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30.4.2009 par mephisto-tango.
L’autre jour, des femmes que j’ai rencontrées en Province, me disaient qu’elles ne venaient plus à Paris dans les milongas car, venant seules, elles ne sont pas invitées et s’en repartent chez elle, sans avoir dansé une seule fois de la soirée. Avec la frustration et le mécontentement dans le cœur, et avec la nette sensation d’avoir perdu leur temps (et leur argent bien sûr, le voyage y étant pour beaucoup).
Et puis, j’ai lu aussi dans une interview d’un danseur professionnel de Tango, que celui-ci est satisfait quand il danse juste une seule et unique magnifique tanda dans sa soirée.
Si dans le premier cas ces danseuses ont eu la sensation de perdre leur temps, dans le deuxième cas au contraire, le fait de danser une seule belle tanda de toute la soirée ravit ce danseur, et lui donne la sensation de n’avoir pas perdu son temps. Tant mieux pour lui.
C’est là tout le paradoxe des milongas où l’on vient, en principe, pour danser. Dans une soirée où un DJ diffuse une musique pendant 5 ou 6 heures de suite, et où le nombre des tandas est conséquent, certaines femmes ne dansent pas du tout, pendant que des hommes semblent satisfaits de ne danser, magnifiquement je n’en disconviens pas, qu’une tanda.
De là, pouvons nous penser que ces femmes seraient idéalement satisfaites aussi, si elles n’avaient dansé qu’une seule et unique tanda dans une seule soirée ?
Peut-être. Une fois c’est mieux que rien. Mais je n’en suis pas persuadée.
Néanmoins, en admettant que danser 1 belle tanda dans sa soirée est satisfaisant, comment pourrait-on faire pour que les femmes qui viennent de loin puissent danser 1 fois dans une soirée ?
Probablement en étant plus sociable et moins égocentrique, non ?
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29.4.2009 par mephisto-tango.
Il est tout à fait regrettable que la direction du New Morning n’ait pas fait plus de publicité pour la Fernandez Fierro dans le milieu du Tango argentin à Paris, car ce concert (et non une milonga) aurait mérité une salle bourrée à craquer.
Bref, la Tipica Fernandez Fierro s’est montrée digne de sa réputation : excitante, provocatrice, fourmillante d’énergie et de puissance, bousculant les clichés et la tradition. Arrivant sur scène : aucune élégance vestimentaire, lunettes noires, cheveux longs : des vilains petits canards, quoi.
Ces types sont complètements dingues. Ou complètements déjantés. Mais à mon sens, quelque part ce sont des génies. Et des musiciens fantastiques.
Ces 12 musiciens, avec le chanteur Walter « El Chino » Laborde, tous très jeunes, dégagent une énergie et un dynamisme absolument prodigieux. Je n’avais jamais vu cela avant, pour n’importe quel orchestre traditionnel ou électronique. Ils jouent sans partition devant eux, avec une rigueur et une accentuation rythmique qui va au-delà de ce que j’avais pu imaginer jusque là. Leurs instruments (et là je pense aux bandonéons), sont quasiment maltraités dans leurs mains, tellement ils sont sollicités par une énergie - que dis-je une énergie - par un raz de marée, un tsunami !
Composé de 4 bandonéons, 3 violons, 1 alto, 1 contrebasse, 1 violoncelle, 1 piano et le chanteur, cet orchestre révolutionne à tous les points de vue même les œuvres les plus révolutionnaires en leur temps, tels que les morceaux de Piazzolla par exemple. Buenos Aires Hora 0 / Las Luces del Estadio en est une preuve parmi d’autres.
On pourrait faire l’analogie avec des personnages de groupes de rock. En admettant que les Beatles représentent la tradition du rock, La Fernandez Fierro serait donc le groupe de rock ACDC ! Mais ne nous trompons pas, il s’agit bien de Tango, avec les caractéristiques propres au Tango. Pas d’instruments électroniques, rien que de l’acoustique, mais alors……..
Une sonorité ample, généreuse, une rythmique infaillible sur des arrangements hyper novateurs, une énergie incroyable, voici comment l’on pourrait résumer la Fernandez Fierro : de la FOUDRE sur scène !
