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Astor PIAZZOLLA et sa musique

Lors de l’atelier du 7 février 2010 à la salle Bourseul, nous avons cherché à faire connaître un peu mieux Astor Piazzolla et sa musique à la quarantaine de personnes qui étaient venues ce jour-là pour écouter, danser et travailler sur le Tango. La première partie de cette présentation (la deuxième partie aura lieu le 28 février a duré ½ heure, à l’issue de laquelle tous les élèves présents ont essayé de danser sur la musique d’Astor Piazzolla (différentes œuvres de 1946 à 1965) en émettant, très modestement, un avis : dansable ou non dansable ?

Auparavant, j’ai proposé à l’auditoire une présentation théorique de la musique de Piazzolla en essayant de mettre en avant la spécificité de cette musique, réputée non dansable et que l’on entend que fort peu dans les milongas. Les DJs les plus ouverts se contentent de passer quelques œuvres de Piazzolla en toute fin de soirée (Milonga del Angel, Oblivion), quand presque tout le monde est parti et qu’il ne reste plus que quelques jeunes sur la piste….

Je vous invite à prendre connaissance de cette présentation orale du 7 février, mais ré-écrite spécialement pour le site Mephisto Tango en cliquant sur le lien suivant : Astor Piazzolla et sa musique

Vos commentaires seront les bienvenus pour corriger les éventuelles erreurs, donner vos opinions, etc, etc…..!

16 réponses pour “Astor PIAZZOLLA et sa musique”

  1. fmx indique :

    Wouaouh… bonjour c’est la plouckette de service…
    Merci pour ce cours magistral… Je ne suis pas musicienne et ça m’a ouvert quelques perspectives, et surtout l’envie d’en savoir plus.
    Ceci dit, voilà la question que j’avais envie de poser depuis que je danse : Mais pourquoi on ne nous passe ou joue dans les milongas quasiment que des oeuvres de Piazolla indansables alors que chez moi j’en écoute tous les jours qui me donnent à la fois des battements de coeur et des fourmis dans les pattes (pas seulement le “trop connu” Libertango ou Anos de soledad entendu quelquefois)? Qu’est-ce que ça veut dire exactement non dansable… Pour moi la Milonga del Angel par exemple n’est pas dansable sauf sur scène par des pros, il faut des années de pratique et de technique pour pouvoir s’exprimer sur cette musique. Et Oblivion me fait l’effet d’une berceuse, je veux dire un morceau de musique qu’on écoute chez soi pour se calmer ou se réconforter…
    Et puis il n’y a pas que chez Piazzolla que la superposition de rythmes ou de mélodies perturbe le danseur. Mais je croyais que c’était un support pour la liberté d’interprétation. Et la plupart des tangos chantés me semblent plus faits pour être écoutés : à quoi sert le texte alors ?
    Merci pour tout ce que vous faites,
    Famix

  2. Bernadette indique :

    Merci pour votre intervention. Je vais essayer d’y répondre aussi clairement que possible. Vous pensez que dans les milongas, les DJs ne passent que des oeuvres indansables, style “Milonga del Angel” ou Oblivion. Pour moi ces deux oeuvres sont très dansables. Pourquoi ? Ce sont deux milongas très lentes que l’on ne peut pas danser comme des milongas traditionnelles, mais qu’il faut danser comme des Tango, expressifs et romantiques, sentimentaux et sensuels. Là le rythme de milonga, toujours sous-jacent,n’est pas gênant car la lenteur même de l’oeuvre vous permet d’entendre les deux temps de la mesure sur lesquels vous dansez de façon régulière et continue. Maintenant vous dîtes qu’il faut des années de pratique et de technique pour s’exprimer sur ces oeuvres, oui et non. Bien sûr plus vous avez de la technique et mieux c’est, il faut apprendre même pour des Tangos de D’Arienzo ! Mais je dirais que même avec un vocabulaire limité vous pouvez vous exprimer sur ces musiques en fonctions de vos possibilités propres, mais surtout au niveau de votre ressenti et de votre sensibilité face à cette musique magnifique, et face à votre partenaire qui, s’il est dans des dispositions similaires au vôtres, vous fera partager un moment mémorable, plein de délicatesse et de sentiment…

  3. Sergio indique :

    Muy buena su nota “Astor Piazzolla et sa musique”. Me permito una pequeña corrección. El nombre del escritor es Ernesto Sábato, y no Sabado, tal como está escrito al inicio de la nota.
    En cuanto a si la música de Piazzolla es o no danzable, quisiera exponerle el punto de vista de un porteño. Más allá de la estructura musical o de la voluntad del bailarín, la música de Ástor “no debe” ser bailada por una cuestión de “códigos tangueros”. De la misma manera que no se bailan los tangos de Gardel. Cuando en una milonga suenan estos maestros es el tiempo de la escucha devota y en silencio, no el de la danza. Por favor, no tome esto como una observación crítica. Sólo como un detalle anecdótico.

    Saludos

    Traduction du message faite par Mephisto Tango! pour les lecteurs ne maîtrisant pas la langue de Cervantes

    J’adore votre article “Astor Piazzolla et sa musique”. Je me permettrais simplement une petite correction. Le nom de l’écrivain est Ernesto Sabato, et non Sabado.

    Quant à savoir si la musique de Piazzolla est dansable ou pas, je souhaiterais apporter le point de vue d’un porteño (ndlr : Habitant de Buenos Aires). Au-delà de la structure musicale ou de la volonté des danseurs, la musique d’Astor “ne se danse pas” à Buenos Aires pour des raisons de codes tangueros. De la même manière qu’on ne danse pas sur les tangos de Gardel. Lorsque dans une milonga, on joue la musique de ces maestros, le temps de danser laisse la place au temps d’écouter avec dévotion et silence. Je vous prie de ne pas prendre mon message comme une critique, mais plus comme un détail anecdotique.

