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Archive de la catégorie L'enseignement

Festival de Tango argentin au Manoir de Kerallic à Plestin les Grèves du 25 décembre 2009 au 1er janvier 2010, organisé par Le Temps du Tango

Pour la dixième fois en cet endroit, l’association Le Temps du Tango a organisé son habituel Festival de Tango argentin au manoir de Kerallic à Plestin les Grèves (Côtes d’Armor) pendant les vacances de Noël.

Personne ne sera surpris si je dis que tout tournait comme sur des roulettes pour l’organisation, (ils ont l’habitude depuis le temps !) et que l’équipe dirigeante, aussi bien que les bénévoles, ont été efficaces et bosseurs, malgré la fatigue et la mine inquiète quelquefois. S’il y a eu des petits problèmes, ce ne s’est pas vu de l’extérieur, du moins je le pense. Parmi les bénévoles qui ont effectué un gros boulot, je citerais volontiers Didier Tournon ainsi que sa femme Elisabeth. Didier pour avoir fait les animations des soirées et les présentations des artistes très élogieuses, et aussi pour avoir écrit et dit ses propres jeux de mots, très drôles, sur l’année « 2010 » ; Elisabeth pour avoir veillé nuit et jour à ce que tout ce passe bien pour tout le monde. Je crois pouvoir dire que la convivialité était là chez tous les participants, 230 stagiaires exigeants à satisfaire pendant 7 jours, ce n’est pas rien ! Le quart d’heure « armoricain », proposé par Didier dans les milongas, où les femmes invitent les hommes, a été très apprécié si j’en juge par le succès de certains hommes, littéralement « happés » par des dames ! J’ai bien aimé aussi le travail de décoration des salles de restaurant et de spectacle pour le réveillon, nul doute que là aussi les bénévoles ont fait tout leur possible pour que ce soit sympa à regarder.

Au point de vue restauration (chez les Français la gastronomie est un élément indispensable et nécessaire), ce n’était pas chez Bocuse, mais enfin, c’était très correct de façon générale.

Pour le logement, les bungalows sont très confortables, mais…..gare aux talons des dames qui font trop de bruit sur le carrelage ! C’est là peut-être le seul désavantage du logement, tout s’entend (et quand je dis tout…..) ! Les cloisons sont tellement minces qu’ont entendrait une mouche voler chez le voisin (heureusement qu’on n’est pas en été) ! Néanmoins les stagiaires ont veillé à faire attention généralement, et pour ceux qui mettaient leur musique trop fort chez eux: heureusement que c’était de la musique Tango !

Du côté parquet de danse : oups ! J’ai glissé ! Dommage mais on s’habitue. Les professionnels ont dû être inquiets, mais en bons professionnels ils ont dû prévoir plusieurs paires de chaussures. Les meilleurs n’ont pas glissé, merci pour eux, malgré la difficulté.

Les soirées costumées n’ont pas eu un grand succès vu le nombre réduit de costumes aperçus (soirée cinéma, soirée an 3000 et soirée « tout est permis »). Je n’ai rien à reprocher puisque je n’étais pas costumée non plus, mais je peux tout de même signaler Philippe Fassier le photographe, habillé des pieds à la tête en CDs avec les bras en tuyaux à ressort qui lui donnait une démarche très robotisée, Francine toute brillante….. Vu aussi un couple d’anges tout en blanc avec auréole et cheveux blanc, plusieurs squelettes, des Draculas…. Ce qui donne en définitive un nombre de personnes costumées très limité, alors que la piste de danse était confortablement bien remplie !

Voyons maintenant du côté des artistes, et je citerais les artistes qui m’ont le plus marquée (oui, oui, je sais, c’est subjectif) :

- Gustavo Rosas et Gisela Natoli :

Toujours égaux à eux-mêmes, ils font partie de ceux que j’aime le plus depuis longtemps. J’admire en eux la qualité de l’abrazo, aussi bien en position fermée qu’ouverte, l’élégance et la dynamique des mouvements, l’expression profonde de leur Tango et l’harmonie du couple. J’admire la virtuosité, la rapidité et la précision des jambes de Gisela, des pieds délicats et une pose de pieds amortie au sol, un vrai bonheur. Elle est hyper souple : regardez « Oblivion » d’Astor Piazzolla ; chorégraphie très acrobatique :

et celles moins acrobatique :

et encore

Je ne dirais qu’un mot : remarquable !

- Diego « El Pajaro » Riemer et Maria Belen Giachello :

Je n’avais pas vu Diego danser depuis très longtemps (c’était du temps où il dansait avec Mecha), et j’ai été très impressionnée par l’évolution de sa danse, beaucoup plus fluide, plus assurée, profondément dans le sol, dynamique. Maria Belen, délicieusement féminine, tout en rondeur dans sa façon de bouger, une pose de pieds très délicate et précise, très sensuelle, le couple est bien assorti, c’est du moins mon avis. J’ai préféré à leurs deux tangos leur interprétation de leur milonga traspié, très musicale dans le rythme, dans le phrasé y compris dans la technique où j’ai noté un jeu de jambes très personnel de Diego.

Regardez et jugez vous-mêmes :

(sur de la murga) ;

et pour plaire aux messieurs regardez :

avec une superbe milonga en deuxième partie ;

et pour le plaisir, plus sérieusement :

Cet homme qui est très grand, imposant, massif (jugez-en : mon nez arrivait à son nombril lors des trop rares fois où je dansais avec lui dans ses cours), a un incontestable charisme, beaucoup de présence et de drôlerie à la fois et possède en outre une très bonne pédagogie dans ses cours, pour la musique et pour la danse. En dehors de cela, pour rire, il n’a pas hésité à faire une animation avec ses élèves, lors du réveillon, sur une musique de Michaël Jackson (Billie Jean) qui fut très appréciée par toutes les dames de l’assemblée !

