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19.4.2011 par mephisto-tango.
Voici un documentaire remarquable sur le Tango argentin, tourné en Italie, et qui a été diffusé sur la chaine Arte, hier dimanche 17 avril 2011. Ce film est à voir absolument, tellement il est criant de vérités à quelques détails près (détails insignifiants venant d’un écrivain). On y voit, en outre, Sebastian Arce et Mariana Montes, ainsi que Chicho.
http://videos.arte.tv/fr/videos/une_danse_nommee_desir-3830500.html
A regarder et regarder encore, s’en imprégner, s’en délecter, et en digérer toute la philosophie !
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7.4.2011 par mephisto-tango.
Carmen Aguiar, avec son mari Victor Convalia disparu il y a 4 ans, est une figure incontournable dans le milieu du Tango parisien. Elle y est connue et reconnue pour ses cours, ses milongas et ses spectacles, depuis 1985. Comme elle est un emblème et quasiment un mythe, il était intéressant de faire une interview d’elle, d’effectuer un portrait autobiographique de cette danseuse de Tango si gentille, si discrète et si modeste aussi. Elle et son mari Victor ont su donner au public amateur de Tango une culture et leur grand amour pour le Tango, qu’ils ont réussi à faire passer de façon convaincante.
Cette interview (cliquer ici pour consulter l’interview), de la bouche même de Carmen bien sûr, vous en dira plus sur l’immense et rare qualité qu’elle a gardée tout au long de ces longues années : sa passion pour le Tango qui ne s’est jamais éteinte.
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3.4.2011 par mephisto-tango.
Pour présenter le troisième album du Quatuor Caliente, baptisé « Encuentro », en hommage à la composition du même nom de Gustavo Beytelmann, les musiciens du Quatuor, avec comme artiste invité Laurent Colombani à la guitare électrique, ont eu le privilège de passer dans une salle parisienne de renom, le New Morning, pour deux soirs.
Cette salle recevant tous les artistes célèbres de jazz, de Tango (on se rappellera le concert de la Tipica Fernandez Fierro), et de la World Music de façon générale, il était devenu évident que ce concert serait à marquer d’une pierre blanche.
Ce fut magnifique, comme on pouvait s’y attendre. Les musiciens, interprétant le répertoire d’Astor Piazzolla et de Gustavo Beytelmann, ont été très brillants. Avec le guitariste invité Laurent Colombani, on retrouvait le quintette mythique d’Astor Piazzolla.
Citons en tout premier le bandonéoniste argentin Gilberto Peyrera, très connu particulièrement à Paris et en France, puisqu’il vit à Paris. Particulièrement présent et « dedans », il a joué, en premier plan sonore, le répertoire de Piazzolla et de Beytelmann de façon magistrale, tout à fait digne des Maestros qu’il représentait sur scène.
Au piano Cédric Lorel, pianiste ayant reçu une formation classique, mais qui s’est mis au Tango de Piazzolla de façon extrêmement convaincante, avec toutes les impulsions, la virtuosité et les accentuations nécessaires.
Au violon Michel Berrier, de formation classique, le contrebassiste Nicolas Marty de formation classique. Comme quoi des musiciens français, de formation classique, peuvent très bien travailler un répertoire contemporain complètement différent, et y réussir parfaitement bien.
Entendues et grandement appréciées les œuvres suivantes :
Astor Piazzolla : Fracanapa, Camorra I, Tristeza de Un Doble A, Romance del Diablo, Decarissimo, Contrabajisimo, Chin chin, Camorra III, Libertango
Gustavo Beytelmann : Encuentro, El Desaparecido
Voici un lien :
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2.4.2011 par mephisto-tango.
Pas suffisamment de pub pour la démonstration, sûrement prévue en dernière minute, des jeunes danseurs uruguayens champions 2009 en Tango Salon : Juan Martin Carrara et Stefania Colina (Prix intercontinental de Buenos-Aires 2009) venus à la milonga du Colectivo, après s’être présentés à la milonga de Carmen Aguiar « Le Patio » le dimanche précédent.
