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Archive de la catégorie Les coups de coeur

Spectacle « Hemisferios » avec le groupe Tanghetto, à Evry

Ce spectacle est présenté comme un Opéra électro-Tango. C’est très abusif. Pourquoi avoir baptisé ce spectacle « Opéra », alors qu’il n’y a absolument pas de chanteur ni chanteuse ? Sur le plateau : un orchestre électro-Tango : Tanghetto (excellent), trois couples de danseurs dont un couple de danseurs de Hip-Hop, et un récitant (au demeurant ce récitant n’est rien moins que le metteur en scène de ce spectacle : le comédien Andres Spinelli).

Signalons la performance de l’orchestre, très au point, avec une sonorité excellente et une bonne qualité de l’équilibre entre les instruments. Les instrumentistes y sont tout aussi doués. Pour les avoir entendus plusieurs fois, et écouté leur CDs successifs, ils ont incontestablement amélioré leur musique, dans la composition et les harmonies, y compris dans le rythme, bien sûr. Sur scène, là, leur arrangement de « Bahia Blanca » de Carlos Di Sarli était intéressant par l’apport de la rythmique à la batterie, intensive sur ce Tango, sauf que j’aurais préféré plus de tendresse dans la mélodie au bandonéon. La batterie y prend peut-être trop de place. Néanmoins il n’y a pas eu destruction de l’œuvre originale. Aussi j’ai beaucoup aimé leur interprétation de « Libertango » d’Astor Piazzolla, leur arrangement était en parfaite osmose, dans l’esprit de la musique originale. Piazzolla lui-même avait introduit la batterie dans sa formation instrumentale « Conjunto electronico » dans les années 1975, par exemple. Notons bien sûr aussi les œuvres personnelles Tanghetto, tirées de leurs CDs « Emigrante » (2003), « Hybrid Tango » (2004), « Buenos-Aires Remix » (2005), « El Miedo a La Libertad » (2008), « Mas Alla del Sur » (2009).

Les danseurs de Tango étaient à la mesure de l’orchestre, excellents. Avec de très belles chorégraphies avant-gardistes, très, très originales dans certains mouvements, et parfaitement bien réussies, collant bien à la musique et à ses rythmes. Yanick Wyler et Eugenia Parrilla d’une part, Lautero Cancela et Lucila Sergura d’autre part ont bien montré et exprimé l’atmosphère quelquefois lourde et angoissée de la vie urbaine. Les danseurs professionnels de Hip-Hop, Lionel Coleno et Johanna Faye, m’ont paru bien, mais suis-je crédible sur ce sujet, ne connaissant pas du tout ni cette danse, ni les danseurs professionnels Hip-Hop qui dansent dessus ?

Le metteur en scène et récitant Andres Spinelli est un bon comédien, c’est sûr. Il parlait quelques secondes entre deux morceaux de Tanghetto, récitant des textes assez abscons, dont la compréhension était pour le moins limite pour le commun des mortels. On comprenait bien que les allers et retours entre un pays et un autre, somme toute l’émigration et l’exil, revêtaient un caractère bien particulier dans ses paroles, mais tout était mêlé comme dans un bazar, sans fil conducteur, ni construction. Ainsi, parler d’identité, de politique, de la vie urbaine, des différences de culture, des difficultés de communication, de la répression, tout cela est très bien, pourquoi pas, mais chaque chose mériterait d’être approfondie. Cela prendrait trop de temps. Alors on se pose la question à chacune de ses interventions : « Mais qu’est-ce qu’il dit ? » ou : « Mais qu’est ce qu’il a voulu dire ? » On ne peut même pas affirmer qu’il a utilisé un langage poétique….

Quant aux images projetées sur un écran géant derrière l’orchestre, OK cela peut servir de décor. Des vues de Buenos-Aires, des vues de danseurs dans la rue, des vues de gauchos qui dansent, des vues de policiers et de manifestations réprimées, etc, etc…. Ces vues sont si rapides, si saccadées sur l’écran, que l’on peut être perturbé dans l’écoute même de la musique, et dans la vue des danseurs sur scène.

A part ces quelques restrictions d’usage qui sont uniquement dues à ma sensibilité propre, je reverrai très volontiers Tanghetto et les danseurs le 28 mars à la milonga Bahia Blanca à Paris. J’ignore s’ils présenteront autre chose, le lieu étant complètement différent par rapport à un théâtre pur, mais je suis sûre que ce sera tout aussi digne d’intérêt.

Rendez-vous le 28 mars, avec grand plaisir.

Tangueando le film

Il y a quelque temps je vous annonçais l’arrivée du film « Tangueando » réalisé et produit par Carmen Porras et Daniel Cobarrubias, avec la vidéo de présentation de ce film sur le lien suivant :

Voici quelques infos de plus :Le film Tangueando fera sa première dans le cadre des Rencontres de Cinéma d’Amérique Latine de Toulouse:

Jeudi 25 mars à 18h30 à La Maison du Tango de Toulouse 51 Rue Bayard
Vendredi 26 mars à 16h à l’Instituto Cervantes 31 Rue des Chalets Toulouse
Week-end du 27-28 mars à la Cinémathèque ou à l’ESAV Toulouse (à confirmer)

Les tangueros Toulousains iront certainement, mais rien n’empêche que tous les tangueros de toutes les régions de France s’y donnent rendez-vous !

tangueando.lefilm@gmail.com

blog : http://tangueando-lefilm.blogspot.com/

Interview de Fabrice Hatem par Bernadette GUILLOT (Mephisto Tango!)

