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30.6.2009 par mephisto-tango.
Un homme bien constitué, en regardant la couverture du dernier numéro de « Tout Tango », magazine bien connu,

dit « à coup sûr, je vais me mettre au Tango ».
La couverture représente une femme blonde très jolie, jeune, qui rit de bon cœur en regardant quelque chose sur le côté (comme vous pouvez le voir ci-dessus). Rien à voir avec le Tango me direz-vous ? Apparemment oui, rien à voir. Quoique………
Le débat est toujours d’actualité pour les femmes dans les milongas : il vaut mieux être belle, jeune et sexy, que l’inverse, pour être invitée facilement par les hommes. Et même pas besoin de savoir bien danser. La débutante superbe sera repérée et immédiatement invitée, et au besoin, ces messieurs attendront leur tour. Pendant ce temps-là, les femmes qui n’ont plus ces atouts et qui dansent fort bien, feront tapisserie toute la soirée.
Quand j’étais adolescente- ce qui remonte à pas mal d’années - il y avait une phrase qui revenait sans arrêt dans la bouche de ma mère et ma grand-mère. Cette phrase était « profites-en tant que tu es jeune ». Vérité première.
Le problème de certaines femmes qui ne sont plus toute jeunes et qui ont perdu leur beauté quelque peu, réside dans le fait qu’elles n’ont pas accepté que leur jeunesse était une denrée périssable. Elles en retirent rancœur et agressivité envers les hommes qui préfèrent inviter des jeunes beautés débutantes. Elles font fausse route.
Les hommes sont ainsi faits, ils sont programmés pour être attirés par la beauté et la jeunesse. Cela les motive – je dirais les excite- pour danser et ainsi avoir des sensations fortes avec la femme qui leur plait et qui est dans leurs bras. C’est ainsi que des hommes n’hésitent pas à avouer que dans certains cas, le fait de danser un Tango avec une femme qui leur plait et qu’ils serrent dans leur bras, quelquefois leur fait ressentir des émotions aussi fortes que celles de faire l’amour. C’est probablement ce que ces hommes recherchent. Des émotions fortes qui vont au-delà de la communication, même importante, avec la musique et avec la partenaire.
Que ce soit à Paris ou à Buenos-Aires c’est le même phénomène. Les jeunes et jolies femmes sont immédiatement mises à l’honneur. Si elle est sexy en plus, et si – cerise sur le gâteau – elle danse très bien, elle devient la reine de la milonga. On se l’arrache. Ensuite, elle n’a qu’à faire son choix parmi tous les hommes et s’il y a des affinités particulières avec l’un d’entre eux…..ce monsieur a de la chance !
Tout cela est normal. L’anormalité résiderait dans un comportement masculin déplacé voire même irrespectueux vis-à-vis de sa jeune partenaire. Cela arrive et ne doit pas être accepté. Mais c’est un autre sujet.
Que dire à ces femmes qui ont du mal à être invitée, même si elles dansent très bien ? Qu’elles ne doivent pas jalouser leurs jeunes consœurs de milonga, cela ne sert à rien de ruminer sa mauvaise humeur. Au contraire, le fait d’être de bonne humeur, sympathique et souriante, permet à certains hommes qui n’ont pas la même optique et qui préfèrent danser avec des femmes de bon niveau de danse, de les voir, de leur parler et ensuite de les inviter.
Maintenant voyons l’inverse : les beaux jeunes hommes sont-ils sollicités par les femmes, jeunes ou moins jeunes ? La réponse est double je pense. Si ces beaux jeunes hommes dansent bien, la réponse est oui, s’ils ne dansent pas bien, la réponse est non.
C’est ainsi. La femme qui danse est beaucoup moins sensible à la beauté de son partenaire (quoique cela se discute) qu’à la danse elle-même. Voilà l’inégalité entre l’homme et la femme. L’homme expérimenté (ou qui se dit tel) sera enclin à inviter une jeune et jolie débutante, tandis que la femme rechignera à danser avec un débutant même s’il est jeune et beau. Il me semble qu’elle cherchera davantage à faire sa connaissance en discutant avec lui.