    Salutations

  4. Sergio indique :

    Merci beaucoup pour votre traduction. Autrefois, un autre détail. C’est Sábato, avec accent. Croyez moi que ce n’est pas une simple question orthographique… ;-). Il y a des raisons littéraires pour cette observation. Dans une de ses nouvelles il y a un personnage appelé Sabato (sans accent) qui est lui même mais… pas tout à fait. Et… dans cette nouvelle, “Abaddón El Exterminador”, autre des personnages est Piazzolla!

    Salutations

  5. Bernadette indique :

    Pardon pour l’orthographe d’Ernesto Sàbato et non Sabado,erreur indiscutable qui nous a échappée.
    Je comprends les termes “dévotion et silence” chez les Portenos quand ils entendent Piazzolla ou Gardel. C’est vrai. Des Français, en France, qui respectent scrupuleusement les codes et la tradition tanguero argentine dans les milongas, vont s’asseoir quand ils entendent la musique de Piazzolla. D’autres Français vont essayer de danser dessus malgré la difficulté, avec plus ou moins de réussite. Où se situe la Vérité ?

  6. Sergio indique :

    Traduction réalisée par Mephisto Tango!

     

    Estimada Bernadette, usted pregunta “Où se situe la Verité”. Quisiera exponer mi opinión pero, antes, creo necesario volver sobre el concepto de “Código Tanguero”. Así expresado implica cierta idea de exclusión o discriminación, cuando, por el contrario, la respuesta a su pregunta, debiera buscarse más en un plano de integración. En la vivencia y comprensión del tango como un amplio fenómeno cultural, tal como bien se lo señaló en otra discusión de este espacio.

     

    Chère Bernadette, vous demandez: “Où se situe la Vérité”. Je souhaite exprimer mon opinion, mais d’abord, je crois qu’il est nécessaire de revisiter le concept du «Code Tanguero ». Exprimé ainsi, cela implique une certaine idée d’exclusion ou de discrimination, quand, au contraire, la réponse à votre question devrait plutôt se chercher au niveau de l’intégration. Dans le vécu et la compréhension d’un phénomène culturel au sens large, comme cela a été souligné dans une autre discussion sur ce blog.

     

    Propongo este enfoque porque soy de los que piensan y sienten que la emoción estética, en este caso la que produce el tango, puede ser refinada, exaltada y profundizada por la reflexión y el compartir ciertos conocimientos contextuales.

     

    Je propose cette approche parce que je suis de ceux qui pensent et sentent que l’émotion esthétique, dans ce cas celle que produit le tango, peut être raffinée, exaltée et approfondie par la réflexion et le partage de certaines connaissances contextuelles

     

    Esto que sugiero, más que en exclusiones, se apoya en inclusiones que, si se quiere, son más enriquecedoras e interesantes. En otros términos: para qué intentar bailar a Piazzolla habiendo razones más emotivas, no sólo para bailar afirmativamente a otros músicos, sino también para aumentar nuestro goce. Veamos dos casos:

     

    Ce que je suggère, se fonde plutôt sur des inclusions que sur des exclusions, ce qui est plus enrichissant et intéressant. En d’autres mots : avoir envie de danser sur Piazzolla et pas seulement sur la musique des autres maestros, implique des raisons plus émotionnelles, telles que augmenter notre plaisir de danser.

     

    UGLIESE DEBE SER BAILADO

     

    Suena Pugliese en la milonga y, aunque estemos cansados, hay que levantarse, buscar una compañera y salir a la pista. ¿Por qué? Porque al maestro se le debe el homenaje. No se trata de una preferencia, es una deuda de la que se hace cargo todo tanguero honorable. Pugliese cuidaba casi maternalmente a los bailarines. Adaptaba su tempo, su repertorio, el carácter de las variaciones a la comodidad y el goce del público danzante. Su orquesta no sonaba igual en uno y otro barrio. Su respeto era ideológico. Bien conocida es su historia como militante comunista y como proyectó esto sobre su actividad artística, lo que tantas cárceles le valió. Cuando en la milonga suena Pugliese se lo baila porque hay que devolver el respeto con el que él trató al bailarín y porque hay que rendir homenaje a su integridad ética. Puesto así, la emoción de bailarse uno de sus tangos es más profunda y completa.

     

    IL FAUT DANSER SUR PUGLIESE

     

    Quand on joue Pugliese dans une milonga, même si on est fatigué, on se lève, on cherche une partenaire et on va sur la piste. Pourquoi? Parce que c’est un hommage au maestro. Ce n’est pas une question de préférence, c’est une dette que tout tanguero digne de ce nom doit assumer. Pugliese avait pour les danseurs une affection quasi maternelle. Il adaptait son tempo, son répertoire, la nature de ses changements pour le confort et l’agrément des danseurs. Son orchestre ne jouait pas de la même façon dans les différents barrios (ndlr : quartiers de Buenos Aires). Son respect était d’ordre idéologique. Pugliese est bien connu pour son histoire de militant communiste et comment il a projeté cette histoire sur ses activités artistiques, ce qui lui valut de nombreux séjours en prison. Quand on joue du Pugliese dans une milonga, on danse, parce que l’on se doit de retourner à Pugliese le respect avec lequel il a traité les danseurs et parce qu’il faut rendre hommage son intégrité éthique. En procédant ainsi, l’émotion ressentie quand on danse un tango de Pugliese est encore plus forte et plus complète.

