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24.11.2009 par mephisto-tango.
Salle du Casino de Paris bourrée à craquer, ovation frénétique du public à la fin, ce spectacle créé en 2004 à Buenos-Aires, et sans cesse ravivé (c’est du moins ce que dit le programme vendu à l’entrée), remplit parfaitement tous les critères attendus par tous les spectateurs du monde entier, danseurs ou non, musiciens ou non. Décors et éclairages superbes, costumes non moins remarquables par leur beauté.
Nous retrouvons la musique avec un excellent orchestre : « Cincotango » : Emiliano Greco au piano, Ramiro Boero au bandonéon, Humberto Ridolfi et Olivier Tilkin aux violons, Juan Miguens à la contrebasse. Citons également la chanteuse Claudia Pannone qui, personnellement, m’a émue, tant elle interprète avec passion et élégance toutes les chansons de son répertoire (dont une a capella), avec un timbre de voix véritablement « tango ». Je n’en dirais pas autant pour le chanteur Jose Luis Barreto, qui, il me semble, est plus ténor lyrique que tango. Néanmoins, il est agréable de l’entendre.
Les 5 couples de danseurs sont tous d’excellent niveau :
- citons en premier Adrian Veredice et Alejandra Hobert qui ont monté toutes les chorégraphies de groupe. Ils sont bien connus à Paris pour y avoir travaillé bien des fois, non seulement pour nous mais pour les autres associations parisiennes. Ils méritent amplement d’être les danseurs « étoiles » de la troupe.
- Claudio Gonzalez et Melina Brufman que nous avions vu à Buenos-Aires, sont toujours aussi ardents et brillants. Leur expression artistique sur scène est époustouflante de maîtrise technique, on dirait que tous leurs pas sont calculés au millimètre près, dans l’énergie et la dynamique, avec les acrobaties ou non. Leur Tango, très personnel, est percutant et brulant. Ce sont « les »danseurs de scène par excellence, car ils savent allier le côté spectaculaire et le côté profondément dramatique du Tango.
- Mariano Galeano et Paula Rubin sont peut-être moins charismatiques que Claudio et Melina pour la scène, mais on ne peut passer à côté du charme intense de Paula.
- Christian Marquez et Virginia Gomez ont chorégraphié une milonga éblouissante.
- Fernando Gracia et Sabrina Masso sont très talentueux. Fernando est Champion du monde 2007 au Mundial de Tango de Buenos-Aires. Sabrina (ex-partenaire d’Ezequiel Paludi), très élégante dans son déplacement au sol, a une grande expérience du Tango, aussi bien sur scène qu’en improvisé dans les Festivals où elle enseigne.
De façon générale, ce spectacle comportait certaines chorégraphies très intéressantes : citons entre autres « La yumba » où l’on voit Melina Brufman danser avec quatre danseurs à la fois ; « Milonga del Angel » où Paula Rubin et Sabrina Masso dansent ensemble.
Le fil conducteur était, bien sûr, l’amour, la trahison, la jalousie, la folie, le meurtre, le remord…. Première partie : le café, les putes, la bagarre, les femmes qui se disputent un homme… Deuxième partie : la trahison dans un décor des années 20 où l’homme ne résiste pas à la tentation. Revenu vers elle ensuite, elle le repoussera, le conduisant par jalousie, au meurtre. Mais, dans son esprit fou, il arrivera à la ressusciter ….
Vous l’aurez compris, malgré l’éternel cliché spectacle après spectacle, la qualité est là, et grâce à elle on ne s’ennuie pas. Après tout, c’est là l’essentiel.
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18.11.2009 par mephisto-tango.
Y a-t-il possibilité de communiquer le plus possible entre danseurs et musiciens par un même langage, ou bien y aura-t-il toujours une distance entretenue, voulue ou non, entre ces deux protagonistes d’une même culture Tango ?
Comment pourrait-on ne pas comprendre un musicien quand il reproche à des danseurs de n’être pas en musique ? Un danseur qui danse, « à côté », c’est comme si lui-même jouait faux……
Que doit-on considérer ? Que le musicien doit être à la disposition du danseur, ou l’inverse ?
Simplement, on pourrait réfléchir à ceci : « si la musique n’existait pas, y aurait-il toujours la danse ? (Heu…..non)». Et inversement : « si la danse n’existait pas, il y aurait-il toujours la musique ? (Heu…..oui)». Quelle est la prééminence de l’une, sur l’autre ?