- Andres et Julia Ciafardini :

C’était mon coup de cœur cette fois-ci, car j’ai bien aimé toutes leurs démonstrations, pleines de dynamisme et ils mettaient toute leur âme dedans. Ils ont beaucoup travaillé depuis le temps (2005 je crois) où ils préparaient avec Sebastian Arce et Mariana Montes les chorégraphies destinées à l’ouverture de la milonga (défunte hélas) : chez Yoko. Assurance et énergie associée à la technique et la musicalité, ils ont ensemble parcouru du chemin et ils progresseront encore, c’est sûr. La seule chose que je pourrais dire mais qui n’est absolument pas rédhibitoire, c’est que Julia a tendance par moment, et même dans les moments les plus romantiques des Tangos, à frapper le sol de ses pieds juste avant de passer le poids. Dans ces moments, surtout dans les tours (mais peut-être est-ce dû au parquet trop glissant), il n’y a pas d’amorti du pied sur le sol, ce qui donne à son déplacement un aspect sec et brutal, même si le mouvement est correct en soi. Mais je ne doute pas un seul instant que Julia saura trouver en elle cette faculté de poser ses pieds comme un chat.

- Juan Carlos Caceres :

Interviewé par Fabrice Hatem, Juan Carlos Caceres a parlé du sujet qui lui tient le plus à cœur : les origines noires du Tango. S’accompagnant au piano, il est revenu sur la musique initiatrice du Tango : le Candombé des noirs, la Habanera cubaine, la Milonga brésilienne.

Ce musicien bien connu (qui ne connait pas Toca Tango et Tango Negro ?) est d’une richesse artistique passionnante, associé à un sens humoristique assez corrosif quelquefois. Pendant plus d’une heure, il a ainsi parlé des bordels de Buenos-Aires (qui ne sont pas LA seule origine des Tangos selon lui, le Tango est né avant, dans le peuple et à la marge de la ville de B-A ou de Montévidéo par la fusion des peuples immigrants), des rythmes des musiques afro-cubaines (couleurs différentes selon la géographie mais étant très similaires), du jazz, du bandonéon, de la spécificité Tango en tant que genre musical à part entière (mode mineur ; tango nota : quinte mineure, neuvième dominante ; rubato), de la préhistoire du Tango entre les années 1880 et 1900.

A la suite de cette conférence très instructive, il a animé en partie la milonga du soir par sa voix rauque et son piano, faisant danser les stagiaires du Festival. Très applaudi, cet homme au demeurant affable et disponible est un musicien cultivé qui cherche à renouer avec les toutes premières origines des Tangos, les très vieux Tangos (pour cela il avait apporté quelques CDs de vieux Tangos revisités par lui-même, disponibles à la vente), en leur apportant sa touche personnelle. La « négritude du Tango » est son cheval de bataille. De façon réussie.

- Fabrice Hatem :

Fabrice Hatem est un artiste en son genre. Il suffit de le voir danser pour savoir cela. A part cet aspect très représentatif de sa personnalité, Fabrice s’est attaché depuis bien des années à faire connaître la poésie Tanguera. Son site : www.fabrice.hatem.free.fr vous en dira bien plus, car il est extrêmement bien fait, et très clair.

Fabrice tous les soirs pendant 1h30 a ainsi animé des conférences très instructives sur des poètes tels que Pascual Contursi, Célodonio Flores, Enrique Cadicamo, Enrique Santos Discepolo, Carlos Gardel : la voix des poètes. Doté d’une grande facilité d’élocution et d’un humour doublé de gentillesse et de tendresse pour tous ces poètes disparus, il a brossé des portraits pertinents de ces poètes et de leurs poèmes, en en faisant synthèse, analyse et conclusion. A l’aide de chaine hifi, d’ordinateur et d’écran au mur, nous pouvions écouter les Tangos-chansons et suivre en même temps les textes en Espagnol et en Français (traductions de Fabrice Hatem). Notons aussi la présence d’une charmante chanteuse argentine : Michèle Hertag qui a chanté a capella deux poèmes.

Je noterais une fois de plus qu’il n’y avait pas suffisamment de monde comparativement à la qualité de ces conférences : une trentaine de personnes, sur 230 stagiaires….. Pourquoi ? Les horaires étaient pourtant bien justifiés : après les cours et avant le diner….

Vous trouverez sur le lien suivant : une interview que Fabrice a bien voulu me donner à Kérallic. Il parle de lui, de ses sentiments relatifs au Tango, et de sa vie personnelle relative à la danse. C’est un aspect peu connu de sa personnalité qui est montrée là, et qui est touchante par bien des aspects. Parfaitement bénévole et désintéressé depuis des années, être passionné et intelligent s’il en est, Fabrice Hatem mérite une reconnaissance et une gratitude pour tout ce qu’il a fait jusqu’ici pour le Tango.

En conclusion ce fut une semaine bien remplie et passionnante pour moi, et de ce que j’ai pu percevoir à droite et à gauche, tout le monde avait l’air satisfait.
A l’année prochaine ?

Stage de Pablo Veron sur le relâchement et la connexion

Enormément de monde lors de ce stage de Pablo Veron organisé par l’association Mephisto Tango! à Paris les 10 et 11 octobre 2009. Le thème de ce stage portait essentiellement sur le relâchement et la connexion entre partenaires.

