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15.1.2010 par mephisto-tango.
Décidemment, l’interview de Chicho dans le Revue El Tangauta de décembre 2009 provoque un raz de marée dans la communauté Tanguera, et suscite une polémique acerbe.
C’est comme si on était replongé plus de 10 ans en arrière, quand Chicho est arrivé à Paris pratiquement inconnu en France (Pablo Veron venait juste de partir travailler aux Etats-Unis) et qu’il a été très fortement contesté par des danseurs traditionnalistes qui voyaient en lui un extra-terrestre qui ne savait pas danser le Tango, c’est du moins ce qu’ils pensaient.
Cette haine ressurgit aujourd’hui.
Entre son arrivée à Paris il y a plus de 10 ans, et aujourd’hui, Chicho a fait son chemin fort heureusement. Connu dans le monde entier, ayant travaillé, enseigné, dansé partout, il est devenu une star mondiale du Tango, comme le sont Pablo Veron ou Gustavo Naveira, et il a gagné sa vie fort honorablement, grâce à ses talents artistiques liés au Tango.
Si Chicho est devenu une star mondiale du Tango, ce n’est pas pour rien ! Comment peut-on devenir star mondiale sans avoir aucun talent, sans savoir danser ? Et qu’on ne me dise pas qu’il a été jeté sur le devant de la scène par je ne sais quel mécène plein de fric, lui qui a toujours été farouchement indépendant et rebelle.
C’est là le paradoxe insensé, les Traditionnalistes il y a 10 ans le conspuait parce qu’il « ne savait pas danser et que ce qu’il faisait n’était pas du Tango», et aujourd’hui les Traditionnalistes le conspuent encore parce qu’il a osé avouer humblement, dans son interview, qu’il n’a pas su transmettre à ses élèves l’essence du Tango, et donc, selon eux, Chicho a trompé tous ses élèves.
Il y a 10 ans on reprochait à Chicho son modernisme extrême, et maintenant que Chicho revient dans le rang, qu’il renoue avec la Tradition et ses codes, on le conspue encore ! Les Traditionnalistes devraient être contents au contraire, ils devraient même l’accueillir les bras ouverts …..
Que pourrait faire cet homme pour qu’il soit respecté et pour qu’il soit apprécié à sa juste valeur ? Il faut beaucoup de courage pour avouer à la planète entière que l’on s’est trompé dans son enseignement. Il faut beaucoup de courage et d’humilité aussi ! Chicho a fait preuve là de sa franchise et de son honnêteté. C’est tout en son honneur !
J’ose espérer que les gens des autres pays, y compris en Argentine, ne réagissent pas comme certains Français. Qu’ils voient les choses simplement, qu’ils voient le fait qu’un homme puisse se remettre en question, qu’il réfléchisse, qu’il fasse un bilan de son passé artistique et qu’il puisse en tirer enseignement et bénéfice intellectuel, pour lui-même et pour tous ceux qui le soutiennent depuis le début.
J’ose espérer aussi que Chicho gardera son côté rebelle et sa force de caractère, comme Piazzolla, pour continuer son chemin, envers et contre tout.
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30.4.2009 par mephisto-tango.
L’autre jour, des femmes que j’ai rencontrées en Province, me disaient qu’elles ne venaient plus à Paris dans les milongas car, venant seules, elles ne sont pas invitées et s’en repartent chez elle, sans avoir dansé une seule fois de la soirée. Avec la frustration et le mécontentement dans le cœur, et avec la nette sensation d’avoir perdu leur temps (et leur argent bien sûr, le voyage y étant pour beaucoup).
Et puis, j’ai lu aussi dans une interview d’un danseur professionnel de Tango, que celui-ci est satisfait quand il danse juste une seule et unique magnifique tanda dans sa soirée.
Si dans le premier cas ces danseuses ont eu la sensation de perdre leur temps, dans le deuxième cas au contraire, le fait de danser une seule belle tanda de toute la soirée ravit ce danseur, et lui donne la sensation de n’avoir pas perdu son temps. Tant mieux pour lui.