Je ne peux qu’encourager tout le monde d’aller voir cet orchestre, ou bien d’acheter leurs CDs, ou bien d’acheter leurs vidéos de leur concert / milonga live. Et soyez certains que je ne touche aucun argent sur leurs ventes !
2003 : destruccion massiva
2004 : Vivo en Europa
2005 : Tango Antipanico
2006 : Mucha Mierda
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29.4.2009 par mephisto-tango.
A la maison de la culture du Japon à Paris, nous avons eu l’occasion d’apprécier le talent de la chanteuse japonaise Anna Saeki dans son répertoire de Tangos argentins.
La première partie m’a fait un peu peur, tant cette voix me paraissait légère et frêle, sans grande puissance, sans expression véritable. Même si le timbre était agréable : une voix cristalline, douce de soprano léger, si la justesse des notes était indéniable, il manquait incontestablement quelque chose dans cette voix, le Tango n’y était pas vraiment…..Même si elle chantait aussi bien en espagnol qu’en Japonais !
Il est difficile d’avoir une voix qui se prête au Tango parfaitement. Aussi bien pour les hommes que pour les femmes d’ailleurs. Il faut une sorte de puissance et de « swing » (swing au sens de l’accentuation et de l’impulsion musicale dans la voix). Il faut être capable aussi de sortir ses tripes pour trouver en soi l’expression artistique d’une musique qui se veut par essence nostalgique voire tragique.
J’ai changé d’avis lors de la deuxième partie du concert, lorsque Anna Saeki a chanté les œuvres de Piazzolla : « Balada para un Loco », « Balada para mi Muerte », et « Preludio para el Ano 3001 ». A ce moment j’ai trouvé qu’elle était capable de trouver la tragédie dans sa voix, de trouver la puissance nécessaire à son expression, et en définitive de trouver en elle l’émotion suffisante pour l’offrir aux spectateurs présents.
Il faut dire aussi que le Quinteto « El Despues » l’aidait considérablement dans la recherche de l’expression. Alejandro Schwarz à la guitare, compositions et arrangements, Victor Villena au bandonéon, Cyril Garac au violon, Ivo De Greef au piano, Bernard Lanaspèze à la contrebasse et Javier Estrella aux percussions ont été remarquables dans l’accompagnement de la chanteuse. Ils la soutenaient littéralement sans jamais prendre le dessus. Dans leurs morceaux purement instrumentaux, joués de façon magistrale dans le sentiment et l’énergie, ils ont été applaudis à juste titre très chaleureusement….
Anna Saeki a incontestablement un talent indéniable de chanteuse de Tango, ce qui est évidemment bizarre pour une Japonaise portant une toute autre culture. Cela mérite bien d’être signalé, non ?
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9.4.2009 par mephisto-tango.
Spectacle dirigé par Claudio Hoffmann ; direction musicale Daniel Binelli.
Depuis plusieurs années déjà le spectacle « Tango Metropolis » tourne à travers le monde. De toute évidence c’est un spectacle qui marche bien, si l’on en juge par le nombre de spectateurs présents à St Cloud au Centre Culturel des Trois Pierrots, et par le succès rencontré.
Succès tout à fait légitime et mérité. Malgré l’absence de décors. Comme quoi les décors ne font pas forcément un bon spectacle.
Tous les danseurs étaient d’excellent niveau, tous étaient d’égale valeur, les danseuses superbes, la compagnie est bien harmonisée. Je n’ai qu’un seul regret, celui de n’avoir pas vu Pilar Alvarez qui est une danseuse très sensuelle et expressive. Claudio Hoffman son mari était là, avec une chaleureuse présence. Notons une chorégraphie réussie très drôle, où l’on voit Claudio Hoffmann en barman, qui accueille dans son café des danseurs et des danseuses, et qui est carrément « forcé » de danser avec ses dames.
Qui dit spectacle dit Tango de scène. Mais c’est un Tango de scène qui vit, qui veut dire quelque chose. L’expression artistique est très présente, même si ce sont d’abord des démonstrations qui se suivent, avec passion, avec humour, avec joie, avec désir.