A croire que ces notions fondamentales pour le Tango dansé ont attiré encore plus que de coutume (tous les cours complets près de 2 semaines avant le stage). Mis à part le prestige incontestable et la notoriété de Pablo Veron, l’intérêt porté par tous les participants aux paroles du Maître concernant ces bases essentielles a été considérable. Cet intérêt s’est manifesté en retour par Pablo lui-même, car il n’a pas lésiné à donner plusieurs heures de cours en plus de ce qui avait été prévu normalement, le samedi et le dimanche.

Pablo Veron a ainsi réuni, à l’intérieur de tous ces cours, sa philosophie du Tango dansé, et la pratique. La théorie accompagnée de l’expérimentation. Probablement le meilleur stage que Pablo Veron ait fait à Mephisto Tango jusqu’à présent, en raison de sa sensibilité et de son envie de transmettre ces bases indispensables.

Si je devais quelque peu résumer, je citerai quelques phrases cultes parmi de nombreuses, entendues lors de ce stage :

Sur la finalité de la danse :

« Il faut ‘être’ en dansant. Pour les femmes, il ne faut pas que tu penses : « je suis (du verbe suivre), donc je suis (du verbe être ) ». Et pour les hommes, il faut pouvoir aller au-delà de : « je fais des formes, et tu me suis ». « Ne faites pas les choses pour les faire. Explorez ! » et aussi « Mesdemoiselles, dansez AVEC votre partenaire … même si malheureusement il est SOURD! »

Sur l’enlacement et le guidage :

« Ce n’est pas parce que l’on danse prêt, que l’on danse vrai ! »

« Les bras ne sont pas un outil de contrôle ou un point d’appui. Les bras sont là pour transmettre et prendre le mouvement, et non pour résister. … La résistance, c’est la vieille école … Si vous restez dans le rejet, vous ne pourrez pas progresser et vous ne pourrez pas danser … Laissez tomber cette anxiété existentielle qui vous fait croire que vous devez pousser votre partenaire ».

Sur le mouvement :

« Les Hommes, faîtes le mouvement et laissez l’autre bouger avec vous. … Les femmes, prenez le mouvement dans votre corps, et réagissez avec ce mouvement … ne faut pas aller vers le pas, il faut plutôt amener le pas à soi. Il faut le prendre et l’adapter à soi. Il faut chercher toute la mobilité dans la souplesse. »

Sur le relâchement :

Chacun doit prendre son équilibre et trouver le confort et le relâchement à chaque pas. … Il faut danser en étant bien dans son corps, et gérer soi-même son propre équilibre … Il ne faut jamais, jamais s’accommoder d’une tension, car alors on est bloqué et limité ».

Ainsi, avec sa grande expérience de la danse Tango et de son enseignement partout dans le monde, Pablo a réussi à captiver son auditoire, par une richesse et une profondeur d’âme dans ces sentiments pour cette danse, et par sa générosité à donner son savoir.

La passion est restée chez lui, intacte et nous comptons bien ensemble poursuivre dans cette direction lors des prochains stages que nous organiserons avec Pablo.

Reprise d’activités des Ateliers Mephisto Tango !

Les activités viennent de reprendre à Méphisto Tango pour la 7ème année consécutive. Et, depuis nos débuts en septembre 2002, ceux qui nous ont suivis depuis le début pourront attester avec nous qu’il s’en est passé des choses.

Les circonstances et les évènements nous ont conduits il y a 4 ans à accepter d’enseigner à notre tour et créer notre concept d’atelier qui s’est enrichi année après année pour être ce qu’il est aujourd’hui et rencontrer le succès que l’on sait.

Nous partageons donc avec un plaisir non dissimulé tout ce que nous avons appris pendant 15 ans, à arpenter les festivals et les milongas d’Europe de Buenos Aires.
Pour nous, il est réconfortant de voir, années après années, le nombre des élèves s’accroitre, 48 personnes hier et d’accueillir des nouveaux, débutants, moyens et même des enseignants venus chez nous conforter leur pédagogie.

A la demande générale, nous avons ajouté au programme cette année l’étude des fondamentaux, et tous les élèves semblent bien y trouver leur compte. Au fil des exercices que nous proposons, les élèves de niveau moyen qui sont en majorité revoient les fondamentaux et complètent leurs connaissances, et les élèves avancés complètent leur danse en poussant plus loin leur maîtrise des détails qui les empêchent encore d’exprimer tout leur potentiel ou satisfaire leurs envies.

Revoir toutes les bases, s’y replonger plus profondément par rapport à ses débuts, c’est à coup sûr voir et sentir des choses que l’on ne pouvait pas voir quand on était débutant tout préoccupé que l’on pouvait être pas le désir viscéral de reproduire coûte que coûte ce que les profs montraient.

La clarté des explications et les exercices proposés n’ont d’autre but que d’apporter plus d’assurance, et plus de maîtrise aux participants. Dans ces ateliers qui durent 3 heures non-stop, où chacun est attentif tout en étant de bonne humeur (l’humour est de mise heureusement !), on peut constater que personne ne s’ennuie, et que le travail est profond et intensif.

Plus tard dans la saison, une fois ce travail de fond bien assimilé, viendra le temps de faire des choses bien plus compliquées.

Et à ma plus grande surprise, la partie consacrée à l’écoute musicale et au travail sur la rythmique au travers de l’histoire du Tango commence à accrocher l’attention des élèves et titiller leur intérêt tant au niveau de la théorie … avec les notes, les mesures, les portées et tout ce qui s’en suit … qu’au niveau de la pratique au travers des exercices proposés.