Dans les milongas, il est toujours agréable de voir danser des jeunes. Il n’y a pas si longtemps, il n’y avait que des gens âgés qui dansaient le Tango argentin. L’image de ringardise qu’avait le Tango argentin est dépassée, ce n’est plus vrai aujourd’hui. Grâce en soit rendue aux jeunes professionnels qui font de cette danse quelque chose de plus moderne, de plus actuel. Les amateurs, eux, profitent de cette modernité portée par les jeunes.
Si les jeunes et jolies femmes sont invitées plus souvent, c’est une preuve aussi que le Tango se porte bien, et que le renouvellement des danseurs s’effectuera dans l’avenir. Les jeunes et jolies femmes qui ne savent pas bien danser aujourd’hui sauront bien danser demain.
Il n’empêche qu’elles attirent par leur simple présence, et ne serait-ce que cela, c’est déjà un gage d’avenir pour la pérennité de la danse que nous aimons.
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1.4.2009 par mephisto-tango.
Lors de l’Assemblée générale de l’association, des adhérents nous ont demandés d’afficher à l’entrée de la salle de danse, les codes du bal. On a trouvé que c’était une bonne idée.
Mais au-delà du bal, on pourrait également préconiser des « codes de cours » ! L’un et l’autre d’ailleurs, vont ensemble.
PRINCIPE DE BASE POUR LES BALS, PRATIQUES ET COURS
Le principe de base, incontestablement, est le respect d’autrui. Cela fait partie de la bonne éducation, dès l’enfance. Bonne humeur, savoir-vivre, politesse et gentillesse devraient être les maîtres mots, toujours présents à l’esprit des participants, et ce, à n’importe quel moment. Même si en cours, un pas ou une figure n’a pas été bien comprise, et que l’on pense que le responsable c’est le (ou la) partenaire. Même si en bal, on se fait bousculer sévèrement, ou encore marcher sur les pieds. Et, pour les enseignants, même s’ils se font critiquer, dénigrer, ou contredire lors des cours ou ailleurs. Nous vivons tous dans la communauté du Tango, et il est nécessaire de garder en soi, sang-froid et cordialité sous peine de dérives nocives.
Voyons, en détails, les bons réflexes à avoir :
1 °) SUR LA PISTE
Sens de la circulation
Le sens de circulation sur la piste est le sens inverse des aiguilles d’une montre. Et, comme dans la circulation automobile, il existe plusieurs couloirs de circulation, de l’extérieur, à l’intérieur. Plus la piste est grande en diamètre, plus il y aura de couloirs. A l’intérieur sont les danseurs plus lents ou inexpérimentés, et au centre ceux qui voudront danser des figures statiques. Au couloir le plus extérieur sont les danseurs expérimentés qui se meuvent le plus rapidement tout en maitrisant parfaitement leurs mouvements et l’espace. Plus il y a de monde sur la piste, et donc un espace restreint, plus les pas sont petits et l’abrazo fermé pour ne pas risquer de heurter le couple à côté.
Comment pouvons-nous savoir dans quel couloir nous pouvons circuler ?
Tout étant relatif (fonction des danseurs et danseuses présents, fonction de l’heure), il convient de regarder un moment comment le bal circule et évolue au moment où nous arrivons. De cette façon on s’imprègne de l’ambiance du bal pour ne pas être comme « un chien dans un jeu de quilles ».
Le bal, idéalement, doit être fluide et doit bien tourner. Ce qui veut dire que l’on ne doit pas s’arrêter sur place et ainsi créer de bouchon derrière soi. Ne pas changer de couloir, sauf nécessité absolue. L’espace doit être géré constamment par les danseurs. Prendre la place du couple devant qui vous l’a laissée. Ne pas doubler, sauf nécessité absolue. Si l’on doit doubler, doubler sur la gauche. Rester maître de sa vitesse, être capable de s’arrêter en cas de danger, de changer de direction rapidement. Etre capable de modifier dans l’instant ce que l’on avait l’intention de faire. Ne pas parler pour expliquer un pas, en pleine danse. Au contraire, rester concentré sur la musique, sur l’espace disponible, sur le guidage de la partenaire. Tout gérer : même l’imprévu. Improviser à chaque instant.
En cas de heurts
Malheureusement, malgré toutes ces précautions, il arrive que des chocs aient lieu. Plus l’espace est restreint, plus le risque de heurts est grand.
Quels sont les possibilités de chocs ?
