49
Petite précision qui ne sera pas inutile: quand je parle de danseuses de très haut niveau, je ne parle pas nécessairement de danseuses professionnelles. Il y a des danseuses amateurs à Paris de haut niveau qui dansent très, très bien (n’en déplaise à Pascal), et qui ne sont pas loin d’être du niveau des professionnelles, si elles avaient la possibilités de travailler leur Tango davantage. Quant à Mamie et Carlitos, je les ai vu danser à Orléans et je suis assez d’accord, ils sont excellents. L’avenir leur sourira. Si, en plus Mamie est amicale, humble et simple, alors…..c’est l’idéal. Il est sévère de dire que les danseuses du Chantier peuvent aller se rhabiller,ce n’est pas du tout mon avis.Le problème est que très souvent, beaucoup de danseuses (et danseurs) se prennent trop au sérieux !
21.10.2008 à 13:05
“Il est sévère de dire que les danseuses du Chantier peuvent aller se rhabiller,ce n’est pas du tout mon avis.”
Pour avoir danser avec les deux, je peux dire que si !!
Ça ne veut pas dire qu’elles sont nulles, mais qu’elles sont certainement moins bonnes qu’elles le pensent…
21.10.2008 à 18:28
Probablement, d’où la nécéssité d’être lucide sur sa propre valeur. Néanmoins, relativisons. Ne confondons pas une femme, professionnelle, qui travaille son Tango dans la technique et la connection, et qui travaille son corps dans sa souplesse, son dynamisme et sa virtuosité, ceci plusieurs heures par jour, tous les jours, avec le même partenaire, et une danseuse amateur qui n’a pas les mêmes possibilités de travail pour le Tango. L’une gagne sa vie (ou le devrait), avec son Tango, l’autre non. Il est alors logique de penser que la professionnelle est meilleure.
21.10.2008 à 19:57
je suis une femme, je ne pense pas suréstimer mon niveau: je suis moi-même prof de danse…et je sais que j’ai encore du bon bout de chemin à faire dans le tango avant d’oser prétendre maîtriser le sujet!!! je danse au chantier (”vade retro satanas!”)… et… il m’arrive de refuser une invitation…
toujours poliment, toujours avec le sourire et toujours en étant désolée pour la personne qui m’a invité…
j’accepte très rarement de danser quand je n’ai pas vu le danseur dans “ses oeuvres” avec une autre partenaire…
et oui! je refuse systématiquement quand ce que j’ai pu en voir m’a déplu! (attention! je ne parle pas de prouesse technique!!! la technique ne fait pas tout… )
je refuse quand un danseur n’est pas musical! quand j’ai eu l’impression qu’il “manipule” la danseuse… mais quand c’est un danseur “d’un niveau moindre que moi” (pourvu que je n’attire pas les foudre en disant ça!!! lol) qui me semble sensible et respectueux j’accepte.
je refuse systématiquement quand la personne qui vient m’inviter m’interrompt en pleine discussion avec un ou une amie, et que nos regards ne se sont pas croisés avant… cette attitude démontre une totale incorrection!
je ne sors pas en bal pour trouver le prince charmant: la place est déjà prise!!! je sors pour le plaisir de danser, avec mon partenaire et avec d’autres, si le coeur leur en dit et à moi aussi… le tout est de s’accorder au niveau timing!
A mon sens, une femme est en droit de refuser une invitation, sans avoir besoin de se justifier… si elle ne trouve pas le danseur à son goût c’est son droit… si elle attend le prince charmant, il faut qu’elle soit patiente!!!!
si elle n’a pas apprécié sa façon de danser une première fois… elle est libre de ne pas vouloir se forcer!
mais il en est de même pour l’homme..
je ne pense pas qu’un homme qui n’a pas apprécié une tanda avec une femme, la réinvite à nouveau…
la danse à deux est une alchimie aussi complexe qu’une histoire d’amour… sauf que l’accord (presqu’au sens musical du terme… comme les instruments qui s’accordent pour jouer un morceau) doit se faire dès l’abrazo… soit en quelques secondes…
dans la vie on ne s’entend pas avec tout le monde, pourquoi en serait-il différemment en tango?
22.10.2008 à 1:26
Bernadette, juste pour dire que Mamie en l’occurence n’est pas une vraie professionnelle. Elle et son partenaire ont tous les deux un travail à plein temps à côté. De plus, comme ils ne sont pas ensemble dans la vie, je suppose qu’ils doivent avoir même moins de temps que certains amateurs pour s’entrainer…
Et Mamie n’a que 5 ans de tango derrière elle, ce qui prouve qu’elle est douée pour ceux qui en doutaient encore :-).