Devant des musiciens professionnels qui m’ont tous quasiment confié leurs regrets, légitimes, face aux danseurs qui ne respectent pas la musique qu’ils jouent en bal, il est nécessaire de faire le lien, et ce, de façon extrêmement forte, entre musique et danse. Il est devenu nécessaire pour les enseignants, de ne plus faire de l’à peu près avec la musique.

Il est, pour nous en effet, illogique de se préoccuper uniquement de la technique dansée, en laissant plus ou moins de côté la musique et son rythme. L’un va avec l’autre, de façon intime.

Le fait de connaitre la musique, et de la comprendre, permet aux danseurs de ne plus être « out ». Pour des gens qui ne lisent pas la musique, et qui ne savent pas grand-chose sur la culture musicale du Tango, il n’est pas évident de se situer tout de suite « sur » la musique. Cela peut être instinctif, cela existe, mais ce n’est pas la majorité des cas.

Parmi des personnes qui ont de longues années d’apprentissage derrière eux, j’ai souvent vu, par exemple, malheureusement, des contretemps précipités par rapport à la musique. Cela ne devrait pas être, et les enseignants ont leur responsabilité face à ça. Le simple fait d’expliquer la musique, de considérer que les danseurs sont capables de comprendre même des choses difficiles comme la construction des syncopes, leur permettra ultérieurement de repérer immédiatement, rien qu’à l’écoute en bal, de quoi sont faits les Tangos et de se placer immédiatement dessus, rythmiquement.

Alors comment faire pour danser « sur » la musique ?
Réponse : la connaitre et la comprendre.

A la recherche des bons comportements sociaux dans les bals, pratiques et cours

Lors de l’Assemblée générale de l’association, des adhérents nous ont demandés d’afficher à l’entrée de la salle de danse, les codes du bal. On a trouvé que c’était une bonne idée.

Mais au-delà du bal, on pourrait également préconiser des « codes de cours » ! L’un et l’autre d’ailleurs, vont ensemble.

PRINCIPE DE BASE POUR LES BALS, PRATIQUES ET COURS

Le principe de base, incontestablement, est le respect d’autrui. Cela fait partie de la bonne éducation, dès l’enfance. Bonne humeur, savoir-vivre, politesse et gentillesse devraient être les maîtres mots, toujours présents à l’esprit des participants, et ce, à n’importe quel moment. Même si en cours, un pas ou une figure n’a pas été bien comprise, et que l’on pense que le responsable c’est le (ou la) partenaire. Même si en bal, on se fait bousculer sévèrement, ou encore marcher sur les pieds. Et, pour les enseignants, même s’ils se font critiquer, dénigrer, ou contredire lors des cours ou ailleurs. Nous vivons tous dans la communauté du Tango, et il est nécessaire de garder en soi, sang-froid et cordialité sous peine de dérives nocives.
Voyons, en détails, les bons réflexes à avoir :

1 °) SUR LA PISTE

Sens de la circulation
Le sens de circulation sur la piste est le sens inverse des aiguilles d’une montre. Et, comme dans la circulation automobile, il existe plusieurs couloirs de circulation, de l’extérieur, à l’intérieur. Plus la piste est grande en diamètre, plus il y aura de couloirs. A l’intérieur sont les danseurs plus lents ou inexpérimentés, et au centre ceux qui voudront danser des figures statiques. Au couloir le plus extérieur sont les danseurs expérimentés qui se meuvent le plus rapidement tout en maitrisant parfaitement leurs mouvements et l’espace. Plus il y a de monde sur la piste, et donc un espace restreint, plus les pas sont petits et l’abrazo fermé pour ne pas risquer de heurter le couple à côté.

Comment pouvons-nous savoir dans quel couloir nous pouvons circuler ?
Tout étant relatif (fonction des danseurs et danseuses présents, fonction de l’heure), il convient de regarder un moment comment le bal circule et évolue au moment où nous arrivons. De cette façon on s’imprègne de l’ambiance du bal pour ne pas être comme « un chien dans un jeu de quilles ».

Le bal, idéalement, doit être fluide et doit bien tourner. Ce qui veut dire que l’on ne doit pas s’arrêter sur place et ainsi créer de bouchon derrière soi. Ne pas changer de couloir, sauf nécessité absolue. L’espace doit être géré constamment par les danseurs. Prendre la place du couple devant qui vous l’a laissée. Ne pas doubler, sauf nécessité absolue. Si l’on doit doubler, doubler sur la gauche. Rester maître de sa vitesse, être capable de s’arrêter en cas de danger, de changer de direction rapidement. Etre capable de modifier dans l’instant ce que l’on avait l’intention de faire. Ne pas parler pour expliquer un pas, en pleine danse. Au contraire, rester concentré sur la musique, sur l’espace disponible, sur le guidage de la partenaire. Tout gérer : même l’imprévu. Improviser à chaque instant.

En cas de heurts
Malheureusement, malgré toutes ces précautions, il arrive que des chocs aient lieu. Plus l’espace est restreint, plus le risque de heurts est grand.

Quels sont les possibilités de chocs ?
- Quand la vitesse d’un couple n’est pas maitrisée, par rapport à la vitesse de tous les danseurs du couloir :
a) Vitesse trop lente (ou arrêt) et le couple derrière risque de heurter celui qui va trop lentement (ou qui s’est arrêté), s’il ne l’a pas vu à temps
b) vitesse trop rapide et c’est ce même couple qui risque de heurter le couple devant s’il ne l’a pas vu à temps.

- Quand un homme décide de reculer sans avoir vu évoluer le couple derrière lui, dans le même couloir,

- Quand deux couples de deux couloirs différents mais qui se jouxtent, décident au même moment, par hasard, de faire un pas latéral l’un à la rencontre de l’autre,

- Quand les boleos ou ganchos de la femme ne sont pas maitrisés en fonction de l’espace disponible alentour. Les femmes doivent apprécier par elles-mêmes si elles peuvent, ou non, effectuer en toute sécurité de telles figures.