Ne vous impatientez pas, l’interview de Fabrice Hatem est désormais en ligne sur le site

N’hésitez pas à aller sur son site perso : www.fabrice.hatem.free.fr, où vous trouverez une immense documentation sur la culture tanguera.

Je pense qu’il sera content également de lire vos commentaires si vous en avez !
Bonne lecture

Festival de Tango argentin au Manoir de Kerallic à Plestin les Grèves du 25 décembre 2009 au 1er janvier 2010, organisé par Le Temps du Tango

Pour la dixième fois en cet endroit, l’association Le Temps du Tango a organisé son habituel Festival de Tango argentin au manoir de Kerallic à Plestin les Grèves (Côtes d’Armor) pendant les vacances de Noël.

Personne ne sera surpris si je dis que tout tournait comme sur des roulettes pour l’organisation, (ils ont l’habitude depuis le temps !) et que l’équipe dirigeante, aussi bien que les bénévoles, ont été efficaces et bosseurs, malgré la fatigue et la mine inquiète quelquefois. S’il y a eu des petits problèmes, ce ne s’est pas vu de l’extérieur, du moins je le pense. Parmi les bénévoles qui ont effectué un gros boulot, je citerais volontiers Didier Tournon ainsi que sa femme Elisabeth. Didier pour avoir fait les animations des soirées et les présentations des artistes très élogieuses, et aussi pour avoir écrit et dit ses propres jeux de mots, très drôles, sur l’année « 2010 » ; Elisabeth pour avoir veillé nuit et jour à ce que tout ce passe bien pour tout le monde. Je crois pouvoir dire que la convivialité était là chez tous les participants, 230 stagiaires exigeants à satisfaire pendant 7 jours, ce n’est pas rien ! Le quart d’heure « armoricain », proposé par Didier dans les milongas, où les femmes invitent les hommes, a été très apprécié si j’en juge par le succès de certains hommes, littéralement « happés » par des dames ! J’ai bien aimé aussi le travail de décoration des salles de restaurant et de spectacle pour le réveillon, nul doute que là aussi les bénévoles ont fait tout leur possible pour que ce soit sympa à regarder.

Au point de vue restauration (chez les Français la gastronomie est un élément indispensable et nécessaire), ce n’était pas chez Bocuse, mais enfin, c’était très correct de façon générale.

Pour le logement, les bungalows sont très confortables, mais…..gare aux talons des dames qui font trop de bruit sur le carrelage ! C’est là peut-être le seul désavantage du logement, tout s’entend (et quand je dis tout…..) ! Les cloisons sont tellement minces qu’ont entendrait une mouche voler chez le voisin (heureusement qu’on n’est pas en été) ! Néanmoins les stagiaires ont veillé à faire attention généralement, et pour ceux qui mettaient leur musique trop fort chez eux: heureusement que c’était de la musique Tango !

Du côté parquet de danse : oups ! J’ai glissé ! Dommage mais on s’habitue. Les professionnels ont dû être inquiets, mais en bons professionnels ils ont dû prévoir plusieurs paires de chaussures. Les meilleurs n’ont pas glissé, merci pour eux, malgré la difficulté.

Les soirées costumées n’ont pas eu un grand succès vu le nombre réduit de costumes aperçus (soirée cinéma, soirée an 3000 et soirée « tout est permis »). Je n’ai rien à reprocher puisque je n’étais pas costumée non plus, mais je peux tout de même signaler Philippe Fassier le photographe, habillé des pieds à la tête en CDs avec les bras en tuyaux à ressort qui lui donnait une démarche très robotisée, Francine toute brillante….. Vu aussi un couple d’anges tout en blanc avec auréole et cheveux blanc, plusieurs squelettes, des Draculas…. Ce qui donne en définitive un nombre de personnes costumées très limité, alors que la piste de danse était confortablement bien remplie !

Voyons maintenant du côté des artistes, et je citerais les artistes qui m’ont le plus marquée (oui, oui, je sais, c’est subjectif) :

- Gustavo Rosas et Gisela Natoli :

Toujours égaux à eux-mêmes, ils font partie de ceux que j’aime le plus depuis longtemps. J’admire en eux la qualité de l’abrazo, aussi bien en position fermée qu’ouverte, l’élégance et la dynamique des mouvements, l’expression profonde de leur Tango et l’harmonie du couple. J’admire la virtuosité, la rapidité et la précision des jambes de Gisela, des pieds délicats et une pose de pieds amortie au sol, un vrai bonheur. Elle est hyper souple : regardez « Oblivion » d’Astor Piazzolla ; chorégraphie très acrobatique :

et celles moins acrobatique :

et encore

Je ne dirais qu’un mot : remarquable !

