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Spectacle « Otango » au Casino de Paris Novembre 2010

Posté par mephisto-tango le 15.11.2010 @ 20:36 Dans Les coups de coeur | Aucun commentaire

Etant enchantée de ce spectacle vu l’année dernière au même endroit (revoir sur ce même blog ce que j’en disais en novembre 2009), je me suis payée le luxe suprême d’y retourner. J’avais lu quelque part qu’une de mes danseuses préférées : Lucila Cionci devait y être, et ceci a été pour moi une motivation supplémentaire.

En toute logique, puisque ce spectacle porte le même nom, on devait retrouver le fil conducteur, y compris les décors, les costumes, les éclairages. Mais…..ce spectacle a changé sensiblement. J’y ai beaucoup regretté l’absence d’Adrian Veredice et Alejandra Hobert qui était les danseurs principaux, mais surtout qui avaient une présence indéniable pour exprimer sans aucun doute possible dans leur danse la trahison, la jalousie, le meurtre, le remord et la folie.

Là, rien. On n’a rien vu, à part le meurtre. La jalousie un peu, le remord, à peine ; la folie rien. Et pourtant, le programme que j’ai aussi acheté cette année, reproduit bien, mot pour mot, le programme de l’année dernière : c’est exactement le même fil conducteur, la même histoire. Les mêmes photos (Adrian Veredice et Alejandra Hobert y sont encore, en page de couverture et à l’intérieur, sans être cités….Hum….) y sont reproduites. Sauf pour le casting des danseurs qui ont changé, et pour les musiciens qui ont aussi changé. Il est incontestable que les organisateurs n’ont pas voulu recommencer un nouveau programme et des nouvelles photos, pour des raisons d’économie.

Les chorégraphies ont changé en partie ou en totalité (même si toutes les œuvres jouées sont les mêmes), en raison des changements de danseurs et/ou danseuses. Paula Rubin danse maintenant avec Pablo Alvarez au lieu de Mariano Galeano ; Sabrina Masso danse avec Daniel Escobar au lieu de Fernando Gracia. Par contre nous retrouvons bien Claudio Gonzalez et Melina Brufman, toujours aussi brillants, dynamiques et spectaculaires, ils portent en grande partie la qualité du spectacle. Autre couple qui n’a pas changé : Christian Marquez et Virginia Gomez dont la milonga « Milonga de Mis Amores » est toujours au top.

Rodrigo « Joe » Corbata est l’heureux partenaire de Lucila Cionci. Lucila est de loin, la danseuse la plus charismatique, la plus expressive, la plus vivante, la plus chaleureuse de la troupe, et c’est elle qui remplace Alejandra Hobert pour ce rôle de danseuse principale. Elle remplit sa mission de la façon la plus fantastique qui soit, elle n’est nulle part en retrait par rapport à Alejandra Hobert. Par contre Rodrigo « Joe »Corbata n’est pas Adrian Veredice….

Le chanteur Jose Luis Baretto est plus un chanteur lyrique qu’un chanteur de Tango. Il lui manque les intonations, les accentuations des syllabes et le swing propre au Tango, chez lui tout est « classique » dans son interprétation des Tangos. Ceci dit, il a une très belle voix, profonde. La chanteuse Sandra Rumolino que je n’avais pas vue chanter depuis des années m’a fait une forte impression. Sa voix a pris beaucoup de maturité, sa voix s’est aggravée, et elle a trouvé maintenant une expression artistique plus sûre. Le timbre de sa voix aussi s’est ouvert aux nuances, plus aucune monotonie maintenant.
Les musiciens du « Quinteto Cincotango » sont excellents. Par rapport à l’année dernière, le pianiste et le contrebassiste ont changé. Citons les pour cette année :
- Adrian Enriquez : piano
- Ramiro Boero : bandonéon
- Humberto Ridolfi : violon
- Olivier Tilkin : direction et violon
- Martin Keledjian : contrebasse

Personnellement, leur interprétation, très arrangée, d’Adios Nonino d’Astor Piazzolla, a été une des meilleures interprétations que j’ai pu entendre depuis des années et des années que j’écoute cette musique.

Certes je n’ai pas regretté de voir ce spectacle car il reste de grande qualité et il est à conseiller. C’est un Tango de scène mais c’est du Tango quand même.

Mais, car il y a un mais, je regrette le côté dramatique que l’on n’a pas perçu cette année, alors que l’année dernière c’était très perceptible, grâce en majeure partie à Adrian Veredice et Alejandra Hobert qui avait su projeter sur scène le drame dans toute son horreur, avec le pourquoi, le comment, et les effets nocifs qui suivent.


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