- Quand les coudes des danseurs / danseuses sont trop hauts, ou à l’extérieur du cercle du couple dansant. De tels coudes font des ravages et peuvent faucher littéralement les visages ou les nuques des couples d’à côté (c’est du vécu !).

Dans tous les cas de chocs :
S’excuser auprès de celui ou celle que l’on a heurté fait partie de la bonne éducation. Cela montre que l’on respecte celui ou celle que l’on a heurté, même si l’on n’est pas responsable de l’erreur. Ne pas reprocher au partenaire la responsabilité du heurt.
Surtout ne pas penser que, puisqu’on n’est pas responsable du choc, on n’a pas à s’excuser. L’autre danseur en face peut aussi penser la même chose. L’humilité fait aussi partie du savoir vivre. On ne s’approprie pas la piste de danse comme on s’approprie un objet que l’on achète.

Si les excuses ne suivent pas un heurt, il est fort à parier qu’un jugement négatif sur la personne ou à plus forte raison sur la milonga elle-même, risque d’être fait, à tort ou à raison. De plus, des excuses contribuent à la bonne ambiance d’une milonga. Ne pas oublier qu’une milonga est un endroit convivial, ou on prend du plaisir à se retrouver et à danser ensemble, et même à danser avec des inconnus(es).

Les invitations : ne pas oublier le caractère profondément social de la milonga (bal)

C’est le (la) responsable de la milonga qui en définit son fonctionnement, en accord avec le DJ. Il n’empêche que les participants à cette milonga doivent à l’organisateur, de se conformer aux us et coutumes.
Habituellement, la programmation effectuée par le DJ est structurée en Tandas et Cortinas. Les Tandas sont représentés par 3 ou 4 morceaux de même style. Chaque Tanda est séparée par une Cortina, morceau de musique ne pouvant être confondue avec la Tanda.

Sur la Cortina, les danseurs regagnent leur table, ou simplement quittent la piste, pour permettre à d’autres danseurs d’y venir, ou bien permettre d’autres invitations avec d’autres partenaires.

Il est bien vu de changer de partenaires plusieurs fois dans la soirée, préservant en cela le côté convivial, social et populaire de la milonga. Le fait de danser uniquement toute la soirée avec le ou la même partenaire et se l’accaparer, (c’est paradoxalement assez bien toléré), ne permet pas d’échanger et de partager, ce qui est normalement le propre du bal. A Paris, le fait de danser avec un (e) seul (e) partenaire, même si c’est toléré, est considéré comme élitiste et comme anti-social, voire snob et égocentrique. Sans compter que ces personnes se privent de rencontres (dansées) intéressantes, potentiellement ! Le danseur qui savoure la milonga dans laquelle il est, prendra le temps d’attendre la musique qu’il aime vraiment avant d’inviter la femme qui lui semble la plus proche de ses aspirations, donnant ainsi toutes les chances d’une très forte entente dansée entre les deux partenaires. Dans l’intervalle, il peut discuter avec d’autres participants, aller au bar, ou simplement écouter la musique.

Normalement on ne change pas de partenaire durant la Tanda. La bienséance veut qu’on fasse au moins 2 Tangos (ou valses, ou milongas) avec le (la) même partenaire, mais il est mieux de faire toute la durée de la Tanda soit 3 ou 4 morceaux. Le seul cas à mon sens, où une femme peut planter son partenaire en plein milieu d’un Tango est celui qui relève de la brutalité avérée, de gestes que la morale réprouve, ou bien d’une non- maitrise de ses sentiments intimes et personnels !

A Buenos-Aires, et maintenant à Paris, peut-être aussi en Province, il est de bon ton de discuter un peu avec son (sa) partenaire avant de recommencer à danser entre deux Tangos, alors que la musique a repris.
Raccompagner la dame à sa table est « tip top » !

Ne pas promettre des invitations faites à tort et à travers sans passer à la pratique effectivement. Inversement, ne pas oublier les invitations acceptées. Rester très poli (e) et souriant (e) même si l’on doit refuser une invitation, il en est de même pour celui ou celle qui invite et qui se voit refuser.

De façon générale, les invitations se font le plus cordialement possible, peut importe la façon dont on s’y prend : par le regard, par le fameux « cabeceo », ou plus classiquement en France, en parlant directement avec le ou la partenaire potentiel(le).
Mesdames et messieurs, si vous mourrez d’envie d’inviter un (une) professionnel(le) dans une milonga, soyez conscient(e)que vous aurez entre les mains une « Ferrari » !

2°) DANS LES COURS
Le sens de circulation est le même que sur une piste : dans le sens inverse des aiguilles de montre. En cas de heurts, le même comportement de respect et de politesse est à rechercher (voir 1° ci-dessus).

Si vous avez un ou une partenaire attitré(e), n’oubliez pas de prévenir en cas d’impossibilité de vous rendre au cours.
Arriver à l’heure, même si le prof ne l’est pas…….toujours ! « La ponctualité est la politesse des rois ! »

Si le cours n’est pas terminé quand vous arrivez, patientez sans faire trop de bruit pour ne pas gêner la fin du cours.
Un élève vient aux cours pour apprendre. Sens de l’observation, écoute des explications sont nécessaires. En d’autres termes il faut de l’attention, en conséquence éviter de parler au voisin pendant les explications du professeur.