- Diego « El Pajaro » Riemer et Maria Belen Giachello :

Je n’avais pas vu Diego danser depuis très longtemps (c’était du temps où il dansait avec Mecha), et j’ai été très impressionnée par l’évolution de sa danse, beaucoup plus fluide, plus assurée, profondément dans le sol, dynamique. Maria Belen, délicieusement féminine, tout en rondeur dans sa façon de bouger, une pose de pieds très délicate et précise, très sensuelle, le couple est bien assorti, c’est du moins mon avis. J’ai préféré à leurs deux tangos leur interprétation de leur milonga traspié, très musicale dans le rythme, dans le phrasé y compris dans la technique où j’ai noté un jeu de jambes très personnel de Diego.

Regardez et jugez vous-mêmes :

(sur de la murga) ;

et pour plaire aux messieurs regardez :

avec une superbe milonga en deuxième partie ;

et pour le plaisir, plus sérieusement :

Cet homme qui est très grand, imposant, massif (jugez-en : mon nez arrivait à son nombril lors des trop rares fois où je dansais avec lui dans ses cours), a un incontestable charisme, beaucoup de présence et de drôlerie à la fois et possède en outre une très bonne pédagogie dans ses cours, pour la musique et pour la danse. En dehors de cela, pour rire, il n’a pas hésité à faire une animation avec ses élèves, lors du réveillon, sur une musique de Michaël Jackson (Billie Jean) qui fut très appréciée par toutes les dames de l’assemblée !

- Andres et Julia Ciafardini :

C’était mon coup de cœur cette fois-ci, car j’ai bien aimé toutes leurs démonstrations, pleines de dynamisme et ils mettaient toute leur âme dedans. Ils ont beaucoup travaillé depuis le temps (2005 je crois) où ils préparaient avec Sebastian Arce et Mariana Montes les chorégraphies destinées à l’ouverture de la milonga (défunte hélas) : chez Yoko. Assurance et énergie associée à la technique et la musicalité, ils ont ensemble parcouru du chemin et ils progresseront encore, c’est sûr. La seule chose que je pourrais dire mais qui n’est absolument pas rédhibitoire, c’est que Julia a tendance par moment, et même dans les moments les plus romantiques des Tangos, à frapper le sol de ses pieds juste avant de passer le poids. Dans ces moments, surtout dans les tours (mais peut-être est-ce dû au parquet trop glissant), il n’y a pas d’amorti du pied sur le sol, ce qui donne à son déplacement un aspect sec et brutal, même si le mouvement est correct en soi. Mais je ne doute pas un seul instant que Julia saura trouver en elle cette faculté de poser ses pieds comme un chat.

- Juan Carlos Caceres :

Interviewé par Fabrice Hatem, Juan Carlos Caceres a parlé du sujet qui lui tient le plus à cœur : les origines noires du Tango. S’accompagnant au piano, il est revenu sur la musique initiatrice du Tango : le Candombé des noirs, la Habanera cubaine, la Milonga brésilienne.

Ce musicien bien connu (qui ne connait pas Toca Tango et Tango Negro ?) est d’une richesse artistique passionnante, associé à un sens humoristique assez corrosif quelquefois. Pendant plus d’une heure, il a ainsi parlé des bordels de Buenos-Aires (qui ne sont pas LA seule origine des Tangos selon lui, le Tango est né avant, dans le peuple et à la marge de la ville de B-A ou de Montévidéo par la fusion des peuples immigrants), des rythmes des musiques afro-cubaines (couleurs différentes selon la géographie mais étant très similaires), du jazz, du bandonéon, de la spécificité Tango en tant que genre musical à part entière (mode mineur ; tango nota : quinte mineure, neuvième dominante ; rubato), de la préhistoire du Tango entre les années 1880 et 1900.

A la suite de cette conférence très instructive, il a animé en partie la milonga du soir par sa voix rauque et son piano, faisant danser les stagiaires du Festival. Très applaudi, cet homme au demeurant affable et disponible est un musicien cultivé qui cherche à renouer avec les toutes premières origines des Tangos, les très vieux Tangos (pour cela il avait apporté quelques CDs de vieux Tangos revisités par lui-même, disponibles à la vente), en leur apportant sa touche personnelle. La « négritude du Tango » est son cheval de bataille. De façon réussie.

- Fabrice Hatem :

Fabrice Hatem est un artiste en son genre. Il suffit de le voir danser pour savoir cela. A part cet aspect très représentatif de sa personnalité, Fabrice s’est attaché depuis bien des années à faire connaître la poésie Tanguera. Son site : www.fabrice.hatem.free.fr vous en dira bien plus, car il est extrêmement bien fait, et très clair.