Quelques mots du quintette de Daniel Binelli : malheureusement je n’ai pas été emballée. Pourtant Daniel Binelli n’est pas un inconnu, bien au contraire. Second bandonéoniste d’Astor Piazzolla en 1989, on pouvait penser que l’on verrait et entendrait un prodige du bandonéon. Personnellement je l’ai trouvé « fatigué », et sans grande ardeur, même si bien sûr, son bandonéon sonne juste. La compensation sur un visage extatique et grimaçant ne suffit pas. Le pianiste Christian Zarate m’a semblé pratiquement toujours en retrait (trop à mon goût). Par exemple entre autre, qu’en est-il de l’introduction au piano de « Adios Nonino » ? Inexistante. Dommage. Mais le violoniste Julio Grana a été magnifique. Je n’ai pas rencontré l’émotion que je pouvais attendre de cet orchestre. Mais deviendrais-je quelque peu blasée, et donc trop exigeante ?
Malgré cela ce spectacle dansé vaut la peine d’être vu. Si ce spectacle est à l’affiche depuis si longtemps, ceci explique cela.
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9.4.2009 par mephisto-tango.
Pour ceux qui auraient loupé « Couleurs Tango » de cette année, 15ème édition, je dirais qu’ils ont manqué l’occasion de voir et d’entendre d’excellentes choses, et peut-être, regretteront-ils de n’avoir pas été présents.
D’abord, saluons l’équipe entière du Temps du Tango, qui sait, année après année, faire revivre ce festival. C’est d’autant plus méritoire que la lassitude peut jouer, après 15 ans, aussi bien pour les organisateurs que les spectateurs-participants. Apparemment ce phénomène de lassitude n’a pas lieu, et on ne peut qu’applaudir à cette motivation qui revient, année après année.
Cette année j’ai particulièrement apprécié la prestation d’Adrian Veredice et Alejandra Hobert. A Mephisto Tango, nous les connaissons depuis longtemps puisqu’ils avaient déjà travaillé chez nous il y a 6 ou 7 ans, et nous les aimions déjà pour leur capacité à danser des Tangos modernes, de façon dynamique. Les jambes d’Alejandra me fascinaient déjà à l’époque, les déplacements et la rapidité d’exécution tout en gardant une grande amplitude de mouvement me semblaient, chez elle, tenir du miracle. Depuis lors, leur évolution dans la danse Tango est notoire. Adrian et Alejandra ont modifié, je dirais même changé, leur façon de danser. Ils sont devenus carrément « nuevo ». Et cela leur réussit parfaitement bien. La transformation physique d’Adrian est-elle révélatrice ? Il a (un peu) grossi, il a des cheveux longs, il s’habille plus « cool » sans costume ni cravate……Le jean est là, la chemise par-dessus… Bien sûr la transformation physique ne suffit pas. La façon de se mouvoir et de se déplacer d’Adrian a changé, il est plus naturel, sans raideur, tout en ayant gardé son élégance d’avant. Alejandra elle, est toujours aussi lumineuse et belle, musclée et très mince…. Elle était déjà remarquable en dansant, elle est devenue, avec les mouvements du Tango « nuevo » qui lui vont parfaitement, encore plus souple et plus dynamique. Jugez vous-mêmes, ses boleos vont jusqu’à toucher l’arrière de son dos au niveau des omoplates ! De façon générale, leurs chorégraphies sont étonnantes de nouveautés et de créativité. Personnellement je pense qu’Adrian et Alejandra à présent font partie des tous meilleurs couples au monde dans ce style. Ils se connaissent depuis longtemps, travaillent beaucoup, et leur Tango en pleine évolution ne peut qu’être apprécié par ceux qui aiment ce style.
Je n’oublie pas bien sûr Gustavo Rosas et Gisela Natoli qui sont toujours merveilleux d’aisance. Ce sont également de très grands et beaux danseurs, pleins de douceur et de sensualité. Je les ai appréciés à Prayssac 2008, je les ai appréciés ici tout autant.
