Pour ceux qui auraient loupé « Couleurs Tango » de cette année, 15ème édition, je dirais qu’ils ont manqué l’occasion de voir et d’entendre d’excellentes choses, et peut-être, regretteront-ils de n’avoir pas été présents.
D’abord, saluons l’équipe entière du Temps du Tango, qui sait, année après année, faire revivre ce festival. C’est d’autant plus méritoire que la lassitude peut jouer, après 15 ans, aussi bien pour les organisateurs que les spectateurs-participants. Apparemment ce phénomène de lassitude n’a pas lieu, et on ne peut qu’applaudir à cette motivation qui revient, année après année.
Cette année j’ai particulièrement apprécié la prestation d’Adrian Veredice et Alejandra Hobert. A Mephisto Tango, nous les connaissons depuis longtemps puisqu’ils avaient déjà travaillé chez nous il y a 6 ou 7 ans, et nous les aimions déjà pour leur capacité à danser des Tangos modernes, de façon dynamique. Les jambes d’Alejandra me fascinaient déjà à l’époque, les déplacements et la rapidité d’exécution tout en gardant une grande amplitude de mouvement me semblaient, chez elle, tenir du miracle. Depuis lors, leur évolution dans la danse Tango est notoire. Adrian et Alejandra ont modifié, je dirais même changé, leur façon de danser. Ils sont devenus carrément « nuevo ». Et cela leur réussit parfaitement bien. La transformation physique d’Adrian est-elle révélatrice ? Il a (un peu) grossi, il a des cheveux longs, il s’habille plus « cool » sans costume ni cravate……Le jean est là, la chemise par-dessus… Bien sûr la transformation physique ne suffit pas. La façon de se mouvoir et de se déplacer d’Adrian a changé, il est plus naturel, sans raideur, tout en ayant gardé son élégance d’avant. Alejandra elle, est toujours aussi lumineuse et belle, musclée et très mince…. Elle était déjà remarquable en dansant, elle est devenue, avec les mouvements du Tango « nuevo » qui lui vont parfaitement, encore plus souple et plus dynamique. Jugez vous-mêmes, ses boleos vont jusqu’à toucher l’arrière de son dos au niveau des omoplates ! De façon générale, leurs chorégraphies sont étonnantes de nouveautés et de créativité. Personnellement je pense qu’Adrian et Alejandra à présent font partie des tous meilleurs couples au monde dans ce style. Ils se connaissent depuis longtemps, travaillent beaucoup, et leur Tango en pleine évolution ne peut qu’être apprécié par ceux qui aiment ce style.
Je n’oublie pas bien sûr Gustavo Rosas et Gisela Natoli qui sont toujours merveilleux d’aisance. Ce sont également de très grands et beaux danseurs, pleins de douceur et de sensualité. Je les ai appréciés à Prayssac 2008, je les ai appréciés ici tout autant.
Que dire De Geraldine Rojas et Ezequiel Paludi ? Tout le monde attendait Geraldine depuis longtemps à Paris. Elle a changé de partenaire depuis 2 ou 3 ans, (exit Javier Rodriguez) et bien sûr rien n’est pareil. Elle a toujours des jambes magnifiques, et elle les aura toujours, mais encore faut-il que ses jambes soient mises en valeur. Et, à mon sens, Ezequiel Paludi ne les met pas suffisamment en valeur. Il danse son Tango à lui, énergique, et sa partenaire doit suivre aussi bien que possible. Evidemment elle suit, et de remarquable façon, mais je suis persuadée qu’elle pourrait, si elle en avait la possibilité, s’exprimer davantage. Est-elle mise dans une « prison dorée », quand elle danse avec Ezequiel ? Je ne suis pas loin de le penser, à tort ou à raison……
Barkartxo Arabaolaza et Joseba Pagola ont une danse très technique. Beaucoup, beaucoup de figures techniques, comme s’ils voulaient faire voir à tout le monde combien ils sont « dans le coup ». Tout est bien fait, techniquement parlant. Que manque-t-il alors ? L’émotion……simplement. Mais est-ce si simple de ressentir l’émotion quand on danse…..