Fabrice tous les soirs pendant 1h30 a ainsi animé des conférences très instructives sur des poètes tels que Pascual Contursi, Célodonio Flores, Enrique Cadicamo, Enrique Santos Discepolo, Carlos Gardel : la voix des poètes. Doté d’une grande facilité d’élocution et d’un humour doublé de gentillesse et de tendresse pour tous ces poètes disparus, il a brossé des portraits pertinents de ces poètes et de leurs poèmes, en en faisant synthèse, analyse et conclusion. A l’aide de chaine hifi, d’ordinateur et d’écran au mur, nous pouvions écouter les Tangos-chansons et suivre en même temps les textes en Espagnol et en Français (traductions de Fabrice Hatem). Notons aussi la présence d’une charmante chanteuse argentine : Michèle Hertag qui a chanté a capella deux poèmes.

Je noterais une fois de plus qu’il n’y avait pas suffisamment de monde comparativement à la qualité de ces conférences : une trentaine de personnes, sur 230 stagiaires….. Pourquoi ? Les horaires étaient pourtant bien justifiés : après les cours et avant le diner….

Vous trouverez sur le lien suivant : une interview que Fabrice a bien voulu me donner à Kérallic. Il parle de lui, de ses sentiments relatifs au Tango, et de sa vie personnelle relative à la danse. C’est un aspect peu connu de sa personnalité qui est montrée là, et qui est touchante par bien des aspects. Parfaitement bénévole et désintéressé depuis des années, être passionné et intelligent s’il en est, Fabrice Hatem mérite une reconnaissance et une gratitude pour tout ce qu’il a fait jusqu’ici pour le Tango.

En conclusion ce fut une semaine bien remplie et passionnante pour moi, et de ce que j’ai pu percevoir à droite et à gauche, tout le monde avait l’air satisfait.
A l’année prochaine ?

Interview de Mariano “Chicho” Frumboli par Milena Plebs Revue El Tangauta décembre 2009

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Je livre à votre sagacité suprême l’excellente interview de Chicho réalisée par Milena Plebs, parue dans le journal de Tango de Buenos-Aires El Tangauta de décembre 2009. Vous la trouverez, traduite en Français, sur le site Mephisto Tango au lien suivant : Interview de Mariano “Chicho” Frumboli

Surprenante interview où l’on voit un Chicho plein d’humilité, avouant presque avec regret qu’il porte une responsabilité dans la façon de danser des jeunes, puisque lui-même enseignait un Tango très moderne, créatif et novateur. Et aussi, le passage très pertinent sur la musique, indispensable à lire pour tous ceux qui veulent danser en se plongeant profondément en elle…..

Bonne lecture et bons commentaires si vous en avez !

Gaston Torelli et Moïra Castellano à Bahia Blanca

Dimanche soir, devant un public nombreux et enthousiaste, sur la piste de danse de la milonga Bahia Blanca, Gaston Torelli et Moïra Castellano ont dansé avec beaucoup de cœur et de sensibilité des chorégraphies très travaillées et une danse improvisée de grande qualité.

Ce fut un régal. Au-delà de la technique impeccable, -et on se doute du travail que cela demande-, ils ont été superbes d’aisance, d’assurance et de naturel, même dans des mouvements originaux les plus difficiles, même dans les portées acrobatiques. Moïra est d’une élégance suprême, très belle, habillée dans un pantalon turquoise et d’un top assorti, et la longueur de ses jambes est ainsi mise en valeur, révélant un déplacement au sol ample, dynamique, fluide, et sobre à la fois. Gaston était habillé de façon classique, en costume. Pas un ne dominait l’autre, ils se connaissent parfaitement bien, et le couple était là, bien présent. Aucune monotonie en eux, rien était « scolaire » et le public a bien senti qu’ils étaient heureux de danser ensemble, avec toute la profondeur de leurs sentiments, y compris sur des morceaux de musique très modernes et non conventionnels.

Ils ont dégagé beaucoup de chaleur, ils avaient envie de donner, de se donner avec énergie, et c’était beau…. Simplement beau.

Spectacle « Otango » au Casino de Paris Novembre 2009

Salle du Casino de Paris bourrée à craquer, ovation frénétique du public à la fin, ce spectacle créé en 2004 à Buenos-Aires, et sans cesse ravivé (c’est du moins ce que dit le programme vendu à l’entrée), remplit parfaitement tous les critères attendus par tous les spectateurs du monde entier, danseurs ou non, musiciens ou non. Décors et éclairages superbes, costumes non moins remarquables par leur beauté.

Nous retrouvons la musique avec un excellent orchestre : « Cincotango » : Emiliano Greco au piano, Ramiro Boero au bandonéon, Humberto Ridolfi et Olivier Tilkin aux violons, Juan Miguens à la contrebasse. Citons également la chanteuse Claudia Pannone qui, personnellement, m’a émue, tant elle interprète avec passion et élégance toutes les chansons de son répertoire (dont une a capella), avec un timbre de voix véritablement « tango ». Je n’en dirais pas autant pour le chanteur Jose Luis Barreto, qui, il me semble, est plus ténor lyrique que tango. Néanmoins, il est agréable de l’entendre.

Les 5 couples de danseurs sont tous d’excellent niveau :

- citons en premier Adrian Veredice et Alejandra Hobert qui ont monté toutes les chorégraphies de groupe. Ils sont bien connus à Paris pour y avoir travaillé bien des fois, non seulement pour nous mais pour les autres associations parisiennes. Ils méritent amplement d’être les danseurs « étoiles » de la troupe.