De toute manière, on se fout de savoir qui est meilleur que qui. Ce que je voulais dire c’est qu’on pouvait être très bon et rester humble et accessible.
Je suis allé au Colectivo il y a trois mois environ. J’invite une fille assise seule depuis un moment. Je ne la connaissais pas. Elle me répond d’un ton sec “non !”, et elle rajoute sur un ton déplaisant : “Quoi ? Ca pose un problème ?”. Je n’ai pas répondu, en fait j’étais tellement interloqué par tant d’agressivité que je ne savais plus quoi dire.
Ce n’est pas le refus qui me blesse. Il y a plein de filles qui me disent non, c’est leur droit. Je ne leur en veux pas, et si elles changent d’avis un jour, je ne ferme pas la porte. Et puis ça fait partie du jeu, non ?
Mais pour ce genre de fille là, qui me parle comme si j’étais un pouilleux, je trouve leur comportement complètement inacceptable. Et ce n’est pas possible de défendre ce genre d’attitude.
Et malheureusement, il y a beaucoup de filles dans ce genre là au Colectivo ou au Chantier. Là bas j’ai vraiment beaucoup eu de regard noir ou méprisant de la part d’inconnues. Pourquoi ? Quelque soit ma valeur en tant que danseur, je n’ai rien fait pour mériter ca…
22.10.2008 à 10:13
Marc,tu as parfaitement raison. C’est une question d’éducation. Si les femmes se conduisent ainsi au Chantier ou au Colectivo, c’est grave. Le refus de danser est une chose, mais un refus agressif en est une autre, que l’on ne devrait pas tolérer. Espérons que ta mise en garde servira à quelque chose, pour que toutes ces femmes que tu cites ne se prennent décisément plus au sérieux. Pour Mamie qui n’est pas une professionnelle pure et dure, le résultat est d’autant plus remarquable et apréciable. Comme quoi,ça existe encore la bonne humeur et la gentillesse chez certaines très bonnes danseuses, et c’est rassurant !
24.10.2008 à 14:51
je ne pense pas qu’il faille stigmatiser le Chantier et le Collectivo, il y a sûrement aussi des femmes qui ne se comportent pas correctement envers les hommes qui les invitent dans les autres milongas de Paris et de Navarre…
24.10.2008 à 14:57
j’oubliais: Marc, je suis de tout coeur avec toi, et effectivement, te connaissant, tu ne méritais pas un tel mépris…
25.10.2008 à 12:24
“je ne pense pas qu’il faille stigmatiser le Chantier et le Colectivo”
Mouais, enfin, c’est quand même là qu’on entend le plus de ce genre d’histoires à Paris… C’est pas un hasard quand même…
25.10.2008 à 20:44
“que l’on entend ce genre d’histoire”….
mise à part, ton expérience très désagréable au colectivo, il ne s’agit donc bien souvent de “qu’en dira-t-on”???
ces deux lieux ont une réputation élitiste… mais y allant régulièrement (au Chantier), je peux assurer que de l’intérieur, l’ambiance y est “bon enfant”, l’accueil agréable… et les “rapports” entre danseurs et danseuses semblent tout à fait cordiaux…
j’avoue que les 1ère fois, je me sentais dans mes petits souliers, impressionnée plus par l’idée que je me faisais de la “grandeur” des danseurs, que par la réalité…
encore une fois, je ne pense pas qu’il faille faire une généralité, de cas relativement isolé de femmes mal embouchées qui ne connaissent pas les bonnes manières. Toutes les danseuses du Chantier ne sont pas des pestes!
concernant le Colectivo, je ne me permets pas de juger plus avant, je n’aime pas cette salle, trop peu ventillée à mon goût… je m’y sens très oppressée… je n’y suis pas allée assez régulièrement pour me faire une opinion…
26.10.2008 à 13:51
Mise à part mon expérience très désagréable, j’ai déjà reçu le témoignage de plein de filles qui se plaignent de l’ambiance de ces endroits, en particulier qu’elles passent leur soirée sur le banc. Du reste l’expérience désagréable que j’ai citée, est loin d’être la seule… C’était juste un exemple.
Je connais même des gens qui font partie de ce groupe du Chantier qui se plaignent de cette ambiance vip. Dans ce cas, se sont plutôt des filles qui ne font pas du tango depuis très longtemps donc elles n’ont pas eu le temps de se faire polluer l’esprit… (voir mon premier post).
