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6.8.2011 par mephisto-tango.
Pleine réussite et plein succès que ce 3ème festival Tangopostale de Toulouse. Très organisée, l’équipe du Président Christian Couderette a rempli parfaitement sa mission qui était de proposer au Tangueros et tangueras présents des prestations de qualité, aussi bien pour les orchestres, les danseurs professionnels (même si j’ai amèrement regretté personnellement l’absence de Pablo Tegli), les milongas en plein air et en salle, les concerts, les conférences, les films. Parmi les danseurs de milongas, on a pu noter la participation importante d’Espagnols, tous d’excellent niveau. D’autre part, il est bon de dire que ce Festival a été consacré particulièrement à Astor Piazzolla, chose que l’on verra tout au long de ce reportage écrit (et visuel).
Mardi 5 juillet : conférence « Borges et le Tango » à l’Institut Cervantes
Animée par Santiago De Luca, spécialiste de l’œuvre de Jorge Luis Borges, la conférence s’est portée sur la lecture des textes et des poèmes de l’écrivain argentin, et de leur traduction, accompagnée à la guitare par Gonzalo Bongiovanni. C’est ainsi que l’on perçoit que ce grand écrivain aimait le Tango certes, mais il l’aimait dans la période du début du Tango, où il était encore festif, joyeux, et à la limite irrévérencieux. Le côté « obscur » du Tango, les couteaux, les compadritos… Il en a parlé fort brillamment dans ses œuvres poétiques.
C’est aussi la collaboration Borges-Piazzolla (où Piazzolla a mis en musique certains poèmes de Borges). Cette rencontre en 1967 en fait, s’est mal passée, leur relation était « terrible » a dit Solange Bazely (autre intervenante dans la conférence). Pourtant « Jacinto Chiclana » (texte de Borges, musique de Piazzolla) est un très beau Tango chanté par Edmundo Rivero. La lecture de ce texte en Français a été faite par Solange. « A Don Nicanor Paredes », « El hombre de la Esquina Rosada », et bien sûr « Jacinto Chiclana » sont des Tangos enregistrés par Piazzolla et chantés par Edmundo Rivero dans l’album « El Tango ». Si Borges traitait Piazzolla de « Pianola » (piano automatique), Piazzolla le lui rendait bien, en disant de lui que non seulement Borges était aveugle, mais qu’il était également sourd !
Mercredi 6 juillet : concert en hommage à Astor Piazzolla par Marcelo Mercadante y su Quinteto Porteno. Auditorium St Pierre des Cuisines.
Cet endroit bénéficie d’une acoustique formidable. Situé dans la prolongation d’une église (St Pierre) et donc dans la même conception architecturale de nos anciens constructeurs d’églises, le concert de Marcelo Mercadante promettait d’être grandiose. Marcelo Mercadante est un bandonéoniste argentin qui vit à Barcelone, et il était entouré d’une violoniste remarquable, pleine d’émotion et de sensibilité Olvido Lanza, d’un guitariste de talent Javier Feierstein, de Gustavo Llull au piano et de Andres Serafini à la contrebasse. Parmi les œuvres de Piazzolla (Resurreccion del Angel pour moi le mieux joué, Milonga del Angel , Muerte del Angel, Verano Porteno, Adios Nonino et Pedro y Pedro au bandonéon solo : très bien joué par Marcelo Mercadante), le bandonéoniste a aussi fait connaitre ses propres œuvres : « En la Esquina, Aguita Marron, Minon… ». Evidemment, comme les œuvres de Piazzolla sont hyper connues, il était facile de comparer avec le « Maestro Piazzolla » lui-même…. Difficile de faire aussi bien ! A sa décharge, il faut bien noter que son bandonéon a eu un problème, puisqu’il a dû s’absenter quelques minutes pour le réparer….
Voici quelques images du concert : « Resurreccion del Angel « et « Milonga del Angel » d’Astor Piazzolla, à votre propre appréciation.
Jeudi 7 juillet : conférence « Piazzolla dans son temps et son espace » Centre culturel Bellegarde animée par le bandonéoniste et compositeur Marcelo Mercadante.
