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28.3.2011 par mephisto-tango.
Delphine Blanco commence à être bien connue maintenant à Paris en tant que danseuse de Tango professionnelle, et il serait peut-être temps de faire un point sur son évolution artistique, au bout d’une dizaine d’années de danse. Rappelons qu’elle a été la partenaire de Thierry le Coq et j’imagine facilement que ce fut difficile, mais avec lui, malgré la différence de taille, il lui a permis d’exercer la vélocité de ces jambes et la précision de la pose des pieds au sol. Ceci est acquis et bien acquis. Elle a voulu ensuite avoir un répertoire plus moderne, que l’on dit être « Nuevo », et elle a eu (elle a encore ?) comme partenaire Matthias Morin qui lui correspond bien.
Hier soir c’est Ozgür Karahan qui l’a bien mise en valeur, et on a pu voir qu’avec les années les jambes de Delphine se libèrent de plus en plus, que la technique apprise est bien digérée, et qu’elle commence à aller au-delà de la technique pure et dure pour trouver quelque chose de plus personnel et donc de plus intéressant. En ce moment elle cherche, et trouve son style propre, à force de travail et de volonté.
Ozgür Karahan est un excellent danseur de bal, prof à Paris, élève de Pablo Tegli à Toulouse (et même à Paris où nous avons l’honneur de recevoir Ozgür à Mephisto Tango quand Pablo vient), et de la façon la plus sympathique qui soit, il a voulu, en toute humilité, mettre Delphine en valeur, alors qu’ils n’ont pas (je crois) l’habitude de danser ensemble.
Au niveau de la musique, ils ont dansé un Tango, une valse et un Tango alternatif quelque chose comme une fusion de musique turque et de musique yougoslave de Goran Bregovic. Dommage que dans les milongas, on n’entende pas plus souvent ce genre de musique.
En conclusion on ne peut que souhaiter une bonne continuation à ce couple, que Delphine ait encore plus de personnalité en mettant l’accent sur plus de « rondeur » dans sa danse, plus de sensualité, plus de chaleur. Et là, elle aura gagné.
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28.3.2011 par mephisto-tango.
On ne présente plus Sigrid Van Tilbeurgh. Elle est depuis plusieurs années déjà l’une des toutes meilleures danseuses de Tango professionnelle au monde. Elle est tellement présente, tellement pleine de grâce et de délicatesse que l’on oublie le partenaire masculin, hélas pour lui, alors que lui aussi mérite des éloges. Daniel Carlsson se met à la disposition de Sigrid, alors que lui aussi a des choses à dire dans son Tango. Signe révélateur d’un décalage certain, si Sigrid était impeccablement habillée d’une robe noire Tango de toute beauté, lui était vêtu d’un jean élimé aux genoux, d’un tee shirt ou d’une chemise qui n’avait rien de bien reluisant pour une démonstration en public. Etait-ce pour exprimer ainsi qu’il venait spécialement pour elle, et non pour lui ? Et que l’on ne devait regarder qu’elle ? Dommage car pourtant il est aussi un remarquable danseur très félin, qui me fait penser par bien des aspects à un Pablo Tegli très calme !
Bref, il n’empêche que Sigrid est une danseuse magnifique, avec des possibilités incroyables dans les jambes, et elle s’en sert avec beaucoup de liberté, de « naturalité », de volupté, de sensualité et de richesse artistique et esthétique. Ses boleos par exemple, sont exceptionnels de qualité. Ils ont dansé 5 morceaux, dont le fameux « Ne me quitte pas » de Jacques Brel, chorégraphié de la manière la plus séduisante possible, un morceau purement rythmique, décidé par le DJ Lena (que je ne connaissais pas mais dont la programmation m’a bien plu), et trois Tangos.
Encore un très bon moment que l’équipe du Colectivo (René Bui, Florencia Garcia, Sara, et Eloixa…) nous ont fait partager et que l’on peut remercier chaleureusement pour s’être occupé de cette movida de 4 jours.
Voici quelques liens pour Sigrid et Daniel :
Superbe !
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26.3.2011 par mephisto-tango.
Dans le cadre du Festival du Colectivo Tango cette semaine, l’idée a été plus qu’excellente de collaborer avec la production de ce spectacle en tournée européenne.
« El Sonido de las Caricias » (le son des caresses) est un spectacle exceptionnel par l’innovation qu’il apporte, par la profondeur de la réalité, sur un mode humoristique, des choses exprimées, soit par la parole (avec traduction en sous titres), soit par la danse et l’expression corporelle.