- Claudio Gonzalez et Melina Brufman que nous avions vu à Buenos-Aires, sont toujours aussi ardents et brillants. Leur expression artistique sur scène est époustouflante de maîtrise technique, on dirait que tous leurs pas sont calculés au millimètre près, dans l’énergie et la dynamique, avec les acrobaties ou non. Leur Tango, très personnel, est percutant et brulant. Ce sont « les »danseurs de scène par excellence, car ils savent allier le côté spectaculaire et le côté profondément dramatique du Tango.

- Mariano Galeano et Paula Rubin sont peut-être moins charismatiques que Claudio et Melina pour la scène, mais on ne peut passer à côté du charme intense de Paula.

- Christian Marquez et Virginia Gomez ont chorégraphié une milonga éblouissante.

- Fernando Gracia et Sabrina Masso sont très talentueux. Fernando est Champion du monde 2007 au Mundial de Tango de Buenos-Aires. Sabrina (ex-partenaire d’Ezequiel Paludi), très élégante dans son déplacement au sol, a une grande expérience du Tango, aussi bien sur scène qu’en improvisé dans les Festivals où elle enseigne.

De façon générale, ce spectacle comportait certaines chorégraphies très intéressantes : citons entre autres « La yumba » où l’on voit Melina Brufman danser avec quatre danseurs à la fois ; « Milonga del Angel » où Paula Rubin et Sabrina Masso dansent ensemble.

Le fil conducteur était, bien sûr, l’amour, la trahison, la jalousie, la folie, le meurtre, le remord…. Première partie : le café, les putes, la bagarre, les femmes qui se disputent un homme… Deuxième partie : la trahison dans un décor des années 20 où l’homme ne résiste pas à la tentation. Revenu vers elle ensuite, elle le repoussera, le conduisant par jalousie, au meurtre. Mais, dans son esprit fou, il arrivera à la ressusciter ….

Vous l’aurez compris, malgré l’éternel cliché spectacle après spectacle, la qualité est là, et grâce à elle on ne s’ennuie pas. Après tout, c’est là l’essentiel.

Bande-annonce du film documentaire : « Tangueando »

Un nouveau documentaire (Français celui-là) sur le Tango vient juste de sortir, et celui-ci va être présenté dans le cadre du Festival du Cinéma Amérique latine, à Toulouse, du 19 au 28 mars 2010, et peut-être dans le prochain Festival de Tango de Tarbes en août 2010.

Néanmoins en attendant, nous pouvons profiter de la bande-annonce :

et du dossier relatif au film : http://tangueando-lefilm.blogspot.com/ où nous pouvons obtenir tous les détails et le pourquoi du tournage.

Le challenge des réalisateurs et producteurs Daniel Cobarrubias et Carmen Porras, en tournant ce film, était de dévoiler la vision intime des danseurs de Tango, aussi bien amateurs que professionnels (on y reconnaitra Pablo Tegli, et c’est un plaisir….). En étant complètement immergés dans l’association « Tangueando Toulouse », Daniel et Carmen ont désiré ouvrir leur caméra pour montrer ce qu’est une association dévouée à la culture du Tango, et comment les gens, à l’intérieur, expriment leur ressenti face à cette danse.

D’où le grand intérêt à voir ce film, non seulement à Toulouse mais partout ailleurs en France et à l’étranger. Le DVD sera également réalisé, et prêt début 2010. Il suffira de le demander en écrivant à tangueando.lefilm@gmail.com

Sans aucun doute, nous attendrons ce film avec grande impatience.

Deuxième Rencontre de Tango argentin d’Albi du 29 octobre au 1er novembre 2009

Claire Prouhet, la dirigeante d’« Artetango » Albi, suivie par son efficace équipe de bénévoles, a brillamment organisé les deuxièmes rencontres de Tango argentin dans la jolie ville d’Albi (Albi et sa merveilleuse cathédrale, et son musée Toulouse-Lautrec juste à côté, entre autres !).

Claire a réussi, outre le fait d’une organisation remarquable pour ces 4 jours, le tour de force de réunir des artistes internationaux de qualité, connus et reconnus. Si l’on en juge simplement par le nombre des spectateurs et danseurs présents surtout le samedi soir (entre 400 et 500 personnes), et par le fait que par rapport à l’année dernière, le nombre des spectateurs a augmenté, on peut supposer que Claire saura apporter, année après année, tout son savoir faire pour que ces rencontres de la Toussaint à Albi, soient de plus en plus réputées.

Voici les événements notoires qui ont émaillé ces 4 jours de festivités :

Conférence de William Sabatier sur le bandonéon (www.williamsabatier.com) le 30 octobre.

William Sabatier, bandonéoniste français, a animé une intéressante conférence d’une bonne heure sur son instrument de prédilection : le bandonéon.

