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Gotan Project en concert à l’Olympia : un vrai délire !

Salle bourrée à craquer, y compris devant la scène où la direction de l’Olympia avait fait retirer tous les fauteuils d’orchestre (les gens étaient debout), public de jeunes et de moins jeunes on ne peut plus enthousiastes face à la rythmique omniprésente du groupe, applaudissements frénétiques et sifflements plein de fougue, c’était énoooorme !!! Gros succès : on se serait cru à un concert de rock des Rolling Stones.

Bon, j’exagère un peu. Mais l’enthousiasme des gens était réel. Très bon concert, affichant complet comme il se doit, et même excellent concert. Vu le battage médiatique par presse, télévision et radio, notamment France Inter, il aurait été dommage d’aller voir un concert miteux. On ne pouvait pas attendre quelque chose de mieux, venant de professionnels tel que le groupe Gotan Project.

Bref, pas de surprise, ni mauvaise, ni bonne, de la part de ce groupe de Tango électro, égal à lui-même et suprêmement connu dans le monde entier. Les CDs que l’on peut acheter sont en grande partie le reflet de ce qu’ils montrent sur scène, exception faite des images vidéo qui défilent derrière eux, dont on peut légitimement se demander ce qu’elles font là, en dehors des intervenants virtuels qui font réellement partie du concert. L’image des deux chanteurs de rap, pendant « Mi Confesion » (tiré de l’album « Lunatico »), a été particulièrement appréciée par le public.

Sept musiciens sur scène : Eduardo Makaroff à la guitare, Philippe Cohen-Solal et Christophe Müller aux synthétiseurs et claviers électroniques, la chanteuse Cristina Vilallonga, un pianiste, une violoniste qui jouait aussi de la trompette, un bandonéoniste.
Le répertoire joué hier soir était surtout pour faire connaître leur nouvel album : Gotan Project 3.0, mais ils ont aussi joué des titres de leur premier album « La Revancha del Tango » : « Epoca » en tout début de concert, « Queremoz Paz », « Santa Maria », « Una Musica Brutal »…

Gotan Project continue à rechercher, à explorer, à révolutionner, à revisiter, à dépoussiérer, à fusionner divers genres de musique, avec toujours un fond de Tango. C’est ce qui est dit et répété partout. Pour reprendre l’expression consacrée à Astor Piazzolla : tous les morceaux de Gotan Project, sauf exception, sont « tanguificated ». La différence d’avec Piazzolla est l’apport considérable et énergique des sons électroniques et des formules rythmiques qui prennent la toute première place, bien avant la mélodie. Comment alors, goûter les subtilités d’un bandonéon ou d’un violon ? Lors du concert, (et on peut même s’en rendre compte sur les CDs), il est tout à fait significatif de constater que le pianiste est très en retrait, idem pour la violoniste mais à un moindre degré. On peut même se demander pourquoi il y a un pianiste, puisque celui-ci joue c’est indéniable, mais on ne l’entend pas, ou à peine (uniquement comme instrument de percussion, ou lors des glissandos, ou lors des transitions ou des ponts musicaux entre deux phrases ou entre deux parties). On peut alors se demander quelle est la frustration de ce musicien sur scène, puisqu’il n’a pas la possibilité de s’exprimer réellement en premier plan sonore. Pas de solo, ou alors 1 fois mais en toute petite fin de morceau….

Les mélodies sont quelquefois totalement insignifiantes : « Tango Square » un blues très lent sans intérêt musical aucun (sauf pour la partie bandonéon qui cherche un peu à rattraper la sauce), « Mil millones » où la chanteuse en écho au rythme, ne peut pas faire grand-chose. Néanmoins des mélodies sont aussi quelquefois très intéressantes, telle que « Tu Misterio » en duo (Daniel Melingo serait-il le compositeur ?), ou « Desilusion » dans lesquelles les phrases musicales ne sont pas vraiment Tango….sauf la coda qui elle est bien Tango…. « Peligro » est intéressant musicalement car il fusionne la syncope caractéristique du Tango argentin, avec un rythme de Cumbia. « De Hombre a Hombre » avec ses claquements de doigts rappellerait plus une musique un peu rockabilly de film policier, et cette musique est captivante en définitive, par ses harmonies, les voix parlées. Si on écoute bien, le piano est derrière, très loin, trop loin….. « El Mensajero » comporte une partie à l’harmonica remarquable, sur un rythme de folklore argentin. « Panamericana » fait penser à un « road movie ».

Le premier album de Gotan Project comportait un titre : « Una Musica Brutal ». C’est exactement ça, par rapport aux vieux Tangos traditionnels. Ce n’est pas langoureux, comme quelquefois j’ai lu dans la presse, et pour moi, ce n’est pas la bande son idéale pour faire l’amour, comme semble le dire aussi dans la presse Philippe Cohen-Solal. Pour moi, la bande son idéale pour faire l’amour sur Gotan Project serait de laisser leur place au piano et au violon, ceux-ci joueraient une mélodie et un contre-chant qui me ferait frissonner et me donner la chair de poule, sur des formules rythmiques et des sons électro tels que Eduardo Makaroff, Philippe Cohen-Solal et Christophe Müller savent si bien les rechercher….

Gotan Project, quand même. Le concert fut bon, car conforme aux attentes. Même si pour ma part je ne suis pas entièrement convaincue….ni enthousiasmée vraiment, mais pas déçue non plus car certains titres me plaisent, heureusement !

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