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31.8.2010 par mephisto-tango.
En guise de conclusion voici quelques mots du Maire de Tarbes Monsieur Gérard Tremeges :
« Pendant une semaine toute la ville vit au rythme du Festival, et je suis très heureux de contribuer à la réussite d’un tel événement et de favoriser ainsi le rayonnement de ce formidable espace de créativité et d’apprentissage qu’est devenu au fil des ans « Tarbes en Tango ».
Mission accomplie ! Et à l’année prochaine….
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31.8.2010 par mephisto-tango.
Citons en dernier lieu le concept bien connu, mais néanmoins très sympa des apéros- Tangos au centre ville de Tarbes, devant les bars à 19h chaque jour. Douze apéros Tangos ont eu lieu dans les endroits suivants :
- Au Jardin Massey : Trio Entonces
- Aux Tables d’Antan :Duo El Aldoquin
- Au Roy d’Ys : Duo Vallejo-Henry
- Au Monocle : Duo El Aldoquin
- Au Rex Hotel : Duo Vallejo-Henry
- Au Celtic : Duo Trosman-Maguna
- Au Régent : Duo Mathilde Vitullo-Mariano Gil
- Aux Produits du Terroir : Duo Mathilde Vitullo-Mariano Gil
- A la Fontaine : Duo Trosman-Maguna
- Au Paris Roubaix : Duo Mathilde Vitullo-Mariano Gil
- A la Colonne : Duo El Aldoquin
- A l’Europe : Duo Mathilde Vitullo-Mariano Gil
Ce concept apporte aux bars concerné une bonne clientèle tanguero qui consomme boissons et tapas, voire même des plats complets. Les musiciens qui viennent jouer là sont tous remarquables, et font danser devant le bar, dans la rue, ceux qui consomment comme ceux qui ne consomment pas, mais qui regardent ou qui parlent entre eux. Comme il ne s’agit pas de centaines de personnes qui viennent danser aux apéros Tangos, mais plutôt d’une cinquantaine de personnes, il est plus facile de se voir, de se parler et de s’inviter.
Il en est de même pour la milonga de l’après midi sous la tente Place de la Mairie, sans musiciens mais avec de super DJs, les danseurs en moins grand nombre que par exemple dans la milonga du soir à la Halle Marcadieu, s’invitaient et discutaient plus volontiers. Le soir dans la Halle Marcadieu, chacun était noyé dans la foule, et personne en fait ne se voyait et se repérait. Le soir, La milonga était plus anonyme.
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31.8.2010 par mephisto-tango.
Marie-Anne Furlan, la très sympathique et souriante présentatrice des 5 films de ce Festival, nous a sélectionné cette année un très intéressant programme de films, entre documentaires et fictions. Rappelons que Marie-Anne Furlan est aussi la rédactrice de la rubrique : « on a vu, on a lu » dans la revue La Salida, et qu’elle est un amateur très éclairé du cinéma argentin en général. Merci à elle également d’avoir photocopié et distribué à tous les spectateurs des papiers de présentation des films.
Voici les 5 films que l’on a pu voir :
TANGO CEDRON : film documentaire touchant de Jean-Paul Roig, portant sur la vie et la carrière de Juan « Tata » Cedron, musicien, compositeur, chanteur, guitariste et directeur d’orchestre (Cuarteto Cedron, Orquesta Tipica).
Ce film de 2002 appelant à la nostalgie, parle d’un homme sincère et sensible, engagé politiquement, aidant toutes les « bonnes causes » : contre la guerre au Vietnam, concerts de solidarité, fêtes de l’huma 3 jours après le coup d’état au Chili… Mais dit-il dans ce documentaire : « plus jamais ! ». Avec Paco Ibanez, il parle et chante des morceaux d’Atahualpa Yupanqui qui a eu une grande influence sur lui… Il parle de la permanence du statut de musicien, face à la politique qui elle, change, fonction des événements et des gens qui la font. Pour ceux qui aiment la danse, indissociable de la musique et de la poésie, selon Juan Cedron à juste titre, nous voyons un couple danser dans ce film : Rolan Van Loor et Silvia Bidegain, sous l’œil critique de Juan Cedron. Quand Juan Cedron parle au téléphone avec une personne dont nous ignorons le nom, sur Astor Piazzolla, il est intéressant d’entendre Juan Cedron dire : « J’aime les Tangos de Piazzolla, mais je n’aime pas l’homme Piazzolla ». Fait-il ainsi référence au non engagement du génial maestro, face à la dictature militaire en Argentine ?