     

    DI SARLI DEBE SER BAILADO

     

    Hay una historia triste y siniestra tras “El que se llevó a la tumba el secreto de su mano izquierda”. Tal vez ustedes ya la conozcan, voy a abreviarla. Di Sarli había tenido desavenencias comerciales con un sello editor y, en represalia, sus directivos hicieron circular la historia de que el músico “traía mala suerte”. Que era “yeta”, en lunfardo. Esto puede hoy parecer naif, pero aquellos eran otros tiempos. Lo cierto es que esto dañó mucho no sólo al músico sino a toda su familia, particularmente a sus hijos en la escuela. Lamentablemente mucha gente hizo suya esta estupidez al punto de cuando en los bailes sonaba Di Sarli, muchos se retiraban de la pista. La sola mención de su nombre atraía la mala suerte, se decía. No son pocos tangueros de hoy que se hacen cargo de aquella brutal injusticia y, cuando suena Di Sarli en la milonga, se sienten obligados salir a bailar. Como forma de reparación. Eso sí, el bailarín sabe que va a tener que dar lo mejor que tiene. La elegancia de su danza tendrá que ser proporcional a la belleza de la música. Él, a su vez, será recompensado con el sentimiento de haber “contribuido a la justicia”.

     

    IL FAUT DANSER SUR DI SARLI

     

    Il y a une histoire triste et sinistre à la fois, celle de “celui qui a emmené dans la tombe le secret de sa main gauche ». Peut-être que certains d’entre vous la connaissent alors je vais faire court. Di Sarli avait eu des déboires commerciaux avec un éditeur, qui en guise de représailles, fit circuler le bruit selon lequel Di Sarli portait malchance. La malchance ou « yeta » en lunfardo (ndlr : argot de Buenos Aires). Cela peut paraître enfantin aujourd’hui, mais nous étions à une autre époque. Ce qui est sûr, c’est que cela fit beaucoup de mal, non seulement au musicien, mais également à toute sa famille, et en particulier à ses enfants à l’école. De façon assez lamentable, beaucoup de gens ont poussé la stupidité jusqu’à quitter la piste au moment on l’on jouait du Di Sarli dans les milongas. Il se disait que le simple fait de mentionner le nom de Di Sarli portait malchance. C’est ainsi que maintenant nombre de tangueros soucieux de réparer une telle injustice, se sentent obligés d’aller danser quand on joue aujourd’hui la musique de Di Sarli. Une réparation en quelque sorte. Même si les danseurs savent qu’ils doivent le faire, le mieux est encore de le faire effectivement. L’élégance de la danse sera proportionnelle à la beauté de la musique. Et le danseur sera à son tour gratifié par le sentiment d’avoir “contribué à faire justice.”

  7. fmx indique :

    Hou là là… ça se complique… il y en a beaucoup comme ça ? Et comment est-ce qu’on est censé le savoir quand on n’a pas une culture encyclopédique ? Nos “DJs” sont-ils au courant ? Est-ce pour ça qu’on annonce parfois le nom des compositeurs avant le morceau ? Dernière question : est-ce que c’est grave ?…

  8. Sergio indique :

    fmx, no, de ningún modo es grave. Ni siquiera es muy importante

    fmx, non ce n’est pas grave du tout, ni même important.

  9. Bernadette indique :

    Merci pour ces interventions bien pertinentes. Pour en revenir à Piazzolla, sa musique peut être interprétée comme dansable ou non dansable par chacun, selon son propre ressenti face à cette musique qui a la réputation d’être non dansable. En 1959 si je ne me trompe pas, Piazzolla a contacté Juan Carlos Copes (danseur et chorégraphe: le premier à avoir porté le Tango sur scène) et sa femme Maria Nieves pour une collaboration artistique sur une revue/ballet de Tango argentin. Cette revue a eu tellement de succès que Piazzolla rêvait d’Hollywood et de Broadway….Ceci pour dire que si Piazzolla détestait tant la danse et les danseurs sur sa musique, il n’aurait jamais fait appel à un danseur professionnel tel que Copes. La danse était donc possible, même chorégraphiée. De là on peut penser que dans les milongas, à condition d’adaptation de la danse comme sur chaque style d’orchestre, il est possible d’improviser.C’est aux danseurs de faire l’effort d’écouter cette musique révolutionnaire, de la comprendre, et en définitive de l’aimer pour trouver du plaisir à danser dessus.

  10. Sergio indique :

    Traduction réalisée par Mephisto Tango!

     

    Bernadette, tiene usted razón, volvamos a Piazzolla. Pero antes permítame reiterar la pregunta: ¿Por qué intentar bailar a Piazzolla habiendo tantas y tan emotivas razones para bailar otros músicos? Si no le parece mal, retomaré este asunto en otro mensaje. Creo respetuosamente que su alusión a la confluencia entre Copes y Piazzolla necesita ser ajustada un poco y eso hará que este mensaje se haga tal vez demasiado extenso.

     

    Bernadette, vous avez raison, revenons à Piazzolla. Mais d’abord, permettez-moi de réitérer ma question: Pourquoi vouloir danser sur Piazzolla alors qu’il y a tellement de possibilités de danser sur la musique d’autres musiciens ? Si cela ne vous gêne pas, je reprendrais votre dernier message. Je crois respectueusement que votre évocation de la collaboration entre Copes et Piazzolla se doit d’être un peu précisée, ce qui fera que mon message sera peut-être un peu long.

     

    Estas precisiones están fundamentadas no sólo en los relatos de sus protagonistas sino también en los testimonios de Dedé Wolf, la entonces esposa de Piazzolla y la de sus hijos Diana y Daniel. No es casual que esta historia haya sido contada tantas veces, hay una razón muy especial que ya verá un poco más adelante.

     

    Ces précisions sont fondées non seulement sur l’histoires des protagonistes, mais aussi sur le témoignage de Dedé Wolf, épouse de Piazzolla et de leurs enfants, Diana et Daniel. Ce n’est pas par hasard que cette histoire a été racontée à plusieurs reprises, mais bien parce qu’il y a une raison très particulière que nous verrons un peu plus tard.