C’est là tout le paradoxe des milongas où l’on vient, en principe, pour danser. Dans une soirée où un DJ diffuse une musique pendant 5 ou 6 heures de suite, et où le nombre des tandas est conséquent, certaines femmes ne dansent pas du tout, pendant que des hommes semblent satisfaits de ne danser, magnifiquement je n’en disconviens pas, qu’une tanda.
De là, pouvons nous penser que ces femmes seraient idéalement satisfaites aussi, si elles n’avaient dansé qu’une seule et unique tanda dans une seule soirée ?
Peut-être. Une fois c’est mieux que rien. Mais je n’en suis pas persuadée.
Néanmoins, en admettant que danser 1 belle tanda dans sa soirée est satisfaisant, comment pourrait-on faire pour que les femmes qui viennent de loin puissent danser 1 fois dans une soirée ?
Probablement en étant plus sociable et moins égocentrique, non ?
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1.4.2009 par mephisto-tango.
El Pibe Sarandi est un charmant Monsieur de 64 ans qui enseigne et représente le Tango Milonguero depuis ……des dizaines d’années. Nous ne remettons certes pas en cause sa façon de danser d’autant plus que son style de danse correspond parfaitement à la rythmique « traspié » de la milonga, et ça c’est plutôt génial.
Mais en page 2 de cette interview nous lisons : « Dans certains cas, il y a des filles qui dansent avec n’importe qui et ce n’est pas comme ça ! Si tu veux t’améliorer, tu dois danser avec quelqu’un qui en sait plus que toi ! »
Personnellement je n’ai pas apprécié ce passage où il dit que quand une fille l’invite à danser, il refuse, sous prétexte qu’une fille ne doit pas danser avec n’importe qui. Evidemment il ne s’inclut pas dans le « n’importe qui » puisqu’il ajoute « dans certains cas ».
Fait-il la séparation entre hommes et femmes ? Se donne-t-il, lui, l’autorisation d’inviter à danser des femmes moins « savantes » que lui ? Ou alors, pense t-il qu’il a tout appris, qu’il ne peut plus s’améliorer, à tel point que ce n’est plus possible de trouver quelqu’un qui en sait plus que lui ? Ce qui l’obligerait alors à danser avec des femmes moins « savantes », ou à ne plus danser du tout, jugeant que les femmes présentes dans la milonga ne valent pas le coup…..
Inversement la femme qui souhaite danser puisqu’elle est venue pour cela, doit-elle, si l’on en croit Monsieur El Pibe Sarandi, faire tapisserie des heures et des heures, en refusant les invitations de tous les hommes qui seraient susceptibles d’en savoir moins qu’elle ?
Faire tapisserie des heures et des heures en attendant le Prince charmant qui serait susceptible d’améliorer la façon de danser de cette dame ne m’apparait vraiment pas comme étant la bonne solution. Cette dame risque d’attendre longtemps, et d’autant plus longtemps qu’elle est elle-même expérimenté. Plus elle est expérimentée, plus elle attendra une invitation qu’elle daignera accepter. Quitte à ne pas danser du tout de la soirée. Et cette dame qui voudrait s’améliorer en sélectionnant ses danseurs, à ses yeux les meilleurs, au contraire régressera dans sa technique et son ressenti, puisqu’elle dansera de moins en moins ! Le résultat sera donc l’inverse de ce qu’elle attendait au départ.
Bah, puisque Monsieur El Pibe Sarandi le dit, c’est que ce doit être vrai, non ?
Entre nous, si ce n’est pas de l’élitisme ça, ou de l’égo surdimensionné…….
Quand je rencontre des hommes ou des femmes très expérimentés et très « savants »dans le Tango, professionnels ou amateurs, et qu’ils restent simples, sans narcissisme, sans prétention (et c’est loin d’être la majorité), ça me repose…… Et là je me sens bien.
Je ne crois pas que je me sentirai bien avec Monsieur « El Pibe Sarandi ». Même s’il en sait dix mille fois plus que moi.
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25.2.2009 par mephisto-tango.