J’ai une autre amie qui reconnaissait que pour quelqu’un qui ne faisait pas partie de leur groupe, il était extrêmement difficile de s’intégrer et même de danser au cours de la soirée. Pourtant cette amie fait partie de ce groupe du Chantier…
Elle me disait qu’au début elles passaient des soirées entières sur le banc. Mais comme c’est une fille qui est très extravertie, elle a su se lier d’amitié avec quelques personnes, et ça lui a ouvert les portes. Ce qui prouve bien que ce n’est pas une question de niveau de danse là bas, mais simplement de faire partie du groupe ou pas…
Elle me racontait qu’elle a vu deux danseuses des pays du Nord (Suède, je crois) qui venaient occasionnellement au Chantier, car de passage sur Paris, elle disait qu’elle ne comprenait pas pourquoi l’ambiance y étaient aussi snob. Elles ont l’habitude de beaucoup voyager en Europe, et pourtant c’est la seule milonga en Europe où elles passent la plus grande partie de leur soirée sur le banc. Pourtant, d’après mon amie, ces deux filles dansaient bien.
Les rapports entre danseurs et danseuses du Chantier sont probablement très cordiaux, je le vois bien pour certains d’entre eux qui viennent au rétro. Mais entre les danseuses et le reste des danseurs venant d’ailleurs, c’est une autre affaire… Pour les danseurs, je sais pas trop, je n’en connais pas assez.
29.10.2008 à 15:23
@Pascal: lol !!!
Pour revenir au post de Bernadette, il y a une question intéressante dans le pourquoi. En ce qui me concerne il m’arrive de “bloquer”, les raisons : par timidité, manque d’envie, mauvaise humeur… dans pas mal de cas je ne saurais pas trop dire pourquoi.
Donc que ce soit dans sa relation à la danse ou à l’autre ou aux autres savoir répondre à la question pourquoi non ? Ca fait sens parceque si on prend ce recul la plupart du temps la réponse c’est “pourquoi pas ?”…
Pour le reste c’est pas si grave, c’est que du Tango après tout
7.11.2008 à 9:04
Eh beh, ça rassure
et je ne refuse jamais une invitation
Moi, je suis un garçon et maintenant, je suis installé dans un pays où les filles invitent, c’est que du bonheur
J’ai été très surpris par la première réaction de latocaya qui semble être une danseuse expérimentée : “j’accepte très rarement de danser quand je n’ai pas vu le danseur dans “ses oeuvres” avec une autre partenaire…”
Ma première année de tango à Paris, quand j’ai enfin osé me pointer aux pratiques et autres milongas, j’ai systématiquement évité les filles jeunes qui avaient plus d’un an et moins de 2/3 ans de tango!! (j’étais tout aussi jeune et loin d’être repoussant, mais ce sont des choses qui se sentent, j’avais comme l’impression que plus de 80% d’entre elles voulaient danser avec les “soi-disant” bons danseurs qui font plein de figures au milieu de la piste. Pour ma part j’allais plutôt inviter les femmes assez expérimentées (car côté garçon, elles en avaient vu d’autres et ne semblaient pas là uniquement à la recherche du prince charmant) je me présentais comme très grand débutant et au bout de 2/3 danses, je les remerciais chaleureusement, ce qui m’ouvrait des possibilités pour la semaine d’après… Je ne me suis jamais fait jeter par ces très bonnes danseuses.
J’ai été surpris par le commentaire de latocaya, car pour les garçons débutants c’est très loin d’être gagné pour être en musique. Pour ce qui est des pas, au bout du deuxième croisé on se retrouve vite au milieu de la piste perturbé par tous ces danseurs qui nous doublent à gauche et à droite. Si des danseuses expérimentés comme vous ne nous aident pas, autant dire que c’est grillé d’avance, d’autant plus que les filles avec lesquelles on commence nous larguent assez vite car elles arrivent à suivre des garçons expérimentés (d’ailleurs certaines en déduisent qu’elles savent danser et arrêtent les cours au bout de deux ans).
Comme dit dans les messages plus haut, un refus peut se comprendre, mais il y a quand même pas mal de filles qui refusent des invitations pour des raisons obscures et vont danser dans la minute qui suit avec un autre danseur, c’est vrai que quand on est à côté ça fait peur et on se sent pas bien pour celui qui s’est fait jeter. Du coup on se pose des questions et si je me fais jeter ?? Du coup à Paris, il m’arrive souvent de ne jamais inviter certaines belles demoiselles qui sont assises seules à leur table et ne dansent pas (si ça se trouve elles accepteront, mais dans le doute…..Cependant certaines nous regardent et nous font un sourire qui incite à les inviter), je préfère dans la plupart des cas inviter la petite dame aux cheveux gris qui elle acceptera et danse un tango sobre et agréable.
