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26.3.2011 par mephisto-tango.
Dans le cadre du Festival du Colectivo Tango cette semaine, l’idée a été plus qu’excellente de collaborer avec la production de ce spectacle en tournée européenne.
« El Sonido de las Caricias » (le son des caresses) est un spectacle exceptionnel par l’innovation qu’il apporte, par la profondeur de la réalité, sur un mode humoristique, des choses exprimées, soit par la parole (avec traduction en sous titres), soit par la danse et l’expression corporelle.
La présentation de ce spectacle indiquait : « six personnages cohabitent dans un univers entre fantaisie et réalité dans un salon de danse, où l’humour et la tristesse se mêlent à la nuit. Cette pièce est le résultat d’une longue recherche sur les possibilités expressives du Tango et de sa fusion avec le théâtre, la danse, et le clown ».
Et le résultat fut au-delà de toute espérance, absolument hors norme, mais tellement original, digne d’intérêt, et tellement vrai.
Sans dévoiler totalement toutes les richesses exprimées dans ce spectacle, les 6 personnages se croisent dans ce salon de danse et expriment leur mal de vivre, leurs angoisses, leurs attentes, à travers la danse Tango et tout ce qui en découle en bon comme en mauvais, à travers leur monologue (le comédien argentin Diego Maurino, abominablement gominé, poivrot, désespéré, était à la fois mime, clown, chanteur populaire et il m’a particulièrement impressionnée). Les deux remarquables couples de danseurs Gonzalo Orihuela et Solange Chapperon d’une part, et Rodrigo Fuentes et Eladia Cordoba se sont montrés des danseurs plus Nuevo que Nuevo (c’est dire que ça a encore évolué) en chorégraphies magnifiques et très pointues, où on retrouve une intense sensualité bien sûr, mais une sexualité aussi, qui est montrée de manière soft mais néanmoins explicite.
Les relations entre les êtres humains, les sentiments sont racontés, et chaque histoire fait l’objet d’une petite scène. Par exemple, la femme en blanc que personne n’invite malgré un désir énorme de sa part (Malena Medici très expressive dans son désespoir), et qui se raccroche à une obsession de ramasser des fleurs sur le sol. La scène où elle est assise, en hauteur, entre un homme et une femme assis sur des chaises en contrebas, est d’une extrême tristesse. L’homme se lève, en direction de la femme assise à son niveau, mais pour inviter cette femme, il doit passer à la hauteur du visage et de la bouche de la femme en blanc au centre qui croit alors que c’est pour l’inviter elle. Quand l’homme se détourne du visage et de la bouche à sa portée pour enlacer la femme qu’il veut, le drame peut se lire sur le visage de la femme en blanc.
Une chorégraphie fantastique des deux danseuses très séductrices, à l’aide de deux chaises, chorégraphie dynamique, énergique, avec puissance expressive dans le corps entier, en symétrie impeccable a été très appréciée, et quand les deux danseuses se sont portées ensuite sur le bord de la scène, debout, l’une d’elle a fait le geste de ne pas laisser passer sa partenaire devant elle, semblant dire : « moi d’abord ».
Dans ce spectacle, le jeu du passage des mains dans les cheveux lors des chorégraphies a été omniprésent, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, ce qui donnait quelque chose d’infiniment « sexy », surtout lors de la séquence que j’appellerai du « ventilateur » où Rodrigo Fuentes, aux cheveux très longs faisait état de sa morphologie (à peine rassurez-vous), et avec un large sourire, cherchait à séduire le public entier.
J’ai appris aussi dans ce spectacle que les hommes devaient se méfier des femmes trop « pomponnées », que les Argentines surtout sont des prédateurs au féminin, et que « presencia es todo » !
Au niveau musique, à part deux œuvres de Piazzolla, j’ai pu relever des musiques rythmiques actuelles et bien sûr quelques Tangos traditionnels, mais peu.
Citons le génial auteur de ce spectacle, imaginatif, et ayant assuré la direction : David Gonzalo Orihuela.
Si pour ma part je devais revoir ce spectacle, je n’hésiterais pas une seconde. Je cours.
Voici des liens pour la présentation de ce spectacle :
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