Si même on pense à juste titre, que, dans les années 40 (pour ne citer que l’âge d’or du Tango), les musiciens jouaient pour faire danser les milongueros, il n’empêche que tous les milongueros se devaient d’être en harmonie, en accord avec la musique jouée pour eux. Et donc de danser « juste », donc, sur la musique. Comme si leurs corps étaient un autre instrument de musique, prolongeant l’orchestre déjà existant.
Et pour prolonger la logique, quelqu’un qui ne respecte pas le tempo ni même le rythme, celui qui est « sourd » pour reprendre le terme de Pablo Veron, comment peut-il prétendre danser ?
Il y a trois sortes de danseurs, en fait, en termes de musique.
- Le danseur « instinctif » qui, même s’il ne connait pas la musique, se pose directement dessus, car il a en lui le sens du rythme, et sans le savoir, il a une oreille sensible à la pulsation musicale. Il est né avec. Ce type de danseur est la grande majorité chez les danseurs professionnels, car ils n’ont jamais appris la musique en tant que telle. Les danseurs amateurs aussi font partie de ce type, mais en une nettement moins grande proportion.
- Le danseur « sourd » ou « à moitié sourd », qui ne connait pas la musique, qui ne l’entend pas, qui ne la comprend pas, et qui ne sait même pas qu’il est « à côté » par moment, voire même souvent. La proportion chez les danseurs amateurs est, selon ce que je vois, de l’ordre de 20 à 30 %.
- Le danseur « curieux », ni vraiment instinctif, ni vraiment sourd, mais qui cherche à comprendre la musique et à la vivre plus en connexion avec elle. Malheureusement ce type de danseur est une infime minorité. C’est pourtant lui qui est le plus motivant, car à partir du moment où il a tout compris des pulsations, des rythmiques diverses et variées dans chaque genre de Tango, Valse et Milonga, il sait qu’il a un champ infini devant lui d’innovation et de création rythmique avec ses jambes et ses pieds, technique mise à part. En cela il possède une connaissance supérieure à celle des petits copains « instinctifs ». Certains danseurs professionnels l’ont bien compris, car ils ont combiné leur instinct personnel avec la connaissance musicale pure, faisant en cela des danseurs avec une expression artistique hors norme.
Il est très difficile de rendre « curieux « des danseurs qui pensent qu’ils n’ont pas besoin d’apprendre la musique pour améliorer leur écoute. La musique relève aussi d’une éducation : celle de l’oreille, et pour améliorer son oreille, rien ne vaut plus qu’une compréhension de la musique associée à une écoute attentive.
Plus la musique sera comprise, plus l’oreille sera affutée, et moins nous verrons dans les bals des danseurs « sourds » ou demi-sourds » rouspétant après les musiciens. Et moins nous verrons des musiciens furieux ou frustrés…et même méprisants.
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18.11.2009 par mephisto-tango.
Un nouveau documentaire (Français celui-là) sur le Tango vient juste de sortir, et celui-ci va être présenté dans le cadre du Festival du Cinéma Amérique latine, à Toulouse, du 19 au 28 mars 2010, et peut-être dans le prochain Festival de Tango de Tarbes en août 2010.
Néanmoins en attendant, nous pouvons profiter de la bande-annonce :
et du dossier relatif au film : http://tangueando-lefilm.blogspot.com/ où nous pouvons obtenir tous les détails et le pourquoi du tournage.
Le challenge des réalisateurs et producteurs Daniel Cobarrubias et Carmen Porras, en tournant ce film, était de dévoiler la vision intime des danseurs de Tango, aussi bien amateurs que professionnels (on y reconnaitra Pablo Tegli, et c’est un plaisir….). En étant complètement immergés dans l’association « Tangueando Toulouse », Daniel et Carmen ont désiré ouvrir leur caméra pour montrer ce qu’est une association dévouée à la culture du Tango, et comment les gens, à l’intérieur, expriment leur ressenti face à cette danse.
D’où le grand intérêt à voir ce film, non seulement à Toulouse mais partout ailleurs en France et à l’étranger. Le DVD sera également réalisé, et prêt début 2010. Il suffira de le demander en écrivant à tangueando.lefilm@gmail.com
Sans aucun doute, nous attendrons ce film avec grande impatience.