Carmen (voir son interview sur le site Mephisto Tango mise en ligne bientôt), m’ayant dit le plus grand bien de ces jeunes danseurs, je me suis donc précipitée au Colectivo.
Ce fut un très beau Tango de Salon traditionnel, en improvisé, très propre, très pur, esthétique et, comme dirait Carmen : « Ils dansent avec l’âme ». Il faut particulièrement admirer la qualité de la marche et la pose délicate des pieds au sol.
Voici quelques liens vidéo à voir :
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28.3.2011 par mephisto-tango.
Delphine Blanco commence à être bien connue maintenant à Paris en tant que danseuse de Tango professionnelle, et il serait peut-être temps de faire un point sur son évolution artistique, au bout d’une dizaine d’années de danse. Rappelons qu’elle a été la partenaire de Thierry le Coq et j’imagine facilement que ce fut difficile, mais avec lui, malgré la différence de taille, il lui a permis d’exercer la vélocité de ces jambes et la précision de la pose des pieds au sol. Ceci est acquis et bien acquis. Elle a voulu ensuite avoir un répertoire plus moderne, que l’on dit être « Nuevo », et elle a eu (elle a encore ?) comme partenaire Matthias Morin qui lui correspond bien.
Hier soir c’est Ozgür Karahan qui l’a bien mise en valeur, et on a pu voir qu’avec les années les jambes de Delphine se libèrent de plus en plus, que la technique apprise est bien digérée, et qu’elle commence à aller au-delà de la technique pure et dure pour trouver quelque chose de plus personnel et donc de plus intéressant. En ce moment elle cherche, et trouve son style propre, à force de travail et de volonté.
Ozgür Karahan est un excellent danseur de bal, prof à Paris, élève de Pablo Tegli à Toulouse (et même à Paris où nous avons l’honneur de recevoir Ozgür à Mephisto Tango quand Pablo vient), et de la façon la plus sympathique qui soit, il a voulu, en toute humilité, mettre Delphine en valeur, alors qu’ils n’ont pas (je crois) l’habitude de danser ensemble.
Au niveau de la musique, ils ont dansé un Tango, une valse et un Tango alternatif quelque chose comme une fusion de musique turque et de musique yougoslave de Goran Bregovic. Dommage que dans les milongas, on n’entende pas plus souvent ce genre de musique.
En conclusion on ne peut que souhaiter une bonne continuation à ce couple, que Delphine ait encore plus de personnalité en mettant l’accent sur plus de « rondeur » dans sa danse, plus de sensualité, plus de chaleur. Et là, elle aura gagné.
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28.3.2011 par mephisto-tango.
On ne présente plus Sigrid Van Tilbeurgh. Elle est depuis plusieurs années déjà l’une des toutes meilleures danseuses de Tango professionnelle au monde. Elle est tellement présente, tellement pleine de grâce et de délicatesse que l’on oublie le partenaire masculin, hélas pour lui, alors que lui aussi mérite des éloges. Daniel Carlsson se met à la disposition de Sigrid, alors que lui aussi a des choses à dire dans son Tango. Signe révélateur d’un décalage certain, si Sigrid était impeccablement habillée d’une robe noire Tango de toute beauté, lui était vêtu d’un jean élimé aux genoux, d’un tee shirt ou d’une chemise qui n’avait rien de bien reluisant pour une démonstration en public. Etait-ce pour exprimer ainsi qu’il venait spécialement pour elle, et non pour lui ? Et que l’on ne devait regarder qu’elle ? Dommage car pourtant il est aussi un remarquable danseur très félin, qui me fait penser par bien des aspects à un Pablo Tegli très calme !