Article écrit sur la base du témoignage récent d’une de nos adhérentes Mephisto Tango
Comme tout le monde le sait, dans presque tous les cours de Tango argentin, il y a généralement quelques femmes qui arrivent sans partenaire. Cela crée parfois un léger déséquilibre dans le nombre hommes- femmes, déséquilibre qui est généralement compensé par le fait que les couples peuvent changer de partenaire, à la demande du professeur. Les personnes seules, ainsi, peuvent profiter de l’enseignement de leur maestro préféré. Grâce à un bon esprit, en général tout se passe très bien.
La règle habituelle est différente dans les stages avec Pablo Veron, dans lesquels nous sommes tenus d’équilibrer les cours. Pourquoi ? Parce que les cours de Pablo Veron sont très demandés, ils sont complets très rapidement après avoir été annoncés. Et l’aura de la star auprès de la gent féminine fait que nous avons bien plus de femmes s’inscrivant seules que d’habitude (plus d’une dizaine par cours). Nous faisons le maximum pour leur trouver des partenaires masculins s’inscrivant seuls, mais les cours sont totalement remplis avant qu’elles ne puissent être toutes satisfaites …
Bref, la situation a encouragé certains mâles opportunistes à proposer leurs services, en tant que danse boys, à ces femmes seules.
A Buenos-Aires, cette pratique existe, aussi bien dans les milongas que dans les cours. Certaines femmes seules, là-bas, louent des « assistants », en général de bon niveau, soit pour les faire danser dans les milongas, soit pour prendre les cours des maestros renommés. Le CITA en est un bon exemple. Là-bas, cette pratique n’est pas mal vue. Je crois bien cependant, mais je peux me tromper, que c’est la première fois à Paris que nous voyons cela. Et même en France.
Quand ce phénomène est librement consenti entre partenaires, je ne vois rien à redire, que ce soit dans un sens ou dans l’autre (la femme choisit et invite son partenaire auquel elle paie ses cours, ou inversement).
Mais que faut-il penser quand ce phénomène est employé par des professeurs, qui demandent à des femmes seules de leur payer leur cours avec Pablo Veron, moyennant une remise sur les cours ou training (je cite) qu’elles sont invitées ensuite à suivre avec eux ?
Les femmes seules, doivent-elles accepter ce genre de propositions sous peine de ne pouvoir assister aux cours avec Pablo Veron ? Pouvons nous faire plus et mieux que de procéder selon la règle du : “première inscrite, première servie” sur les listes d’attente ? Appliquer la loi de l’offre et de la demande est-il moralement acceptable ?
Que les femmes seules qui n’ont pas pu entrer dans les cours de Pablo Veron trouvent ici l’expression de toutes nos excuses, croyez que nous en sommes très peinés. Il est vrai que c’est profondément injuste. Nous cherchons à réduire cette injustice le plus possible en cherchant de notre côté des hommes seuls, et ce n’est guère facile, entre les gens qui disent qui viennent et ceux qui ne viennent pas …
Notre politique n’est pas de faire de la ségrégation entre les gens seuls et ceux qui ne le sont pas. Nous souhaitons vraiment continuer à ouvrir les inscriptions aux personnes seules dans les stages avec Pablo Veron.
Jusqu’à présent, tout le monde a joué le jeu. Les femmes comme les hommes, seuls (es) ou non. J’espère simplement que l’appât du gain chez certains profiteurs opportunistes ne gâchera pas l’atmosphère chaleureuse et conviviale qui a toujours été de mise dans l’association Mephisto Tango !
Par ailleurs, notre expérience de 7 années déjà, a démontré que nous fonctionnons très bien tant que le déséquilibre entre hommes et femmes ne dépasse pas 5 personnes, que ce soit dans les cours avec Pablo Tegli ou dans les Ateliers. Nous pensons donc continuer à fonctionner de la sorte en continuant à encourager et à inviter ceux qui ont « la chance » d’avoir des partenaires, d’accepter volontiers de changer de partenaire dans la mesure du raisonnable.
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15.10.2008 par mephisto-tango.
Depuis des années et des années que je fréquente les milongas, je me suis toujours posée la question de savoir pourquoi, (moi qui ne refuse jamais de danser, même avec des inconnus) certaines très bonnes danseuses de haut niveau en Tango argentin, refusent très souvent de danser avec des hommes inconnus (ou presque) qui les invitent.