Que dire De Geraldine Rojas et Ezequiel Paludi ? Tout le monde attendait Geraldine depuis longtemps à Paris. Elle a changé de partenaire depuis 2 ou 3 ans, (exit Javier Rodriguez) et bien sûr rien n’est pareil. Elle a toujours des jambes magnifiques, et elle les aura toujours, mais encore faut-il que ses jambes soient mises en valeur. Et, à mon sens, Ezequiel Paludi ne les met pas suffisamment en valeur. Il danse son Tango à lui, énergique, et sa partenaire doit suivre aussi bien que possible. Evidemment elle suit, et de remarquable façon, mais je suis persuadée qu’elle pourrait, si elle en avait la possibilité, s’exprimer davantage. Est-elle mise dans une « prison dorée », quand elle danse avec Ezequiel ? Je ne suis pas loin de le penser, à tort ou à raison……
Barkartxo Arabaolaza et Joseba Pagola ont une danse très technique. Beaucoup, beaucoup de figures techniques, comme s’ils voulaient faire voir à tout le monde combien ils sont « dans le coup ». Tout est bien fait, techniquement parlant. Que manque-t-il alors ? L’émotion……simplement. Mais est-ce si simple de ressentir l’émotion quand on danse…..
L’Orchestre Vale Tango d’Andres Linetsky n’est pas venu, ils ont annulé leur tournée en Europe. Que s’est-il passé ? Ils ont été remplacés par le Cuarteto ” Rotterdam “, avec des musiciens Allemands et Hollandais. J’ai particulièrement apprécié l’énergie de cet orchestre, digne des Argentins. Mais j’ai regretté un peu la faiblesse de la violoniste, dont les notes n’étaient pas toujours pures…. Par contre la pianiste était très présente et remarquable dans ces accentuations. Incontestablement un orchestre à suivre !
L’orchestre « Los Lobos del Tango » est tout aussi à suivre, et j’ai préféré là la violoniste !
Ce concept du salon Adenauer, à la Cité universitaire, me plait beaucoup. Des tables sur le côté de la piste, et des gradins en face. Ce qui permet de changer d’angle de vue tout en étant bien installé. Le confort des fauteuils des gradins, et les tables pour boire ou se restaurer.
Rendez-vous l’année prochaine !
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1.4.2009 par mephisto-tango.
El Pibe Sarandi est un charmant Monsieur de 64 ans qui enseigne et représente le Tango Milonguero depuis ……des dizaines d’années. Nous ne remettons certes pas en cause sa façon de danser d’autant plus que son style de danse correspond parfaitement à la rythmique « traspié » de la milonga, et ça c’est plutôt génial.
Mais en page 2 de cette interview nous lisons : « Dans certains cas, il y a des filles qui dansent avec n’importe qui et ce n’est pas comme ça ! Si tu veux t’améliorer, tu dois danser avec quelqu’un qui en sait plus que toi ! »
Personnellement je n’ai pas apprécié ce passage où il dit que quand une fille l’invite à danser, il refuse, sous prétexte qu’une fille ne doit pas danser avec n’importe qui. Evidemment il ne s’inclut pas dans le « n’importe qui » puisqu’il ajoute « dans certains cas ».
Fait-il la séparation entre hommes et femmes ? Se donne-t-il, lui, l’autorisation d’inviter à danser des femmes moins « savantes » que lui ? Ou alors, pense t-il qu’il a tout appris, qu’il ne peut plus s’améliorer, à tel point que ce n’est plus possible de trouver quelqu’un qui en sait plus que lui ? Ce qui l’obligerait alors à danser avec des femmes moins « savantes », ou à ne plus danser du tout, jugeant que les femmes présentes dans la milonga ne valent pas le coup…..
Inversement la femme qui souhaite danser puisqu’elle est venue pour cela, doit-elle, si l’on en croit Monsieur El Pibe Sarandi, faire tapisserie des heures et des heures, en refusant les invitations de tous les hommes qui seraient susceptibles d’en savoir moins qu’elle ?