Bref, il n’empêche que Sigrid est une danseuse magnifique, avec des possibilités incroyables dans les jambes, et elle s’en sert avec beaucoup de liberté, de « naturalité », de volupté, de sensualité et de richesse artistique et esthétique. Ses boleos par exemple, sont exceptionnels de qualité. Ils ont dansé 5 morceaux, dont le fameux « Ne me quitte pas » de Jacques Brel, chorégraphié de la manière la plus séduisante possible, un morceau purement rythmique, décidé par le DJ Lena (que je ne connaissais pas mais dont la programmation m’a bien plu), et trois Tangos.
Encore un très bon moment que l’équipe du Colectivo (René Bui, Florencia Garcia, Sara, et Eloixa…) nous ont fait partager et que l’on peut remercier chaleureusement pour s’être occupé de cette movida de 4 jours.
Voici quelques liens pour Sigrid et Daniel :
Superbe !
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26.3.2011 par mephisto-tango.
Dans le cadre du Festival du Colectivo Tango cette semaine, l’idée a été plus qu’excellente de collaborer avec la production de ce spectacle en tournée européenne.
« El Sonido de las Caricias » (le son des caresses) est un spectacle exceptionnel par l’innovation qu’il apporte, par la profondeur de la réalité, sur un mode humoristique, des choses exprimées, soit par la parole (avec traduction en sous titres), soit par la danse et l’expression corporelle.
La présentation de ce spectacle indiquait : « six personnages cohabitent dans un univers entre fantaisie et réalité dans un salon de danse, où l’humour et la tristesse se mêlent à la nuit. Cette pièce est le résultat d’une longue recherche sur les possibilités expressives du Tango et de sa fusion avec le théâtre, la danse, et le clown ».
Et le résultat fut au-delà de toute espérance, absolument hors norme, mais tellement original, digne d’intérêt, et tellement vrai.
Sans dévoiler totalement toutes les richesses exprimées dans ce spectacle, les 6 personnages se croisent dans ce salon de danse et expriment leur mal de vivre, leurs angoisses, leurs attentes, à travers la danse Tango et tout ce qui en découle en bon comme en mauvais, à travers leur monologue (le comédien argentin Diego Maurino, abominablement gominé, poivrot, désespéré, était à la fois mime, clown, chanteur populaire et il m’a particulièrement impressionnée). Les deux remarquables couples de danseurs Gonzalo Orihuela et Solange Chapperon d’une part, et Rodrigo Fuentes et Eladia Cordoba se sont montrés des danseurs plus Nuevo que Nuevo (c’est dire que ça a encore évolué) en chorégraphies magnifiques et très pointues, où on retrouve une intense sensualité bien sûr, mais une sexualité aussi, qui est montrée de manière soft mais néanmoins explicite.
Les relations entre les êtres humains, les sentiments sont racontés, et chaque histoire fait l’objet d’une petite scène. Par exemple, la femme en blanc que personne n’invite malgré un désir énorme de sa part (Malena Medici très expressive dans son désespoir), et qui se raccroche à une obsession de ramasser des fleurs sur le sol. La scène où elle est assise, en hauteur, entre un homme et une femme assis sur des chaises en contrebas, est d’une extrême tristesse. L’homme se lève, en direction de la femme assise à son niveau, mais pour inviter cette femme, il doit passer à la hauteur du visage et de la bouche de la femme en blanc au centre qui croit alors que c’est pour l’inviter elle. Quand l’homme se détourne du visage et de la bouche à sa portée pour enlacer la femme qu’il veut, le drame peut se lire sur le visage de la femme en blanc.
Une chorégraphie fantastique des deux danseuses très séductrices, à l’aide de deux chaises, chorégraphie dynamique, énergique, avec puissance expressive dans le corps entier, en symétrie impeccable a été très appréciée, et quand les deux danseuses se sont portées ensuite sur le bord de la scène, debout, l’une d’elle a fait le geste de ne pas laisser passer sa partenaire devant elle, semblant dire : « moi d’abord ».