Vous allez me répondre, si vous êtes dans ce cas de figure mesdames : « c’est notre droit de refuser l’invitation ». Certes, c’est votre droit. Mais pourquoi refusez-vous, si vous n’êtes pas malade, ou si vous n’avez pas mal aux pieds, ou si vous n’êtes pas fatiguée, de danser avec un homme qui vous invite ? N’êtes-vous pas là pour danser ? Avez-vous peur de vous ennuyer dans ses bras, si cet homme n’est pas un suffisamment bon danseur à votre goût ? Avez-vous peur d’être brutalisée ? N’avez-vous pas confiance en vous ? Ou à l’inverse, êtes-vous définitivement snob et prétentieuse, au point de juger que votre niveau est tellement élevé que seuls les tout meilleurs danseurs de Paris trouvent grâce à vos yeux ? Recherchez-vous le Prince Charmant, et tant que celui-ci ne vous a pas invitée, vous refusez toutes les invitations, de peur de louper celle qui vous ferait chavirer de plaisir ? Attendez-vous votre tour patiemment, pour qu’un super danseur vous invite ? Pensez-vous que de danser avec un homme de niveau inférieur au vôtre, abimerait votre style ? Ou bien voulez-vous uniquement vous, inviter vous-mêmes les hommes de votre choix ?
J’ai vu très récemment un jeune homme se faire « jeter » très cavalièrement par une jeune femme, alors que ce jeune homme, au demeurant très bon danseur, au physique agréable, bien élevé, gentil et attentionné, possédant un abrazo excellent, invitait poliment une jeune danseuse de très haut niveau. Quelle mouche a piqué cette femme pour refuser ? J’étais très gênée pour elle et à la limite j’avais honte pour elle. Elle était seule et il n’y avait pas, apparemment, de possibilité de jalousie de la part d’un conjoint éventuel. Si cette femme était de mauvaise humeur, c’était le bon moyen de prendre la vie du bon côté en dansant, sûrement très bien avec lui.
Une milonga est un lieu d’échange, de partage, c’est un lieu social où tous les milieux se rencontrent grâce à la danse. C’est un milieu où hommes et femmes se rencontrent. L’apprentissage dans le Tango argentin ne s’arrête jamais car tout le monde, sans exception, a appris à danser, apprend encore et apprendra toujours car les possibilités dans le Tango sont infinies. Danser dans les milongas apporte beaucoup, danseurs doués comme danseurs peu doués. Danseuses douées comme danseuse peu douées. Alors pourquoi ne pas jouer le jeu mesdames, alors qu’en France maintenant nous voyons de plus en plus les dames inviter elles-mêmes les danseurs, et que ceux-ci acceptent les invitations de plus en plus facilement ?
Si maintenant nous pouvons remercier les hommes d’accepter les invitations, nous les femmes, ne nous laissons pas entrainer dans cette mauvaise voie qui est de refuser de danser pour des raisons obscures. Les hommes ne méritent certainement pas cela.
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12.9.2008 par mephisto-tango.
Vu l’important battage médiatique consacré à ce spectacle de Tango (télés, radios, articles de presse, affiches dans Paris), compte tenu du marketing - carrément un matraquage- effectué par la production de ce spectacle partout dans le monde, on pouvait s’attendre légitiment à un spectacle exceptionnel. Vu le tarif élevé des places bien situées au Théâtre du Chatelet (86 €, tout de même !), vu la difficulté pour acheter ces places (le Théâtre est quasi complet tous les jours), je me suis dit : « ça doit être extraordinaire ! ». C’est dire si j’y suis allée de bon cœur.
Et mon impression générale est mitigée.
Ce spectacle s’est voulu être une comédie musicale sur le Tango, mais je n’ai pas entendu de dialogue parlé entre les protagonistes. Je n’ai vu que des danseurs qui dansent. Et qui ne chantent pas. Et qui ne jouent pas la comédie. Je n’ai vu qu’une chanteuse qui ne danse pas mais qui chante 2 chansons. Par contre, et ça s’est bien, la traduction en Français des chansons s’affichait sur un écran situé tout en haut de la scène.