TANGO LA GENESIS : film documentaire du danseur et réalisateur Martin Borteiro en 2006, portant sur les origines du Tango.
Photographies, images d’archives inédites, interventions d’historiens, de musiciens et d’anthropologues racontent une histoire complexe et mystérieuse. On retrouvera bien sûr les racines africaines à travers le tambour des esclaves noirs arrivés dès 1778 dans le port négrier de Montevidéo, le Tango étant un mot africain. En 1860, on pouvait voir et entendre le candombé des noirs. Ce n’est que vers 1870 que la danse de couple a fait son apparition, et on s’aperçoit alors qu’entre 1778 et 1870, le chemin a été long pour que, à partir des tambours des esclaves africains, on arrive à ce que les historiens appellent la préhistoire du Tango, bien avant encore le melting pot culturel et l’immigration massive des Européens, notamment des Italiens venus de Naples.
On ne peut que conseiller à tous ceux que le Tango intéresse, de chercher à voir ce documentaire. On ne peut tout raconter ici, mais ce film d’une heure est infiniment riche de détails, d’anecdotes et d’histoires.
LO QUE ME CONTO ABUELITO (ce que grand-père m’a raconté): documentaire français d’Agnès Lanusse et Dominique Gautier en 2009 portant sur l’émigration béarnaise (et dans une moindre mesure basque) en Argentine au 19ème siècle et début du 20ème.
Ce documentaire porte sur les témoignages des petits-enfants et arrières petits-enfants des émigrés béarnais et basques, quelquefois devenus des membres de grandes familles très riches. Témoignages au combien émouvants et forts de tous ces descendants qui ont gardé en eux quasi « génétiquement » leurs racines béarnaises ou basques, tout en étant fiers d’être Argentins. Tout le monde parle, riches et pauvres, de la douleur, du désespoir, du déracinement, du déchirement sans espoir de retour. Tout le monde parle de la misère, de la solitude, du travail de la terre, des sacrifices et de la difficulté à vivre. La vie était très dure pour ces émigrants, et les enfants et petits-enfants ont hérité de la rudesse de leurs parents.
Voici quelques réflexions de Marie-Anne Furlan concernant ce film : « j’ai été séduite par l’authenticité du sujet, la force des images et des témoignages, il y a des moments forts sur le plan émotionnel que je ne dévoilerai pas. Il n’y a aucun temps morts, on ne s’ennuie pas une seconde malgré l’alternance des images d’aujourd’hui et des photos d’autrefois, des paysages argentins et des paysages béarnais. Le montage est fluide, naturel, faisant un bon dosage entre archives et scènes vivantes. Les interventions de l’écrivain Alberto Saramone, de l’historien argentin Hernan Otero, et le témoignage d’Archibaldo Lanus ancien ambassadeur d’Argentine à Paris, apportent à l’ensemble une dimension sociologique et historique ».
ELSA Y FRED : film fiction espagno-argentin de Marcos Carnevale en 2006, avec la bouleversante China Zorilla (Elsa) et Manuel Alexandre (Fred)
Film extrêmement émouvant où on y va allégrement de sa larme, qui raconte l’amour entre deux personnes que l’on qualifierait de 4ème âge, un monsieur de 77 ans et une dame de 82… Entre un vieux monsieur qui vient de perdre sa femme et une vieille dame qui sait qu’elle va bientôt mourir et qui voudrait avant, tomber amoureuse et redevenir adolescente et fofolle….Elle se charge de conquérir et séduire cet homme qui s’enferme dans sa solitude chez lui, entre une fille autoritaire et un gendre qui ne s’intéresse qu’à l’argent. Elle, restée immature et quelque peu inconsciente (à cause de cela, elle a un fils qui la surveille sans arrêt : c’est la police, dit-elle), réussit à charmer le vieux monsieur par une joie de vivre extraordinaire, avec des scènes très cocasses où elle se montre carrément cinglée et où il est complètement bluffé par elle ! D’où des scènes de fou-rire après qu’ils aient failli se retrouver en prison ! Cette histoire est un rêve, car cette dame rêve d’aller à Rome et de se plonger dans la fontaine de Trévi comme Anita Ekberg dans la « Dolce Vita » de Fellini, avant de mourir. Et le plus beau c’est que ce vieux monsieur à la fin, réunit toutes ses économies et sans rien dire à personne, s’en va avec sa belle à Rome, et l’emmène enfin à la fontaine de Trevi.
