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14.2.2010 par mephisto-tango.
Il y a quelque temps je vous annonçais l’arrivée du film « Tangueando » réalisé et produit par Carmen Porras et Daniel Cobarrubias, avec la vidéo de présentation de ce film sur le lien suivant :
Voici quelques infos de plus :Le film Tangueando fera sa première dans le cadre des Rencontres de Cinéma d’Amérique Latine de Toulouse:
Jeudi 25 mars à 18h30 à La Maison du Tango de Toulouse 51 Rue Bayard
Vendredi 26 mars à 16h à l’Instituto Cervantes 31 Rue des Chalets Toulouse
Week-end du 27-28 mars à la Cinémathèque ou à l’ESAV Toulouse (à confirmer)
Les tangueros Toulousains iront certainement, mais rien n’empêche que tous les tangueros de toutes les régions de France s’y donnent rendez-vous !
tangueando.lefilm@gmail.com
blog : http://tangueando-lefilm.blogspot.com/
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10.2.2010 par mephisto-tango.
Lors de l’atelier du 7 février 2010 à la salle Bourseul, nous avons cherché à faire connaître un peu mieux Astor Piazzolla et sa musique à la quarantaine de personnes qui étaient venues ce jour-là pour écouter, danser et travailler sur le Tango. La première partie de cette présentation (la deuxième partie aura lieu le 28 février a duré ½ heure, à l’issue de laquelle tous les élèves présents ont essayé de danser sur la musique d’Astor Piazzolla (différentes œuvres de 1946 à 1965) en émettant, très modestement, un avis : dansable ou non dansable ?
Auparavant, j’ai proposé à l’auditoire une présentation théorique de la musique de Piazzolla en essayant de mettre en avant la spécificité de cette musique, réputée non dansable et que l’on entend que fort peu dans les milongas. Les DJs les plus ouverts se contentent de passer quelques œuvres de Piazzolla en toute fin de soirée (Milonga del Angel, Oblivion), quand presque tout le monde est parti et qu’il ne reste plus que quelques jeunes sur la piste….
Je vous invite à prendre connaissance de cette présentation orale du 7 février, mais ré-écrite spécialement pour le site Mephisto Tango en cliquant sur le lien suivant : Astor Piazzolla et sa musique
Vos commentaires seront les bienvenus pour corriger les éventuelles erreurs, donner vos opinions, etc, etc…..!
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9.2.2010 par mephisto-tango.
Un lecteur du blog, lui-même danseur de Tango argentin, nous a suggéré l’idée de mettre en ligne un extrait du roman de Stefan Zweig : « l’Ivresse de la Métamorphose » dernière œuvre de l’auteur avant son suicide en 1942. L’héroïne du roman est Christine, jeune femme pauvre qui, grâce à sa riche tante américaine, entre transitoirement dans la haute société bourgeoise lors d’une villégiature en Suisse. Elle s’identifie alors aux êtres qu’elle rencontre et se métamorphose.
L’extrait du livre ci-après rend compte de la rencontre de Christine avec le Tango argentin, dans les bras d’un homme qu’elle ne connait pas, mais qui la transporte dans un autre monde. On ne peut qu’admirer la justesse des propos et les sentiments forts d’abandon et de plaisir qu’engendre la danse dans cette circonstance.
Merci à André de nous avoir fait connaître ce texte si beau.
« Voici que la musique reprend, plus sombre, plus lente, plus douce, elle se glisse comme une traîne de soie noire mordorée : un tango. L’oncle fait un visage malheureux, elle doit l’excuser. Ses jambes de soixante-sept ans ne peuvent suivre un rythme aussi souple. (…) Mais une ombre passe, quelqu’un s’incline devant elle, un homme de haute taille au visage glabre de soldat, bruni par le soleil qui contraste avec la cuirasse à la blancheur de neige de son smoking. Il claque les talons à l’allemande et, avec correction, demande à la tante si elle permet. « Mais volontiers », dit celle-ci en souriant, fière elle-même du succès rapide de sa protégée. Stupéfaite, les genoux un peu tremblants, Christine se lève. La surprise d’être choisie parmi toutes ces femmes belles, élégantes, par un étranger distingué lui donne un véritable coup au cœur. Une profonde inspiration pour dissiper son trouble, et elle pose sa main tremblante sur l’épaule de son cavalier. Dès le premier pas, elle se sent conduite avec aisance et fermeté par un impeccable danseur. Elle n’a qu’à suivre la pression à peine perceptible, et déjà son corps épouse les flexions, les mouvements de son partenaire, elle n’a qu’à s’abandonner au rythme entraînant à la douceur enveloppante, et, comme par miracle, son pied exécute parfaitement le pas. Elle n’a jamais dansé ainsi, et elle s’étonne que cela lui soit si facile. Comme si un autre corps lui était échu sous un autre vêtement, comme si elle avait déjà dans un songe lointain appris et répété cet accord dans les mouvements, tellement elle se plie exactement, sans peine, à la volonté étrangère. Une impression de sécurité comme dans un rêve s’empare d’elle; la tête renversée en arrière comme sur un coussin de nuées, les yeux mi-fermés, la poitrine légèrement agitée sous la robe de soie, détachée de tout, ne s’appartenant plus, elle se sent, à sa propre surprise, glisser aérienne à travers la salle. Parfois, quand elle s’arrache à cette houle puissante qui l’emporte et lève son regard vers le visage étranger si proche, elle croit voir briller dans ses yeux durs un sourire satisfait, approbateur, et il lui semble alors que la main qui la guide augmente, plus familière, sa pression. Une faible crainte, énervante et presque voluptueuse, parcourt, imprécise, ses veines. Qu’arriverait-il si ces dures mains masculines la pressaient plus fortement, si cet étranger au visage hautain, taillé à coups de serpe, la saisissait soudain, l’attirait à lui ? Pourrait-elle se défendre ? Est-ce qu’on ne s’abandonnerait pas et qu’on céderait comme maintenant dans la danse ? Sans qu’elle s’en rende compte, un peu de la sensualité provoquée par cette évocation vague passe dans ses membres qui suivent son cavalier avec toujours plus de souplesse. Déjà quelques personnes remarquent ce couple parfait, et elle perçoit, au milieu de la danse, la force enivrante de cette attention, de cette admiration. Elle obéit de mieux en mieux à la volonté de son partenaire, mêle son souffle au sien, épouse ses mouvements; et la découverte du plaisir éprouvé par son corps la pénètre comme par des fibres nouvelles et hausse son âme à un sentiment jamais encore atteint.
Après la danse le grand jeune homme blond - il s’est présenté, ingénieur de Goldbach - la reconduit, cérémonieux, à la table de l’oncle. Au moment où elle abandonne son bras, la chaleur du mince contact disparaît et elle se sent plus faible et amoindrie, comme si par ce lien rompu une partie de sa force s’était échappée. En s’asseyant elle n’a pas encore recouvré ses esprits.
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