Comédie musicale ? Non, pas exactement. Mais il y avait une histoire, il y avait des décors sobres, des éclairages excellents, des costumes, de la musique de Tango dont les arrangements très modernes (Trop ? Quelquefois Jazzy et trop rapides) ont été écrits de la main de Lisandro Adrover.
Ce spectacle se voulait être une révolution avec un concept complètement nouveau. Un traitement de choc. Un dépoussiérage. Une comédie musicale façon Broadway. Hum…Je n’ai rien vu de cela. Ce spectacle se voulait être sans clichés liés au Tango. Vraiment ?
L’histoire ? Une jeune Française débarque en Argentine et se fait alpaguer par un souteneur qui l’oblige à se prostituer. Mais cette Française est amoureuse d’un jeune homme qui travaille au port de Buenos Aires. On peut prévoir alors une bagarre au couteau entre les deux hommes, non ? Gagné. A quoi peut-on s’attendre encore ? Au bordel ? Gagné. Aux femmes qui font le tapin ? Gagné. Aux clients de ces femmes qui sont au bordel ? Gagné. Au ballet entre les hommes de mauvaise vie et les bons travailleurs du port ? Gagné.
Alors j’attends toujours la révolution ! Et aussi l’absence de clichés……
Par contre les chorégraphies de Mora Godoy sont très intéressantes, même si elle a préféré jouer dans le spectaculaire à l’extrême, dans la rapidité des mouvements et des acrobaties. Ce spectacle dansé est « enlevé » sans aucun temps mort, et certains ballets de groupe sont esthétiquement très beaux et expressifs. Les éclairages sont, dans cette affaire, d’une importance extrême, et réussis.
Les danseurs et danseuses viennent du classique, du folklore, du modern jazz, et se sont mis au Tango avec un bonheur plus ou moins grand. Personnellement j’ai préféré les hommes (et pas forcément parce qu’on en voyait certains torse nu – et oui, ça peut attirer) qui étaient plus dans l’écoute de la musique et de la partenaire.
Que dire de Maria Nieves ? Elle jouait le rôle de la maquerelle. Elle a dansé deux Tangos avec une joie non feinte. Evidemment pour la technique, on repassera (elle a 70 ans…) mais elle a une énergie qui donne du baume au cœur. Son élégance et son déplacement sur scène, rien qu’en marchant, sont remarquables, portés par des jambes de toute beauté.
En conclusion, ce spectacle est vif, énergique, rapide, dynamique, bien réglé. Mais il manque la nostalgie, le sentiment, l’émotion et la sensualité en définitive. L’accent est mis sur la technique spectaculaire de la danse mais il n’y a rien, dedans, de ressenti et de profond. C’est dommage. C’est d’autant plus dommage que je sais qu’il est possible d’allier spectaculaire, technique et sentiment. J’ai déjà vu.
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17.6.2008 par mephisto-tango.
Tango clasicos II
L’orchestre :
Toujours l’excellente Escuela de Tango Emilio Balcarce dirigée par Nestor Marconi. Jusque là tout va bien, car cet orchestre est suffisamment brillant pour nous apporter le plaisir et la joie de le revoir à nouveau. Malheureusement, par rapport au Programme 2, nous avons pu constater de nombreux doublons assez regrettables. Pour commencer « La Bordona », œuvre d’Emilio Balcarce. La répétition de ce morceau peut, à la rigueur, se concevoir, l’orchestre a peut-être pris cette œuvre comme emblème, en hommage à son précédent directeur-fondateur. Mais ensuite, pourquoi avoir repris « Tema Otonal » et « De Contrapunto » déjà joués dans le programme 2 ? Le final, la sélection Astor Piazzolla selon les arrangements de Nestor Marconi, a été jouée dans les 2 programmes ! Nestor Marconi n’a-t-il pas un répertoire suffisant avec son orchestre pour présenter d’autres morceaux ? Sérieusement je ne le pense pas. Le point positif est que ces arrangements sont magnifiques, et qu’on peut les entendre et ré-entendre avec autant de plaisir, mais pour les gens qui ont vu les 2 programmes, c’est peut-être dommage.
