El Pibe Sarandi est un charmant Monsieur de 64 ans qui enseigne et représente le Tango Milonguero depuis ……des dizaines d’années. Nous ne remettons certes pas en cause sa façon de danser d’autant plus que son style de danse correspond parfaitement à la rythmique « traspié » de la milonga, et ça c’est plutôt génial.
Mais en page 2 de cette interview nous lisons : « Dans certains cas, il y a des filles qui dansent avec n’importe qui et ce n’est pas comme ça ! Si tu veux t’améliorer, tu dois danser avec quelqu’un qui en sait plus que toi ! »
Personnellement je n’ai pas apprécié ce passage où il dit que quand une fille l’invite à danser, il refuse, sous prétexte qu’une fille ne doit pas danser avec n’importe qui. Evidemment il ne s’inclut pas dans le « n’importe qui » puisqu’il ajoute « dans certains cas ».
Fait-il la séparation entre hommes et femmes ? Se donne-t-il, lui, l’autorisation d’inviter à danser des femmes moins « savantes » que lui ? Ou alors, pense t-il qu’il a tout appris, qu’il ne peut plus s’améliorer, à tel point que ce n’est plus possible de trouver quelqu’un qui en sait plus que lui ? Ce qui l’obligerait alors à danser avec des femmes moins « savantes », ou à ne plus danser du tout, jugeant que les femmes présentes dans la milonga ne valent pas le coup…..
Inversement la femme qui souhaite danser puisqu’elle est venue pour cela, doit-elle, si l’on en croit Monsieur El Pibe Sarandi, faire tapisserie des heures et des heures, en refusant les invitations de tous les hommes qui seraient susceptibles d’en savoir moins qu’elle ?
Faire tapisserie des heures et des heures en attendant le Prince charmant qui serait susceptible d’améliorer la façon de danser de cette dame ne m’apparait vraiment pas comme étant la bonne solution. Cette dame risque d’attendre longtemps, et d’autant plus longtemps qu’elle est elle-même expérimenté. Plus elle est expérimentée, plus elle attendra une invitation qu’elle daignera accepter. Quitte à ne pas danser du tout de la soirée. Et cette dame qui voudrait s’améliorer en sélectionnant ses danseurs, à ses yeux les meilleurs, au contraire régressera dans sa technique et son ressenti, puisqu’elle dansera de moins en moins ! Le résultat sera donc l’inverse de ce qu’elle attendait au départ.
Bah, puisque Monsieur El Pibe Sarandi le dit, c’est que ce doit être vrai, non ?
Entre nous, si ce n’est pas de l’élitisme ça, ou de l’égo surdimensionné…….
Quand je rencontre des hommes ou des femmes très expérimentés et très « savants »dans le Tango, professionnels ou amateurs, et qu’ils restent simples, sans narcissisme, sans prétention (et c’est loin d’être la majorité), ça me repose…… Et là je me sens bien.
Je ne crois pas que je me sentirai bien avec Monsieur « El Pibe Sarandi ». Même s’il en sait dix mille fois plus que moi.
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5.4.2009 à 17:54
En tout cas, il y a une incohérence flagrante dans ce qu’il dit : Si les gens doivent danser avec meilleurs qu’eux pour progresser, il y faut bien qu’il y en ait qui acceptent de danser avec des moins bons…
Après, il y a forcément une sélection qui se fait. Quand je vais à une milonga, j’invite disons, 3 inconnues dans la soirée. Ben, il faut bien faire de la sélection. Je vais pas danser avec tout le monde. Du reste, il y a certaines personnes qui me donnent envie, et d’autres non. C’est comme en séduction. Ce me parait tout à fait humain comme comportement.