La présentation de ce spectacle indiquait : « six personnages cohabitent dans un univers entre fantaisie et réalité dans un salon de danse, où l’humour et la tristesse se mêlent à la nuit. Cette pièce est le résultat d’une longue recherche sur les possibilités expressives du Tango et de sa fusion avec le théâtre, la danse, et le clown ».
Et le résultat fut au-delà de toute espérance, absolument hors norme, mais tellement original, digne d’intérêt, et tellement vrai.
Sans dévoiler totalement toutes les richesses exprimées dans ce spectacle, les 6 personnages se croisent dans ce salon de danse et expriment leur mal de vivre, leurs angoisses, leurs attentes, à travers la danse Tango et tout ce qui en découle en bon comme en mauvais, à travers leur monologue (le comédien argentin Diego Maurino, abominablement gominé, poivrot, désespéré, était à la fois mime, clown, chanteur populaire et il m’a particulièrement impressionnée). Les deux remarquables couples de danseurs Gonzalo Orihuela et Solange Chapperon d’une part, et Rodrigo Fuentes et Eladia Cordoba se sont montrés des danseurs plus Nuevo que Nuevo (c’est dire que ça a encore évolué) en chorégraphies magnifiques et très pointues, où on retrouve une intense sensualité bien sûr, mais une sexualité aussi, qui est montrée de manière soft mais néanmoins explicite.
Les relations entre les êtres humains, les sentiments sont racontés, et chaque histoire fait l’objet d’une petite scène. Par exemple, la femme en blanc que personne n’invite malgré un désir énorme de sa part (Malena Medici très expressive dans son désespoir), et qui se raccroche à une obsession de ramasser des fleurs sur le sol. La scène où elle est assise, en hauteur, entre un homme et une femme assis sur des chaises en contrebas, est d’une extrême tristesse. L’homme se lève, en direction de la femme assise à son niveau, mais pour inviter cette femme, il doit passer à la hauteur du visage et de la bouche de la femme en blanc au centre qui croit alors que c’est pour l’inviter elle. Quand l’homme se détourne du visage et de la bouche à sa portée pour enlacer la femme qu’il veut, le drame peut se lire sur le visage de la femme en blanc.
Une chorégraphie fantastique des deux danseuses très séductrices, à l’aide de deux chaises, chorégraphie dynamique, énergique, avec puissance expressive dans le corps entier, en symétrie impeccable a été très appréciée, et quand les deux danseuses se sont portées ensuite sur le bord de la scène, debout, l’une d’elle a fait le geste de ne pas laisser passer sa partenaire devant elle, semblant dire : « moi d’abord ».
Dans ce spectacle, le jeu du passage des mains dans les cheveux lors des chorégraphies a été omniprésent, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, ce qui donnait quelque chose d’infiniment « sexy », surtout lors de la séquence que j’appellerai du « ventilateur » où Rodrigo Fuentes, aux cheveux très longs faisait état de sa morphologie (à peine rassurez-vous), et avec un large sourire, cherchait à séduire le public entier.
J’ai appris aussi dans ce spectacle que les hommes devaient se méfier des femmes trop « pomponnées », que les Argentines surtout sont des prédateurs au féminin, et que « presencia es todo » !
Au niveau musique, à part deux œuvres de Piazzolla, j’ai pu relever des musiques rythmiques actuelles et bien sûr quelques Tangos traditionnels, mais peu.
Citons le génial auteur de ce spectacle, imaginatif, et ayant assuré la direction : David Gonzalo Orihuela.
Si pour ma part je devais revoir ce spectacle, je n’hésiterais pas une seconde. Je cours.
Voici des liens pour la présentation de ce spectacle :
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22.3.2011 par mephisto-tango.
Akira Natchi, comme l’année dernière, a fait très fort en invitant le Cuarteto Alejandro Ziegler dans le cadre de sa milonga rue des Petites Ecuries. Encore une fois, la qualité des musiciens en tournée mondiale, ne fait qu’augmenter, année après année. Remarquable et formidable quartet, très au point, sonorité ample et accentuations fermes, dans un répertoire Pugliese, Piazzolla, entre autres….