Les danseurs :
Comme dans le programme 2 nous avons vu Esteban Moreno et Claudia Codega, Sebastian Arce et Mariana Montes, Damian Rosenthal et Céline Ruiz. Comme dans le programme 2 nous avons vu les 2 mêmes chorégraphies de groupe : « La Yumba » et « La Cumparsita », interprétées par ces 3 couples. Ce fut évidemment un grand moment où l’on a apprécié, à nouveau, la valeur des danseurs et leur fantastique talent d’innovation et d’originalité. Les danseurs, dont je fais partie, adorent voir et revoir, de façon rapprochée, ces spectaculaires beautés chorégraphiques, mais je me pose de réelles questions pour les autres spectateurs qui auraient aimé peut-être voir d’autres danseurs professionnels. Cependant soyons justes en disant que Damian et Céline, Esteban et Claudia, et Sebastian et Mariana ont apporté un plus par rapport à leur programme 2 : « Organito de la Tarde » (chorégraphie de Céline et Damian) ; « Villeguita » (chorégraphie d’Esteban et Claudia) ; « Si Sos Brujo » (chorégraphie de Sebastian et Mariana). C’est la chorégraphie de Sebastian et Mariana qui m’a le plus fascinée, par l’émotion exprimée, par l’originalité des mouvements, par la perfection technique et esthétique.
Il n’en fut pas de même pour un couple de vieux danseurs traditionnalistes : Carlos et Rosa Perez que je ne connaissais pas et qui étaient programmés seulement pour le programme 3. J’ai beau savoir que les Argentins ont un grand respect pour les vieux milongueros qui portent en eux toute la culture du Tango, je ne vois réellement pas l’intérêt de faire voir, en France, à des spectateurs en général qui ne sont pas en grande majorité des danseurs, ces couples qui ont beaucoup de mal à danser parce que trop âgés. De plus ils sont passés à la suite directe de Sebastian et Mariana, la différence entre les deux couples se fait alors encore plus sévère, encore plus redoutable….. Sur scène, je ne crois pas qu’il soit nécessaire de voir de tels couples qui ne peuvent plus se mouvoir avec autant d’aisance que pendant leur jeunesse. Par contre les voir en bal, je serais plutôt pour, car ils y ont parfaitement leur place. Sur la scène de Chaillot, Carlos et Rosa Perez ont passé leurs deux danses à faire attention l’un à l’autre pour ne pas se mettre en difficulté technique, et l’émotion à mon sens n’était pas au rendez-vous à cause de cela. Ils étaient trop dans la crainte. Ceci n’empêche pas qu’ils ont été très applaudis, et à mon sens, c’est anormal et incompréhensible. La scène est-elle un lieu de spectacle ou un lieu de bal ? Sur scène : Tango de scène ou Tango de bal ? Les Parisiens ont-ils bien compris la différence ?
Les musiciens invités :
Anibal Arias (guitare) et Osvaldo Montes (bandonéon) en duo.
Bandonéon tout en douceur et en subtilité sonore, guitare très rythmée…..duo très traditionnel dans l’interprétation des Tangos, et quelle richesse dans l’improvisation ! Un régal.
Le chanteur :
Juan Carlos Godoy
Un loupé de taille pour ce programme 3. Le chanteur Alberto Podesta avait été programmé et nous avons vu de nouveau Juan Carlos Godoy. Aucune explication donnée par la direction du Théâtre. C’est un peu court et, à la limite, irrespectueux pour le public. Il y a de quoi ne pas être content du peu de considération que porte la direction du théâtre vis-à-vis du public venu pour voir et entendre Alberto Podesta. Que s’est-il passé pour que ce grand chanteur ne vienne pas sur la scène de Chaillot comme c’était prévu ? Non pas que je regrette d’avoir vu de nouveau Juan Carlos Godoy. Ce chanteur n’a pas hésité à revenir sur scène pour remplacer son illustre coreligionnaire, et c’est tout à son honneur. Et sa voix a tenu. De plus il a fait l’effort de chanter une chanson qu’il n’avait pas interprété dans le programme 2.