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7.11.2009 par mephisto-tango.
Claire Prouhet, la dirigeante d’« Artetango » Albi, suivie par son efficace équipe de bénévoles, a brillamment organisé les deuxièmes rencontres de Tango argentin dans la jolie ville d’Albi (Albi et sa merveilleuse cathédrale, et son musée Toulouse-Lautrec juste à côté, entre autres !).
Claire a réussi, outre le fait d’une organisation remarquable pour ces 4 jours, le tour de force de réunir des artistes internationaux de qualité, connus et reconnus. Si l’on en juge simplement par le nombre des spectateurs et danseurs présents surtout le samedi soir (entre 400 et 500 personnes), et par le fait que par rapport à l’année dernière, le nombre des spectateurs a augmenté, on peut supposer que Claire saura apporter, année après année, tout son savoir faire pour que ces rencontres de la Toussaint à Albi, soient de plus en plus réputées.
Voici les événements notoires qui ont émaillé ces 4 jours de festivités :
Conférence de William Sabatier sur le bandonéon (www.williamsabatier.com) le 30 octobre.
William Sabatier, bandonéoniste français, a animé une intéressante conférence d’une bonne heure sur son instrument de prédilection : le bandonéon.
A peu près une centaine de personnes sont venues l’écouter parler, et jouer. Pourquoi à Albi, entre 90 et 100 personnes viennent à une conférence sur la musique, et qu’à Paris il n’y a que 30 ou 40 personnes ? Réponse : l’entrée était gratuite. Faut-il en déduire que, pour intéresser les gens sur la musique Tango, il faut dispenser cette culture gratuitement ? Et pourtant, la musique est le cœur fondamental et nécessaire de la danse….
Le bandonéon est arrivé en Argentine alors que le Tango avait déjà commencé à voir le jour. Néanmoins, cet instrument est devenu par la suite emblématique du Tango argentin, car il reflète ce genre de musique. Il fait partie de l’évolution du Tango argentin, jusqu’à nos jours. Depuis le 29 octobre 2009 le bandonéon est devenu Patrimoine culturel national de l’Argentine (pour éviter probablement la trop grande exportation des instruments de plus de 40 ans), tandis que le Tango argentin dans sa globalité est devenu Patrimoine culturel universel, inscrit à l’UNESCO depuis le 30 septembre 2009.
Le bandonéon est né en Allemagne vers 1850. Il vient du concertina allemand, diatonique, auquel on a ajouté des boutons pour pouvoir jouer dans toutes les tonalités (il est ainsi devenu chromatique). En 1843 Heinrich Band conçoit l’instrument, et Friedrich Zimmermann le fabrique dès 1847. Dans son atelier Ernest Louis Arnold y travaille. Par la suite, l’entreprise est rachetée par la famille Arnold, et Alfred Arnold crée un bandonéon qui devient LE standard. A la fin du 19ème siècle, il arrive en Argentine par le biais d’un marin allemand. L’entreprise exporte en Argentine ce bandonéon. Avec le temps, la technique se développe grâce aux bandonéonistes virtuoses (exemples : Pedro Laurenz, Pedro Maffia, Ciriaco Ortiz, Anibal Troilo, Astor Piazzolla, Leopoldo Federico).
L’instrument lui-même se compose de 2 hémisphères comportant des boutons, et d’un soufflet. Le principe est la compression de l’air : plus la compression est forte, plus l’instrument joue fort. Les boutons sont en galalithe (pierre de lait) recouverts de pastille de nacre permettant que les doigts ne glissent pas dessus. La caisse est faite de bois résineux, avec une fine couche de placage (poirier) et d’un vernis noir. Les lamelles sont en acier (les anches), sur des plaques en zinc. Il existe des instruments plus légers faits en duralumin à la place mais ils ont moins de puissance sonore. Le soufflet est fait de cuir et de carton. Le cuir, très souple, est posé dans les angles. Le cuir permet d’étirer l’instrument sans le détruire car il reprend sa pliure naturelle. En décoration, le maillechort (alliage de cuivre, nickel et zinc), la nacre, ou une marqueterie venant d’Asie. La valve d’entrée et de sortie d’air, quand on la manipule, permet un effet très percussif. Cette valve n’existe pas dans l’accordéon.
