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4.5.2010 par mephisto-tango.
Quelques nouvelles de Pablo Veron aujourd’hui même : il souhaite faire des compléments, des ajouts concernant l’interview qu’il a bien voulu me donner. Alors nous attendons encore quelques jours avant de faire les dernières modifications, et nous vous soumettrons de nouveau cette interview repensée par le Maître, a posteriori.
On peut y voir là une recherche de la perfection dans ses propos, et même si nous perdrons là un peu de sa spontanéité du moment, il n’empêche que ce sera aussi bien, sinon mieux dans la précision de sa pensée, revue de façon plus littéraire.
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27.4.2010 par mephisto-tango.
En cliquant sur le lien suivant : ‘Interview de Pablo VERON‘, vous trouverez l’interview que Pablo VERON a bien voulu m’accorder le mois dernier, à l’occasion de l’un de ses stages à Paris.
Vous y verrez (ou retrouverez) un Pablo VERON intelligent et très professionnel, allant profondément dans ses pensées et les exprimant de la façon la plus franche qui soit, toujours à la recherche d’univers encore à découvrir, aussi bien en lui-même qu’à l’extérieur de lui-même.
Tel un chat qu’il est, il retombe sur ses pattes aisément, malgré les apparentes contradictions liées à la nature humaine, et malgré les provocations de l’intervieweuse quelquefois. Pas dupe de ce genre de chose, il s’en amuse et y répond avec beaucoup d’humour. Cette interview révèle un Pablo VERON quelquefois sévère certes dans certaines de ses opinions, mais aussi très tendre, avec gentillesse et avec charme.
Nota : Pour la rédaction de cet interview, j’ai cherché à garder le plus possible la spontanéité et le naturel des paroles de Pablo. Cette interview a été enregistrée directement en Français. Il n’y a pas eu de coupures dans la transcription écrite, toutes les pensées de Pablo sont largement développées, en reprenant les termes argotiques qu’il a employés quelquefois. Les seuls aménagements l’ont été simplement pour des questions de légère remise en forme du Français.
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10.2.2010 par mephisto-tango.
Lors de l’atelier du 7 février 2010 à la salle Bourseul, nous avons cherché à faire connaître un peu mieux Astor Piazzolla et sa musique à la quarantaine de personnes qui étaient venues ce jour-là pour écouter, danser et travailler sur le Tango. La première partie de cette présentation (la deuxième partie aura lieu le 28 février a duré ½ heure, à l’issue de laquelle tous les élèves présents ont essayé de danser sur la musique d’Astor Piazzolla (différentes œuvres de 1946 à 1965) en émettant, très modestement, un avis : dansable ou non dansable ?
Auparavant, j’ai proposé à l’auditoire une présentation théorique de la musique de Piazzolla en essayant de mettre en avant la spécificité de cette musique, réputée non dansable et que l’on entend que fort peu dans les milongas. Les DJs les plus ouverts se contentent de passer quelques œuvres de Piazzolla en toute fin de soirée (Milonga del Angel, Oblivion), quand presque tout le monde est parti et qu’il ne reste plus que quelques jeunes sur la piste….
Je vous invite à prendre connaissance de cette présentation orale du 7 février, mais ré-écrite spécialement pour le site Mephisto Tango en cliquant sur le lien suivant : Astor Piazzolla et sa musique
Vos commentaires seront les bienvenus pour corriger les éventuelles erreurs, donner vos opinions, etc, etc…..!
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18.1.2010 par mephisto-tango.
Je suis tombée un peu par hasard, en relisant des anciens numéros de la Salida, sur un témoignage de Carmen Aguiar en septembre 2000.
Depuis 1986 à Paris, Carmen Aguiar et Victor Convalia ont animé de nombreuses milongas, et ils ont également donnés de nombreux cours de Tango, notamment à l’ancien « Latina » et à l’ancienne MJC rue du Point du Jour à Paris. Aujourd’hui, Carmen continue toujours, malgré la disparition de son mari Victor, à animer des milongas à Paris, apportant toujours sa bonne humeur et une grande gentillesse vis-à-vis de tous les gens qu’elle peut côtoyer. Cela mérite bien d’être signalé !
Donc, j’ai relu ce vieux témoignage d’il y a 10 ans tout juste.