A peu près une centaine de personnes sont venues l’écouter parler, et jouer. Pourquoi à Albi, entre 90 et 100 personnes viennent à une conférence sur la musique, et qu’à Paris il n’y a que 30 ou 40 personnes ? Réponse : l’entrée était gratuite. Faut-il en déduire que, pour intéresser les gens sur la musique Tango, il faut dispenser cette culture gratuitement ? Et pourtant, la musique est le cœur fondamental et nécessaire de la danse….

Le bandonéon est arrivé en Argentine alors que le Tango avait déjà commencé à voir le jour. Néanmoins, cet instrument est devenu par la suite emblématique du Tango argentin, car il reflète ce genre de musique. Il fait partie de l’évolution du Tango argentin, jusqu’à nos jours. Depuis le 29 octobre 2009 le bandonéon est devenu Patrimoine culturel national de l’Argentine (pour éviter probablement la trop grande exportation des instruments de plus de 40 ans), tandis que le Tango argentin dans sa globalité est devenu Patrimoine culturel universel, inscrit à l’UNESCO depuis le 30 septembre 2009.

Le bandonéon est né en Allemagne vers 1850. Il vient du concertina allemand, diatonique, auquel on a ajouté des boutons pour pouvoir jouer dans toutes les tonalités (il est ainsi devenu chromatique). En 1843 Heinrich Band conçoit l’instrument, et Friedrich Zimmermann le fabrique dès 1847. Dans son atelier Ernest Louis Arnold y travaille. Par la suite, l’entreprise est rachetée par la famille Arnold, et Alfred Arnold crée un bandonéon qui devient LE standard. A la fin du 19ème siècle, il arrive en Argentine par le biais d’un marin allemand. L’entreprise exporte en Argentine ce bandonéon. Avec le temps, la technique se développe grâce aux bandonéonistes virtuoses (exemples : Pedro Laurenz, Pedro Maffia, Ciriaco Ortiz, Anibal Troilo, Astor Piazzolla, Leopoldo Federico).

L’instrument lui-même se compose de 2 hémisphères comportant des boutons, et d’un soufflet. Le principe est la compression de l’air : plus la compression est forte, plus l’instrument joue fort. Les boutons sont en galalithe (pierre de lait) recouverts de pastille de nacre permettant que les doigts ne glissent pas dessus. La caisse est faite de bois résineux, avec une fine couche de placage (poirier) et d’un vernis noir. Les lamelles sont en acier (les anches), sur des plaques en zinc. Il existe des instruments plus légers faits en duralumin à la place mais ils ont moins de puissance sonore. Le soufflet est fait de cuir et de carton. Le cuir, très souple, est posé dans les angles. Le cuir permet d’étirer l’instrument sans le détruire car il reprend sa pliure naturelle. En décoration, le maillechort (alliage de cuivre, nickel et zinc), la nacre, ou une marqueterie venant d’Asie. La valve d’entrée et de sortie d’air, quand on la manipule, permet un effet très percussif. Cette valve n’existe pas dans l’accordéon.

Aujourd’hui le savoir faire des facteurs de bandonéons des années 20-30 s’est perdu. La perte du Tango pendant les années 70 en a été une des causes. Mais l’engouement est revenu plus fort encore depuis les années 1980 pour cette musique et cet instrument, pouvant laisser penser un avenir radieux.
Pour finir cette conférence William Sabatier incite les auditeurs à apprendre cet instrument, tout en regrettant le prix d’achat élevé. Plus il y aura d’instrumentistes amateurs ou professionnels, plus la qualité des orchestres et des bandonéonistes montera.

Concert Tango du Trio Sabatier – Couranjou – Calo, consacré en majeure partie aux œuvres d’Astor Piazzolla le 30 octobre.

William Sabatier : bandonéon ;
Osvaldo Calo : Piano ;
Sebastien Couranjou : violon.
Concert de très grande qualité, avec musiciens de très haute valeur. L’un va avec l’autre. Evidemment. Surtout pour le répertoire d’Astor Piazzolla : Preparense ; Introduccion del Angel ; Escualo ; Adios Nonino ; Fugata ; Soledad ; Michelangelo 70 ; Triunfal. Et puis des œuvres actuelles par encore connues en France de Gustavo Fedel, mais néanmoins très intéressantes : Tangonia, Letardo de Los Punales, Milonga del Broche.

Ce concert fut un régal, la sono très bien réglée, l’acoustique de la salle excellente, et les musiciens ont été acclamés à juste titre !

Concert de l’Orquesta tipica « El Afronte » (www.elafronte.com.ar) le 31 octobre.

Encore un grand moment que cet orchestre de jeunes musiciens argentins en tournée européenne. Ils jouent à San Telmo le dimanche dans la rue à Buenos-Aires, et personnellement je suis heureuse de les revoir dans d’autres conditions, car ils sont loin d’être insignifiants et inconsistants. Quatre bandonéonistes très dynamiques et puissants, un pianiste de grand talent, un contrebassiste, un violoncelliste également talentueux, et trois violonistes malheureusement d’inégale valeur. Ces violons auraient mérité d’être plus présents et plus sûrs y compris dans la justesse, pour être en accord avec les bandonéons et le piano, qui eux étaient complètement là, avec la pêche, et sûrs de leur moyens techniques. Le chanteur était très convaincant avec un timbre de voix grave et chaud, sans aucune monotonie dans les nuances.
Malgré la faiblesse des violons, on a entendu un très bon concert, avec des compositions d’Arolas, de Troilo, de Manzi, de Pugliese, de Ruggero, d’Alvarez, de Greco, de Gardel, de Piazzolla. Egalement des compositions de l’orchestre lui-même, dont une composition jouée pour la première fois en France.
Inutile de dire qu’ils ont été acclamés par les spectateurs qui n’ont pas hésité à se lever et à les bisser plusieurs fois !