- Quand la vitesse d’un couple n’est pas maitrisée, par rapport à la vitesse de tous les danseurs du couloir :
a) Vitesse trop lente (ou arrêt) et le couple derrière risque de heurter celui qui va trop lentement (ou qui s’est arrêté), s’il ne l’a pas vu à temps
b) vitesse trop rapide et c’est ce même couple qui risque de heurter le couple devant s’il ne l’a pas vu à temps.
- Quand un homme décide de reculer sans avoir vu évoluer le couple derrière lui, dans le même couloir,
- Quand deux couples de deux couloirs différents mais qui se jouxtent, décident au même moment, par hasard, de faire un pas latéral l’un à la rencontre de l’autre,
- Quand les boleos ou ganchos de la femme ne sont pas maitrisés en fonction de l’espace disponible alentour. Les femmes doivent apprécier par elles-mêmes si elles peuvent, ou non, effectuer en toute sécurité de telles figures.
- Quand les coudes des danseurs / danseuses sont trop hauts, ou à l’extérieur du cercle du couple dansant. De tels coudes font des ravages et peuvent faucher littéralement les visages ou les nuques des couples d’à côté (c’est du vécu !).
Dans tous les cas de chocs :
S’excuser auprès de celui ou celle que l’on a heurté fait partie de la bonne éducation. Cela montre que l’on respecte celui ou celle que l’on a heurté, même si l’on n’est pas responsable de l’erreur. Ne pas reprocher au partenaire la responsabilité du heurt.
Surtout ne pas penser que, puisqu’on n’est pas responsable du choc, on n’a pas à s’excuser. L’autre danseur en face peut aussi penser la même chose. L’humilité fait aussi partie du savoir vivre. On ne s’approprie pas la piste de danse comme on s’approprie un objet que l’on achète.
Si les excuses ne suivent pas un heurt, il est fort à parier qu’un jugement négatif sur la personne ou à plus forte raison sur la milonga elle-même, risque d’être fait, à tort ou à raison. De plus, des excuses contribuent à la bonne ambiance d’une milonga. Ne pas oublier qu’une milonga est un endroit convivial, ou on prend du plaisir à se retrouver et à danser ensemble, et même à danser avec des inconnus(es).
Les invitations : ne pas oublier le caractère profondément social de la milonga (bal)
C’est le (la) responsable de la milonga qui en définit son fonctionnement, en accord avec le DJ. Il n’empêche que les participants à cette milonga doivent à l’organisateur, de se conformer aux us et coutumes.
Habituellement, la programmation effectuée par le DJ est structurée en Tandas et Cortinas. Les Tandas sont représentés par 3 ou 4 morceaux de même style. Chaque Tanda est séparée par une Cortina, morceau de musique ne pouvant être confondue avec la Tanda.
Sur la Cortina, les danseurs regagnent leur table, ou simplement quittent la piste, pour permettre à d’autres danseurs d’y venir, ou bien permettre d’autres invitations avec d’autres partenaires.
Il est bien vu de changer de partenaires plusieurs fois dans la soirée, préservant en cela le côté convivial, social et populaire de la milonga. Le fait de danser uniquement toute la soirée avec le ou la même partenaire et se l’accaparer, (c’est paradoxalement assez bien toléré), ne permet pas d’échanger et de partager, ce qui est normalement le propre du bal. A Paris, le fait de danser avec un (e) seul (e) partenaire, même si c’est toléré, est considéré comme élitiste et comme anti-social, voire snob et égocentrique. Sans compter que ces personnes se privent de rencontres (dansées) intéressantes, potentiellement ! Le danseur qui savoure la milonga dans laquelle il est, prendra le temps d’attendre la musique qu’il aime vraiment avant d’inviter la femme qui lui semble la plus proche de ses aspirations, donnant ainsi toutes les chances d’une très forte entente dansée entre les deux partenaires. Dans l’intervalle, il peut discuter avec d’autres participants, aller au bar, ou simplement écouter la musique.
Normalement on ne change pas de partenaire durant la Tanda. La bienséance veut qu’on fasse au moins 2 Tangos (ou valses, ou milongas) avec le (la) même partenaire, mais il est mieux de faire toute la durée de la Tanda soit 3 ou 4 morceaux. Le seul cas à mon sens, où une femme peut planter son partenaire en plein milieu d’un Tango est celui qui relève de la brutalité avérée, de gestes que la morale réprouve, ou bien d’une non- maitrise de ses sentiments intimes et personnels !