Je cite Carmen :
« Les hommes et les femmes d’aujourd’hui sont différents de ceux qui vivaient au moment de la naissance de cette danse (le Tango), qui peut parfois véhiculer des images du passé. Le langage corporel et sentimental du Tango des années 2000 est donc différent de celui des années 1920. Dans cette danse qui exige ouverture aux autres et remise en question permanente, il est important de s’intéresser à l’apport des jeunes professionnels du Tango, porteurs de la vitalité et de l’évolution de cet art. »
Chère Carmen, peux-tu nous dire si tu réécrirais la même chose en 2010 ?
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15.1.2010 par mephisto-tango.
Pour réconcilier tout le monde, du moins espérons-le, voici quelques vidéos d’une autre star mondiale du Tango qui, d’après ce que j’en sais, n’a jamais été contesté. Si je me trompe, les commentaires en fin de blog, sont à votre disposition. Il s’agit de Pablo Veron.
D’abord une vidéo que je ne connaissais pas :
Pablo Veron et Rebecca Shulman, en juillet 1997, aux Etats-Unis (sur « Emancipation », Tango de 1910 version Osvaldo Pugliese de 1955). Toujours cette façon de se déplacer comme un félin qui n’appartient qu’à lui. Toujours cette tranquillité dans le déplacement et dans les figures. Admirez vers 1mn20 – 1mn30 la connexion sur place avec sa partenaire ! Ca vit, ça bouge sur la musique, le phrasé de Pablo sur la musique est extraordinaire ….. C’est dynamique et c’est beau.
Aussi le vidéo clip que Pablo a produit lui-même, mis en scène, chorégraphié, dirigé et dansé dans tout le répertoire dont il est capable : Tango, Hip-Hop, Salsa, Claquettes, en petites touches impressionnistes : c’est « Nexus » sur une musique de Sverre Indris Joner (Groupe Electrocutango) et de Pablo lui-même. Pablo Veron y montre tous ses talents de danseur professionnel dans toutes les disciplines de danses populaires:
Et je ne résiste pas à mettre en avant cet extrait du film de Sally Potter, « La Leçon de Tango » en 1997, avec Pablo Veron et Sally Potter, où ils dansent tous les deux « Zum », un Tango d’Astor Piazzolla de 1972, version Osvaldo Pugliese de 1973. Cet extrait, un des meilleurs selon moi, représente bien la connexion profonde, puissante et sensuelle à la fois qu’il y a entre un homme et une femme. La prise de vue des deux visages est remarquable, car ces images reflètent parfaitement bien le fait que les partenaires dansent l’un pour l’autre. Le phrasé, avec les respirations musicales de Pablo est toujours aussi merveilleusement bien en accord avec la musique, malgré le rubato, tout colle de façon juste, y compris rythmiquement.
Et bien sûr vous trouverez sur le site de l’association les vidéos de Pablo avec Teresa Cunha et avec Victoria Vieyra.
Les Videos avec Pablo VERON sur le site
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11.1.2010 par mephisto-tango.
Nous l’apprenons en ce début de janvier 2010 : deux maestros des plus connus en ce bas monde, nous ont laissés, pour partir dans un monde meilleur. Pedro « Tete » Rusconi est parti le 7 janvier à l’âge de 74 ans, et le lendemain, c’était au tour d’Osvaldo Zotto, à l’âge de 46 ans. Tristes nouvelles coup sur coup pour la communauté Tanguera argentine d’abord, mais également internationale puisque ces maestros enseignaient et dansaient partout, notamment en France où ils sont venus travailler plusieurs fois. Tous les deux auraient succombé à une crise cardiaque. Trop jeune pour mourir, Osvaldo…..
Ces deux danseurs, en dehors de leur passion pour le Tango et de leur date de la mort fort proche l’une de l’autre (veillée funèbre dans le même funérarium…..), étaient bien différents, et dansaient fort différemment.