Si les programmes 1 et 2 se sont révélés être très intéressants et excellents à tous les points de vue, il y eut malheureusement pour le programme 3 à mon sens des anomalies qui n’auraient pas dû être, au regard de la réputation du Théâtre National de Chaillot à Paris, et en considérant les prix pratiqués pour l’achat des places par les spectateurs.
La milonga :
Le bal qui a fait suite au spectacle, au foyer du théâtre, a été réussi. L’orchestre « La Bordona » s’est montré à la hauteur des attentes, et s’est présenté deux fois au public venu danser, avec des œuvres différentes. La démonstration en improvisé de Sebastian et Mariana a été époustouflante, et très applaudie. Ce fut un réel plaisir de les retrouver car leur danse a encore évolué. Comme dirait Esteban Moreno en les présentant : « ils sont inégalables ».
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26.2.2008 par mephisto-tango.
Il y a quelques jours, je suis allée danser dans une milonga parisienne bien connue.
Voici une anecdote que je veux raconter, et qui hélas, pourrait être racontée par d’autres personnes :
J’ai été invitée par un charmant Monsieur pour une tanda de Tango et notre danse dans l’ensemble se passait plutôt bien. Ce n’est pas qu’en général, sur la piste, les danseurs respectaient bien le sens du bal, ce n’est pas que les danseurs n’allaient pas dans n’importe quelle direction, mais nous, nous étions attentifs aux autres couples environnants dans la mesure où c’était possible.
Soudain un choc violent sur mon côté gauche, choc qui m’a envoyée à 1 mètre à droite par rapport à mon partenaire. C’était une femme qui, ne m’ayant pas vue, en reculant, m’avait, de toute évidence, « envoyée promener », et on peut supposer en toute logique, que c’était son partenaire masculin qui en était responsable.
Je dis à cet homme :
« On ne s’excuse pas ? »
« S’excuser ? Mais de quoi ? » me répond-il.
Voilà.
Ni cet homme, ni sa partenaire qui m’avait heurtée en reculant, ne se sont excusés. Et il était impossible que le choc ait pu passer inaperçu.
Je me suis tue, et j’ai continué à danser avec mon partenaire, qui lui, m’a demandée de lui pardonner pour n’avoir rien vu venir et donc de ne m’avoir pas protégée du choc.
Que peut-on penser de cette anecdote ? Comment peut-on juger ces personnes ?
Personnes mal élevées dans l’enfance et dans l’adolescence ?
Personnes qui n’ont pas eu, lors de leur apprentissage de Tango, la moindre notion de savoir vivre dans les milongas, et des codes de la bienséance et du respect des autres ?
Personnes qui se croient tous seuls sur une piste de danse et qui sont sans gêne aucune ?
Personnes égoïstes et qui croient que tout leur est dû du moment qu’ils payent leur entrée ?
Maintenant, essayons de voir plus loin que cette anecdote qui, je suis sûre, se répète tous les jours à Paris, ou même ailleurs (sauf à Buenos-Aires où les gens sont infiniment plus respectueux de l’espace du bal ; quoi que, parait-il…..).
Manquer de respect envers n’importe quel danseur ou danseuse dans les milongas, c’est rendre la vie impossible aux danseurs qui ont eux le respect d’autrui sur la piste de danse et ailleurs, c’est créer une ambiance malsaine. Les danseurs nouvellement arrivés, si nous ne sommes pas vigilants, vont croire qu’il est possible, impunément, de bousculer les autres sans avoir le moindre reproche, et ainsi continuer leur comportement détestable. La milonga est une vie miniature en société, où chacun devrait avoir le plus grand soin de l’autre, où chacun devrait être aussi aimable que possible, où chacun devrait se sentir solidaire de l’autre et de tous les autres couples sur la piste de danse. Sans penser jamais : « moi d’abord ».
A force d’être trop tolérant, de trop relativiser, de ne rien dire et de laisser faire un tel comportement blâmable, il est à craindre un engrenage : de la détestable provocation verbale (insultes, réflexions désobligeantes) qui ne rabaisse que celui ou celle qui ose la proférer, jusqu’à la réponse à cette provocation qui serait tout aussi pitoyable, si elle a lieu. Et voire même des coups ! Cela s’est vu et on ne doit pas accepter cela.