L’Orchestre Vale Tango d’Andres Linetsky n’est pas venu, ils ont annulé leur tournée en Europe. Que s’est-il passé ? Ils ont été remplacés par le Cuarteto ” Rotterdam “, avec des musiciens Allemands et Hollandais. J’ai particulièrement apprécié l’énergie de cet orchestre, digne des Argentins. Mais j’ai regretté un peu la faiblesse de la violoniste, dont les notes n’étaient pas toujours pures…. Par contre la pianiste était très présente et remarquable dans ces accentuations. Incontestablement un orchestre à suivre !
L’orchestre « Los Lobos del Tango » est tout aussi à suivre, et j’ai préféré là la violoniste !
Ce concept du salon Adenauer, à la Cité universitaire, me plait beaucoup. Des tables sur le côté de la piste, et des gradins en face. Ce qui permet de changer d’angle de vue tout en étant bien installé. Le confort des fauteuils des gradins, et les tables pour boire ou se restaurer.
Rendez-vous l’année prochaine !
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13.4.2009 à 19:21
Je suis très heureux que cette manifestation t’ait plu, d’autant plus qu’en temps qu’organisatrice de festivals très réussis, tu connais le travail que cela représente…. Ton avis sur la salle est partagé par beaucoup. Je pense que nous conserverons cette organisation qui permet d’avoir différents lieux pour danser, se reposer, discuter, échanger…..
Il nous reste un petit problème à régler concernant les cours… Je ne sais pas comment vous faites à Mephisto pour gérer l’équilibre H/F…. Je pense que nous allons nous diriger vers l’inscription en couple uniquement…. Ce n’est pas la panacée, surtout pour les étrangers qui peuvent s’inscrire en solo et qui de ce fait ne pourront pas s’inscrire… Mais cela, évitera les problèmes face au désistement de dernière minute…. Je ne sais pas quelle est la bonne solution, s’il y en a une !!!
Votre avis m’intéresse
15.4.2009 à 18:46
Que tu cites le problème du déséquilibre hommes femmes dans les cours ne me surprend guère, c’est un problème quasi insurmontable. Tu trouveras sur ce blog un écrit de ma part qui s’appelle “la situation crée t’elle le larron ?” au sujet de dérives à cause du déséquilibre. Le fait de n’accepter dans les cours que les couples est quelque peu injuste, car les gens seuls, qui veulent apprendre aussi, sont sanctionnés. Il n’y a pas de méthode miracle. Peut-être nous avons la chance dans les cours Mephisto Tango que les gens tournent beaucoup et changent assez facilement de partenaires, mais l’inverse se voit aussi: certains n’acceptent jamais de changer….Il y a un réel “bon esprit” chez nous qui fait que couple ou solo, déséquilibre ou pas, généralement à 90 % tout le monde est content. Pablo Veron,qui ne fait pas changer du tout de partenaire, est plus exigeant, il ne veut que des couples. Frédéric doit jongler dans les inscriptions de gens seuls (leur trouver des partenaires éventuels), et de ce fait il y a toujours des gens qui ne peuvent pas rentrer dans ses cours. Pablo Tegli fonctionne différemment, il fait tourner beaucoup, ce qui fait que nous acceptons les gens seuls. Pour nos ateliers, c’est pareil, nous acceptons tout le monde. Pour nous, nous pensons que le fait d’être seul et d’être refusé est injuste. Mais, ceci dit, la panacée n’existe pas en cette matière ! Et les désistements de dernière minute existeront toujours. Que faire alors ? La réponse et la solution sont affaire d’individus, et les organisateurs font toujours pour le mieux, même si ça ne convient pas toujours à tout le monde, hélas !