Conférence intéressante pour ceux qui aiment la musique et l’œuvre d’Astor Piazzolla, car Marcelo Mercadante a su faire passer, à travers la biographie d’Astor Piazzolla, le lien important entre le personnage et l’œuvre qui s’y rattache, y compris en mettant l’accent sur la réalité politique du moment et sur les révolutions technologiques (inventions du microphone, de la radio…). On sait que le jazz fait partie intégrante de la vie enfantine de Piazzolla, et que Gershwin a eu une influence énorme sur lui. Puis il y a eu Alberto Ginastera, Nadia Boulanger qui lui ont appris les règles de la composition : fugue et contrepoint de la musique classique, dite savante…
Je passe sur la biographie d’Astor Piazzolla que chacun pourra consulter sur tous les sites (nombreux) consacrés à Piazzolla.
Lors de cette conférence, Marcelo Mercadante nous a fait écouter une fugue de Dave Brubeck (musicien de jazz bien connu, compositeur de « Take Five » notamment) en citant le parallèle avec Fuga y Misterio de Piazzolla.
Autre parallèle : « West Side Story » du compositeur américain Leonard Bernstein, et « Maria de Buenos-Aires », petit opéra de Piazzolla, et Horacio Ferrer pour les textes.
Jeudi 7 juillet : cinéma : « Nosotros » : documentaire de Diego Martinez Vignatti en 2002 (Argentine – Belgique) Centre culturel Bellegarde.
Excellent documentaire sur des personnages héritiers de l’immigration à Buenos-Aires, passionnés de Tango et inquiets face à la crise économique. Ce sont des portraits attachants, touchants, toujours justes dans les propos.
Vendredi 8 juillet : cinéma : « Horacio Ferrer, Poète du Tango » film de Stefano Franchini, Massimo Martino, Antonio Maria Savella 2010. Enregistrement à Turin 2007.
Accompagné par l’orquesta tipica Alfredo Marcucci, Horacio Ferrer déclame, plutôt que chante tous ses poèmes mis en musique par Astor Piazzolla. « Balada para Un Loco, Chiquilin de Bachin, Existir, etc…. » Horacio Ferrer très ému, et nous, nous en avions la gorge serrée….. Puis une conférence filmée de 48 minutes, « Tango, Art et Mystère », donnée par Horacio Ferrer qui parle du Tango, de son Histoire, de son Esprit, un Horacio Ferrer terriblement passionné, terriblement habité par son sujet !
Vendredi 8 juillet : Table ronde : à la rencontre d’Astor Piazzolla – Médiathèque José Cabanis
Etaient présents lors de cette table ronde :
- Solange Bazely : animatrice, journaliste, conférencière
- Marcelo Mercadante : bandonéoniste et compositeur
- Françoise Thanas : traductrice en Français de la biographie « Astor » écrite par sa fille Diana Piazzolla (2002). Edition Atlantica.
- Emmanuelle Honorin : journaliste au magazine « Géo », a écrit une biographie « Astor Piazzolla, le Tango de la démesure » (2011). Edition Voix du Monde.
Dans un premier temps, quelques images extraites du DVD réalisé par la BBC : « Astor Piazzolla in portrait » sont projetées sur écran géant, et nous voyons le célèbre musicien donner son opinion sur sa musique et sur sa personnalité. Sur cette base, les intervenants parlent d’Astor Piazzolla :
- Françoise Thanas qui a rencontré le père et la fille (Diana Piazzolla) parle de cette rencontre mémorable pour elle, et on la comprend. Elle parle de la collaboration entre elle-même et Diana, pour intégrer des interviews de musiciens français dans son livre (Georges Moustaki, Jean-Claude Casadesus, Richard Galliano, Jean Guidoni), et des difficultés en définitive pour que ce livre puisse paraître en Français.
- Marcelo Mercadante parle d’Astor Piazzolla plus dans l’esprit du musicien, en faisant référence au jazz et à l’improvisation. On peut regretter la traduction très limite de M. Roux.
- Emmanuelle Honorin parle de la forte personnalité du compositeur, très provocatrice.