Vous tous qui dansez, il n’y a aucune honte à s’excuser, n’hésitez pas à vous excuser si vous heurtez quelqu’un par mégarde, même si vous n’êtes pas responsable directement. Personnellement, je n’hésite pas à m’excuser 3 ou 4 fois par milonga, même si le frôlement ou le heurt sont minimes et même si je ne suis pas responsable moi-même !…..Peu importe le responsable ! Cela aidera grandement à la bonne réputation d’une milonga.
Apprendre à danser, avant, pendant et après l’apprentissage, danser dans les milongas même si l’on est devenu un super professionnel demandé dans le monde entier, ne veut pas dire que l’on a tous les droits et que l’on peut y faire sa loi propre sans tenir compte des autres. Il y a des évidences de politesse, de gentillesse et de savoir vivre qui devraient venir de la plus petite enfance.
De plus, les professionnels iront plus souvent dans ces milongas…….Parce qu’ils se sentiront en sécurité.
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16.12.2007 par mephisto-tango.
Terrible…Pourquoi ce qui était toléré (les musiciens jouant dans la rue à San Telmo) ne l’est-il plus aujourd’hui ?
A voir absolument sur le lien suivant :
Est-ce que cette interdiction a un rapport avec l’annulation du Festival de Tango de Buenos-Aires en février 2008 ?
Les autorités sont en train de couper une branche sur laquelle ils sont assis ! Il est à craindre que les étrangers n’aillent plus là-bas si une nouvelle fois le Tango n’y a plus droit de cité. Sans compter que les Argentins aussi seront bien privés de leur culture….
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16.12.2007 par mephisto-tango.
On vient de l’apprendre hélas, le 10ème Festival de Tango de Buenos-Aires (très important événement qui se déroulait tous les ans à la même période : fin février-début mars à Buenos-Aires), normalement organisé par le gouvernement de la ville de Buenos-Aires, est annulé.
Les raisons profondes nous sont encore inconnues, mais il semblerait que ce soit une décision autoritaire de la direction du Ministère de la Culture, décision ayant été prise sans consultation des organisateurs de l’événement, ni même sans préjuger des conséquences que cette décision entraîne. Il semblerait même que le personnel ayant été dévolu à l’organisation de l’événement depuis 10 ans, a été prié de s’occuper d’autres missions.
Pour être allés deux années de suite à Buenos-Aires pour suivre ce considérable Festival, il est évident que cette annulation constitue une perte gravissime pour le Tango argentin de façon générale. Jugez vous-mêmes: musiciens et chanteurs les meilleurs qui soient, milongas avec plusieurs milliers de personnes dans les rues, cours de Tango, démonstrations de danse, concerts tous les jours et même plusieurs fois par jour dans différents théâtres et même dans la rue. Toute cette organisation considérable et la haute qualité incontestable de tous les artistes pendant 1 semaine tous les ans, va manquer à un point qu’il est difficile d’imaginer. Sans compter le nombre considérable d’étrangers, dont des Français bien sûr, qui allaient à Buenos-Aires spécialement pour cet événement. Il n’y a que la ville de Buenos-Aires pour faire cela de façon aussi grandiose, et les organisateurs chaque année opéraient un tour de force magistral pour que ce Festival ait autant de succès et plusieurs milliers de participants argentins et étrangers, année après année. Ce Festival contribuait grandement à l’arrivée des devises, les étrangers devaient se loger (et nous pouvons vous certifier qu’il était extrèmement difficile de trouver des hotels à cette période) devaient se nourrir, se déplacer, sans compter les achats divers et variés. Comment comprendre alors cette annulation ? Que s’est-il passé ?
Pour ceux qui souhaitent exprimer leur désaccord nous avons deux adresses mail :
- gmichear@yahoo.com.ar (Gabriela Michetti) et
- hlombardi@fibertel.com.ar (Hernan Lombardi).
En admettant que pour 2008 ce soit tombé à l’eau, nous souhaitons vivement que pour les années suivantes le Ministère de la Culture argentin reviendra sur sa décision en comprenant que c’est préjudiciable, à tous les points de vue.
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