Voici un exemple de leur énorme talent : « Danzarin » composé par Julian Plaza en 1958 :
et « Adios Nonino » composé par Astor Piazzolla en 1960 :
et « Organito de la Tarde » (composé par Catulo Castillo en 1924) dont le son ici est un peu éloigné, mais dont l’interprétation est remarquable :
Chez moi il y a un signe qui ne trompe pas, quand je vais écouter la musique, plutôt que de danser…
Citons bien sûr les musiciens (argentins):
- Astro ROCCO au violon
- Matias RUBINO au bandonéon
- Lautaro GUIDA à la contrebasse
- Alejandro ZIEGLER (qui n’a rien à voir avec Pablo Ziegler, pianiste du Troesma Astor Piazzolla) au piano.
Un régal, vraiment…..
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16.3.2011 par mephisto-tango.
La milonga parisienne bien connue de l’Ermitage, organisée par Jorge Rodriguez, a fait appel ce dimanche au Trio Nada Mas. Très convaincant ce remarquable trio avec d’excellents musiciens : Diego Aubia (Argentin) au piano, la très talentueuse et belle Marisa Mercadé (Argentine) au bandonéon, et le non moins talentueux Nicolas Peyrat (Français) à l’alto.
Et comme rien ne vaut les vidéos pour pouvoir apprécier vraiment :
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16.3.2011 par mephisto-tango.
La nouvelle milonga « Abarco Tango » a été annoncée : ambiance cabaret dans un superbe cadre. Spectacle – Repas argentin – Milonga de 20h00 à 01h00. La milonga commençant effectivement à 21h00. Adresse : 67 rue Rochechouart Paris 9ème , métro : Anvers, Poissonnière, Rochechouart.
L’inauguration a été pleine de promesses, si on en juge par le nombre élevé des milongueros et des spectateurs présents ce jour-là. L’organisateur est Thomas Poucet.
Quelques mots sur l’endroit : après avoir passé la porte cochère du 67 rue Rochechouart, on arrive dans une jolie cour, et au fond de la cour à droite, une autre porte qui s’ouvre sur le « superbe cadre ». C’est vrai, c’est beau. Mais je dirais plutôt : ce sera beau, quand il y aura des décorations et quand cet endroit sera aménagé pour la danse. Tout
est neuf : on sent encore l’odeur de la peinture en entrant. Rassurez-vous : rien de bien dramatique, c’est très supportable et on s’y habitue très rapidement. La salle s’ouvre sur une entrée très claire comportant un bar. Ensuite un petit couloir où on peut entreposer tant bien que mal ses affaires. Enfin la salle de bal proprement dite, avec tables, chaises, fauteuils et canapé. Pourquoi pas ? Pas très grande cette salle, mais à Paris, c’est la dimension habituelle. Le parquet, en bois brut, non traité pour la danse, colle aux chaussures. Il est évident qu’il ne peut rester dans cet état.
Si je n’ai pas testé le repas argentin (mille pardons), j’ai vu le spectacle d’ouverture de la milonga (3 couples de danseurs, et 1 bandonéoniste chanteur). Citons-les, et j’espère ne pas faire d’erreur :
René Bui et Florencia Garcia ; Joaquin Farina et Fatma Oussaifi ; Thomas Poucet et Josefina Stelliato pour les couples de danseurs, et Christophe Delerce pour le bandonéoniste.
La milonga avec comme DJ Francisco Leiva (après avoir poussé les tables et les chaises pour avoir plus de place) a été « classique », et personnellement je regretterais un peu, considérant le nombre important de jeunes dans cette milonga, qu’il n’y ait pas eu de musique Tango plus actuelle (fusion ou électro), sans exagération bien sûr.
L’entrée était de 10 € (sans le repas, et sans boisson incluse). Admettons ce prix, avec le spectacle. Mais pourquoi demander une adhésion, obligatoire, à l’association de 3 €, en plus du prix d’entrée ? C’est une maladresse qui peut rebuter, surtout dans le cadre d’une
inauguration.
On ne peut malgré cela que souhaiter longue vie à cette nouvelle milonga, et, avec le temps, tout se réglera au mieux des possibilités de l’endroit et des disponibilités des organisateurs.
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8.3.2011 par mephisto-tango.
Quatrième fois que je vais voir Daniel Melingo en concert (Buenos-Aires, Paris, Tarbes et Velizy) et je ne m’en lasse pas. La voix de plus en plus cassée, la silhouette de plus en plus mince et le visage émacié, cet homme qui vient du rock après avoir appris la musique classique au conservatoire, est un fou de génie. Il est un aventurier du Tango à la fois tendre, compatissant, furieux, et délirant. Un être marginal, composant ses Tangos et Milongas avec des textes intimement liés au lunfardo, insolent, irrévérencieux. Sur scène tout est impeccable, ses musiciens connaissent ses délires et tout devient naturel et sans effort. Jouant de la clarinette, jouant avec son micro, comme un pantin longiligne dans son manteau noir et son chapeau sans arrêt en mouvement, Daniel Melingo nous apporte de la joie, sa folie nous transcende dans ses excès, et nous entrons en lui et en sa demeure maudite.