     

    Ciertamente, en 1959 Ástor y su familia, radicados en Nueva York, la estaban pasando muy mal. El músico había sido atraído a los EEUU por la nunca concretada posibilidad de componer para la industria cinematográfica. Tan mala era la situación que Ástor estuvo a punto de convertirse en empleado bancario. Cuenta él mismo que la mañana en que tenía que comenzar, llegó hasta la puerta de la institución y, sin entrar al edificio, se volvió llorando a su casa. Con Copes se conocían y en esos días el coreógrafo también andaba por NY. Sabiendo de las penurias de la familia Piazzolla, Copes le ofrece integrar la orquesta del espectáculo musical que estaba presentando en el Club Flamboyan de San Juan de Puerto Rico. Ástor acepta no sólo el trabajo sino también el tener que tocar disfrazado de compadrito (hay una foto… si no la conocen se las haré llegar con todo gusto). Por supuesto que la música del espectáculo no era de Piazzolla. Creo que no es necesario agregar más detalles para imaginar el estado de anímico del músico y en qué medida consideraba ese trabajo como realización de sus inquietudes artísticas…

     

    En effet, en 1959, pour Astor et sa famille, basés à New York, cela ne se passait pas bien du tout. Astor avait en effet été attiré aux États-Unis par la perspective de composer des musiques pour l’industrie cinématographique ce qui ne se concrétisa jamais. La situation était si mauvaise que Astor envisagea de devenir employé de banque. Le jour où il allait commencer sa carrière d’employé de banque, Astor s’arrêta sur le pas de la porte de la Banque et s’en retourna chez lui en pleurant. Copes, qui connaissait déjà Astor, apprit les difficultés de la famille Piazzolla à son arrivée à New York. Il proposa alors à Astor, d’intégrer l’orchestre de la comédie musicale qu’il donnait au Club Flamboyan de San Juan à Porto Rico. Astor accepta non seulement le travail mais aussi de jouer déguisé en compadrito (ndlr : voyou de Buenos Aires). Il existe une photo … si vous le souhaitez je peux la joindre avec plaisir. Le spectacle ne comportait pas de musique de Piazzolla. Je pense qu’il n’est pas nécessaire d’ajouter plus de détails pour imaginer l’état d’esprit du musicien et à quel point ce travail illustrait ses inquiétudes artistiques …

     

    Sin embargo, no todo lo malo o triste había ocurrido aún. Es en Puerto Rico que Ástor recibe de Dedé (que había quedado en NY) la noticia de que su padre, había sufrido un grave accidente de tránsito. Con la anuencia de Copes vuelve a NY y, ya en su casa y con su familia, Ástor recibe la noticia del fallecimiento de Nonino.

     

    Cependant, le pire était encore à venir. Alors qu’il se trouvait à Porto Rico, Dedé (qui était restée à New York) informa Astor que son père avait subi un grave accident de voiture. Avec l’accord de Copes, Astor retourna à New York rejoindre les siens et il apprit la mort de Nonino.

     

    Creo que en este punto los lectores de estas líneas habrán intuido el por qué de la importancia de esta historia… Fue al recibir la noticia que Ástor le pide a su familia que lo dejen sólo. El departamento era pequeño. Dedé se encierra en la cocina junto a los niños. Daniel recordaría más adelante como en la habitación continua comenzó a desgarrarse el bandoneón de su padre. Ástor estaba componiendo ADIOS NONINO, y algo totalmente inusual: lo hacía directamente con el fueye cuando lo normal era que lo hiciera con el piano.

     

    Je pense qu’à ce stade, tout un chacun a compris l’importance de cette histoire … Dès qu’il apprit la nouvelle, Astor demanda à sa famille de le laisser seul. L’appartement étant petit, Dedé s’enferma avec les enfants dans la cuisine. Daniel se rappela bien plus tard, comment dans la pièce d’à côté, il entendit alors pleurer le bandonéon de son père. Astor était en train de composer ADIOS NONINO, et chose assez inhabituelle, il le faisait directement avec son bandoneon (ndlr : el fuye) alors qu’il composait normalement au piano.

     

    Continuación de la historia: el dolor de la lejana muerte de su padre decide a Ástor a volver a la Argentina. Por cierto que no había dinero para los pasajes. Finalmente lo obtiene vendiéndole los derechos de Adiós Nonino y una importante cantidad de bellísimas composiciones a Editions Universelles, de París. El precio: el de los pasajes a Buenos Aires. Ástor nunca lamentó esto. Más bien conservó cierta gratitud en tanto fue el apoyo de la editora la que le permitió dejar NY.

     

    Suite de l’histoire: la douleur de la perte de son père décida Astor à retourner en Argentine. N’ayant pas l’argent nécessaire pour payer le voyage, il dût vendre les droits de Adios Nonino et d’une quantité non négigleable d’autres magnifiques compositions aux Editions Universelles de Paris. Le prix ? Un voyage aller New York - Buenos Aires. Astor n’a jamais regretté. Il a même gardé une reconnaissance certaine à l’éditeur qui lui permit alors de quitter New York.

     

    Ustedes, amigos parisinos, si no lo hicieron aún, no dejen de visitar las oficinas de Universelles en el 52 de la rue du Fbg Saint Martin. Allí Mme. Jeanne Wallard, seguramente, les mostrará la habitación y la mesa en la que componía Piazzolla en los días en que estudiaba con Mme. Boulanger.

     

    Je vous conseille à mes amis parisiens qui ne l’auraient pas encore fait de visiter les bureaux des Editions Universelles au 52 rue du Fbg Saint-Martin. Vous y rencontrerez Madame Jeanne Wallard qui à coup sûr, vous montrera la chambre et la table sur laquelle Piazzolla a composé à l’époque où il étudiait avec Madame Boulanger.