Si un professeur vient vous voir en particulier, pour vous donner une explication ou faire une correction de votre pas, alors que vous répétiez un pas ou une figure avec votre partenaire, ne vous sentez pas obligé(e) de l’envoyer promener par agacement. Faites lui confiance, ce qu’il ou elle a vu n’est pas forcément faux !

Eviter d’ « engueuler » son ou sa partenaire, cela n’arrange rien au contraire. Demandez-lui gentiment ce que vous voudriez. Si vraiment vous êtes très énervé(e), changer de partenaire puis revenez ensuite, cette interruption a permis de faire tomber la pression. Patience et indulgence !

De toute façon il est mieux de changer de partenaire de temps en temps, pour ne pas « faire du par cœur » avec le (la) même partenaire.

L’apprentissage est long et difficile pour tout le monde, du débutant à l’expérimenté. Ne pas se prendre pour des stars, même pour les élèves qui sont très brillants ou qui ont des tas d’années de Tango derrière. On trouve toujours meilleur que soi. Des professionnels de très haut niveau n’hésitent pas à aller prendre des cours chez d’autres, alors…….On apprend jusqu’à la fin de sa vie.

Et enfin, respecter le plus possible les niveaux annoncés pour les cours et les stages.

Les ateliers de Méphisto Tango !

Le concept des Ateliers Mephisto Tango ! a été introduit en 2005. Les ateliers (d’une durée de 3 heures) sont d’abord apparus comme des compléments de cours consacrés à l’improvisation. Le succès rencontré nous a conduits à étendre le concept en créant des ateliers de rythmique.

Aujourd’hui, à l’abord de la 4ème saison du concept des ateliers, nous avons décidé de regrouper dans chaque atelier :
- l’étude des bases techniques (un thème différent lors de chaque atelier),
- l’étude de la rythmique et de la musicalité à travers les orchestres des différentes époques du Tango Argentin (Vieille Garde, Age d’or, Epoque moderne et Electro Tango),
- des exercices d’improvisation sur le thème du jour,
- la mise en situation de bal.

Le concept des ateliers dépasse la structure classique des cours dans lesquels des professeurs proposent des exercices ou des séquences que les élèves s’efforcent de reproduire de leur mieux.

Dans les ateliers, nous retrouvons ce concept dans l’étude des bases techniques et des principes rythmiques, mais tout le reste des ateliers (rythmique et musicalité, improvisation, mise en situation de bal) propose une approche beaucoup plus interactive, dans lesquelles les élèves ont un rôle pro-actif dont le but suprême est de varier les improvisations. Ils essaient d’inclure les concepts étudiés dans ce qu’ils connaissent déjà, ils recherchent seuls ou en groupe de nouvelles façons de débuter ou finir des figures et enfin, ils expérimentent ce qu’ils viennent d’apprendre directement en situation de bal.

Le côté interactif des ateliers a largement contribué à instaurer une ambiance sympathique, conviviale et studieuse qui pousse les élèves à échanger leurs impressions entre eux et s’entraider sous le regard bienveillant des animateurs.

Rendez-vous sur le site www.mephisto-tango.com pour tous les détails sur le programme des ateliers

Est-il profitable de changer de partenaire dans les cours et les ateliers ?

Pour ceux et celles qui nous connaissent dans le cadre des activités de l’association Méphisto Tango, nous encourageons vivement l’échange de partenaire dans les cours et les ateliers. Nous pensons en effet que ces échanges apportent non seulement une réelle convivialité, (avouons-le, malheureusement cette convivialité fait souvent défaut dans le monde du Tango) mais également ils apportent une bonne intégration des nouveaux venus qui se sentent moins perdus. D’un point de vue technique et communication entre partenaires, ces échanges permettent aux élèves de vérifier grandeur nature si leur guidage est exact et précis pour les hommes, et pour les femmes si elles ressentent réellement le guidage plutôt que d’effectuer les mouvements par réflexe de « par cœur » ou d’habitude.

Si nous encourageons les élèves à changer de partenaires le plus possible (c’est l’apprentissage le meilleur et le plus rapide : pratiquer, pratiquer, pratiquer), néanmoins il n’est pas dans notre esprit d’obliger les élèves à changer s’ils ne le désirent pas. Certaines personnes ne le veulent pas, car ils ne cherchent qu’à travailler qu’entre eux, et pas avec d’autres. Cette façon de faire est également à respecter, même si nous ne partageons pas ce point de vue. Ce comportement engendre naturellement quelque frustration parmi les personnes qui sont arrivées sans partenaire, et qui se retrouvent seul(s), en cas de surnombre soit de femmes, soit d’hommes. Les partenaires des couples qui ne changent pas se voient alors reléguées, par les personnes qui changent volontiers, au rang d’égoïstes, d’individualistes et d’égocentriques. Comme dans toute association de Tango, nous voyons de temps en temps des personnes qui viennent se plaindre que « tel ou tel » refuse de tourner.

Essayons de savoir pourquoi, malgré les demandes des profs pendant les cours et les ateliers, certains élèves ne veulent pas changer de partenaire.