Vendredi 8 juillet et samedi 9 juillet : milongas à la salle Jean Mermoz
Malgré l’endroit assez excentré (nécessité d’avoir une voiture, ou de venir en taxi, ou de prendre le métro avec marche à pied assurée pour aller dans l’île Ramier)) cette salle Jean Mermoz mérite le déplacement. Très agréablement installée et décorée par toute l’équipe de bénévoles de Tangopostale, (stands de vêtements, de chaussures, un bar, un peintre de filete travaillant sur place) la salle Jean Mermoz est bien conçue pour être une grande et belle salle de danse. Uns scène suffisamment grande pour recevoir les 10 musiciens de la Tipica Imperial le samedi, une piste de danse avec un excellent parquet, et des tables et des chaises tout autour, tout était fait pour que les tangueros passent deux excellentes soirées.
Le vendredi soir, l’orchestre pour la milonga était le Quartet de Gabriel Vallejo comprenant :
- Gabriel Vallejo : piano
- Romain Lecuyer : contrebasse
- Jean-Baptiste Henry : bandonéon
- Pierre Marie-Bonafos : saxophone soprano
Voilà l’originalité : le son du saxophone soprano donne une autre touche de couleur aux différents Tangos traditionnels, interprétés par ce quartet. Cet instrument, majoritairement consacré au jazz, arrive à s’intégrer aux instruments traditionnels du Tango (piano, contrebasse, bandonéon). Peut-on alors dire qu’il remplace avantageusement le violon ? Je n’irai pas jusque là, néanmoins, il ne détonne nullement. Voici ci après des extraits, avec une mention spéciale pour la milonga, très jazzy dans la forme, portée par le piano et le saxophone. Notez également la joie des musiciens à ce moment de l’improvisation !
Mais le must très attendu bien sûr a été le samedi soir la prestation de l’Orquesta Tipica Imperial, formé de 10 jeunes musiciens excellents : 3 bandonéons, 4 violons, 1 contrebasse, 1 piano et 1 chanteur de talent. Tangos traditionnels, mais mâtinés d’arrangements très, très originaux d’avant-garde. Difficiles à danser certes, mais ô combien intéressants.
Côté démonstrations de Tangos, Valses et Milongas :
- Diego « El Parajo » Riemer et Maria Belen Giachello : beaucoup de présence, de charisme et d’élégance. Superbes démonstrations, pleines d’inventivité et de musicalité, de Tangos valses et milongas sur les deux soirées. Un régal.
- Daniel Darius et Valérie Onnis : remplaçants en dernière minute Pablo Tegli et Emilie Caron, le challenge était très difficile à relever pour les 2 soirées. Néanmoins, ils s’en sont bien tirés.
Samedi 9 juillet : le Tango au cinéma : conférence de Solange Bazely
Illustrée par de nombreux extraits de films, Solange Bazely nous a fait une brillante et complète rétrospective depuis les origines du cinéma (cinéma muet) jusqu’à aujourd’hui, de tous les films où l’on peut constater des références au Tango. Partant de 1906 jusqu’en 2005, cela passe par Max Linder en 1912 (Max professeur de Tango), par Charlie Chaplin en 1914 (Charlot danseur), par Rudolf Valentino en 1921 (les 4 cavaliers de l’apocalypse), par Eisenstein en 1917 (La Grêve), par Douglas Fairbanks en 1927 (Le Gaucho). En 1933, 1er long métrage parlant en Argentine « Tango », en 1950 « El Ultimo Payador », en 1959 Billy Wilder « Certains l’aiment chaud » et « Sunset Boulevard », le Bal d’Ettore Scola en 1983, en 1966 la comtesse de Hong-Kong, en 1972 le Dernier Tango à Paris de Bernardo Bertolucci, en 1976 l’Acrobate, en 1983 la Belle Captive, en 1985 « Tango, l’exil de Gardel » de Fernando Solanas (musique de Piazzolla), en 1988 : « Sur », en 1990 « Naked », en 1997 « Happy Together » de Wonk Kar Wai, et « La Leçon de Tango de Sally Potter avec Pablo Veron, en 2002 « Assassination Tango » de Robert Duvall, et « je ne suis pas là pour être aimé » de Stéphane Brizé en 2005. Il y a bien d’autre références bien sûr, d’autres films non cités, et Solange pourra certainement rectifier les manques !