     

    La vuelta de la familia Piazzolla a la Argentina es casi inmediata a estos sucesos. Creo, estimada Bernadette, que en esos días el sueño de triunfar en los EEUU había terminado para Ástor. Al menos temporariamente.

     

    Le retour de la famille Piazzolla en Argentine fût quasi immédiatement couronné de succès. Le rêve américain était alors bien fini pour Astor … tout au moins pour le moment.

     

    Si bien el trabajo que le ofreció Copes no había sido lo que Ástor había ido a buscar a NY, esto no resintió la amistad que los vinculaba. De hecho puede decirse que Copes fue uno de los primerísimos fans de Piazzolla y fue de él la idea, allá en Puerto Rico, de que Ástor tocara de pie… Ni más ni menos! Unos años más tarde, en 1966, Copes le encargaría al músico una suite de composiciones originales para un espectáculo más del tipo “Comedia Musical” que de “Tango Ballet”. Se trataba de “El Campeón” que relataba el ascenso y caída de un boxeador. La obra, finalmente, nunca fue puesta. Quedó sí, grabada, la música: de una originalidad deslumbrante.

     

    Bien que le travail offert par Copes n’était pas ce que Astor était allé chercher à NY, cela n’eut aucun effet sur l’amitié qui les liait. En fait on peut même dire que Copes fut l’un des premiers fans de Piazzolla, et que c’est à Puerto Rico que le fameux style de Astor jouant du bandoneon debout naquit … Ni plus, ni moins! (ndlr : plus de détails à ce sujet dans le msg de Sergio du 19 fevrier). Quelques années plus tard, en 1966, Copes chargea Astor de la composition originale plus proche d’une “Comédie musicale” que d’un “Show de Tango”. Il s’agissait de “El Campeon” (ndlr : “Le Champion”), qui raconte l’ascension et la chute d’un boxeur. La pièce, finalement, ne fut jamais jouée. Mais la musique fut enregistrée: elle était d’une originalité éblouissante.

     

    Bernadette, Ástor no detestaba a los bailarines de tango. Puede ser que en algún reportaje haya dicho algo por el estilo. Pero el caso de Piazzolla es el ejemplo extremo de que a los artistas hay que juzgarlos por sus obras y no por sus discursos. El Troesma también fue famoso por las muchísimas barbaridades que dijo en su vida y de las cuales, luego, se arrepentía o decía lo contrario. Y no sólo en el terreno de la música, mucho más disparatadas y contradictorias fueron, por ejemplo, sus afirmaciones políticas.

     

    Bernadette, Astor ne détestait pas les danseurs de tango. Peut-être a-t-il dit quelque chose d’approchant un jour dans une interview. Mais le cas de Piazzolla est l’exemple ultime du fait que les artistes se doivent d’être jugés sur leurs actes et non sur leurs déclarations. El Troesma était aussi célèbre pour les nombreuses atrocités qu’il a dites dans sa vie et pour lesquelles il s’est plus tard repenti ou contredit. Et au-delà de la musique, Astor a également tenu des propos politiques beaucoup plus contradictoires.

     

    Pero más allá de la inconsistencia de sus eventuales comentarios, Ástor no pudo haber detestado a los bailarines porque, en los años en que él desplegó su gigantesca obra, estos, sencillamente, habían desaparecido de Buenos Aires. La música internacional había desplazado al tango en la preferencia del público, especialmente del joven, y las milongas habían sido borradas del mapa porteño. Demasiado hizo Piazzolla al salvar de la extinción al tango como género musical, para ocuparse también de la danza o el canto. O dicho de otro modo, salvando la música salvaba a futuro toda otra forma de expresión del género.

     

    Mais sans s’arrêter aux simples déclarations, Astor ne pouvait simplement pas haïr les danseurs parce que dans les années où il a composé son énorme oeuvre, ils avaient tout simplement disparu de Buenos Aires. La musique internationale avait remplacé le tango auprès du public, et tout particulièrement du public jeune, et les milongas avaient été rayées de la carte de Buenos Aires. Piazzolla a fait beaucoup pour sauver le tango de l’extinction en tant que genre musical, mais également au niveau de la danse et du chant. Ou pour le dire autrement, en sauvant la musique, il a sauvé l’avenir du tango sous toutes ses autres formes d’expression.

     

    Si hoy la milonga está viva en Buenos Aires es por reflejo de lo que pasa en Europa. Si, Bernadette… suena raro, pero estoy convencido de que es así. Y si en Europa renació el interés por el tango fue por los conciertos que dio Piazzolla en los 80. Esto llevó a muchos al tango histórico y de ahí, al baile. El paradigma del tango como danza particularmente sensual es europeo, no porteño. Es algo contemporáneo, de ninguna manera histórico.

     

    Si aujourd’hui il y a des milongas à Buenos Aires, c’est une conséquence de ce qui s’est passé à l’époque en Europe. Même si cela peut paraître bizarre à certains, j’en suis personnellement convaincu. Et si l’intérêt pour le Tango a refait surface en Europe, c’est bien grâce aux concerts que Piazzolla a donnés dans les années 80. C’est en effet ainsi que beaucoup de personnes sont venus au tango historique et de là sont venus à la danse. Le paradigme de la sensualité du tango sensuel est notablement européen et pas porteño (ndlr : de Buenos Aires). La sensualité dans le tango est un phénomène contemporaine et absolument pas historique.

     

    Esto es ya demasiado extenso. Debo darlo por terminado por hoy. Paradójicamente, queda pendiente el tema central: ¿Por qué bailar Piazzolla? Permítame dejar una hipótesis en suspensión: hay entre los bailarines una conciencia imprecisa y oscura de que se está bailando un “Tango Arqueológico”, pulsión tanática a la que se opone otra, erótica, por sentir que se está cultivando un género vivo, no uno muerto. Bailar Piazzolla tienta como uno de los caminos posibles. Para mi no lo es.

