Salle du Casino de Paris bourrée à craquer, ovation frénétique du public à la fin, ce spectacle créé en 2004 à Buenos-Aires, et sans cesse ravivé (c’est du moins ce que dit le programme vendu à l’entrée), remplit parfaitement tous les critères attendus par tous les spectateurs du monde entier, danseurs ou non, musiciens ou non. Décors et éclairages superbes, costumes non moins remarquables par leur beauté.
Nous retrouvons la musique avec un excellent orchestre : « Cincotango » : Emiliano Greco au piano, Ramiro Boero au bandonéon, Humberto Ridolfi et Olivier Tilkin aux violons, Juan Miguens à la contrebasse. Citons également la chanteuse Claudia Pannone qui, personnellement, m’a émue, tant elle interprète avec passion et élégance toutes les chansons de son répertoire (dont une a capella), avec un timbre de voix véritablement « tango ». Je n’en dirais pas autant pour le chanteur Jose Luis Barreto, qui, il me semble, est plus ténor lyrique que tango. Néanmoins, il est agréable de l’entendre.
Les 5 couples de danseurs sont tous d’excellent niveau :
- citons en premier Adrian Veredice et Alejandra Hobert qui ont monté toutes les chorégraphies de groupe. Ils sont bien connus à Paris pour y avoir travaillé bien des fois, non seulement pour nous mais pour les autres associations parisiennes. Ils méritent amplement d’être les danseurs « étoiles » de la troupe.
- Claudio Gonzalez et Melina Brufman que nous avions vu à Buenos-Aires, sont toujours aussi ardents et brillants. Leur expression artistique sur scène est époustouflante de maîtrise technique, on dirait que tous leurs pas sont calculés au millimètre près, dans l’énergie et la dynamique, avec les acrobaties ou non. Leur Tango, très personnel, est percutant et brulant. Ce sont « les »danseurs de scène par excellence, car ils savent allier le côté spectaculaire et le côté profondément dramatique du Tango.
- Mariano Galeano et Paula Rubin sont peut-être moins charismatiques que Claudio et Melina pour la scène, mais on ne peut passer à côté du charme intense de Paula.
- Christian Marquez et Virginia Gomez ont chorégraphié une milonga éblouissante.
- Fernando Gracia et Sabrina Masso sont très talentueux. Fernando est Champion du monde 2007 au Mundial de Tango de Buenos-Aires. Sabrina (ex-partenaire d’Ezequiel Paludi), très élégante dans son déplacement au sol, a une grande expérience du Tango, aussi bien sur scène qu’en improvisé dans les Festivals où elle enseigne.
De façon générale, ce spectacle comportait certaines chorégraphies très intéressantes : citons entre autres « La yumba » où l’on voit Melina Brufman danser avec quatre danseurs à la fois ; « Milonga del Angel » où Paula Rubin et Sabrina Masso dansent ensemble.
Le fil conducteur était, bien sûr, l’amour, la trahison, la jalousie, la folie, le meurtre, le remord…. Première partie : le café, les putes, la bagarre, les femmes qui se disputent un homme… Deuxième partie : la trahison dans un décor des années 20 où l’homme ne résiste pas à la tentation. Revenu vers elle ensuite, elle le repoussera, le conduisant par jalousie, au meurtre. Mais, dans son esprit fou, il arrivera à la ressusciter ….
Vous l’aurez compris, malgré l’éternel cliché spectacle après spectacle, la qualité est là, et grâce à elle on ne s’ennuie pas. Après tout, c’est là l’essentiel.
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1.12.2009 à 21:42
C’était en effet un fabuleux spectacle ! Mentionnons aussi quelques chorégraphies originales entre hommes ou entre femmes. Le soir où nous l’avons vu, c’était Sebastian Holz qui chantait, il nous a semblé très bien “accordé” à Claudia Pannone. A la fin, toute la salle ovationnait debout… Nous sommes très reconnaissants aux amis qui nous ont offert cette sortie pour nos anniversaires !