Ce Festival était tellement riche que je n’ai pas pu tout voir malheureusement, et notamment je n’ai pu voir tout ce qui avait trait au folklore argentin : spectacle par la troupe de Gustavo Gomez : De Mi Tierra, cavalcade et démonstrations de danse folkloriques de tradition argentine. Je n’ai pas pu aller non plus aux « after ».
Toutefois, si j’ai pu donner envie d’aller l’année prochaine au 4ème Festival Tangopostale de Toulouse, j’en serai heureuse car cet événement mérite qu’on se le signale, et que le phénomène « de bouche à oreille » prenne forme dans toute son ampleur.
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6.8.2011 par mephisto-tango.
Le public présent lors du concert du chanteur argentin Martin Oliva est resté scotché tout au long du spectacle, bluffé, émerveillé. Pas un bruit, tellement la voix de ce chanteur est prenante, tellement elle est tour à tour chaude, enveloppante, pleine d’émotion et de subtilités dans les nuances piano-forte, un vibrato léger et souple, cela respire. C’est tout simplement magnifique. Pas simplement beau, mais magnifique. Entouré d’un pianiste et d’une percussionniste, la rythmique s’intégrant parfaitement au chant. On pourrait qualifier ce chanteur comme étant un ténor, mais les racines populaires sont là, le folklore ancré dans les gènes ! Il chante dans un registre très large, dans l’infinie douceur et dans l’importante puissance de sa voix. Une telle voix est rare, son timbre est d’une telle palette de couleurs que l’arc en ciel lui-même en serait jaloux. De plus, cet homme a un sourire tellement lumineux et radieux qu’il en ferait damner n’importe quel réfractaire et succomber sous le charme !
Il n’a pas chanté de Tangos, mais je le crois, ce chanteur, dans son répertoire de chants issus du folklore argentin (Atahualpa Yupanki ne le renierait pas), mérite grandement qu’on s’y intéresse, d’autant plus qu’il doit revenir à Paris, après une tournée en Amérique Latine.
Nous ne trouvons pas ses CDs en France, alors…….
Il faut venir le voir.
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6.6.2011 par mephisto-tango.
La toute nouvelle milonga d’Alfredo Palacios et Isabelle de la Preugne « La Latina » est située au 173 rue St Martin à Paris, métro Rambuteau, en plein centre, juste à côté de leurs deux anciennes milongas (rue Beaubourg et rue du Temple). Elle a lieu tous les mardis de 20h30 à 01h30, pour une entrée de 8€, consommation comprise.
On connait tous les soucis d’Alfredo et Isabelle pour trouver un endroit adéquat au centre de Paris dans le quartier Beaubourg, susceptible d’accueillir une milonga sans gêner les voisins, sans avoir de problème avec les propriétaires, et pas trop cher pour éviter de « boire le bouillon » si les gens ne viennent pas en nombre suffisant.
Cet endroit n’est pas définitif car Alfredo et Isabelle continuent à chercher dans ce même quartier. Néanmoins, on pourrait supposer que c’est gagné, tellement ce sous-sol de restaurant a une âme, une décoration peinte intéressante sur les murs, comme une cave voutée, avec bar, tables, banquettes. Pour ceux qui connaissent la discothèque de Rock’n Roll le Z Club, rue des Anglais dans le quartier latin, la disposition y ressemble étrangement.
Odile, hier soir était aux commandes de la musique, excellente programmation. Alfredo, quand Odile ne sera pas libre, prendra la suite.
