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Archive pour août 2010

Festival de Tango argentin de Tarbes 2010 : conférence du payador Wilson Saliwonczyk au pub « le Celtic »

Le « payador », que l’on pourrait traduire par « troubadour » est un poète, chanteur, improvisateur, et compositeur. Ce soir-là, Wilson Saliwonczyk a chanté, accompagné par sa guitare des extraits d’une œuvre argentine très connue : « El gaucho Martin Fierro », écrit en 1872 par José Hernandez. Il s’agit d’une épopée, celle d’un gaucho de la pampa prit dans les affres des guerres, des crises, du génocide indien, et il raconte tout ce qui fait l’Histoire de l’Argentine, l’Histoire de l’état argentin qui se forme et s’organise. Il raconte l’exploitation des ouvriers agricoles en Patagonie, il raconte l’esclavagisme, il raconte les famines… Cette épopée chantée, très poétique, prend forme au travers des milongas campera bien rythmées, qui sont les précurseurs de la milonga sub-urbaine, elle-même menant à la milonga telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Wilson Saliwonczyk a aussi entretenu la tradition des payadores, qui est celle de l’improvisation poétique, sorte de joute verbale à partir de mots ou de phrases sans rapport apparent entre eux, lancés par le public venu l’écouter. A partir de 10 mots ou phrases donnés au hasard par l’assistance, il a, avec humour et désinvolture, créé et chanté instantanément son propre poème, en strophe de 10 vers comportant tous les mots et phrases cités. Cet exploit car c’en est un, nécessite un entrainement intensif et une présence d’esprit extraordinaire pour retenir tous les mots, les organiser en strophe et en vers, rendre les propos cohérents, les mettre en musique et les chanter quasi immédiatement accompagné à la guitare. C’était très impressionnant et le public nombreux dans ce petit pub, ne s’y est pas trompé.

Cette expérience d’inviter un payador aussi doué a été une excellente idée, novatrice, tout en plongeant l’auditoire dans la culture argentine d’il y a plus d’un siècle. Il serait trop long ici de raconter tout ce que Wilson Saliwonczyk a dit, et chanté, concernant l’Histoire de l’Argentine et des peuples qui ont colonisés les terres. S’il est mieux de parler Espagnol pour comprendre dans les détails tous les poèmes et les traits d’humour du payador quand il s’adresse au public, réalisant avec lui des mini-dialogues, on pourrait dire aussi que la musique et la voix elle-même peuvent motiver. Si Solange Bazely était présente pour traduire les dialogues avec le public et les explications du payador sur les poèmes, elle ne pouvait évidement pas traduire les poèmes chantés au moment où il les chantait. Une idée pourrait être de donner au public présent une traduction écrite des poèmes qui seraient ensuite chantés par le payador, tout en sachant que pour l’improvisation en direct, c’est impossible.

Il n’empêche, ce fut génial.

Festival de Tango argentin de Tarbes 2010 : concert du Gabriel Vallejo Quartet au Pari (théâtre)

www.gabriel.vallejo.online.fr

Musiciens :
- Gabriel Vallejo (piano)
- Jean-Baptiste Henry (bandonéon)
- Rocco Sedano (percussions)
- Flavio Perrella (contrebasse)

Succès très important et mérité pour ce concert au théâtre « Le Pari ». Ce n’était pourtant pas si évident, certains s’attendaient à entendre un concert de Tango traditionnel. Mais c’est mal connaitre Gabriel Vallejo et Jean-Baptiste Henry qui ont donné à entendre leurs propres compositions. Investigations musicales reliant diverses influences : le Tango bien sûr mais fusionné avec le jazz, le candombé, la chacarera, le forro brésilien, la milonga, et une œuvre inspirée par la musique d’Igor Stravinsky (Don Milongvinsky) ! L’ouverture à toutes ces influences a donné des sons originaux et des émotions allant de la surprise à l’enthousiasme. Gabriel Vallejo a démarré le concert avec une de ses compositions, en jouant seul au piano sa musique mêlée aux chants et aux imprécations d’un chaman d’Amérique du Sud (chants enregistrés). C’était très étrange et déconcertant à la fois. De la recherche pure ! Ensuite ce fut les quatre musiciens ensemble, avec les influences dont j’ai parlé auparavant.

Le succès de ce concert tendrait à prouver que le public allie curiosité et ouverture d’esprit. Rassurant pour ces musiciens compositeurs….