A Buenos-Aires, et maintenant à Paris, peut-être aussi en Province, il est de bon ton de discuter un peu avec son (sa) partenaire avant de recommencer à danser entre deux Tangos, alors que la musique a repris.
Raccompagner la dame à sa table est « tip top » !
Ne pas promettre des invitations faites à tort et à travers sans passer à la pratique effectivement. Inversement, ne pas oublier les invitations acceptées. Rester très poli (e) et souriant (e) même si l’on doit refuser une invitation, il en est de même pour celui ou celle qui invite et qui se voit refuser.
De façon générale, les invitations se font le plus cordialement possible, peut importe la façon dont on s’y prend : par le regard, par le fameux « cabeceo », ou plus classiquement en France, en parlant directement avec le ou la partenaire potentiel(le).
Mesdames et messieurs, si vous mourrez d’envie d’inviter un (une) professionnel(le) dans une milonga, soyez conscient(e)que vous aurez entre les mains une « Ferrari » !
2°) DANS LES COURS
Le sens de circulation est le même que sur une piste : dans le sens inverse des aiguilles de montre. En cas de heurts, le même comportement de respect et de politesse est à rechercher (voir 1° ci-dessus).
Si vous avez un ou une partenaire attitré(e), n’oubliez pas de prévenir en cas d’impossibilité de vous rendre au cours.
Arriver à l’heure, même si le prof ne l’est pas…….toujours ! « La ponctualité est la politesse des rois ! »
Si le cours n’est pas terminé quand vous arrivez, patientez sans faire trop de bruit pour ne pas gêner la fin du cours.
Un élève vient aux cours pour apprendre. Sens de l’observation, écoute des explications sont nécessaires. En d’autres termes il faut de l’attention, en conséquence éviter de parler au voisin pendant les explications du professeur.
Si un professeur vient vous voir en particulier, pour vous donner une explication ou faire une correction de votre pas, alors que vous répétiez un pas ou une figure avec votre partenaire, ne vous sentez pas obligé(e) de l’envoyer promener par agacement. Faites lui confiance, ce qu’il ou elle a vu n’est pas forcément faux !
Eviter d’ « engueuler » son ou sa partenaire, cela n’arrange rien au contraire. Demandez-lui gentiment ce que vous voudriez. Si vraiment vous êtes très énervé(e), changer de partenaire puis revenez ensuite, cette interruption a permis de faire tomber la pression. Patience et indulgence !
De toute façon il est mieux de changer de partenaire de temps en temps, pour ne pas « faire du par cœur » avec le (la) même partenaire.
L’apprentissage est long et difficile pour tout le monde, du débutant à l’expérimenté. Ne pas se prendre pour des stars, même pour les élèves qui sont très brillants ou qui ont des tas d’années de Tango derrière. On trouve toujours meilleur que soi. Des professionnels de très haut niveau n’hésitent pas à aller prendre des cours chez d’autres, alors…….On apprend jusqu’à la fin de sa vie.
Et enfin, respecter le plus possible les niveaux annoncés pour les cours et les stages.
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15.10.2008 par mephisto-tango.
Depuis des années et des années que je fréquente les milongas, je me suis toujours posée la question de savoir pourquoi, (moi qui ne refuse jamais de danser, même avec des inconnus) certaines très bonnes danseuses de haut niveau en Tango argentin, refusent très souvent de danser avec des hommes inconnus (ou presque) qui les invitent.
Vous allez me répondre, si vous êtes dans ce cas de figure mesdames : « c’est notre droit de refuser l’invitation ». Certes, c’est votre droit. Mais pourquoi refusez-vous, si vous n’êtes pas malade, ou si vous n’avez pas mal aux pieds, ou si vous n’êtes pas fatiguée, de danser avec un homme qui vous invite ? N’êtes-vous pas là pour danser ? Avez-vous peur de vous ennuyer dans ses bras, si cet homme n’est pas un suffisamment bon danseur à votre goût ? Avez-vous peur d’être brutalisée ? N’avez-vous pas confiance en vous ? Ou à l’inverse, êtes-vous définitivement snob et prétentieuse, au point de juger que votre niveau est tellement élevé que seuls les tout meilleurs danseurs de Paris trouvent grâce à vos yeux ? Recherchez-vous le Prince Charmant, et tant que celui-ci ne vous a pas invitée, vous refusez toutes les invitations, de peur de louper celle qui vous ferait chavirer de plaisir ? Attendez-vous votre tour patiemment, pour qu’un super danseur vous invite ? Pensez-vous que de danser avec un homme de niveau inférieur au vôtre, abimerait votre style ? Ou bien voulez-vous uniquement vous, inviter vous-mêmes les hommes de votre choix ?