1°) Ils sont en couple dans la vie et sont venus pour ne travailler qu’entre eux, sur un problème technique déterminé, sur un thème bien défini.
2°) Ils sont en couples dans la vie et ils ne veulent pas provoquer de problème psychologique tel que : faire de la peine, jalousie, envie ou autre….
3°) Ils ne sont pas en couple dans la vie mais s’accordent tellement bien dans les cours et les ateliers qu’ils ne veulent pas prendre le risque de mal faire avec quelqu’un d’autre.
4°) Ils n’éprouvent aucun plaisir à être, pour les femmes, dans les bras d’autres hommes ; et pour les hommes, à prendre dans les bras d’autres femmes.
5°) Ils ne veulent pas se séparer de peur de tomber sur quelqu’un qui n’est pas de leur niveau (cela arrive souvent), auquel cas il n’y a aucun plaisir à apprendre : l’homme souffre d’être éventuellement avec une femme qui ne suit pas comme il le veut ; la femme souffre d’être éventuellement avec un homme qui ne comprend pas ou qui ne la guide pas correctement. Ceci est vu en particulier pour des couples de niveau avancé, mais ce n’est pas général.
6°) Ils ne veulent pas changer par inadéquation physique envers d’autres partenaires éventuels : homme trop grand, femme trop petite….
7°) Ils sont venus ensemble pour prendre un cour ou participer à un atelier, ils considèrent que le prix payé pour leur cours ou leur atelier ne les oblige pas à changer pour « moins bons » qu’eux.

Que pourrait-on dire aux élèves pour les inciter à changer de partenaire ?
Que personne n’est parfait…..Qu’on a tous le droit d’apprendre même si l’on a pas de partenaire attitré…..Qu’on apprend jusqu’à la fin de sa vie….. Qu’on a de bonne surprise à changer de partenaire, même en cours…… Qu’on se doit d’être humble, même si on a un bon niveau…..

Les différences de niveaux dans les cours

« Le jour où l’on commence à croire que l’on danse bien, on arrête d’apprendre. »

(Virulazo)

On le voit partout, dans tous les cours de Tango argentin et ceci à travers toute la France, les élèves généralement ont tendance à ne pas avoir conscience de leur propre niveau de Tango. Ce manque de réalisme amène à voir des danseurs et danseuses de niveaux différents dans un même cours (débutant, moyen, avancé). Secondairement, au vu de ces élèves, les enseignants peuvent avoir tendance à niveler le niveau annoncé initialement, par le bas, et ainsi à ne pas respecter leur engagement de départ. Ceci est évidemment préjudiciable pour tout le monde car la frustration engendrée, aussi bien pour les élèves qui ont bien respecté le niveau (et qui ne progresseront donc pas autant) que pour les enseignants, peut être importante. Inversement, si les enseignants respectent le niveau annoncé, ils peuvent s’attendre à voir les élèves ne pas suivre, car n’étant pas prêts. Et si ceux-ci sont en majorité dans les cours, les enseignants peuvent se sentir très seuls et frustrés, avec des pensées négatives et en conséquence, néfastes. Anxiété et impatience peuvent être ressenties, aussi bien du côté des élèves que des enseignants et en définitive, chacun peut ne pas y trouver son compte à la fin.

Comment faire pour résoudre ce problème de disparité de niveau dans un même cours ?

Le bon sens, évidemment, est de dire qu’il est nécessaire pour un élève de connaître son niveau personnel, et de s’y conformer pour choisir, en conscience, les cours bénéfiques pour soi.

Quand on est débutant, il est en effet dommage de griller les étapes et de chercher à entrer dans des cours où on apprend les mouvements où les jambes se mêlent par exemple. Bien sûr que ces mouvements attirent, bien sûr que c’est superbe, étonnant, passionnant. Mais chaque chose en son temps. Il est plus judicieux, d’abord, d’apprendre la marche à deux, l’équilibre, la posture, l’enlacement, les changements de poids, les pivots, le guidage et la réception du guidage pour la partenaire…. Commencer doucement, faire des choses simples sans impatience et sans brutalité, acquérir des bases solides sont les secrets d’un apprentissage réussi ! Ensuite on construit par-dessus, plus ou moins vite selon ses propres possibilités physiques et son propre ressenti.

En outre, lors des changements de partenaire, (changements de partenaires indispensables et nécessaires pendant le cours) il peut arriver qu’une partenaire du niveau correct « tombe » sur un partenaire d’un niveau insuffisant. Cela génère dans ce nouveau couple une incompréhension, un énervement et même une dispute qui peuvent nuire à l’ambiance générale, et cet homme sera laissé de côté par les femmes qui ne désireront plus passer entre ses bras ! La situation inverse est, du reste, tout aussi vraie.

Quand on est avancé, il est loin d’être inutile de revoir les bases et de les travailler pour soigner la qualité du pas ou la qualité du déplacement. Chaque professionnel, homme ou femme, n’hésite pas à prendre des cours avec d’autres professionnels pour enrichir leurs connaissances et aussi revoir les bases.

Les enseignants peuvent-ils résoudre ce problème de disparité dans leurs cours ?

Il est très difficile de dire à un élève : « non, tu ne peux entrer dans ce cours, c’est trop difficile pour toi » sans créer chez cet élève un sentiment de rejet qui pourra par la suite le dégouter de continuer. Il n’existe pas non plus d’examen, ni de sélection, avant les cours, pour voir le niveau de chaque élève présent. Comment faire alors ? L’expérience nous a montré qu’il est encore plus préjudiciable de ne pas respecter les niveaux annoncés. Les élèves qui ne peuvent pas suivre, d’eux-mêmes arrêtent de prendre des cours de niveau trop élevé pour eux. La sélection s’opère ainsi naturellement. Certains élèves n’acceptent pas de ne pas suivre et font des reproches divers et variés aux enseignants, mais, globalement, ce n’est qu’un moindre mal !

Faut-il filmer dans les cours ?

Oui, aussi bien les explications que le résumé final ?
Oui, mais seulement le résumé final ?
Non, il vaut mieux écouter et regarder que filmer ?

Vous pouvez voter pour ce sondage en cliquant sur le liant suivant ‘faut-il filmer dans les cours’ avant ou après avoir lu l’article ci-dessous et vous exprimer ensuite sur ce blog.

