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Archive pour 29.4.2009

La « Tipica Fernandez Fierro » au New Morning à Paris : ça déménage !

Il est tout à fait regrettable que la direction du New Morning n’ait pas fait plus de publicité pour la Fernandez Fierro dans le milieu du Tango argentin à Paris, car ce concert (et non une milonga) aurait mérité une salle bourrée à craquer.

Bref, la Tipica Fernandez Fierro s’est montrée digne de sa réputation : excitante, provocatrice, fourmillante d’énergie et de puissance, bousculant les clichés et la tradition. Arrivant sur scène : aucune élégance vestimentaire, lunettes noires, cheveux longs : des vilains petits canards, quoi.

Ces types sont complètements dingues. Ou complètements déjantés. Mais à mon sens, quelque part ce sont des génies. Et des musiciens fantastiques.

Ces 12 musiciens, avec le chanteur Walter « El Chino » Laborde, tous très jeunes, dégagent une énergie et un dynamisme absolument prodigieux. Je n’avais jamais vu cela avant, pour n’importe quel orchestre traditionnel ou électronique. Ils jouent sans partition devant eux, avec une rigueur et une accentuation rythmique qui va au-delà de ce que j’avais pu imaginer jusque là. Leurs instruments (et là je pense aux bandonéons), sont quasiment maltraités dans leurs mains, tellement ils sont sollicités par une énergie - que dis-je une énergie - par un raz de marée, un tsunami !

Composé de 4 bandonéons, 3 violons, 1 alto, 1 contrebasse, 1 violoncelle, 1 piano et le chanteur, cet orchestre révolutionne à tous les points de vue même les œuvres les plus révolutionnaires en leur temps, tels que les morceaux de Piazzolla par exemple. Buenos Aires Hora 0 / Las Luces del Estadio en est une preuve parmi d’autres.

On pourrait faire l’analogie avec des personnages de groupes de rock. En admettant que les Beatles représentent la tradition du rock, La Fernandez Fierro serait donc le groupe de rock ACDC ! Mais ne nous trompons pas, il s’agit bien de Tango, avec les caractéristiques propres au Tango. Pas d’instruments électroniques, rien que de l’acoustique, mais alors……..

Une sonorité ample, généreuse, une rythmique infaillible sur des arrangements hyper novateurs, une énergie incroyable, voici comment l’on pourrait résumer la Fernandez Fierro : de la FOUDRE sur scène !

Je ne peux qu’encourager tout le monde d’aller voir cet orchestre, ou bien d’acheter leurs CDs, ou bien d’acheter leurs vidéos de leur concert / milonga live. Et soyez certains que je ne touche aucun argent sur leurs ventes !

2003 : destruccion massiva
2004 : Vivo en Europa
2005 : Tango Antipanico
2006 : Mucha Mierda

Anna Saeki : une chanteuse de Tango…..japonaise !

A la maison de la culture du Japon à Paris, nous avons eu l’occasion d’apprécier le talent de la chanteuse japonaise Anna Saeki dans son répertoire de Tangos argentins.

La première partie m’a fait un peu peur, tant cette voix me paraissait légère et frêle, sans grande puissance, sans expression véritable. Même si le timbre était agréable : une voix cristalline, douce de soprano léger, si la justesse des notes était indéniable, il manquait incontestablement quelque chose dans cette voix, le Tango n’y était pas vraiment…..Même si elle chantait aussi bien en espagnol qu’en Japonais !

Il est difficile d’avoir une voix qui se prête au Tango parfaitement. Aussi bien pour les hommes que pour les femmes d’ailleurs. Il faut une sorte de puissance et de « swing » (swing au sens de l’accentuation et de l’impulsion musicale dans la voix). Il faut être capable aussi de sortir ses tripes pour trouver en soi l’expression artistique d’une musique qui se veut par essence nostalgique voire tragique.

J’ai changé d’avis lors de la deuxième partie du concert, lorsque Anna Saeki a chanté les œuvres de Piazzolla : « Balada para un Loco », « Balada para mi Muerte », et « Preludio para el Ano 3001 ». A ce moment j’ai trouvé qu’elle était capable de trouver la tragédie dans sa voix, de trouver la puissance nécessaire à son expression, et en définitive de trouver en elle l’émotion suffisante pour l’offrir aux spectateurs présents.

Il faut dire aussi que le Quinteto « El Despues » l’aidait considérablement dans la recherche de l’expression. Alejandro Schwarz à la guitare, compositions et arrangements, Victor Villena au bandonéon, Cyril Garac au violon, Ivo De Greef au piano, Bernard Lanaspèze à la contrebasse et Javier Estrella aux percussions ont été remarquables dans l’accompagnement de la chanteuse. Ils la soutenaient littéralement sans jamais prendre le dessus. Dans leurs morceaux purement instrumentaux, joués de façon magistrale dans le sentiment et l’énergie, ils ont été applaudis à juste titre très chaleureusement….

Anna Saeki a incontestablement un talent indéniable de chanteuse de Tango, ce qui est évidemment bizarre pour une Japonaise portant une toute autre culture. Cela mérite bien d’être signalé, non ?

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