    Perdón por la extensión. Saludos.< br />

     

    Je me suis déjà beaucoup étendu et je ferais bien de conclure pour aujourd’hui. Paradoxalement, la question centrale: ‘pourquoi la danse Piazzolla?’ reste posée. Permettez-moi de laisser la question en suspension. Il y a chez les danseurs une sensation vague et obscure de ce que c’est que de danser un ‘tango archéologique’, une pulsion thanatique à laquelle s’oppose une pulsion érotique, qui consiste à cultiver une chose vivante et non morte. Dancer sur Piazzolla est l’une de ses deux voies. Ce n’est pas la mienne.

    Désolé pour la longueur de mon message.

    Salut à tous

  11. Bernadette indique :

    Quel débat passionnant! Et surtout avec quelqu’un qui connait, au moins ! C’est vrai qu’on peut danser sur beaucoup de musiciens de Tango, de façon différente selon les styles, les rythmes et les couleurs propres à chaque orchestre. C’est très riche et je n’en disconviens pas. Peut-être est-ce prétentieux de penser qu’il est possible, aussi, de danser sur certaines oeuvres de Piazzolla ? Même si sa musique est difficile et qu’elle demande beaucoup d’écoute, le rythme est toujours là, sous-jacent……Ceci dit, chacun fait comme il veut, personne n’est obligé de danser, même sur Pugliese, même sur d’Arienzo ! Mon intention, mais peut-être ai-je tort, c’est de faire connaitre la musique de Piazzolla à des danseurs et des danseuses habitués aux shémas traditionnels du Tango, pour qu’ils comprennent musicalement, en le vivant par eux-mêmes, pour qu’ils ne décident pas, a priori, que “ce n’est pas dansable”, sans même avoir entendu réellement. Une bonne éducation de l’oreille est indispensable. Plus l’oreille est aiguisée et plus c’est facile. Mais il est vrai qu’il faut faire un effort, et c’est ça le problème ! Pour moi, les gens qui dansent sur Piazzolla, amateurs ou professionnels (il y en a quelques-uns heureusement), ne font pas un crime de lèse-majesté, et ils sont respectueux du génie de Piazzolla s’ils savent respecter son esprit musical.

  12. Marc indique :

    Bernadette, avec la technique du tango, on peut danser sur n’importe quoi. Du rock, du métal, de la techno, du slow, du jazz… Il suffit d’avoir un rythme régulier ce qui est le cas dans la grande majorité des musiques. Il n’y a peut être que la musique spectrale qui ne soit pas dans ce cas… Et encore…

    Donc à priori rien n’interdit de danser sur du Piazzolla…

    Ce qu’il faut simplement comprendre, c’est que le tango, n’est pas une technique, c’est un sentiment, induit par une certaine manière de danser, autrement dit un certain style.

    Et si les gens trouvent que ce n’est pas dansable, en réalité c’est parce qu’ils ne ressentent pas le sentiment tant apprécié qu’ils ont d’habitude en dansant le tango.

    D’ailleurs la limite du tango (en tant que danse en tout cas) se situe sans doute là. C’est une affaire de sentiments.

  13. Sergio indique :

    Complément du message de Sergio du 16 février. Traduction réalisée par Mephisto Tango!

     

    Como usted sabe la manera habitual de tocar el bandoneón es sentado. Pues bien, fue Copes quien, como buen coreógrafo, viendo tempranamente el potencial visual que producía la enérgica gestualidad del bandoneonista, le propuso, le insistió y, finalmente lo convenció de tocar parado, de pie, (debout). Inicialmente Ástor no aceptó la idea puesto que un defecto de nacimiento en uno de sus pies, y las sucesivas operaciones quirúrgicas a las que lo sometieron, le habían dejado una leve renguera. Copes supo perseverar con su idea y fue así que como nació la imagen que hoy ya es todo un ícono, la de Piazzola tocando de pie. De ahí el “Ni más ni menos”.

     

    Comme vous le savez, la façon classique de jouer du bandoneon est la position assise. Mais Copes en bon chorégraphe, avait pressenti le potentiel visuel que produirait l’énergie gestuelle d’un bandonéoniste. Il suggéra l’idée à Astor, insista et le persuada finalement de jouer debout. Initialement Astor n’était pas emballé par l’idée, car suite à un défaut de naissance dans un de ses pieds, il avait subi de nombreuses opérations chirurgicales qui lui avaient laissé une légère claudication. La persévérance de Copes fut donc à l’origine de l’image, devenue par la suite une véritable icône, de Piazzola jouant du bandoneon debout. D’où le “ni plus, ni moins”.

     

    Agrego una línea más en relación a este asunto y en beneficio de los bailarines de tango. Tocar el bandoneón exige un esfuerzo físico importante. Hacerlo de pie demanda uno aún mayor pero, como contrapartida, se libera relativamente el torso lo que permite ajustar el sonido con la actitud corporal. En síntesis, si se lo toca parado SE PUEDE BAILAR CON EL BANDONEÓN !!!. Cosa imposible de hacer sentado.

     

    J’ajouterais une ligne de plus en par rapport avec cette question et au profit des danseurs de tango. Joue du bandonéon, nécessite une force physique certaine. Jouer du bandoneon debout nécessite une force encore plus grande mais en contrepartie, cela libère le torse et permet de mettre en relation directe le son et l’attitude corporelle. En résumé, jouer debout PERMET DE DANSER LE BANDONEON !!! Ce qui est impossible quand on joue assis.

     

    Escribo esto y sonrío. Se dice que Ástor odiaba a los bailarines de tango… Yo no lo creo, pero lo cierto es que hubo uno que lo puso a bailar a él, al mismísimo Piazzolla: Copes!
    Saludos

     

    En écrivant cela, je souris. On dit en effet que Astor détestait les danseurs de tango … ça, je ne le pense pas, et ce qui me fait sourire, c’est qu’en plus, un danseur a même poussé Piazzolla lui-même à danser en jouant sa musique : Copes!