Je précise que je suis tout aussi jeune, mais j’avoue que je comprends certains garçons qui finissent par jeter l’éponge.
Autre précision j’adore danser aussi avec les jeunes filles que je ne connais pas et oui il m’est arrivé d’avoir un refus motivé et après je me suis fait inviter par les personnes en questions (soient qu’elles devaient rentrer chez elles et avaient déjà changé de chaussures ou qu’elles voulaient souffler quelques minutes). Mais bon puisque je viens toujours en couple, même si je devais me faire jeter un jour, ce sera moins méchant que si l’on est venu seul je pense.
10.11.2008 à 14:10
Il est vrai qu’il n’est pas très agréable d’essuyer un refus, surtout s’il est fait avec peu de délicatesse. Pour ma part, je considère que cela fait partie de la règle du jeu. Après tout, nous, les hommes, avons la chance de pouvoir choisir la personne à inviter. Les femmes attendent une hypothètique invitation et c’est leur droit de la refuser. Je ne suis jamais allé en Argentine, mais d’après les récits de ceux qui connaissent la méthode utilisée la bas a au moins l’avantage d’éviter de se ramasser “un rateau”.
Sans utiliser complétement cette attitude (car je ne maîtrise pas le coup d’oeil ou de tête), je m’efforce de plus en plus de rechercher le contact visuel avec l’inconnue que je souhaite inviter. Cela permet de tester l’état d’esprit de la personne et de se rendre compte si on a une chance ou pas de voir accepter notre invitation. Tout le monde est gagnant. Quand on sent le regard fuyant de la danseuse, ce n’est pas la peine d’aller plus loin. Au contraire si on rencontre un petit sourire, on peut s’approcher et faire l’invitation dans les règles.
A vrai dire, si j’ai finalement pu m’habituer au risque d’un refus (ce qui arrive en fait assez peu souvent), je supporte moins bien que la danseuse souhaite arrêter au beau milieu de la tenda. Cela ne m’arrive pas souvent mais c’est vraiment désagréable (mais je crois que certains hommes le font aussi et cela me parait encore plus gougat, car dans le cas de l’homme, c’est lui qui a lancé l’invitation). La dernière fois que cela m’est arrivé, la personne est allée se rassoir prétextant un mal aux pieds et a eu la correction d’attendre la fin de la tenda pour aller danser à nouveau avec un danseur visiblement d’un meilleur niveau que le mien (tout du moins dans sa capacité à faire de nombreuses figures).
Autant je comprends qu’une femme qui m’ait vu danser par exemple, ne souhaite pas danser avec moi (ou simplement parce qu’elle a envie de s’arrêter un peu), autant une fois qu’elle a accepté, j’ai plus de mal à comprendre qu’elle veuille arrêter avant la fin. Les témoignages des danseuses avec lesquelles je danse régulièment me laissent penser que je ne suis pas dans la catégorie des danseurs brutaux, autoritaires, donneurs de leçon, etc etc. Donc c’est vraiment difficile à comprendre et je le vis assez mal.
J’aimerais avoir des témoignages de danseuses ayant fait cela. Est ce que le mal de pied est une véritable excuse (après tout 5 mn de repos ne font jamais de mal). En dehors des cas de tortures cités plus hauts, n’est il pas possible d’aller jusqu’au bout. En tant qu’homme, il m’arrive d’inviter des personnes qui s’avèrent difficiles à danser, jusqu’à présent (et depuis que je connais la règle), je vais jusqu’au bout de la tenda. Mais il est vrai aussi que j’ai la possibilité de ne pas réinviter cette personne.
IL est certain que la danseuse qui m’a laissé tomber ainsi n’a plu de risque que je l’invite à nouveau. Si c’était son objectif, il est atteint.
11.11.2008 à 14:45
Pour JLouis,
, de ce que j’en sais en tout cas à Paris et dans pas mal de villes aux USA, c’est que pas mal de filles (et de garçons aussi) avec un niveau certain en tango, voire avec plusieurs années de tango derriere elles ne connaissent pas la notion de “Tanda” et ou de “Cortina”!!! Et donc encore moins le fait qu’on ne plante pas son partenaire en plein milieu de la tanda.
exceptées celles qui ne veulent plus danser
Pas mal de danseurs et danseuses n’écoutent les chansons de tango que dans les pratiques et les milongas et ont du mal à reconnaitre que la chanson qui suit est du même orchestre que celle qui vient de se terminer, je me fais souvent questionner en piste sur des rythmes bien particuliers qui ne trompent pas pourtant (Biaggi, d’Arienzo..)