J’ai vu très récemment un jeune homme se faire « jeter » très cavalièrement par une jeune femme, alors que ce jeune homme, au demeurant très bon danseur, au physique agréable, bien élevé, gentil et attentionné, possédant un abrazo excellent, invitait poliment une jeune danseuse de très haut niveau. Quelle mouche a piqué cette femme pour refuser ? J’étais très gênée pour elle et à la limite j’avais honte pour elle. Elle était seule et il n’y avait pas, apparemment, de possibilité de jalousie de la part d’un conjoint éventuel. Si cette femme était de mauvaise humeur, c’était le bon moyen de prendre la vie du bon côté en dansant, sûrement très bien avec lui.
Une milonga est un lieu d’échange, de partage, c’est un lieu social où tous les milieux se rencontrent grâce à la danse. C’est un milieu où hommes et femmes se rencontrent. L’apprentissage dans le Tango argentin ne s’arrête jamais car tout le monde, sans exception, a appris à danser, apprend encore et apprendra toujours car les possibilités dans le Tango sont infinies. Danser dans les milongas apporte beaucoup, danseurs doués comme danseurs peu doués. Danseuses douées comme danseuse peu douées. Alors pourquoi ne pas jouer le jeu mesdames, alors qu’en France maintenant nous voyons de plus en plus les dames inviter elles-mêmes les danseurs, et que ceux-ci acceptent les invitations de plus en plus facilement ?
Si maintenant nous pouvons remercier les hommes d’accepter les invitations, nous les femmes, ne nous laissons pas entrainer dans cette mauvaise voie qui est de refuser de danser pour des raisons obscures. Les hommes ne méritent certainement pas cela.
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1.9.2008 par mephisto-tango.
Ce week-end je suis allée à l’Université d’été organisée par le Temps du Tango, et j’ai pu participer en tant qu’auditeur libre, à la conférence – table ronde : « La dimension sexuée du Tango » animée par le bien connu Christophe Apprill (danseur, sociologue, écrivain…), accompagné par les non moins connus Rémy Hess et Catherine Berbessou, entre autres. Cette conférence a fait la part belle aux rôles homme / femme dans le Tango, ce que cela représente en psychologie, et, de façon très générale ce que représente le Tango, danse inégalitaire, dans les comportements humains, entre hommes et femmes.
L’objet de ce blog n’est pas tant de faire un compte-rendu narratif de ce qui s’est dit lors de cette conférence (du reste, bien appréciée par l’auditoire), mais plutôt de faire référence à un commentaire exprimé par une auditrice à la fin, commentaire dont l’esprit est le suivant : « vous n’avez pas parlé du fait que certaines femmes ne se font pas inviter dans les milongas alors que des hommes restent assis, ou bien que ceux-ci invitent d’abord des femmes jeunes et jolies ».
Personnellement j’ai beaucoup réfléchi à ce fait qui est tout à fait réel. Dans beaucoup de milongas où les femmes sont majoritaires en nombre, il est effectivement regrettable de constater que certaines dansent peu et se font peu inviter, ou bien ne dansent pas du tout. Imaginez cela : des femmes se préparent à sortir, se font belles, s’habillent bien, se coiffent, se maquillent, apportent leurs plus belles chaussures pour danser (quelque part c’est une fête, non ?) et elles ne se font pas inviter du tout. Certaines alors demandent aux hommes qu’elles connaissent : « tu me fais danser ? », dans ce cas cela peut marcher, mais qu’en est-il des femmes qui ne connaissent personne ou qui n’invitent pas les hommes ? Pour elles, ce peut être dramatique. Dans la majorité des cas, surtout si cette histoire se reproduit trop souvent, ces femmes deviennent des frustrées chroniques, des aigries du Tango et des danseurs. Dans le pire des cas, elles en arrivent à être agressives et très désagréables, non seulement vis-à-vis des hommes, mais de toute la communauté tanguera en général y compris les femmes. Comme évidemment les hommes ressentent ces choses chez ces femmes, il s’ensuit un cercle vicieux, les hommes n’ayant absolument pas envie (et on les comprend) d’inviter une femme pas aimable. La recherche du plaisir, la rencontre entre un homme et une femme lors de la danse ne peut jamais se faire dans de telles conditions.