Si Tete pouvait s’apparenter quelque peu à un Gavroche parlant lunfardo en dansant, Osvaldo lui, pouvait s’apparenter à un aristocrate de haut rang parlant « chic » en dansant. En voyant Tete danser, on pouvait facilement s’imaginer ce personnage haut en couleur et très jovial, dans les bals populaires du 14 juillet par exemple. En voyant Osvaldo danser, on se l’imaginait davantage dans des salons sélects de la haute bourgeoisie parisienne. Tete, c’était la gouaille, le titi parisien « argentin », une grande gueule qui pouvait être sévère et autoritaire dans les cours, doublé d’un sourire moqueur et ironique. Osvaldo c’était la classe, l’allure, l’élégance du corps et des vêtements, bel homme svelte, charmeur et séduisant. Attentif, discret et réservé, même dans l’enseignement. Si Osvaldo était une bague en or dans un écrin de velours, Tete était une belle pierre brut non travaillée, posée dans une boîte faite en papier de verre, et doublée de soie……
Leur façon de danser également était fort différente. Tete, c’était le milonguero pur, abrazo apilado uniquement. Pas un danseur de scène, du tout. Il avait une particularité lors de ces démonstrations dans les milongas, c’était d’ouvrir ces bras, en croix, donc sans toucher sa partenaire des mains et des bras, et il la conduisait ainsi, rien que par les mouvements de son buste et par ses déplacements. La partenaire devait être scotchée à son buste, face-face, avec un abrazo autour de son cou. Il aimait beaucoup danser la valse ainsi. Tete avait une assise au sol remarquable, il était carrément enraciné au sol, et on avait l’impression qu’en marchant, il voulait réveiller ainsi tous les vieux milongueros décédés pour se replonger dans leurs racines et leurs vécus.
On a dit d’Osvaldo Zotto qu’il était un danseur de scène : oui et non. Oui, bien sûr, à cause de Tango x 2 où il avait comme partenaires son propre frère ainé Miguel Angel, Milena Plebs, Mora Godoy. Mais ce Tango de scène n’avait rien de spectaculaire dans le sens de maintenant, où l’on voit acrobaties et portées. Leur Tango de scène était bien plus axé subtilement dans la mise en scène de leurs Tangos chorégraphiés, en donnant simplement des couleurs : drôle, romantique, tragique, dramatique, mais sans excès. Mais pour moi, Osvaldo était surtout un danseur pour les démonstrations lors des bals. C’est là qu’on voyait le mieux toutes les subtilités de son Tango. Dans ces cas-là, Osvaldo présentait des chorégraphies travaillées dans une grande élégance, avec ses différentes partenaires du moment, et Lorena Ermocida était probablement sa partenaire la plus présente et la plus représentative. Alternant abrazo ouvert et fermé, avec des plages pour la dynamique, tout entier tourné vers le bien-être de sa partenaire, lui laissant des larges possibilités de s’exprimer, il dansait en douceur, tranquillement (certains disaient « pour la photo »), avec une pose de pieds pas très naturelle mais très travaillée, déplacement en connexion totale avec la partenaire. Le tout donnait une impression de ressenti extrêmement profonde pour le Tango. D’où l’émotion qui naissait dans le public. C’était un Tango Salon très pur, très beau. Du très, très beau Tango traditionnel.
Voici quelques exemples de leurs démonstrations. Il y en a beaucoup, j’ai sélectionné celles où on peut le mieux les apprécier, à mon sens. Ce sera ma façon à moi, de leur rendre hommage.
Avez-vous, Tete et Osvaldo, réussi dans votre enseignement, à transmettre l’essence du Tango à vos élèves ? Quand on vous voit danser, il semblerait bien que oui…..
Adios Maestros, vous nous manquerez…….
Pedro « Tete » Rusconi :
Tete et Silvia
Tete et Rosanna Remon :
Tete et Silvia :
Osvaldo Zotto :
Osvaldo et Milena Plebs :
Osvaldo seul (admirez l’axe et le remarquable sens de l’équilibre):
Osvaldo et Lorena Ermocida :
Osvaldo et Lorena :
Osvaldo et Lorena :
Osvaldo et Lorena :
Osvaldo et Lorena :
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24.10.2009 par mephisto-tango.
L’autre dimanche, en travaillant dans l’atelier de Mephisto Tango sur les Tangos de la Vieille Garde des années 1900, l’intérêt s’est porté tout naturellement sur : « El Choclo », Tango très connu, composé par Angel Villodo en 1903. Lors de cet atelier, nous avons cherché à reconnaître les structures rythmiques de ce tango pour travailler dessus, notamment avec la version de Roberto Firpo.
Tout naturellement, après cela, j’ai voulu regarder sur Youtube les diverses interprétations que les danseurs font de « El Choclo », d’un point de vue rythmique.