Démonstrations de Christophe Lambert et Judith Elbaz le 31 octobre.

C’est une valeur sûre que ce couple. Tout le monde les connait en France, tant ils ont la réputation depuis des années et des années, d’être des bons pédagogues et des très bons danseurs en improvisé. Ce fait ne s’est pas démenti. Ils ont dansé 4 danses très en rythme et techniquement très propre, 2 tangos traditionnels, 1 milonga, et chose intéressante : un tango alternatif chanté, lent, dans lequel l’interprétation qu’ils en ont faite résidait dans la recherche sur l’abrazo.

En effet, toujours en marchant et sans faire de figure jamais, ils ont varié l’abrazo de façon totalement novatrice et surprenante. En début de tango, si l’abrazo était « normal », très rapidement la main droite de Judith et la main gauche de Christophe se sont détachées tout en dansant, et les bras se sont tendus à l’horizontale sans jamais se rencontrer, comme si le bras gauche de l’homme poursuivait le bras droit de la femme, bras que Judith tenait derrière elle à l’horizontale, avec une dissociation de l’épaule droite. Ensuite, l’abrazo change une nouvelle fois, c’est Judith qui porte ses mains à sa nuque, et Christophe face à elle passe ses bras dans ses bras à elle, et il la guide ainsi sans de difficulté notoire. Mais le plus étrange encore, c’est l’abrazo de Judith ensuite, elle est derrière lui, serrée contre lui et ses bras (à elle) entourent son torse (à lui), soit avec ses mains au niveau des épaules (à lui), soit au niveau de la poitrine (à lui). La marche est intimement emboîtée, les deux marchent en avant, avec de temps en temps une marche arrière avec rebond, ce qui provoque un boléo recto de Judith vers l’arrière. Ils vont finir la danse en marche avant déboitée avec les bras de l’un, autour de la taille de l’autre, et réciproquement. Les quelques dernières mesures de la musique les verra revenir en abrazo traditionnel.

Il est évident que c’est une recherche pure, une expérimentation. Certains bien sûr penseront qu’il est inutile de faire de telles explorations, mais de cette expérience viendra peut-être dans le futur une idée utilisable en bal, tout comme il existe maintenant des figures novatrices exploitées chez les danseurs professionnels en démonstration ou en bal, sur des marches où les deux partenaires sont côte à côte et non plus face à face.

Cette prestation a été très applaudie, et on ne peut que se réjouir de cette ouverture d’esprit.

Démonstrations de Pablo Rodriguez et Noelia Hurtado le 31 octobre.

Ces très jeunes danseurs, entre 20 et 25 ans, sont déjà Champions de Tango Salon en 2006 à Buenos-Aires. La valeur n’attend pas le nombre des années, dit-on. Et vraiment il est juste de dire combien ils sont beaux et combien ils dansent bien. Tango traditionnel de style « Villa Urquiza », tango salon pur et dur. Tout en dynamique des mouvements et en souplesse, ils sont un régal de la vue. On peut prédire qu’ils auront un grand avenir, du reste ils commencent déjà leur jeune carrière en parcourant le globe.
Voici quelques vidéos qui exprimeront mieux tous les écrits du monde :

« Parque Patricios » Francisco Canaro

« Ojos Negros » Di Sarli

« Bahia Blanca » Di Sarli

Film en projection : « Maestros Milongueros » le 1er novembre.

Peut-être est-ce la fête des morts qui a voulu cela, mais ce film a remémoré quelques-uns des vieux milongueros les plus connus et qui sont morts : Portalea, Pupi Castello, Gavito. D’autres pas encore partis dans l’au-delà (du moins à ce que j’en sais) : Osvaldo et Coca, Margarita, Roberto et Chiquita.
Tous ces vieux milongueros ont prêté leur voix et leur image, avant de mourir, pour laisser un témoignage de ce qu’ils ont connus de l’époque d’or du Tango. C’est ainsi qu’ils racontent leurs aventures tanguitistiques, leurs motivations, leurs parcours, et leurs enseignements à des plus jeunes.

Alors que la technique n’est qu’un aspect très secondaire dans leur Tango dansé, tous ont la même vision : celle de la recherche perpétuelle de l’essence du Tango, de l’intuition, de la prestance, de l’élégance et de l’observation. Ne pas se presser, c’est l’éloge de la lenteur pour : « plus sentir qu’exécuter ». Marcher et encore marcher pour trouver l’impulsion juste associée au pas, et la posture.