Comprendre que danser le Tango n’est pas un dû absolu et constant, c’est faire un grand pas dans la compréhension du « juste » comportement pour les femmes sans partenaire, dans les milongas. Cela peut être une chance, et quand on a cette chance, on a gagné sa soirée. Inversement on peut ne pas avoir de chance, et on devrait accepter de ne pas avoir de chance ce soir-là.
Lors de la conférence il a été dit plusieurs mots clés. Je les cite : tendresse, bienveillance, engagement, séduction, faire plaisir, culture de l’ « embrassé », plaisir, intimité, écoute mutuelle, détente, désir, oser se toucher, effervescence pulsionnelle … Comment peut-on ressentir de tels sentiments si on est frustrée, énervée, agressive ? C’est impossible.
Ne pas faire tapisserie dans les milongas, c’est comme dans la vie, c’est d’abord et avant tout être souriante, décontractée, aimable, charmante. Ne pas faire tapisserie dans les milongas c’est aussi, bien sûr, avoir appris à danser. La débutante jeune et jolie se fera inviter certes, mais ce ne sera pas pour la danse … à moins qu’elle ne soit très douée spontanément ! Si l’on est moins jeune et moins jolie, autant apprendre de mieux en mieux…. Ce sera un point positif, pour ne pas que les hommes subissent sans plaisir une danse avec une femme qui ne suit pas, qui anticipe où qui n’est pas relâchée…
La frustration et l’agressivité n’apportent rien, bien au contraire, cela se voit et se ressent. Le plus raisonnable est de faire contre fortune bon cœur quand on n’est pas invitée dans une milonga. Se dire que la prochaine fois ce sera mieux. Chercher des sujets d’intérêt dans une milonga où on n’est pas invitée, où on ne connait personne, est toujours possible. Regarder les gens qui dansent, rechercher ceux ou celles qui dansent le mieux pour s’en imprégner, s’intéresser à leur technique, leur façon de se déplacer, leur connexion mutuelle…On apprend aussi en regardant. Peut-être y a t’il des démonstrations de prévues ? Un orchestre ? Ecouter la musique, chercher à lier conversation avec son voisin ou sa voisine de table….Et si vraiment rien ne va, l’accepter et partir sans regret et sans rancune. Il n’y a pas de honte à partir à 23h30 alors qu’on est arrivée à 21h30 !
A mon sens, la pire des choses est de penser que, puisque l’on est dans une milonga et que l’on a payé son entrée, il faut danser absolument. Si des femmes seules arrivant sans partenaire et sans connaitre personne, pensent, a priori, qu’elles vont danser à coup sûr et qu’elles vont se faire inviter, il y a de grandes chances pour que cela ne marche pas immédiatement. Il faut du temps, il faut se faire connaitre et reconnaitre, et cela peut prendre des mois et des mois !
Le secret est d’aller dans une milonga sans a priori, être disponible, libre de pensée, neuve. Se dire que si l’on se fait inviter, c’est bien, si l’on ne se fait pas inviter c’est tant pis, mais c’est la règle du jeu. Jeu terrible, mais il faut en accepter les règles. On ne peut pas contraindre les hommes à danser, de même qu’on ne peut pas obliger des femmes à danser si elles n’en ont pas envie.
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22.7.2007 par mephisto-tango.
Souvent catalogués de lieux snob où les danseurs sont arrogants et sans savoir-vivre, ces deux milongas parisiennes méritent cependant qu’on les défende.
Je fréquente ces deux endroits (plus le Chantier le samedi que les 9 billards le lundi d’ailleurs) et j’y suis toujours bien accueillie même si on ne me connait pas. Le côté enfumé de ces endroits ne me va guère, mais au Chantier c’est encore raisonnable, à condition de ne pas stationner à côté du bar.