Aujourd’hui le savoir faire des facteurs de bandonéons des années 20-30 s’est perdu. La perte du Tango pendant les années 70 en a été une des causes. Mais l’engouement est revenu plus fort encore depuis les années 1980 pour cette musique et cet instrument, pouvant laisser penser un avenir radieux.
Pour finir cette conférence William Sabatier incite les auditeurs à apprendre cet instrument, tout en regrettant le prix d’achat élevé. Plus il y aura d’instrumentistes amateurs ou professionnels, plus la qualité des orchestres et des bandonéonistes montera.
Concert Tango du Trio Sabatier – Couranjou – Calo, consacré en majeure partie aux œuvres d’Astor Piazzolla le 30 octobre.
William Sabatier : bandonéon ;
Osvaldo Calo : Piano ;
Sebastien Couranjou : violon.
Concert de très grande qualité, avec musiciens de très haute valeur. L’un va avec l’autre. Evidemment. Surtout pour le répertoire d’Astor Piazzolla : Preparense ; Introduccion del Angel ; Escualo ; Adios Nonino ; Fugata ; Soledad ; Michelangelo 70 ; Triunfal. Et puis des œuvres actuelles par encore connues en France de Gustavo Fedel, mais néanmoins très intéressantes : Tangonia, Letardo de Los Punales, Milonga del Broche.
Ce concert fut un régal, la sono très bien réglée, l’acoustique de la salle excellente, et les musiciens ont été acclamés à juste titre !
Concert de l’Orquesta tipica « El Afronte » (www.elafronte.com.ar) le 31 octobre.
Encore un grand moment que cet orchestre de jeunes musiciens argentins en tournée européenne. Ils jouent à San Telmo le dimanche dans la rue à Buenos-Aires, et personnellement je suis heureuse de les revoir dans d’autres conditions, car ils sont loin d’être insignifiants et inconsistants. Quatre bandonéonistes très dynamiques et puissants, un pianiste de grand talent, un contrebassiste, un violoncelliste également talentueux, et trois violonistes malheureusement d’inégale valeur. Ces violons auraient mérité d’être plus présents et plus sûrs y compris dans la justesse, pour être en accord avec les bandonéons et le piano, qui eux étaient complètement là, avec la pêche, et sûrs de leur moyens techniques. Le chanteur était très convaincant avec un timbre de voix grave et chaud, sans aucune monotonie dans les nuances.
Malgré la faiblesse des violons, on a entendu un très bon concert, avec des compositions d’Arolas, de Troilo, de Manzi, de Pugliese, de Ruggero, d’Alvarez, de Greco, de Gardel, de Piazzolla. Egalement des compositions de l’orchestre lui-même, dont une composition jouée pour la première fois en France.
Inutile de dire qu’ils ont été acclamés par les spectateurs qui n’ont pas hésité à se lever et à les bisser plusieurs fois !
Démonstrations de Christophe Lambert et Judith Elbaz le 31 octobre.
C’est une valeur sûre que ce couple. Tout le monde les connait en France, tant ils ont la réputation depuis des années et des années, d’être des bons pédagogues et des très bons danseurs en improvisé. Ce fait ne s’est pas démenti. Ils ont dansé 4 danses très en rythme et techniquement très propre, 2 tangos traditionnels, 1 milonga, et chose intéressante : un tango alternatif chanté, lent, dans lequel l’interprétation qu’ils en ont faite résidait dans la recherche sur l’abrazo.
En effet, toujours en marchant et sans faire de figure jamais, ils ont varié l’abrazo de façon totalement novatrice et surprenante. En début de tango, si l’abrazo était « normal », très rapidement la main droite de Judith et la main gauche de Christophe se sont détachées tout en dansant, et les bras se sont tendus à l’horizontale sans jamais se rencontrer, comme si le bras gauche de l’homme poursuivait le bras droit de la femme, bras que Judith tenait derrière elle à l’horizontale, avec une dissociation de l’épaule droite. Ensuite, l’abrazo change une nouvelle fois, c’est Judith qui porte ses mains à sa nuque, et Christophe face à elle passe ses bras dans ses bras à elle, et il la guide ainsi sans de difficulté notoire. Mais le plus étrange encore, c’est l’abrazo de Judith ensuite, elle est derrière lui, serrée contre lui et ses bras (à elle) entourent son torse (à lui), soit avec ses mains au niveau des épaules (à lui), soit au niveau de la poitrine (à lui). La marche est intimement emboîtée, les deux marchent en avant, avec de temps en temps une marche arrière avec rebond, ce qui provoque un boléo recto de Judith vers l’arrière. Ils vont finir la danse en marche avant déboitée avec les bras de l’un, autour de la taille de l’autre, et réciproquement. Les quelques dernières mesures de la musique les verra revenir en abrazo traditionnel.