Cerise sur le gâteau hier soir, Emmanuelle Honorin était là, pour présenter en quelques mots son livre sur Astor Piazzolla : « Le Tango de la démesure », qui vient de sortir. Il est important de noter que ce livre, rédigé en Français, porte une préface de Richard Galliano. C’est dire que, parmi tous les livres rédigés en Espagnol et en Anglais sur Astor Piazzolla, le livre d’Emmanuelle est digne de figurer en bonne place. Personnellement je ne peux que conseiller la lecture de ce livre pertinent, qui se lit facilement. Le travail y est considérable. Emmanuelle Honorin sera présente à Toulouse pour le Festival Tangopostale du 5 au 10 juillet 2011, et elle animera une conférence sur Astor Piazzolla. De plus, dans ce même festival danseront Pablo Tegli et Emilie Caron.
Revenons à nos moutons. L’endroit est beau. Petit mais beau. Ambiance conviviale. Le parquet est nickel. La programmation musicale excellente. L’accueil d’Alfredo et d’Isabelle chaleureux. On peut boire et manger confortablement. C’est vrai qu’il faut du temps pour qu’une milonga se fasse connaître. Mais ça va venir, c’est sûr…..
Site à visiter : www.lalatina.fr
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9.5.2011 par mephisto-tango.
Spectacle magnifique. Pendant 1heure et demie, on ne voit pas le temps passer tellement on est pris par cette fantastique exploration du domaine de la nuit au travers du Tango. Esteban Moreno et Claudia Codega ont accompli un véritable tour de force qui est celui de faire vivre un spectacle de toute beauté avec une grande et véritable sensibilité, servi par un orchestre de grand talent : le quartet Lupanar (tout un programme !) avec l’excellente violoniste Marta Roca, le pianiste et compositeur Pedro Onetto qui a créé pour eux la musique pour ce spectacle, Nicolas Rainone à la contrebasse, Camilo Ferrero au bandonéon. Tout est merveilleusement bien rodé, bien réglé, les lumières et le son parfaits, et le tout donne une impression où rien n’est laissé au hasard, tout ce que l’on voit et entend est digne d’intérêt, sans temps mort. Toutes les chorégraphies de groupe sont superbement montées, les idées originales et exploitées clairement, de façon esthétique, sans enlever la profondeur des volontés des créateurs. Les danseurs et danseuses sont magnifiques, et les femmes sont superbes dans leur corps et dans leur danse…..
Le spectacle commence et finit par un symbole : le verre, signifiant par là que l’alcool fait partie de cet univers de la nuit, dans un club où le Tango est omniprésent. Quatre danseurs : Esteban Moreno, Rodrigo « Joe » Corbata, Rolan Van Löor, Jorge Crudo, et trois danseuses : Claudia Codega, Lucila Cionci, Claudia Jakobsen, expriment ainsi tout ce qui fait la trame du Tango : les changements frénétiques de partenaires, les désirs, les jalousies, la sensualité, les élans du cœur et du corps, la solitude, l’espoir, les disputes, l’amour, l’humour, la fête, la haine….
Jalousie quand un homme regarde avec envie une autre danseuse, et qu’il est « emprisonné » par sa danseuse qui cherche à garder son homme pour elle seule, jalousie entre deux danseurs pour une femme, à la limite de la bagarre, d’où il ressort une tension palpable dans le groupe pour éviter cette bagarre….Règlement de compte à l’aide de « poufs », portés par les trois danseuses qui les utilisent comme outils contre un danseur, (danseur qui devient rapidement complètement débordé), pour lui faire sentir qu’il a probablement dépassé les bornes, en le harcelant de leur pouf. C’est une scène très drôle !
Je me suis régalée. Je connais Esteban et Claudia depuis 1993, à Nantes, où ils ont été mes premiers Maîtres, et je les ai suivis depuis ce temps avec beaucoup d’admiration pour leur travail. Une nouvelle fois et comme toujours, je reste très enthousiaste !
Voici quelques liens pour apprécier leur spectacle :
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7.5.2011 par mephisto-tango.
Hier soir, à l’Espace François Mauriac de Sevran, a eu lieu un concert « hors norme », dans le sens où Lalo Zanelli, au piano, accompagné de 4 talentueux musiciens, nous a donné à entendre ses compositions qui n’avaient rien de commun avec ce que l’on entend d’habitude, au niveau de la musique « Tango ». Ce fut une fusion de qualité, très réussie de rock, de jazz (surtout) du folklore argentin (chacarera, zamba, zarzuela, malambo) et bien sûr, du Tango argentin.