Ces deux milongas ont un point commun : on retrouve pratiquement les mêmes danseurs / danseuses. Moyenne d’âge : 20, 30, 40. Et la grande majorité sont de bons danseurs / danseuses, dans tous les styles. Non seulement la technique de danse est excellente mais en plus, la communication entre les partenaires est en général réelle. Pour moi, c’est un critère de qualité. Il est donc toujours intéressant de regarder leur façon de danser, et de s’imprégner de l’atmosphère du bal. Un débutant qui y viendrait par hasard, pourrait certainement être étonné et quelque peu complexé, mais au moins il verrait danser de très bons amateurs (et quelquefois des professionnels) et il y gagnerait à simplement regarder, même si lui-même n’ose pas danser.
Je ne connais pas dans ces deux endroits de danseurs ou de danseuses arrogantes. Au contraire. Simplement comme dans tous les endroits où l’on danse bien, il faut s’y faire accepter avec gentillesse et devenir habitué(e), à plus forte raison quand on vient seul(e). C’est plus difficile, surtout pour une femme, car en général les danseurs y viennent en couple, mais avec le temps cela devient de plus en plus facile. Il est faux de dire que les danseurs débutants ou moyens ne sont pas acceptés, et je connais certaines très bonnes danseuses qui acceptent de danser avec des danseurs de niveau moindre.
Alors le côté élitiste ? Parce qu’ils viennent en général en couple et qu’ils dansent presque toujours ensemble ? Parce que les hommes invitent généralement des femmes de leur niveau ? Parce qu’il y a un regroupement, comme un rituel hebdomadaire, de danseurs d’excellent niveau ?
Si la réponse est oui à toutes ses questions, peut-on reprocher cela ?
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22.7.2007 par mephisto-tango.
C’est une question qui m’a déjà été posée par certains hommes de ma connaissance qui, ainsi, cherchaient à me faire comprendre que, en ne leur demandant jamais rien, je manquais d’intérêt pour leur danse. Bon.
En y réfléchissant, leur raisonnement est assez compréhensible
Je sais aussi qu’à Paris (en Europe, aux USA), il est courant que les femmes invitent les hommes sans que ce soit, généralement, trop mal vu. C’est même très bien vu de certains hommes qui y voient un hommage. Inversement je sais aussi que beaucoup de femmes à Paris n’invitent pas non plus (et pas seulement à Buenos-Aires ce qui est très, très mal vu) et se laissent inviter.
Pourquoi alors ne demanderais-je pas aux hommes, à Paris, de danser avec moi ? Est-ce une question d’égo, aurais-je personnellement la tête et les chevilles terriblement enflées ? Considèrerais-je que mon niveau est infiniment grand, trop grand ? Serais-je méprisante et prétentieuse, en fait……
Et ben non, je ne suis ni méprisante, ni prétentieuse.
Alors ?
1°) Timidité ? Désir de ne pas m’imposer à eux ? Peur du refus ? Probablement les trois.
2°) Imprégnation trop forte des Argentins et Argentines que j’ai côtoyés de façon intense depuis quelques années et qui m’ont « éduquée » à ne pas inviter dans les milongas ? Certainement.
En fait, à mon sens il y a deux raisons plus profondes :
3°) Respect et admiration pour tous les hommes qui en ont bavé dans leur apprentissage du Tango (figures, technique, guidage, écoute de la musique, gestion des énergies, gestion de l’espace du bal….ils ont tout à faire) et nous, les femmes, nous sommes les reines ! Alors, en retour, et pour les remercier d’avoir appris et d’avoir souffert pendant leur apprentissage, je leur laisse le privilège de faire leur choix parmi toutes ces femmes qui sont venues danser, femmes dont je fais partie bien entendu. En retour, je danse avec qui m’invite, sans refuser, même avec les débutants (les seuls cas où je refuse sont quand je suis brutalisée).
4°) Egalement par respect pour la personnalité intrinsèque des hommes : je peux ne pas leur convenir par ma façon de danser, par mon physique, par ma taille trop petite, par ma propre personnalité, par mon âge, etc., etc.…. En agissant ainsi, je leur dis : « si vous m’invitez, c’est que vous m’avez choisie et que nous sommes susceptibles de nous entendre dans la danse, peut-être parce que je suis venue pour danser avec vous. Par contre si c’est moi qui vous invite et que vous êtes réticent, je prends des risques plus importants de vous déplaire et nous ne communiquerons pas bien en dansant ! »
Je serais curieuse d’avoir vos commentaires sur ce point de vue, mesdames….Et vous aussi messieurs !
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