Faire tapisserie des heures et des heures en attendant le Prince charmant qui serait susceptible d’améliorer la façon de danser de cette dame ne m’apparait vraiment pas comme étant la bonne solution. Cette dame risque d’attendre longtemps, et d’autant plus longtemps qu’elle est elle-même expérimenté. Plus elle est expérimentée, plus elle attendra une invitation qu’elle daignera accepter. Quitte à ne pas danser du tout de la soirée. Et cette dame qui voudrait s’améliorer en sélectionnant ses danseurs, à ses yeux les meilleurs, au contraire régressera dans sa technique et son ressenti, puisqu’elle dansera de moins en moins ! Le résultat sera donc l’inverse de ce qu’elle attendait au départ.
Bah, puisque Monsieur El Pibe Sarandi le dit, c’est que ce doit être vrai, non ?
Entre nous, si ce n’est pas de l’élitisme ça, ou de l’égo surdimensionné…….
Quand je rencontre des hommes ou des femmes très expérimentés et très « savants »dans le Tango, professionnels ou amateurs, et qu’ils restent simples, sans narcissisme, sans prétention (et c’est loin d’être la majorité), ça me repose…… Et là je me sens bien.
Je ne crois pas que je me sentirai bien avec Monsieur « El Pibe Sarandi ». Même s’il en sait dix mille fois plus que moi.
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1.4.2009 par mephisto-tango.
Lors de l’Assemblée générale de l’association, des adhérents nous ont demandés d’afficher à l’entrée de la salle de danse, les codes du bal. On a trouvé que c’était une bonne idée.
Mais au-delà du bal, on pourrait également préconiser des « codes de cours » ! L’un et l’autre d’ailleurs, vont ensemble.
PRINCIPE DE BASE POUR LES BALS, PRATIQUES ET COURS
Le principe de base, incontestablement, est le respect d’autrui. Cela fait partie de la bonne éducation, dès l’enfance. Bonne humeur, savoir-vivre, politesse et gentillesse devraient être les maîtres mots, toujours présents à l’esprit des participants, et ce, à n’importe quel moment. Même si en cours, un pas ou une figure n’a pas été bien comprise, et que l’on pense que le responsable c’est le (ou la) partenaire. Même si en bal, on se fait bousculer sévèrement, ou encore marcher sur les pieds. Et, pour les enseignants, même s’ils se font critiquer, dénigrer, ou contredire lors des cours ou ailleurs. Nous vivons tous dans la communauté du Tango, et il est nécessaire de garder en soi, sang-froid et cordialité sous peine de dérives nocives.
Voyons, en détails, les bons réflexes à avoir :
1 °) SUR LA PISTE
Sens de la circulation
Le sens de circulation sur la piste est le sens inverse des aiguilles d’une montre. Et, comme dans la circulation automobile, il existe plusieurs couloirs de circulation, de l’extérieur, à l’intérieur. Plus la piste est grande en diamètre, plus il y aura de couloirs. A l’intérieur sont les danseurs plus lents ou inexpérimentés, et au centre ceux qui voudront danser des figures statiques. Au couloir le plus extérieur sont les danseurs expérimentés qui se meuvent le plus rapidement tout en maitrisant parfaitement leurs mouvements et l’espace. Plus il y a de monde sur la piste, et donc un espace restreint, plus les pas sont petits et l’abrazo fermé pour ne pas risquer de heurter le couple à côté.
Comment pouvons-nous savoir dans quel couloir nous pouvons circuler ?
Tout étant relatif (fonction des danseurs et danseuses présents, fonction de l’heure), il convient de regarder un moment comment le bal circule et évolue au moment où nous arrivons. De cette façon on s’imprègne de l’ambiance du bal pour ne pas être comme « un chien dans un jeu de quilles ».