Le quintette, était composé hier soir à Sevran de Lalo Zanelli au piano, Tomas Gubitsch à la guitare électrique, et de trois nouveaux musiciens (tous excellents) qui ne figuraient pas sur le dernier CD (que je conseille fortement) de Lalo Zanelli : « Memoria Colectiva » : Victor Villena au bandonéon, Laurent Robin à la batterie, et un jeune contrebassiste argentin que personnellement je n’avais jamais vu.
D’accord, Lalo Zanelli est le pianiste de Gotan Project lors de leur tournée mondiale. A l’Olympia lors de leur concert, on entendait à peine le piano. Frustrant. Ce ne fut pas le cas hier soir, car Lalo Zanelli mérite amplement qu’on l’entende et qu’on apprécie son grand talent de pianiste de jazz et de rock: grande virtuosité ! Bien avant Gotan et la musique électronique, il est d’abord et avant tout un grand pianiste de jazz, mâtiné de ses racines argentines. Idem pour l’excellent guitariste Tomas Gubitsch.
Les morceaux les plus marquants, pour moi, hier : « Memoria colectiva avec fortes connotations tango; « Safran pour Margot » avec des sonorités toutes orientales : délicieux ; et « Histoire urbaine » qui rappelle étrangement Piazzolla, « Piel » qui commence la rythmique rapidement et qui se ralentit peu à peu…
Voici quelques liens qui vous permettront d’apprécier cette musique métissée et super belle :
où l’on voit danser Juanito Juarez et Victoria Vieyra
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19.4.2011 par mephisto-tango.
Voici un documentaire remarquable sur le Tango argentin, tourné en Italie, et qui a été diffusé sur la chaine Arte, hier dimanche 17 avril 2011. Ce film est à voir absolument, tellement il est criant de vérités à quelques détails près (détails insignifiants venant d’un écrivain). On y voit, en outre, Sebastian Arce et Mariana Montes, ainsi que Chicho.
http://videos.arte.tv/fr/videos/une_danse_nommee_desir-3830500.html
A regarder et regarder encore, s’en imprégner, s’en délecter, et en digérer toute la philosophie !
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7.4.2011 par mephisto-tango.
Carmen Aguiar, avec son mari Victor Convalia disparu il y a 4 ans, est une figure incontournable dans le milieu du Tango parisien. Elle y est connue et reconnue pour ses cours, ses milongas et ses spectacles, depuis 1985. Comme elle est un emblème et quasiment un mythe, il était intéressant de faire une interview d’elle, d’effectuer un portrait autobiographique de cette danseuse de Tango si gentille, si discrète et si modeste aussi. Elle et son mari Victor ont su donner au public amateur de Tango une culture et leur grand amour pour le Tango, qu’ils ont réussi à faire passer de façon convaincante.
Cette interview (cliquer ici pour consulter l’interview), de la bouche même de Carmen bien sûr, vous en dira plus sur l’immense et rare qualité qu’elle a gardée tout au long de ces longues années : sa passion pour le Tango qui ne s’est jamais éteinte.
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3.4.2011 par mephisto-tango.
Pour présenter le troisième album du Quatuor Caliente, baptisé « Encuentro », en hommage à la composition du même nom de Gustavo Beytelmann, les musiciens du Quatuor, avec comme artiste invité Laurent Colombani à la guitare électrique, ont eu le privilège de passer dans une salle parisienne de renom, le New Morning, pour deux soirs.
Cette salle recevant tous les artistes célèbres de jazz, de Tango (on se rappellera le concert de la Tipica Fernandez Fierro), et de la World Music de façon générale, il était devenu évident que ce concert serait à marquer d’une pierre blanche.
Ce fut magnifique, comme on pouvait s’y attendre. Les musiciens, interprétant le répertoire d’Astor Piazzolla et de Gustavo Beytelmann, ont été très brillants. Avec le guitariste invité Laurent Colombani, on retrouvait le quintette mythique d’Astor Piazzolla.