Il y avait comme il se doit beaucoup de choses, mais la plupart sans grand intérêt. Néanmoins j’ai trouvé une interprétation prodigieuse, techniquement et rythmiquement de « El Choclo », et je vous la soumets : il s’agit de l’interprétation en 2008 de Mariano Chicho Frumboli et Juana Sepulveda sur la version de Roberto Firpo (musique enregistrée en 1926):
Le tempo de la version de Firpo est rapide. Mais avec l’interprétation suprenante qu’en font Chicho et Juana, on se dit : « Quelle rapidité d’exécution ! Chicho semble être très à l’aise en dansant si rapidement sur la musique, en frappant le sol à chaque pas. C’est fantastique.»Si on regarde plus attentivement, et plus froidement sans se laisser déborder par la virtuosité, on peut tenter d’analyser la danse de Chicho et Juana. C’est ainsi que l’on voit que, jusqu’à 2 minutes 22, Chicho marche en majeure partie sur la pulsation rythmique en 4 (c’est-à-dire il marche sur tous les temps forts et tous les temps faibles), pendant que Juana marche et est guidée presque uniquement sur les temps forts (exception faite des toutes premières secondes où elle marche à reculons face à lui, en symétrique rythmiquement). Ce n’est qu’à partir de 2 mn 22, et presque jusqu’à la fin du Tango, qu’avec un abrazo très fermé de style purement Milonguero, Chicho et Juana marchent ensemble sur les temps forts, et non sur les temps faibles, généralement. Les dernières secondes du Tango, formant la conclusion du Tango, les voient reprendre un abrazo ouvert et de nouveau la pulsation en 4 pour Chicho.
En dehors de cela, et pour rompre la monotonie d’une marche rapide et régulière en 4, Chicho se paye le luxe de quelques fantaisies, techniques et rythmiques, en y incorporant quelques syncopes extrêmement rapides, toutes judicieuses et tombant merveilleusement bien sur la musique.
A 7 secondes, il marque entre le 1 et le 2 de la mesure un « super contretemps » en stade joint parfaitement sur le tempo. Ce qui donne : 1 et 2 3 4, soit 5 pas dans la mesure.
A 31 secondes, il finit la phrase musicale sur un ralentendo, bien marqué par la musique elle-même.
A 36 secondes et 45 secondes, il marque des syncopes sur la musique, syncopes caractéristiques de la musique Tango.
A 1mn 08 sacada avec 2 pieds joints, cette sacada étant effectuée très précisément à la fin de la phrase musicale, sur la note.
A 1mn 12, 2 « supers contretemps » enchainés : 1 2 3 et 4 et.
A 1mn 13, un autre : 1 2 3 et 4.
A 1 mn 52 et 1 mn 53 : j’ai littéralement jubilé, quand je vis les syncopes directement enchainées, caractéristiques du Tango (1 et … et 3) interprétées par Chicho juste avant un tour à droite.
A 1mn 57, admirez la fin de la phrase musicale, impeccable face à face pour terminer, avant de reprendre sur une nouvelle phrase musicale.
A 2mn 27, contretemps sur temps faible, alors que tout le passage « Milonguero » se déroule sur le temps fort.
A 2 mn 37, après la séquence « Milonguero » de la dernière partie de « El Choclo », reprise de l’abrazo ouvert avec passage de Juana derrière Chicho, suivi d’une marche en avant pour elle, en arrière pour lui en parrallèle rythmiquement, et d’une pause finale pour conclure le Tango.
Que dire d’autre ? Que tout est parfait de précision, de technique dans les pas, de dynamisme. La musicalité est exceptionnelle. Ce qui ne m’étonne nullement de la part de Chicho.
Le décalage, voulu, entre Chicho qui marche sur les temps forts et sur les temps faibles (sauf pour la séquence Milonguero), et Juana qui marche la plupart du temps sur les temps forts, fait que nous voyons, d’un premier abord, la rapidité et la précision d’exécution de Chicho, avant de voir Juana qui danse. C’est lui que l’on voit d’abord, parce qu’il fait plus de pas qu’elle et qu’il s’impose de façon très brillante, techniquement, et musicalement. Néanmoins, la connexion est sans l’ombre d’un doute entre les deux partenaires. Si l’on se concentre dans un deuxième temps sur Juana, et uniquement sur elle, on remarque combien elle est parfaite de réceptivité, elle se laisse aller au guidage avec confiance, et répond à l’énergie de façon juste et dynamique. Elle est très présente et danse autant que lui.
Cette vidéo est un régal à tous les points de vue. Elle est à conserver précieusement dans les archives du Tango dansé, sans hésiter !
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