Cordialement
22.11.2008 à 17:04
Je ne suis pas une des ses femmes qui refusent l’invitation des hommes à la danse.
Même si j’ai mal aux pieds, même si je suis fatiguée… Je suis là pour danser, alors j’y vais.
Je n’ai pas peur de m’essayer ni de m’ennuyer au bras d’un homme même débutant.
J’entamme ma deuxième année de pratique de Tango dans l’Hérault, je ne suis évidement pas une professionnel dans ce domaine mais je me débrouille et j’apprends vite. Le Tango Argentin me parle que ce soit au niveau de la danse que de la musique. Aujourd’hui je suis les cours avec les quatrièmes années.
Depuis peu de temps, je fréquente les Milongas et je découvre un monde inconnu et passionnant.
Pour moi le Tango est un magnifique voyage semé d’aventures.
C’est la vie… L’amour !
A chaque danse, une nouvelle rencontre avec soi même, l’autre, le monde !
Cela ouvre les portes à tous les possibles d’exister…
Au départ, jai trouvé cela difficile de commencer le Tango sans partenaire attitré, aujourdhui je trouve que c’est un privilège et une richesse.
C’est peut être la confiance que j’ai en moi qui m’a permi cela.
Danser avec un homme, même qui en est au balbutiement de ses premiers pas, je trouve cela enrichissant.
Comme si à chaque fois, c’était l’occasion de réinventer le monde depuis le commencement.
Je ne me permettrai pas de refuser l’invitation d’un inconnu sans avoir déjà dansé avec lui. Et je crois qu’il me faudrai une excélente raison pour le faire aprés.
Peut être avoir eu la sensation d’être dans les bras du méchant loup et le sentiment de voir ses crocs déjà me dévorer ?
Eh, oui ! J’ai quarante ans et je crois encore aux comptes de fées qui ont bercés mon enfance. Je rêve encore au prince charmant, et il m’arrive de fantasmer à son propos. Mais je sais qu’il n’existe pas alors je ne suis pas à sa recherche.
Par contre je pense qu’en chaque homme il y a un prince et je trouve simplement charmant d’inviter quelqu’un à la danse.
Rencontre éphémère, le temps de la danse, ici et maintenant, dans une simple présence.
Que de bonheurs ! Se risquer à la danse dans une rencontre avec un inconnu et de pouvoir redécouvrir le monde à chaque fois… Cela serait dômage de se priver de tous ces plaisirs !
Que la vie danse !
Sarah
8.3.2010 à 15:20
Je viens de tomber sur ce forum, 1 ans plus tard, et je dois dire que j’ai moi aussi été déçu par l’accueil réservé par certaines cavalières du Colectivo (je ne connais que très peu le chantier). Je m’y suis rendu la dernière fois il y a quelques mois et j’ai essuyé pas moins de 4 râteaux en 1 soirée (simples “non” de la tête sans prendre la peine d’inventer une excuse plus ou moins valable) dont 1 après la première danse qui du reste s’était déroulée très correctement selon moi.
Au regard de cette expérience, la description de l’état d’esprit de ces personnes par Marc prend tout son sens (je venais de plus de danser avec une débutante, ce qui n’a pas dû arranger mon cas auprès de ces demoiselles). J’ai moins de 25 ans et un niveau avancé après 4 ans de Tango à un rythme soutenu. J’adapte la force ou la légèreté de mon guidage à la cavalière en face de moi et je n’entre pas dans la catégorie des cavaliers qui sentent la sueur et entre dans l’abrasso comme un catcheur sur le ring. Il n’empêche qu’après ce genre de mauvaises expériences j’ai pris le partie de ne plus inviter quiconque en soirée mis à part les ami(e)s avec lesquels je sors. J’avais pourtant toujours jusque là invité moi même toutes sortes de cavalières sans discrimination de niveau ou d’âge mais certains comportements vous obligent à revêtir une armure avant d’entrer dans une milonga. Je ne refuse cependant jamais une invitation quelque soit la personne ou son niveau (y compris d’un homme si cela devait arriver) et je dois dire que je trouve cela très agréable d’être invité par des cavalières. J’aurais donc tendance à encourager ce comportement d’invitation mixte au sein de la prochaine génération de Tanguera.