Citons en tout premier le bandonéoniste argentin Gilberto Peyrera, très connu particulièrement à Paris et en France, puisqu’il vit à Paris. Particulièrement présent et « dedans », il a joué, en premier plan sonore, le répertoire de Piazzolla et de Beytelmann de façon magistrale, tout à fait digne des Maestros qu’il représentait sur scène.
Au piano Cédric Lorel, pianiste ayant reçu une formation classique, mais qui s’est mis au Tango de Piazzolla de façon extrêmement convaincante, avec toutes les impulsions, la virtuosité et les accentuations nécessaires.
Au violon Michel Berrier, de formation classique, le contrebassiste Nicolas Marty de formation classique. Comme quoi des musiciens français, de formation classique, peuvent très bien travailler un répertoire contemporain complètement différent, et y réussir parfaitement bien.
Entendues et grandement appréciées les œuvres suivantes :
Astor Piazzolla : Fracanapa, Camorra I, Tristeza de Un Doble A, Romance del Diablo, Decarissimo, Contrabajisimo, Chin chin, Camorra III, Libertango
Gustavo Beytelmann : Encuentro, El Desaparecido
Voici un lien :
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2.4.2011 par mephisto-tango.
Pas suffisamment de pub pour la démonstration, sûrement prévue en dernière minute, des jeunes danseurs uruguayens champions 2009 en Tango Salon : Juan Martin Carrara et Stefania Colina (Prix intercontinental de Buenos-Aires 2009) venus à la milonga du Colectivo, après s’être présentés à la milonga de Carmen Aguiar « Le Patio » le dimanche précédent.
Carmen (voir son interview sur le site Mephisto Tango mise en ligne bientôt), m’ayant dit le plus grand bien de ces jeunes danseurs, je me suis donc précipitée au Colectivo.
Ce fut un très beau Tango de Salon traditionnel, en improvisé, très propre, très pur, esthétique et, comme dirait Carmen : « Ils dansent avec l’âme ». Il faut particulièrement admirer la qualité de la marche et la pose délicate des pieds au sol.
Voici quelques liens vidéo à voir :
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28.3.2011 par mephisto-tango.
Delphine Blanco commence à être bien connue maintenant à Paris en tant que danseuse de Tango professionnelle, et il serait peut-être temps de faire un point sur son évolution artistique, au bout d’une dizaine d’années de danse. Rappelons qu’elle a été la partenaire de Thierry le Coq et j’imagine facilement que ce fut difficile, mais avec lui, malgré la différence de taille, il lui a permis d’exercer la vélocité de ces jambes et la précision de la pose des pieds au sol. Ceci est acquis et bien acquis. Elle a voulu ensuite avoir un répertoire plus moderne, que l’on dit être « Nuevo », et elle a eu (elle a encore ?) comme partenaire Matthias Morin qui lui correspond bien.
Hier soir c’est Ozgür Karahan qui l’a bien mise en valeur, et on a pu voir qu’avec les années les jambes de Delphine se libèrent de plus en plus, que la technique apprise est bien digérée, et qu’elle commence à aller au-delà de la technique pure et dure pour trouver quelque chose de plus personnel et donc de plus intéressant. En ce moment elle cherche, et trouve son style propre, à force de travail et de volonté.
Ozgür Karahan est un excellent danseur de bal, prof à Paris, élève de Pablo Tegli à Toulouse (et même à Paris où nous avons l’honneur de recevoir Ozgür à Mephisto Tango quand Pablo vient), et de la façon la plus sympathique qui soit, il a voulu, en toute humilité, mettre Delphine en valeur, alors qu’ils n’ont pas (je crois) l’habitude de danser ensemble.
Au niveau de la musique, ils ont dansé un Tango, une valse et un Tango alternatif quelque chose comme une fusion de musique turque et de musique yougoslave de Goran Bregovic. Dommage que dans les milongas, on n’entende pas plus souvent ce genre de musique.
En conclusion on ne peut que souhaiter une bonne continuation à ce couple, que Delphine ait encore plus de personnalité en mettant l’accent sur plus de « rondeur » dans sa danse, plus de sensualité, plus de chaleur. Et là, elle aura gagné.
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