Il est évident que c’est une recherche pure, une expérimentation. Certains bien sûr penseront qu’il est inutile de faire de telles explorations, mais de cette expérience viendra peut-être dans le futur une idée utilisable en bal, tout comme il existe maintenant des figures novatrices exploitées chez les danseurs professionnels en démonstration ou en bal, sur des marches où les deux partenaires sont côte à côte et non plus face à face.
Cette prestation a été très applaudie, et on ne peut que se réjouir de cette ouverture d’esprit.
Démonstrations de Pablo Rodriguez et Noelia Hurtado le 31 octobre.
Ces très jeunes danseurs, entre 20 et 25 ans, sont déjà Champions de Tango Salon en 2006 à Buenos-Aires. La valeur n’attend pas le nombre des années, dit-on. Et vraiment il est juste de dire combien ils sont beaux et combien ils dansent bien. Tango traditionnel de style « Villa Urquiza », tango salon pur et dur. Tout en dynamique des mouvements et en souplesse, ils sont un régal de la vue. On peut prédire qu’ils auront un grand avenir, du reste ils commencent déjà leur jeune carrière en parcourant le globe.
Voici quelques vidéos qui exprimeront mieux tous les écrits du monde :
« Parque Patricios » Francisco Canaro
« Ojos Negros » Di Sarli
« Bahia Blanca » Di Sarli
Film en projection : « Maestros Milongueros » le 1er novembre.
Peut-être est-ce la fête des morts qui a voulu cela, mais ce film a remémoré quelques-uns des vieux milongueros les plus connus et qui sont morts : Portalea, Pupi Castello, Gavito. D’autres pas encore partis dans l’au-delà (du moins à ce que j’en sais) : Osvaldo et Coca, Margarita, Roberto et Chiquita.
Tous ces vieux milongueros ont prêté leur voix et leur image, avant de mourir, pour laisser un témoignage de ce qu’ils ont connus de l’époque d’or du Tango. C’est ainsi qu’ils racontent leurs aventures tanguitistiques, leurs motivations, leurs parcours, et leurs enseignements à des plus jeunes.
Alors que la technique n’est qu’un aspect très secondaire dans leur Tango dansé, tous ont la même vision : celle de la recherche perpétuelle de l’essence du Tango, de l’intuition, de la prestance, de l’élégance et de l’observation. Ne pas se presser, c’est l’éloge de la lenteur pour : « plus sentir qu’exécuter ». Marcher et encore marcher pour trouver l’impulsion juste associée au pas, et la posture.
Même si la façon de danser des jeunes d’aujourd’hui n’est plus du tout comparable avec ce que faisait tous ces vieux danseurs, il n’empêche que leur façon d’enseigner le Tango est d’abord et avant tout basée sur l’esprit de la danse, sa signification sentimentale profonde, ou même sexuelle. La recherche constante de l’âme du Tango. Tous ont un point commun, leur profond respect et une passion infinie pour la danse et la musique, et pour cette culture en général.
Ce film est passionnant pour cela, car il aide à comprendre qu’au-delà de la technique pure, étant le cadet de leur souci, le Tango dansé apporte à chacun le plaisir d’être et de ressentir quelque chose de très fort qui est la communion suprême.
Les DJs : Aurore et Claudia Petit
Notons la performance d’Aurore qui a eu une tâche très difficile le 30 octobre pour l’animation musicale de la milonga, car Claire Prouhet désirait une milonga dans la suite logique du concert du trio Calo-Couranjou-Sabatier. C’était une milonga faite pour un Tango très moderne, qui n’avait en rien de relation avec la musique Tango traditionnel. Donc nous avons entendu, et dansé, des Tangos électros, les Tangos alternatifs, fusions, et bien sûr des Piazzolla. Aussi certains Tango traditionnels mais considérablement arrangés. Personnellement j’ai bien aimé, mais pour d’autres personnes ce fut dérangeant.
Quant à Claudia Petit : on ne la présente plus !
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