Le mois dernier, un lecteur du Mephisto-Blog nous disait que, d’après lui, la raison pour laquelle la convivialité ne se rencontre pas tant que cela dans les milongas parisiennes, réside dans la multiplication des associations consacrées au Tango argentin. Cette foison d’associations fait, toujours d’après lui, que les gens ne se « brassent » plus, parce que la communauté tanguera est de plus en plus éclaté, en se dispersant trop.
Il est effectivement vrai que ce phénomène de prolifération se rencontre de plus en plus, et pas seulement à Paris. Partout dans le monde nous le voyons, et bien entendu dans toutes les villes françaises. A tel point que l’on a parlé, il n’y a pas si longtemps, de réunir toutes celles-ci dans une Fédération qui serait l’interlocutrice éventuelle du Ministère de la Culture.
Doit-on le regretter ?
Il existe bien des raisons pour lesquelles les associations se multiplient : d’abord des danseurs expérimentés de longue date peuvent penser, à tort ou à raison, qu’ils ont des capacités pour l’enseignement, ou pour lancer pratique ou milonga, ou pour organiser Festivals….. Ensuite la rencontre avec des professionnels doués que l’on désire aider. Et puis malheureusement il y a l’éternel conflit de pouvoir ou simplement mésentente chez les dirigeants d’associations qui fait qu’il y a séparation, scission, rupture, plus ou moins douloureuses. De là nait une nouvelle entité, « fille » de la précédente.
Dans tous les cas de créations de nouvelles associations, il ne peut y avoir que de la passion, sinon c’est impossible, parce que c’est trop difficile de tenir une association vivante pendant des années. Certaines associations durent très longtemps parce que les dirigeants et les bénévoles sont très efficaces et volontaires, disponibles aussi. C’est le cas du Temps du Tango qui est là bien présente depuis pas loin de 15 ans ! La nôtre (Mephisto Tango) a 7 ans ce mois-ci, et c’est toujours aussi passionnant, mais difficile aussi. Certaines associations ne durent que l’espace d’une ou deux années, par manque de chance, ou par manque d’argent, ou par manque de talent, ou par manque de solidarité au bureau, ou par manque de motivation…….
Notre lecteur parlait de « business » dans la prolifération d’associations. En vérité, s’il n’y avait que du « business », tous les tangueros créeraient leur propre association ! Ce qui donnerait seulement à Paris, au moins 1500 associations ! Une association demande beaucoup de travail, d’imagination, de disponibilité et un grand sens des responsabilités. Je ne suis pas sûre que tout le monde veuille faire le choix de s’investir autant ! Y compris avec son argent personnel……
Bref le phénomène de multiplication d’associations, parallèlement avec la multiplication du nombre des danseurs amateurs et professionnels - et avec la multiplication du nombre des musiciens professionnels d’ailleurs, ne doit pas être considéré péjorativement. C’est grâce à cela que nous avons la possibilité de choisir parmi toute la richesse de ce qui nous est proposé. C’est grâce à cela que nous avons le choix des styles, des profs, des spectacles, des milongas, des musiques. C’est même cette infinie diversité qui permet qu’on la critique !
Maintenant doit-on croire que la prolifération d’associations crée une sectorisation parmi les tangueros dans les milongas ? Et que les gens ne se mélangent pas parce qu’ils font partie de telle ou telle association ou de telle ou telle communauté ? Personnellement je pense que ce n’est pas une raison suffisante.
Non, pour moi il s’agit uniquement d’état d’esprit. Les personnes les plus ouvertes n’hésitent pas à aller dans la plupart des milongas parisiennes, de style ou d’âge différents. Et de danser « sans frontière » d’associations.
La convivialité est dans le cœur, ou elle ne l’est pas.
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16.6.2009 à 19:37
Etant à l’origine de de billet, je me devait d’y répondre.
Même si je partage le profond sentiment que l’apprentissage du tango argentin ne peux se faire hors cadre associatifs, il est néanmoins nécessaire d’essayer de prendre du recul pour comprendre le milieu. La multiplication des associations comme vous le soulignez a effectivement ses racines dans l’envie de partager à tord ou à raison.
Mais il ne faut pas oublier que beaucoup de personnes en tirent un bénéfice financier d’une part (professionnels, et mal intentionnés, montant des association fictives et qui se rémunèrent en cachet d’artiste en tant qu’intervenant qui au passage principal raison à l’arrogance des “écoles de danses” envers les association), et/ou d’influence pour a coup de renvois d’ascenseur tenter d’obtenir les faveurs de tels ou tels personnes. Quand on gratte un peut le vernis tout est bien loin d’être rose… A cela s’ajoutent bien souvent les ruptures mentionné, qui, quand celle ci sont douloureuses, s’en suit bien souvent de coups bas et autres dont les seuls victimes sont bien souvent les adhérents. En bref si l’association était un milieu “clean” sans rupture ni conflit, à paris nous aurions une seule grosse association de tango argentin. Ce qui n’est pas le cas et de loin… Il y a un réel “business” dans le milieu,c’est certes triste mais prétendre le contraire est se voiler la face, c’est bien la raison pour la quelle les écoles de danse professionnel font la guerre aux association et que l’Etat veux commencer a cloisonner le milieu.
Doit on le regretter ?
Sur ce point je vous rejoint à 100% dans la mesure que la diversification de l’offre, profite à la richesse du milieu et donc aux adhérents. Après je garde mon point de vue, que l’offre n’a pas évolué proportionnellement à la demande, l’offre se multiplie mais la communauté ne s’agrandis/renouvelle pas spécialement, et par moment l’adhérent deviens même une denrée rare …
Apres pour ce qui est de la sectorisation des tangueros dans les milongas, à paris c’est une évidence. Il suffit d’en faire le tour pour s’en rendre compte, mais cette sectorisation même si elle est à la base initialisé par les associations, est aussi entretenus par les tangueros qui ont leurs habitudes et préférence de “style” au sens large.
Le brassage du milieu est effectivement une problématique intéressante dont je le pense beaucoup de choses restent à faire, mais reporter la charge a l’adhérent de s’extraire du cadre que l’on lui donne et un brin facile, car les association en tant qu’acteurs principaux du milieu ont une réel part de responsabilité quand à la volonté d’améliorer les choses… j’en doute point que beaucoup d’énergie est dépensé dans ce sens, mais parfois en milonga je me pose réellement la question.
En tout cas désolé d’avoir “choqué” certains ce n’était pas ma volonté mais simplement le partage d’un point de vue subjectif d’un tangueros parmis tant d’autre.
A+