Le débat agite régulièrement le monde des professeurs et des élèves. La question est parfois passionnée et le point de vue de chacun se défend. Je distinguerai dans ma réflexion, l’enregistrement de la séquence récapitulative enfin de cours, de l’enregistrement de tout le cours.

Certains professeurs argentins comme Sebastian Arce et Mariana Montes au début de leur collaboration avec Méphisto Tango!, ont d’abord permis à leurs élèves de filmer dans les cours chaque séquence d’explication avant de faire marche arrière pour les raisons que je vais exposer. Je ne m’étendrai pas sur la surprise qu’a été la notre à la fin de la saison quand un élève nous a proposé de nous revendre l’intégralité des cours qu’il avait filmés à titre de dédommagement de l’achat du camescope qu’il avait effectué. Au vu de l’incongruité de la situation, je préfère passer directement à la question de fond.

Est-il profitable, au sens noble du terme, de laisser filmer les élèves tout au long du cours ?

Après réflexion et observation des résultats sur une saison, la réponse est non ; en effet, les élèves qui filment deviennent plus attentifs à guetter le moment de filmer qu’à travailler, et ils attachent généralement plus d’importance à filmer qu’à écouter et essayer de comprendre les explications sur place, pensant qu’ils auront bien le temps pour cela en rentrant chez eux. Ils agissent comme s’ils préfèraient remplir leur camescope de belles séquences finement exécutées que de se nourrir eux-mêmes du savoir de leur professeur. Filmer présente alors le désavantage de mettre les élèves en position d’observateurs extérieurs plutôt qu’en position d’élèves souhaitant comprendre ici et maintenant. La différence est très sensible.

De plus pour les professeurs, expliquer à des objectifs de camescope braqués sur soi n’est déjà pas très engageant, mais cela devient carrément désagréable quand il s’avère que les élèves qui filment (les hommes en général) ne comprennent généralement pas la séquence, n’écoutent pas les explications préoccupés qu’ils sont à bien filmer, et dès la fin des explications au mieux restent plantés sur place, au pire hèlent les professeurs pour leur demander de leur remontrer la séquence.

De grands maestros comme Gustavo Naveira sont opposés aux films pendant les cours, considérant de par leur expérience que le plus important pour les élèves étant de comprendre ce qui se passe et ce qu’ils sont censés faire, il est bien plus profitable pour eux de noter les explications qu’ils donnent. Ils partent du fameux principe selon lequel ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement. Pour avoir pratiqué cette méthode depuis mes débuts en tant qu’élève, je peux vous confirmer qu’il est virtuellement impossible de noter ce qu’on ne comprend pas et que par conséquent cette méthode est très efficace quand il s’agit de se poser les bonnes questions sur les problèmes rencontrés plutôt que de renvoyer leur traitement au revisionnage hypothétique et ultérieur du film pris dans le cours.

Nous sommes en mesure de dire que filmer tout au long du cours est contre productif, et dans ce cas d’ailleurs, autant apprendre directement sur video et se passer des conseils et des corrections personnalisées du professeur. De plus filmer rend une image en 2 dimensions d’évènements en 3 dimensions. Il faudrait pour bien faire disposer d’au moins 2 mais plutôt 3 angles de vision simultanés comme cela devrait d’ailleurs se pratiquer sur toute video de cours digne de ce nom.

Passons maintenant à la question de l’enregistrement des résumés en fin de cours. Certains professeurs sont farouchement contre, évoquant entre autres leur réticence à faire profiter gratuitement de leur enseignement des élèves n’ayant pas payé pour cela, ou bien encore leur crainte de se voir subtiliser leur savoir par des concurrents. C’est vrai, mais si tout leur savoir-faire se limite à ce qu’on voit dans une séquence filmée, c’est très réducteur, et que font-ils quand ils vont danser dans une milonga où on ne manquera pas de voir ce qu’ils font ? Je comprends qu’ils ont eux-mêmes appris sans filmer le moindre pas, mais ils bénéficiaient également d’un spectacle vivant de 1er choix chaque soir à la milonga, ce qui n’est peut-être pas le cas de tous les élèves aujourd’hui.

La plupart des professeurs acceptent de laisser les élèves filmer le résumé à la fin du cours. Certains se limitent à danser sans musique, et répondent ainsi au besoin exprimé, à savoir fournir aux élèves matière à se souvenir de la séquence, d’autres dansent tout un morceau selon l’humeur et l’envie du moment. Sebastian et Mariana faisaient l’un ou l’autre, leur décision souvent dépendait de la musique qui les portait. Dans ce cas ils se laissaient envahir et ils improvisaient, du début jusqu’à la fin du morceau, non seulement sur le thème du cours que sur bien d’autres mouvements. Inutile de dire que les élèves guettaient ce moment de pure émotion quand il arrivait.

Je conclurai donc en répondant à la question ‘faut-il filmer dans les cours ?’ que filmer tout au long du cours est un concept à proscrire et que filmer une séquence récapitulative à la fin du cours, effectuée avec ou sans musique semble être un compromis efficace, satisfaisant pour les uns et les autres.

Les boleos : facile………pas besoin d’apprendre !

Le croiriez-vous ? Faire des boleos pour les femmes : inutile d’apprendre ! Ca vient tout seul !

C’est pourtant bien une affirmation qui vient de sortir dans un forum Tango, et qui montre bien que quelquefois, certaines personnes n’hésitent pas à déclarer n’importe quoi. Provocation, ignorance, ou … ?

Rendez-vous sur notre site web pour voter et consulter notre avis sur le sujet : « BOLEOS : ça s’apprend ou c’est inné ? »

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