Le bal, idéalement, doit être fluide et doit bien tourner. Ce qui veut dire que l’on ne doit pas s’arrêter sur place et ainsi créer de bouchon derrière soi. Ne pas changer de couloir, sauf nécessité absolue. L’espace doit être géré constamment par les danseurs. Prendre la place du couple devant qui vous l’a laissée. Ne pas doubler, sauf nécessité absolue. Si l’on doit doubler, doubler sur la gauche. Rester maître de sa vitesse, être capable de s’arrêter en cas de danger, de changer de direction rapidement. Etre capable de modifier dans l’instant ce que l’on avait l’intention de faire. Ne pas parler pour expliquer un pas, en pleine danse. Au contraire, rester concentré sur la musique, sur l’espace disponible, sur le guidage de la partenaire. Tout gérer : même l’imprévu. Improviser à chaque instant.
En cas de heurts
Malheureusement, malgré toutes ces précautions, il arrive que des chocs aient lieu. Plus l’espace est restreint, plus le risque de heurts est grand.
Quels sont les possibilités de chocs ?
- Quand la vitesse d’un couple n’est pas maitrisée, par rapport à la vitesse de tous les danseurs du couloir :
a) Vitesse trop lente (ou arrêt) et le couple derrière risque de heurter celui qui va trop lentement (ou qui s’est arrêté), s’il ne l’a pas vu à temps
b) vitesse trop rapide et c’est ce même couple qui risque de heurter le couple devant s’il ne l’a pas vu à temps.
- Quand un homme décide de reculer sans avoir vu évoluer le couple derrière lui, dans le même couloir,
- Quand deux couples de deux couloirs différents mais qui se jouxtent, décident au même moment, par hasard, de faire un pas latéral l’un à la rencontre de l’autre,
- Quand les boleos ou ganchos de la femme ne sont pas maitrisés en fonction de l’espace disponible alentour. Les femmes doivent apprécier par elles-mêmes si elles peuvent, ou non, effectuer en toute sécurité de telles figures.
- Quand les coudes des danseurs / danseuses sont trop hauts, ou à l’extérieur du cercle du couple dansant. De tels coudes font des ravages et peuvent faucher littéralement les visages ou les nuques des couples d’à côté (c’est du vécu !).
Dans tous les cas de chocs :
S’excuser auprès de celui ou celle que l’on a heurté fait partie de la bonne éducation. Cela montre que l’on respecte celui ou celle que l’on a heurté, même si l’on n’est pas responsable de l’erreur. Ne pas reprocher au partenaire la responsabilité du heurt.
Surtout ne pas penser que, puisqu’on n’est pas responsable du choc, on n’a pas à s’excuser. L’autre danseur en face peut aussi penser la même chose. L’humilité fait aussi partie du savoir vivre. On ne s’approprie pas la piste de danse comme on s’approprie un objet que l’on achète.
Si les excuses ne suivent pas un heurt, il est fort à parier qu’un jugement négatif sur la personne ou à plus forte raison sur la milonga elle-même, risque d’être fait, à tort ou à raison. De plus, des excuses contribuent à la bonne ambiance d’une milonga. Ne pas oublier qu’une milonga est un endroit convivial, ou on prend du plaisir à se retrouver et à danser ensemble, et même à danser avec des inconnus(es).
Les invitations : ne pas oublier le caractère profondément social de la milonga (bal)
C’est le (la) responsable de la milonga qui en définit son fonctionnement, en accord avec le DJ. Il n’empêche que les participants à cette milonga doivent à l’organisateur, de se conformer aux us et coutumes.
Habituellement, la programmation effectuée par le DJ est structurée en Tandas et Cortinas. Les Tandas sont représentés par 3 ou 4 morceaux de même style. Chaque Tanda est séparée par une Cortina, morceau de musique ne pouvant être confondue avec la Tanda.
Sur la Cortina, les danseurs regagnent leur table, ou simplement quittent la piste, pour permettre à d’autres danseurs d’y venir, ou bien permettre d’autres invitations avec d’autres partenaires.