Même si la façon de danser des jeunes d’aujourd’hui n’est plus du tout comparable avec ce que faisait tous ces vieux danseurs, il n’empêche que leur façon d’enseigner le Tango est d’abord et avant tout basée sur l’esprit de la danse, sa signification sentimentale profonde, ou même sexuelle. La recherche constante de l’âme du Tango. Tous ont un point commun, leur profond respect et une passion infinie pour la danse et la musique, et pour cette culture en général.

Ce film est passionnant pour cela, car il aide à comprendre qu’au-delà de la technique pure, étant le cadet de leur souci, le Tango dansé apporte à chacun le plaisir d’être et de ressentir quelque chose de très fort qui est la communion suprême.

Les DJs : Aurore et Claudia Petit
Notons la performance d’Aurore qui a eu une tâche très difficile le 30 octobre pour l’animation musicale de la milonga, car Claire Prouhet désirait une milonga dans la suite logique du concert du trio Calo-Couranjou-Sabatier. C’était une milonga faite pour un Tango très moderne, qui n’avait en rien de relation avec la musique Tango traditionnel. Donc nous avons entendu, et dansé, des Tangos électros, les Tangos alternatifs, fusions, et bien sûr des Piazzolla. Aussi certains Tango traditionnels mais considérablement arrangés. Personnellement j’ai bien aimé, mais pour d’autres personnes ce fut dérangeant.

Quant à Claudia Petit : on ne la présente plus !

Pulsacion n° 1 : spectacle De Damian Rosenthal et Céline Ruiz

C’est maintenant chose faite, Damian et Céline ont monté leur propre spectacle. Après 5 mois de préparation, la semaine dernière au Théâtre « Le vent se lève » à Paris, ils ont montré au public leur vision, comme une chronique momentanée et actuelle de leur propre langage, avec comme toile de fond, le Tango. Ils sont seuls en scène avec un écran et une chaise, c’est tout. Et des voix « off ». Néanmoins, le peu trouve le plus dans leur capacité de « jouer ».

Ce spectacle de théâtre est un songe. Un songe où on ne sait pas si Damian et Céline sont dans la réalité ou dans un rêve. Rêve éveillé, ou rêve endormi, ou réalité ? Que représente l’écran où sont projetées les images des démonstrations de Damian et Céline dans le passé, alors que devant soi, ils sont très précisément et fidèlement en train de reproduire la chorégraphie de l’écran ? Ou bien les images sont-elles la réalité de ce qu’ils ont vécu dans le passé et qu’ils sont en train de les rêver actuellement ?

Ce spectacle joue sur l’ambiguïté. Et sur les symboles. De façon ironique souvent. Le casting du début où un metteur en scène de cinéma les embauche, mais sans jamais voir ce qu’ils font dans le Tango. Par contre, les claquettes semblent l’intéresser, ce metteur en scène. D’où une séquence très drôle où Céline s’essaye aux claquettes, pour satisfaire ce metteur en scène qui ne sait pas très bien ce qu’il veut…..

Comment peut-on interpréter le fil invisible que Damian et Céline ont dans la main, après une superbe milonga dansée ? Avec de l’humour, ce fil semble s’accrocher dans la main de Damian, tandis qu’il essaye de s’en débarrasser partout où il passe, et que Céline elle, essaye d’attirer le fil entier autour de son poignet ? Ne dirait-on pas que ce fil invisible est le symbole du Tango, que celui-ci est en fait une représentation de ce qu’est la vie en général et que le Tango est lié intimement donc, à la vie ?

Lors d’une séquence ou Damian reçoit, comme remerciement, une bouteille de Champagne après une prestation dansée très brillante et follement applaudie, et qu’il se retrouve seul ensuite, visiblement malheureux et perplexe devant cette bouteille de Champagne dont visiblement il ne sait pas trop quoi faire, il traine sa bouteille Place du Trocadéro à Paris, Avenida de Mayo à Buenos-Aires…. Peut-on alors conclure sur la vanité des démonstrations de Tango ?

De façon très drôle aussi, et très réussie, ils font un clin d’œil à Fred Astaire et Ginger Rogers, en interprétant un Tango dans le style très particulier de Fred Astaire. Clin d’œil aussi à Frank Sinatra au moment où Damian, en play-back, interprète une chanson du crooner pour donner, sur demande du metteur en scène de cinéma, un aspect plus « joyeux » pour la fin du film…

Il est impossible de tout dire sur ce spectacle, tant il est riche, tant il est inventif. Enfin on est sorti des clichés éternels : les malfrats, les couteaux, les bordels, les cabarets, les jupes fendues……

Voici une pièce de théâtre avec peu de paroles. Expressions des visages, reflétant les humeurs et les désarrois. Relativité du Tango, par rapport aux prestations dansées (rêvées ?) où des professionnels sont adulés par le public, et où ils sont pris dans le piège de la célébrité.

Probablement qu’il y aura « Pulsacion n° 2 ». Je l’attends avec impatience. En attendant je souhaite que ce spectacle puisse trouver preneur partout en France et qu’il puisse tourner comme il se doit à sa juste valeur. Ce serait bien mérité, non ?