Festival de Tango argentin de Tarbes 2010 : milongas d’après-midi au Jardin Massey

Ce fut toujours aussi agréable d’être au Jardin Massey sous les arbres, à l’abri de la trop grosse chaleur, pour danser. Les organisateurs avaient installé un parquet, une scène et une sono juste à côté de la buvette, des tables et des chaises (malheureusement en nombre insuffisant vu l’affluence, non seulement des danseurs, environ 150, mais aussi des simples spectateurs) autour du parquet. Les serveuses de la buvette (avec, en vente, des assiettes de tapas : excellents) étaient quelque peu débordées.

Cette année, nous avons pu bénéficier deux jours de suite de la milonga au Jardin Massey (lundi et mardi). L’année dernière, juste 1 jour ! Et si l’année prochaine c’était tous les jours à 16h au Jardin Massey, en plus de la milonga Place de la Mairie ? Suggestion….

Le trio Entonces avec Philippe au violon, Chloé au piano, et Lucas à la contrebasse est revenu jouer sur la scène pour faire danser les gens, et ils ont été bien appréciés. Les 2 DJs Claude de Tangueando Ibos et Joaquin de Saragoza ont été très appréciés également.

Festival de Tango argentin de Tarbes 2010 : généralités

Du 16 au 21 août 2010, le 13ème festival de Tango argentin dans la bonne ville de Tarbes a eu lieu. Comparativement à l’année dernière, pour ne citer que ce seul exemple, ce festival a réuni davantage de participants, et la qualité globalement a augmenté. L’Office de tourisme de Tarbes et l’association Tangueando Ibos ont une fois encore fait des merveilles. Ce festival avec le temps est devenu une valeur sure, et il est maintenant le plus grand festival de France. Paris est battu depuis pas mal de temps hélas, à tel point que l’on peut se demander si Tarbes ne remplace pas Paris comme capitale, et comme « maîtresse » de Buenos-Aires ! Relativisons cependant, Tarbes n’offre pas (encore) toutes les milongas quotidiennes et tous les cours qu’a Paris toute l’année. Comment pourrait-on ne pas rêver à ce que ferait Paris si la ville (et Monsieur Bertrand Delanoé) voulait créer son propre festival de Tango argentin ? Paris ne pourrait pas rivaliser avec ce que fait Buenos-Aires tous les ans au mois d’août, mais ce serait quand même grandiose…

Voyons quelques chiffres donnés par l’Office de tourisme de Tarbes et par Tangueando Ibos :
- 10 000 personnes, toutes activités confondues pendant toute la durée du festival
- 1 300 stagiaires en danse et en musique
- 1 600 personnes, en moyenne pour chaque milonga le soir, avec un record du nombre de personnes pour les milongas du vendredi et du samedi (surtout samedi : environ 2 000 personnes)
- 2 300 cours vendus (danse et musique)

C’est dire l’importance de cette manifestation, en y incluant l’infrastructure de la ville de Tarbes en hôtels, restaurants et bars.
Si l’on regarde du côté des artistes, ce festival a réuni :
- 28 danseurs et danseuses professionnels
- 50 musiciens professionnels dont 1 payador (poète, chanteur, musicien, conteur, improvisateur)
- 3 peintres ayant exposé leurs œuvres
- 10 DJs

On peut légitimement se demander jusqu’où iront les organisateurs s’ils continuent sur cette lancée d’expansion de ce festival : risque d’être débordés, risque d’explosion au cas où le succès dépasse les prévisions ? La halle Marcadieu malgré son énorme capacité n’est pas extensible, le nombre de chaises et de gradins non plus… Mais nous en reparlerons sur ce blog, au moment voulu dans ce festival.
En regardant le nombre d’activités proposés dans ce festival sur 7 jours :
- 18 milongas (halle Marcadieu, Place de la Mairie, Jardin Massey, bars/pubs)
- 12 apéros-tangos en ville
- 5 séances de cinéma au Mega CGR
- 2 concerts (Gabriel Vallejo Quartet, Silvia Lallana)
- 1 conférence (le payador Wilson Saliwonczyk)
- 3 spectacles Tango
- 1 despedida le dimanche (repas dansant)

A part cela, un très grand bravo aux concepteurs très professionnels de la brochure du festival (distribuée à tous les participants et tout le public de façon générale), très jolie, pratique et bien faite. Très claire, très explicite, pas d’erreur de compréhension de la part des lecteurs. De même pour les dépliants donnés avant concerts et spectacles, détaillants les parcours et les volontés des artistes.

Le reportage écrit de toutes ces manifestations sera important, en termes de quantité. Rendez-vous est donné aux internautes sur ce blog au fur et à mesure de la mise en ligne des articles s’y rapportant.