Raconté comme ça, vous allez dire : « c’est trop beau pour être vrai ». Vraiment ?
Je reprendrai simplement les notes du réalisateur : « Il n’est jamais trop tard pour vivre, il n’est jamais trop tard pour rêver, à condition de se sentir vivant, de se rendre compte que les idées et les désirs ne vieillissent pas avec le temps. La vieillesse est un état biologique qui s’imprime dans le corps, pas dans l’âme. Picasso l’a dit et il avait bien raison : cela prend du temps de devenir jeune… »
A méditer, non ?
EL SECRETO DE SUS OJOS (dans ses yeux) : film fiction de Juan Jose Campanella, sorti en mai 2010, Argentine-Espagne 2009. Avec Ricardo Darin, Soledad Villamil, Pablo Rago, Javier Godino et Guillermo Francella.
Ce film a récolté une moisson de prix au niveau international, y compris le prix du meilleur film étranger aux Oscars 2010.
Enquête criminelle portant sur plus de 25 ans. Viol et meurtre d’une jeune femme. Affaire classée par les autorités d’une politique criminelle et corrompue. Le flic, que cette affaire obsède au-delà de la raison même, s’engage à résoudre cette affaire et à l’écrire, 25 ans après. Au-delà d’une histoire d’amour non aboutie et qui resurgit à cette occasion, le flic réussit à savoir la vérité. La chute et la fin du film est inimaginable.
Ce film est un chef d’œuvre du cinéma argentin. A conseiller +++++++ !
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31.8.2010 par mephisto-tango.
Dans la petite chapelle de l’Institution Jeanne d’Arc, le dernier jour du festival, tous les élèves en musique et en chant ont donné une représentation de leur travail, une sorte de gala d’après midi, avec l’aide de leurs professeurs. Roger Helou, pianiste et arrangeur de l’orchestre Silencio, assurait brillamment la présentation de toutes les œuvres jouées par les stagiaires.
C’est ainsi que tous les élèves ont formé un grand orchestre d’une vingtaine de musiciens et que, sous la direction de leurs professeurs qui jouaient également avec eux, l’assemblée nombreuse et enthousiaste à encourager les jeunes talents, a pu entendre des Tangos, valses et milongas très bien interprétés. L’orchestre sonnait bien. Ce fut digne de vrais professionnels et personnellement, j’en suis restée surprise et impressionnée.
Parmi les musiciens stagiaires accompagnés de leurs profs (environ 10 violons, 6 bandonéons, 1 contrebasse, 1 piano…) il faut citer 2 petites violonistes d’environ 10 ans ! Les 4 stagiaires pianistes se sont relayés au piano pour jouer. Hommage a été rendu aussi à Alfredo Marcucci décédé il y a très peu de temps, et qui a, dès les débuts du Festival de Tarbes, assuré l’enseignement des élèves musiciens. Le violoniste et compositeur Ramiro Gallo (il était professeur pendant toute cette semaine) a joué avec les élèves une de ses œuvres : « Don Alfredo » qui s’adressait originellement à Alfredo Gobbi… Des compositions de Gabriel Vallejo (il était là aussi), chacarera et milonga, ont été jouées par les élèves, ainsi qu’un arrangement d’Horacio Salgan de « Gallo Ciego ». Il serait trop long de tout citer. N’oublions pas toutefois la classe de chant, avec 9 stagiaires chanteurs et chanteuses dont le professeur n’a été rien de moins que Silvia Lallana et qui a chanté elle-même, sans micro, avec les élèves musiciens. Les élèves chanteurs et chanteuses n’ont pas été servis par la chance, car leur voix a été couverte par la puissance de l’orchestre. Le fait de forcer sur la voix pour essayer de couvrir l’orchestre n’a pas arrangé les choses, loin de là.
Souhaitons pour l’année prochaine que la salle de concert du conservatoire de musique soit ouverte (et non plus en travaux) pour pouvoir être davantage encore dans des conditions idéales d’écoute. Néanmoins, ce fut cette année une réussite.
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