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Archive pour 27.10.2009

Pulsacion n° 1 : spectacle De Damian Rosenthal et Céline Ruiz

C’est maintenant chose faite, Damian et Céline ont monté leur propre spectacle. Après 5 mois de préparation, la semaine dernière au Théâtre « Le vent se lève » à Paris, ils ont montré au public leur vision, comme une chronique momentanée et actuelle de leur propre langage, avec comme toile de fond, le Tango. Ils sont seuls en scène avec un écran et une chaise, c’est tout. Et des voix « off ». Néanmoins, le peu trouve le plus dans leur capacité de « jouer ».

Ce spectacle de théâtre est un songe. Un songe où on ne sait pas si Damian et Céline sont dans la réalité ou dans un rêve. Rêve éveillé, ou rêve endormi, ou réalité ? Que représente l’écran où sont projetées les images des démonstrations de Damian et Céline dans le passé, alors que devant soi, ils sont très précisément et fidèlement en train de reproduire la chorégraphie de l’écran ? Ou bien les images sont-elles la réalité de ce qu’ils ont vécu dans le passé et qu’ils sont en train de les rêver actuellement ?

Ce spectacle joue sur l’ambiguïté. Et sur les symboles. De façon ironique souvent. Le casting du début où un metteur en scène de cinéma les embauche, mais sans jamais voir ce qu’ils font dans le Tango. Par contre, les claquettes semblent l’intéresser, ce metteur en scène. D’où une séquence très drôle où Céline s’essaye aux claquettes, pour satisfaire ce metteur en scène qui ne sait pas très bien ce qu’il veut…..

Comment peut-on interpréter le fil invisible que Damian et Céline ont dans la main, après une superbe milonga dansée ? Avec de l’humour, ce fil semble s’accrocher dans la main de Damian, tandis qu’il essaye de s’en débarrasser partout où il passe, et que Céline elle, essaye d’attirer le fil entier autour de son poignet ? Ne dirait-on pas que ce fil invisible est le symbole du Tango, que celui-ci est en fait une représentation de ce qu’est la vie en général et que le Tango est lié intimement donc, à la vie ?

Lors d’une séquence ou Damian reçoit, comme remerciement, une bouteille de Champagne après une prestation dansée très brillante et follement applaudie, et qu’il se retrouve seul ensuite, visiblement malheureux et perplexe devant cette bouteille de Champagne dont visiblement il ne sait pas trop quoi faire, il traine sa bouteille Place du Trocadéro à Paris, Avenida de Mayo à Buenos-Aires…. Peut-on alors conclure sur la vanité des démonstrations de Tango ?

De façon très drôle aussi, et très réussie, ils font un clin d’œil à Fred Astaire et Ginger Rogers, en interprétant un Tango dans le style très particulier de Fred Astaire. Clin d’œil aussi à Frank Sinatra au moment où Damian, en play-back, interprète une chanson du crooner pour donner, sur demande du metteur en scène de cinéma, un aspect plus « joyeux » pour la fin du film…

Il est impossible de tout dire sur ce spectacle, tant il est riche, tant il est inventif. Enfin on est sorti des clichés éternels : les malfrats, les couteaux, les bordels, les cabarets, les jupes fendues……

Voici une pièce de théâtre avec peu de paroles. Expressions des visages, reflétant les humeurs et les désarrois. Relativité du Tango, par rapport aux prestations dansées (rêvées ?) où des professionnels sont adulés par le public, et où ils sont pris dans le piège de la célébrité.

Probablement qu’il y aura « Pulsacion n° 2 ». Je l’attends avec impatience. En attendant je souhaite que ce spectacle puisse trouver preneur partout en France et qu’il puisse tourner comme il se doit à sa juste valeur. Ce serait bien mérité, non ?

Hommage à Stéphane King au Chantier

Il y avait foule samedi soir au Chantier, pour l’hommage rendu à Stéphane King, prématurément disparu le 9 août alors qu’il venait de faire une démonstration de Tango dans l’île de Batz. Il est mort ainsi comme Molière, juste après une représentation…..
Samedi soir au Chantier, ses frères et sa sœur, ses amis intimes, les artistes qu’il appréciait bien se sont retrouvés pour parler de lui et danser avec émotion, et tous les danseurs et danseuses présents en grand nombre ce soir-là pour lui, ont été solidaires de leur peine.

Toute l’équipe du Chantier a préparé activement cet hommage, et ce fut une soirée très réussie grâce notamment à Nathalie qui a animé avec le sourire et beaucoup de tendresse cette soirée. Elle a su toujours trouver les mots justes pour exprimer son émotion, et le désir de Stéphane qui « là-haut, voudrait voir tout le monde heureux de se retrouver et de faire la fête ».

De nombreux artistes, professionnels ou non, ayant bien connu Stéphane ont fait généreusement une prestation cette nuit là :

Pour le chant :
- Paula ESTRELLA accompagnée de Pablo PENSAVALLE à la guitare (oui, la guitare et non la contrebasse),

Pour la musique camerounaise (Stéphane était d’origine camerounaise):
- Manulo

Pour la danse Tango improvisée:
- Maria FILALI avec Kamel,
- Marek SZOTKOWSKI et Aurore,
- Juanito JUAREZ et Victoria VIEYRA,
- Pablo TEGLI et Stéphanie,
- Juanito JUAREZ et Kahena,
- Damian ROSENTHAL et Céline RUIZ,
- Sebastian ESCOBAR et Vanessa,
- Delphine BLANCO et Matthias MORIN,

Pour le folklore argentin :
- Fermin et Rocco

Pour la musique enregistrée :
- Le DJ de cette soirée d’hommage était Grégory, et on peut supposer que la musique était conforme aux goûts de Stéphane King.

Personnellement je connaissais peu Stéphane King, mais je peux malgré cela lui rendre mon propre hommage. Ce serait de faire une révérence, avec grand respect, devant un passionné du Tango qui a su fédérer dans sa milonga depuis 10 ans ou presque, un public de jeunes et d’excellents danseurs, dans une banlieue de Paris n’ayant pas toujours bonne réputation. Le Chantier est la seule milonga parisienne qui dure jusque très tard dans la nuit, et Stéphane a su intelligemment profiter des avantages et des inconvénients de l’endroit, tout en arrangeant sa milonga avec le temps en y faisant des travaux.

Le résultat a été très bon, et la foule présente samedi soir pour lui rendre hommage ne s’est pas trompée. Elle a voulu, aussi, dire à Stéphane qu’il a fait du bon boulot, et que sa personnalité a été très appréciée.

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