    Salut à tous

  14. Bernadette indique :

    OK Marc. Mais qu’est ce qui permet de dire que dans la musique de Piazzolla il n’y a pas de sentiment ? Pour moi, il y en a beaucoup ! Mais beaucoup, beaucoup !! “Dans Milonga del Angel”, hyper romantique et sentimental, dans “Romance del Diablo”, dans “Ave Maria” et de façon générale dans toutes les sections au tempo lent de toutes les oeuvres qui commencent par une section rythmique ! Il suffit simplement d’écouter……L’émotion est là, de façon incontestable dans la musique de Piazzolla.Son bandonéon chante, comme le dit Sergio, sans effet exagéré dans le rubato, la musique de Piazzolla est rythmique, puissante, généreuse et sensuelle à la fois.

  15. Goran indique :

    100% ok avec Bernadette. Et aujourd’hui le tango ne se limite heureusement plus à ‘une pensée triste qui se danse’. Il est tout à fait possible de manifester des sentiments de joie, des sentiments ludiques, des sentiments de plenitude… en dansant un tango. Chaque sentiment doit avoir sa place dans le Tango, et chaque musique est plus ou moins propice à faire ressentir tel ou tel sentiment à ceux qui essaient de la danser. Je n’ai pas envie de pleurer en dansant sur Toca Tango ou Bajonfondo, et je ne me sens pas pour autant vide de sentiment et d’emotion quand je le fais.
    Il faut sortir (enfin ce qui le veulent) de l’exclusivité des ‘lamentations de cocus’ raillées par les Bresiliens en d’autres temps et surtout il ne faut pas y enfermer ceux qui ont envie de ressentir aussi autre chose. Si il était resté à ce stade, le tango serait d’ailleurs peut-être déjà mort, l’avenir du tango c’est les jeunes danseurs, et même s’il ne s’agit pas de faire n’importe quoi, adopter un comportement protectionniste n’a jamais incité au partage et à au développement.
    La musique de Piazzolla couvre une gamme très large, et dépasse parfois peut-être les possibilités d’expression des danseurs, mais est-ce une raison pour la rejeter et surtout globaliser l’appreciation qu’on en a, par des jugements caricaturaux ?

    J’apprecie beaucoup les interventions de Sergio, pour leur aspect récit historique, mais aussi pour la tolerance dont elles font preuve dans l’expression de son ressenti propre. J’ai en revanche beaucoup plus de mal quand on vient m’expliquer que ça c’est du tango, que ça c’est pas du tango, que Chicho n’est pas un danseur de Tango, que là y a des sentiments et que là y en a pas … autant j’apprecie que l’on partage son ressenti, autant j’ai du mal avec les Torquemada de tout poil qui me disent ce que je dois moi même penser et ressentir, …

  16. Sergio indique :

    Traduction réalisée par Mephisto Tango!

     

    Bernadette, usted sabe que no pretendo criminalizar el que se lo baile a Piazzolla. Convengamos sin embargo que si nos allanáramos al “que cada haga lo que quiera”, proposición absolutamente legítima, nos privaríamos de poder conocer más a través de la crítica y la reflexión, y esta interesante conversación dejaría de tener sentido.

     

    Bernadette, Vous savez qu’il n’est pas dans mes intentions de criminaliser ceux qui dansent sur Piazzolla. Nous sommes d’accord sur le fait que chacun peut faire comme il l’entend, ce qui est tout à fait légitime. Sans cela, nous nous priverions de la possibilité d’apprendre au travers de la critique et de la réflexion, et nos échanges sur ce blog ne pourraient avoir lieu.

     

    Por otra parte no puedo dejar de celebrar su propósito de hacer conocer la música de Piazzolla. Su atelier no puede ser sino enriquecedor. El efecto del desconocimiento de la obra de El Troesma no es sólo el que NO se la baile, sino también el que SÍ se la baile. Seguramente usted nos expondrá las conclusiones al cabo de la realización de la 2da. parte. Cuente con que las espero con mucho interés.

     

    En outre, je ne peux que louer votre volonté de faire connaître la musique de Piazzolla dans vos ateliers. La découverte est l’essence même de votre atelier. Les conséquences de la méconnaissance de l’œuvre de El Troesma, ne se traduisent pas seulement par le fait de ne pas la danser, mais également par le fait de la danser. J’attends avec grand intérêt les conclusions de la seconde partie de votre atelier que vous ne manquerez certainement pas de partager avec nous.

     

    Hubo algo importante en uno de sus mensajes anteriores. Usted sugería la posibilidad de “improvisar” como modo de bailar Piazzolla. Según mi comprensión, el tango como baile tiene varias modalidades. Una es la que se suele llamar “Tango Social” (la expresión no es buena pero nunca he encontrado otra mejor). Me refiero al concurrir a la milonga y bailar con alguien al que no se conoce. Luego están el “Tango de Exhibición”, el “Tango Show”, el “Tango Ballet”, etc.

     

    J’ai relevé que dans un de vos messages précédents, vous avez suggéré le recours à l’improvisation pour danser sur la musique de Piazzolla. Selon ce que je sais du Tango dansé, il peut prendre différentes formes. Il y a ce qu’on a coutume d’appeler le “Tango social” (le terme n’est pas bon, mais je n’en ai jamais trouvé de meilleur). Je parle du fait d’aller à la milonga et de danser avec un€ inconnu(e). Et il y a le “Tango de scène”, “les shows de Tango Show”, “les chorégraphies”, etc.