Dans ce spectacle, le jeu du passage des mains dans les cheveux lors des chorégraphies a été omniprésent, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, ce qui donnait quelque chose d’infiniment « sexy », surtout lors de la séquence que j’appellerai du « ventilateur » où Rodrigo Fuentes, aux cheveux très longs faisait état de sa morphologie (à peine rassurez-vous), et avec un large sourire, cherchait à séduire le public entier.
J’ai appris aussi dans ce spectacle que les hommes devaient se méfier des femmes trop « pomponnées », que les Argentines surtout sont des prédateurs au féminin, et que « presencia es todo » !
Au niveau musique, à part deux œuvres de Piazzolla, j’ai pu relever des musiques rythmiques actuelles et bien sûr quelques Tangos traditionnels, mais peu.
Citons le génial auteur de ce spectacle, imaginatif, et ayant assuré la direction : David Gonzalo Orihuela.
Si pour ma part je devais revoir ce spectacle, je n’hésiterais pas une seconde. Je cours.
Voici des liens pour la présentation de ce spectacle :
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22.3.2011 par mephisto-tango.
Akira Natchi, comme l’année dernière, a fait très fort en invitant le Cuarteto Alejandro Ziegler dans le cadre de sa milonga rue des Petites Ecuries. Encore une fois, la qualité des musiciens en tournée mondiale, ne fait qu’augmenter, année après année. Remarquable et formidable quartet, très au point, sonorité ample et accentuations fermes, dans un répertoire Pugliese, Piazzolla, entre autres….
Voici un exemple de leur énorme talent : « Danzarin » composé par Julian Plaza en 1958 :
et « Adios Nonino » composé par Astor Piazzolla en 1960 :
et « Organito de la Tarde » (composé par Catulo Castillo en 1924) dont le son ici est un peu éloigné, mais dont l’interprétation est remarquable :
Chez moi il y a un signe qui ne trompe pas, quand je vais écouter la musique, plutôt que de danser…
Citons bien sûr les musiciens (argentins):
- Astro ROCCO au violon
- Matias RUBINO au bandonéon
- Lautaro GUIDA à la contrebasse
- Alejandro ZIEGLER (qui n’a rien à voir avec Pablo Ziegler, pianiste du Troesma Astor Piazzolla) au piano.
Un régal, vraiment…..
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16.3.2011 par mephisto-tango.
La milonga parisienne bien connue de l’Ermitage, organisée par Jorge Rodriguez, a fait appel ce dimanche au Trio Nada Mas. Très convaincant ce remarquable trio avec d’excellents musiciens : Diego Aubia (Argentin) au piano, la très talentueuse et belle Marisa Mercadé (Argentine) au bandonéon, et le non moins talentueux Nicolas Peyrat (Français) à l’alto.
Et comme rien ne vaut les vidéos pour pouvoir apprécier vraiment :
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8.3.2011 par mephisto-tango.
Quatrième fois que je vais voir Daniel Melingo en concert (Buenos-Aires, Paris, Tarbes et Velizy) et je ne m’en lasse pas. La voix de plus en plus cassée, la silhouette de plus en plus mince et le visage émacié, cet homme qui vient du rock après avoir appris la musique classique au conservatoire, est un fou de génie. Il est un aventurier du Tango à la fois tendre, compatissant, furieux, et délirant. Un être marginal, composant ses Tangos et Milongas avec des textes intimement liés au lunfardo, insolent, irrévérencieux. Sur scène tout est impeccable, ses musiciens connaissent ses délires et tout devient naturel et sans effort. Jouant de la clarinette, jouant avec son micro, comme un pantin longiligne dans son manteau noir et son chapeau sans arrêt en mouvement, Daniel Melingo nous apporte de la joie, sa folie nous transcende dans ses excès, et nous entrons en lui et en sa demeure maudite.
Ses musiciens :
- Diego Trosman : guitare acoustique
- Manuel Cedron : bandonéon
- Rodrigo Guerra : guitare électrique, bouzouki, scie musicale
- Romain Lecuyer : contrebasse
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