Il est bien vu de changer de partenaires plusieurs fois dans la soirée, préservant en cela le côté convivial, social et populaire de la milonga. Le fait de danser uniquement toute la soirée avec le ou la même partenaire et se l’accaparer, (c’est paradoxalement assez bien toléré), ne permet pas d’échanger et de partager, ce qui est normalement le propre du bal. A Paris, le fait de danser avec un (e) seul (e) partenaire, même si c’est toléré, est considéré comme élitiste et comme anti-social, voire snob et égocentrique. Sans compter que ces personnes se privent de rencontres (dansées) intéressantes, potentiellement ! Le danseur qui savoure la milonga dans laquelle il est, prendra le temps d’attendre la musique qu’il aime vraiment avant d’inviter la femme qui lui semble la plus proche de ses aspirations, donnant ainsi toutes les chances d’une très forte entente dansée entre les deux partenaires. Dans l’intervalle, il peut discuter avec d’autres participants, aller au bar, ou simplement écouter la musique.
Normalement on ne change pas de partenaire durant la Tanda. La bienséance veut qu’on fasse au moins 2 Tangos (ou valses, ou milongas) avec le (la) même partenaire, mais il est mieux de faire toute la durée de la Tanda soit 3 ou 4 morceaux. Le seul cas à mon sens, où une femme peut planter son partenaire en plein milieu d’un Tango est celui qui relève de la brutalité avérée, de gestes que la morale réprouve, ou bien d’une non- maitrise de ses sentiments intimes et personnels !
A Buenos-Aires, et maintenant à Paris, peut-être aussi en Province, il est de bon ton de discuter un peu avec son (sa) partenaire avant de recommencer à danser entre deux Tangos, alors que la musique a repris.
Raccompagner la dame à sa table est « tip top » !
Ne pas promettre des invitations faites à tort et à travers sans passer à la pratique effectivement. Inversement, ne pas oublier les invitations acceptées. Rester très poli (e) et souriant (e) même si l’on doit refuser une invitation, il en est de même pour celui ou celle qui invite et qui se voit refuser.
De façon générale, les invitations se font le plus cordialement possible, peut importe la façon dont on s’y prend : par le regard, par le fameux « cabeceo », ou plus classiquement en France, en parlant directement avec le ou la partenaire potentiel(le).
Mesdames et messieurs, si vous mourrez d’envie d’inviter un (une) professionnel(le) dans une milonga, soyez conscient(e)que vous aurez entre les mains une « Ferrari » !
2°) DANS LES COURS
Le sens de circulation est le même que sur une piste : dans le sens inverse des aiguilles de montre. En cas de heurts, le même comportement de respect et de politesse est à rechercher (voir 1° ci-dessus).
Si vous avez un ou une partenaire attitré(e), n’oubliez pas de prévenir en cas d’impossibilité de vous rendre au cours.
Arriver à l’heure, même si le prof ne l’est pas…….toujours ! « La ponctualité est la politesse des rois ! »
Si le cours n’est pas terminé quand vous arrivez, patientez sans faire trop de bruit pour ne pas gêner la fin du cours.
Un élève vient aux cours pour apprendre. Sens de l’observation, écoute des explications sont nécessaires. En d’autres termes il faut de l’attention, en conséquence éviter de parler au voisin pendant les explications du professeur.
Si un professeur vient vous voir en particulier, pour vous donner une explication ou faire une correction de votre pas, alors que vous répétiez un pas ou une figure avec votre partenaire, ne vous sentez pas obligé(e) de l’envoyer promener par agacement. Faites lui confiance, ce qu’il ou elle a vu n’est pas forcément faux !
Eviter d’ « engueuler » son ou sa partenaire, cela n’arrange rien au contraire. Demandez-lui gentiment ce que vous voudriez. Si vraiment vous êtes très énervé(e), changer de partenaire puis revenez ensuite, cette interruption a permis de faire tomber la pression. Patience et indulgence !
De toute façon il est mieux de changer de partenaire de temps en temps, pour ne pas « faire du par cœur » avec le (la) même partenaire.
L’apprentissage est long et difficile pour tout le monde, du débutant à l’expérimenté. Ne pas se prendre pour des stars, même pour les élèves qui sont très brillants ou qui ont des tas d’années de Tango derrière. On trouve toujours meilleur que soi. Des professionnels de très haut niveau n’hésitent pas à aller prendre des cours chez d’autres, alors…….On apprend jusqu’à la fin de sa vie.
Et enfin, respecter le plus possible les niveaux annoncés pour les cours et les stages.
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