     

    Ciertamente, la modalidad que más me atrae, la que al menos yo encuentro más excitante, es la primera. El fenómeno de que dos cuerpos abrazados puedan “con-fluir”, prescindiendo del conocimiento previo de los bailarines entre sí, me parece mágico. Pero esto sólo es posible si nos atenemos a los pasos y figuras convencionales y en la mayor comunión con la música que podamos alcanzar. Música que a su vez, deberá propiciar, contener y guiar la confluencia de los cuerpos.

     

    A coup sûr, la le tango qui me plaît le plus, ou tout au moins celui que je trouve le plus excitant, c’est le premier. Le fait que deux corps enlacés peuvent fusionner, indépendamment du fait que les deux danseurs se connaissent, me semble tout à fait magique. Mais cette fusion n’est possible que si l’on s’en tient aux pas et aux figures conventionnelles en recherchant également la communion plus forte possible avec la musique. Musique qui à son tour devrait faciliter, envelopper et guider la communion des corps.

     

    Esos 8 pasos previsiblemente ortogonales, a los que luego del 2do. o 3er. compás le agregaremos un muy prudente y acotado “ochito arriba” y, más adelante, si los cuerpos se reconocieron favorablemente, otro abajo (tal vez un poco más dibujado); no son la expresión de un baile limitado sino la sabia consigna que nos permitirá vivir una maravillosa aventura de tres minutos. Me pregunto entonces Bernadette ¿Cómo podríamos improvisar un movimiento, siquiera un gesto, sin incomodar u ofender a nuestro acompañante? Más si la milonga está animada y un centenar de parejas en la pista no nos dejan más que un metro cuadrado para bailar (¡Y cuidado con no evolucionar en una rigurosa línea recta!).

     

    Aux 8 pas carrés, ajouter précautionneusement, après la 2ème ou la 3ème phrase musicale, un petit ocho vers le bas, et ensuite, si l’harmonie entre les corps le permet, un autre ocho vers le haut celui-ci (cette fois un peu plus travaillé), n’est pas l’expression d’un danse limitée mais la condition consciente qui nous permet de vivre une merveilleuse aventure de 3 minutes. Je me demande alors, Bernadette, comment on pourrait improviser un mouvement, ou un geste, sans déranger ou incommoder sa partenaire ? Et ce, d’autant plus si la piste est bondée, avec une centaine de couples qui ne laissent à chacun guère plus d’un mètre carré pour danser (et le tout, avec le souci de bien veiller à se déplacer rigoureusement en ligne droite).

     

    Las parejas profesionales que hacen exhibiciones, no son habituales en las milongas porteñas. Sin embargo, observo con atención los videos disponibles en la web. En mi opinión son muy, muy pocas las que bailan en real comunión con la música, aun cuando se trate de tangos compuestos para ser bailados. Esto no es un cuestionamiento. De hecho hay cierta lógica en ello por cuanto su propósito no es el propio placer sino la demostración pública de figuras fantasiosas. Cuando bailan música de Ástor no sólo no veo tal comunión sino que me parece que lo hacen “contra” la música. O mejor dicho, que la música se les vuelve en contra. Esto es algo muy conocido por el cine. Las parejas de profesionales debieran tomar partido de esa experiencia.

     

    Les danseurs professionnels qui font de la scène, ne viennent généralement pas dans les milongas de Buenos Aires. Toutefois, je regarde avec beaucoup d’attention les vidéos disponibles sur le web. Et mon avis est que vraiment très peu de danseurs sont en réelle communion avec la musique, même dans quand on parle de tangos composés pour être dansés. C’est un fait indiscutable. Cela traduit de fait, que la logique n’est pas tant le plaisir de danser que celui de montrer des figures qui en jettent. Et quand ils dansent sur la musique de Astor Piazzolla, je ne vois pas cette communion, je vois même une performance qui irait à l’encontre de la musique. Ou pour le dire autrement, la musique se retourne contre eux. C’est un phénomène bien connu par le cinema. Les couples de danseurs professionnels devraient profiter de cette expérience.

     

    Tratar de imaginar cómo evolucionará la danza del tango es fascinante. Muy probablemente, en la búsqueda de adaptación al tango vivo, el contemporáneo, o, en particular, al de Piazzolla, los bailarines vayan distanciándose cada vez más y decaiga la importancia de la coordinación de los movimientos. En un video en este mismo espacio, puede observarse una inquietante posibilidad. En él, un señor que baila salsa tropical mirándose los pies, atropella a una señorita que trata de bailar tango. Afortunadamente, ella logra mantenerse a un metro de distancia. Como música de fondo, suena, incidentalmente, El Choclo. También es posible que el tango deje de ser un baile de abrazo. De hecho eso es lo que propone el Tango Electrónico, en tanto forma de Chill Out o de Lounge con un poquito de bandoneón acomplejado y sintético.

     

    Essayer d’imaginer comment va évoluer le tango dansé est fascinant. Il est fort probable qu’en cherchant à s’adapter au tango actuel ou dans notre cas au tango de Piazzolla, les danseurs vont s’éloigner inexorablement et oublier l’importance de la coordination des mouvements. Dans une vidéo, j’ai vu un homme dansant la salsa en regardant ses pieds, piétinant devant une danseuse qui essayait de danser le tango. Fort heureusement pour elle, elle se maintenait à un mètre de son partenaire. En musique de fond, on entendait El Choclo. Il est tout à fait possible que le Tango cesse d’être une danse de couple. C’est en fait ce que propose le Tango Electronique sous sa forme Chill Out Lounge dans laquelle on entend des morceaux de bandonéon au synthé.

     

    Yo, mi estimada Bernadette, seguiré arrastrando mis viejos pies de bailarín mediocre pero apasionado… y perdidamente piazzollero a la hora de escuchar.

    Saludos

     

    Quant à moi Bernadette, je vais continuer à traîner mes vieux pieds de danseur médiocre mais passionné dans les milongas … et continuer à écouter avec passion la musique de Piazzolla.

    Salutations à tous

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