Ses musiciens :
- Diego Trosman : guitare acoustique
- Manuel Cedron : bandonéon
- Rodrigo Guerra : guitare électrique, bouzouki, scie musicale
- Romain Lecuyer : contrebasse
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3.3.2011 par mephisto-tango.
Voici ce qu’écrit Christian Arnaud, débutant passionné de Tango argentin, à partir de citations trouvées par lui sur le net, citations qui l’inspirent et dont il s’imprègne, de par la philosophie qu’elles recèlent.
LE TANGO ARGENTIN LA MILONGA
Textes choisis Par Christian ARNAUD
Le tango argentin et la milonga : deux danses qui par leurs musiques envoûtantes vous prennent aux tripes. Les âmes les plus sensibles se voient emplies d’un plaisir et d’un bonheur incommensurables.
Vos yeux s’illuminent d’amour, votre regard avale l’autre, le magnifie, tous vos traits se tendent vers l’autre. Vous irradiez de bonheur et de désir.
Vos yeux montrent à la partenaire la passion que vous lui témoignez.
L’Abrazo, cette communion des deux corps, en s’unissant dans les mêmes figures, les mêmes arabesques, crée un seul être dansant. Vos deux têtes se rejoignent pour fusionner. Vos poitrines vibrent ensemble. Vous êtes dans un seul et même corps à deux.
Les figures et les mouvements s’assemblent, souvent se symétrisent, dans une même direction, vers un même objectif : le plaisir des sens.
On ressent l’autre comme soit même.
L’assemblage du bandonéon et du violon qui irradie l’âme des danseurs, leur procure un plaisir extrême. Cette musique si dense vous parle au cœur.
Tout votre être frissonne à l’intérieur. Vous ressentez une plénitude des sens, un calme du cœur et de l’esprit.
Vous mettez en valeur l’être que vous désirez, vous l’accompagnez dans son cœur.
C’est subliminal de sentir l’autre à votre écoute et de le guider vers l’au-delà pour quelques instants privilégiés.
Il est rare de voir les couples de très grands danseurs de tango argentin transmettre leurs sentiments, car ils sont tellement pris par la technique et le désir de bien faire qu’ils en oublient le fondement premier.
On doit communier avec l’autre. Ils ne montrent généralement pas leurs sentiments sur la piste pour ceux qui s’aiment, et pour les autres qui dansent sans s’aimer, cela devient de la technique sans grand intérêt.
Seul un couple qui s’aimait sur la piste ont fait ressentir cela, il s’agit de Javier Rodriguez et Géraldine Rojas dans une prestation dans un gala sur « GALLO CIEGO », à la fin du morceau on sent très bien l’amour que se portent les danseurs, concrétisé par un baiser de reconnaissance de la danseuse pour le bonheur reçu. Malheureusement ils sont maintenant séparés, ce qui prouve que sans sentiments il est difficile de danser ensemble avec cœur pour ceux qui ont été élus par le tango argentin.
Chacun vit le tango avec sa propre personnalité. Chaque tango est un acte privilégié, partagé intimement par les partenaires de l’instant ou de toujours, avec le désir de chercher l’osmose. L’intellect semble être mis à rude épreuve (l’homme guide, la femme écoute), en fait il n’en est rien si l’homme magnifie et met en valeur sa partenaire en lui donnant la primeur du mouvement. L’homme doit se contenter de choisir les pas qui mettront en valeur sa cavalière et de la guider dans ce choix, ensuite il n’y a plus homme et femme mais un seul être qui danse.
L’attirance pour cette danse est indéfinissable.
La réussite de cette danse est la consécration d’un savoir et d’une philosophie intérieure, tout en sachant que le tango argentin n’a pas de limite, que la vanité n’y a pas sa place, que le meilleur se doit de rester humble.
C’est un état d’esprit que chacun vit de l’intérieur.
C’est un acte en recueillement, comme religieux.
Quel bonheur de chalouper ensemble de toucher du bout du cœur l’extase de l’âme.
On ne va pas au Tango argentin, c’est lui qui vous choisit qui vient à vous avec sa beauté, sa sensualité, son identité charnelle, son infinie technique.
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